La bibliothèque du dolmen

06 décembre 2016

Cendres ---- Álvaro Ortiz

CendresPiter contacte ses amis d'enfance Polly et Moho pour qu'ils effectuent ensemble un voyage un peu particulier : il s'agit d'aller disperses les cendres d'un autre de leurs amis communs, Hector. Polly et Moho sont réticents au départ mais finissent par céder et le roadtrip commence, direction une croix griffonnée sur une carte. Accompagnés d'un singe de cirque appelé Andrés et adopté par Moho, le groupe va, pendant ces quelques jours, faire des rencontres improbables et surtout, ils vont se retrouver eux-mêmes …

Voilà, c'est fait, j'ai lu tous les albums de cet auteur espagnol publiés en France. Il ne me manquait que celui-ci, qui était le premier paru. C'est avec plaisir que j'ai retrouvé le coup de crayon typique de l'auteur, avec ses personnages un peu enfantins et ses couleurs douces. Cela peut paraître presque trop simple, comme dessins, mais on s'y habitue vite et j'aime le contraste entre l'apparente naïveté du graphisme et les sujets sérieux, voire dramatiques qu'il aborde. Je crois qu'il a trouvé son style et j'espère qu'il n'en changera pas car il me convient vraiment bien. L'histoire est celle de ces trois amis qui se retrouvent après la mort d'un autre ami alors que cela fait longtemps qu'ils ne se sont vus. Pourtant, il semble qu'ils aient tous été très proches à un moment donné. Sous forme de roadtrip parfois délirant, on découvre petit à petit leur histoire, ce qu'ils ont vécu mais il y a aussi beaucoup de non-dits et un certain suspense. Il faut dire qu'il y a un duo de barbus qui les suit et qui semble leur vouloir du mal. L'auteur sait instiller les infos quand il faut, ni trop ni trop peu. Le final est rempli d'émotion, quand on connait enfin tous les tenants et aboutissants mais on se rend compte que ces émotions sont présentes durant tout l'album, cachées derrière des bravades et des sourires de façade. Sous des dehors un peu rock'n'roll (car les aventures de ces amis sont rocambolesques), c'est pourtant une histoire profonde, qui pose la question de ce qu'on veut faire dans la vie et qui montre que l'amitié est tout aussi forte que l'amour. Pour un premier album, je l'ai trouvé très réussi à tous les niveaux : il peut être aussi bien amusant que sérieux et raconte une histoire de façon subtile et pudique.

L'avis de Mo.

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05 décembre 2016

Grenadine et Mentalo (tomes 1 et 2) ---- Colonel Moutarde

Grenadineetmentalo1

Grenadineetmentalo2Tome 1 : Haut les mains, peau de pingouin !
Tome 2 : Fille ou glaçon ?

Grenadine, la petite Inuit, va bientôt fêter son anniversaire et elle veut un éléphant de compagnie. Mais elle se retrouve avec un manchot comme cadeau et qui plus est, il porte des lunettes. Celui-ci se nomme Mentalo et comprend vite que, pour se faire apprécier de la gamine, il va falloir qu'il se fasse passer pour un super-héros. Alors entre deux missions, il arrive quand même à suivre l'évolution du CAC40 et à déguster des légumes bouillis, son plat favori …

Je ne sais pas ce qui est arrivé en premier du dessin animé ou des albums mais toujours est-il que j'ai découvert cette série par les blogs (mais incapable de dire lequel). J'ai tout de suite été attirée par le titre et le partenariat fillette-pingouin, sans compter le fait que cela se passe sur la banquise, endroit original s'il en est. Le graphisme est assez typique de celui des dessins animés actuels, amusant, moderne, coloré. J'ai bien aimé car il se prête bien à l'humour présent dans les aventures de ce pingouin et sa maitresse. Les deux albums sont divisés en petites histoires de quelques pages chacune et je les ai toutes trouvées très réussies. Rien que les titres en eux-mêmes sont souvent savoureux (les doudous se cachent pour mourir, pas de répit pour les caries pas de repos pour les héros pour exemple). Les albums se terminent par deux ou trois pages de jeux (que j'ai fait consciencieusement). Les histoires, à l'humour omniprésent, sont assez déjantées et improbables mais bon, un pingouin super-héros et qui parle, c'est déjà très improbable ! Ah et puis, côté appellation de Mentalo, il affirme lui-même qu'il est en fait un manchot, ce qui n'est pas faux vu la taille de ses ailes (il ne peut probablement pas voler) mais compte tenu que la famille Quinquina, étant Inuit, vit dans l'hémisphère nord, ce serait donc plutôt un pingouin (car les manchots ne vivent que dans l'hémisphère sud). Il y a déjà donc un problème d'identification de Mentalo … alors oui, il doit être sûrement un super-héros qui s'ignore ! Toujours est-il que, même si ce sont des albums qui s'adressent à un jeune public, j'ai passé un excellent moment à les lire et je regrette qu'il n'y en ait que deux !

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04 décembre 2016

The fireman ---- Joe Hill

ThefiremanHEARTS2

Dans une petite ville du New Hampshire, Harper Grayson est infirmière scolaire et est mariée avec Jakob, qui conduit des camions pour la municipalité. Mais depuis quelques semaines, un virus appelé Draco Incendia Trychophyton sévit à travers le monde entier. Ce virus, dont la transmission semble s'effectuer par contact, surnommé Ecaille de dragon par la population, se manifeste par l'apparition de lignes d'écailles devenant lumineuses et entrainant à plus ou moins long terme la combustion spontanée du malade atteint. Les hôpitaux sont pris d'assaut et Harper s'est portée volontaire pour accueillir les malades aux urgences. C'est là qu'elle rencontre un pompier venu amener un jeune garçon et Harper, allant à l'encontre des directives, sauve la vie du gamin. Mais alors que les gens commencent à se terrer de plus en plus chez eux pour éviter les contacts, Jakob révèle son vrai visage à Harper et celle-ci est obligée de le chasser de la maison. Mais Jakob entend bien arriver à ses fins et revient à la charge. Mais le pompier rencontré à l'hôpital surgit pour aider Harper en l'emmenant dans une communauté isolée et il semble maitriser le feu provoqué par l'Ecaille de dragon …

Le don pour raconter des histoires doit être héréditaire car Joe Hill, en digne fils de son père (Stephen King), narre ici une aventure mêlant fin du monde (enfin, disons plutôt réduction drastique de la population humaine) et évolution d'une communauté. Sous certains aspects, j'ai pensé au roman Dôme de Stephen King car le fait de retrouver une communauté isolée et observer comment les gens y vivent, comment le pouvoir est réparti (ou non), comment est organisé la vie ensemble, tout ça est décrit dans les deux romans. C'est un thème que j'ai bien : on a tellement l'habitude de vivre dans des sociétés où les contacts restent assez limités, où la vie quotidienne est plutôt facile et où les dangers sont assez peu nombreux. Forcément, en cas de disparition de notre société telle qu'elle est actuellement, tout change et là, le danger vient aussi bien de l'extérieur (car des groupes de chasseurs sains veulent se débarrasser des infectés avant qu'ils prennent feu) que de soi-même et de ses proches (car il faut maitriser ce feu créé par le virus). J'ai trouvé original d'avoir créer un virus d'auto-combustion, cela change un peu des zombies mais le résultat est un peu le même : on n'a pas trop envie de vivre dans ce genre de monde. Harper est l'héroïne principale et je l'ai trouvé attachante mais parfois un peu gentillette, un peu naïve (mais elle le reconnaît elle-même). Le personnage du pompier est aussi très intéressant : son passé est mystérieux et il semble savoir toujours quoi faire et être là au bon moment, comme par magie. Mais là, point de surnaturel ! Si le début du roman se focalise sur Harper et son mari (là, on a quelques surprises !), on va assez vite arriver à la communauté d'infectés et une bonne partie de roman s'attache à les suivre, avec quelques évènements permettant de créer un suspense qui va durer assez longtemps (et là aussi quelques surprises que je n'avais vraiment pas vu venir !). Quant à la dernière partie, je n'en parle pas de peur de trop en révéler mais elle m'a paru logique et dans la lignée générale de l'histoire. J'ai essayé de freiner le plus possible ma lecture et je ne voulais pas voir finir ce livre car j'aimais retrouver et passer du temps en compagnie d'Harper, du pompier et de leurs amis. Mais il faut une fin à tout, même aux bonnes choses comme ce roman !

*Lu en anglais*

*Non traduit à ce jour mais compte-tenu du fait que toutes les oeuvres précédentes de cet auteur ont été traduites, on devrait voir ce titre arriver un jour sur les étagères des librairies françaises*

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03 décembre 2016

Tocqueville, vers un nouveau monde ---- Kévin Bazot

TocquevilleversunnouveaumondeA New York, à l'été 1831, Alexis de Tocqueville et son ami Gustave de Beaumont s'apprêtent à partir en diligence vers le nord-ouest pour découvrir des contrées sauvages seulement habitées par les Indiens. Mais les deux jeunes hommes sont étonnés de voir que la civilisation a conquis beaucoup de terrain : alors que quelques années auparavant, ce n'était que bois et forêts, ils découvrent des villes et des villages bien organisés et peuplés d'Américains. Les premiers Indiens qu'ils rencontrent ressemblent plus à des clochards qu'aux fiers guerriers qu'ils s'attendaient à voir. Il leur faut aller jusqu'après Détroit pour enfin se retrouver dans des zones sauvages, où quelques rares Blancs se sont installés et où les Indiens ressemblent enfin à ceux de leur imaginaire …

Voilà un album intéressant et très beau visuellement ! Intéressant car il parle de Tocqueville, dont on connait souvent le nom mais peu ce qu'il a fait (hormis peut-être son oeuvre la plus connue « De la démocratie en Amérique »). S'inspirant d'une autre de ses oeuvres, « Quinze jours dans le désert », Kévin Bazot nous pousse sur les pas de Tocqueville et son ami en nous faisant découvrir leur expédition entre New York et Détroit, où tout est devenu civilisé puis entre Pontiac et Saginaw, près du lac Huron, où la nature a encore tous ses droits. Le contraste entre les deux mondes est saisissant, aussi bien au sujet des paysages qu'à propos des personnes peuplant ces deux zones. On découvre l'indifférence de beaucoup au sujet des Indiens, l'amitié que d'autres ont pu tisser avec eux. J'ai aimé l'ouverture d'esprit de Tocqueville, même s'il m'a semblé parfois un peu naïf. J'ai apprécié ses réflexions sur les agissements des hommes car on sent bien le philosophe en devenir (à cette époque, Tocqueville n'avait que 25 ans). Le graphisme est classique, réaliste et soigné dans le détail et je l'ai trouvé superbe, avec un choix de couleurs magnifiant les paysages et créant des atmosphères particulières et à chaque fois différentes (la ville, les villages, la forêt, les campements indiens …). Sous des dehors plutôt passe-partout qui auraient pu me faire passer à côté (ce qui aurait bien dommage !), c'est un album qui mérite lecture car il permet de découvrir un pan de l'Histoire des Etats-Unis et provoque en même temps une réflexion sur les actions des hommes sur leur environnement.

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02 décembre 2016

Corps et âme ---- Matz, Walter Hill et Jef

CorpsetameFrank Kitchen est un tueur à gages très froid et très professionnel. Il fait son travail sans état d'âme et a acquis une certaine réputation dans le milieu. Son dernier contrat l'a amené à New York où il était chargé d'éliminer un mannequin et designer de mode, star montante, très imbu de lui-même et qui devait un bon paquet de fric aux mauvaises personnes. Trois semaines plus tard, Frank est à San Francisco pour traiter avec John Gleason, un caïd local avec qui il a travaillé auparavant. Alors qu'il fête au bar son nouveau contrat pour lequel il a reçu la moitié du paiement en avance, il rencontre une jeune femme avec qui il passe la nuit. Mais de retour à l'hôtel, les hommes de main de Gleason l'attendent dans sa chambre et lui tirent dessus. A son réveil, Frank va découvrir que plusieurs semaines ont passé et qu'il a bien changé …

Je n'avais pas d'idée particulière sur le sujet de cet album hormis le fait que c'était une histoire mélangent suspense et action. En fait, je l'avais acheté parce que j'avais apprécié le précédent titre de ce trio d'auteurs, Balles perdues. Si l'époque est, cette fois, actuelle, le style reste un peu le même : on se retrouve dans un milieu trouble car on suit un tueur à gages qui se retrouve dans une situation épineuse. Le dessin est réaliste, avec parfois des photos retravaillées comme décor, et des personnages bien reconnaissables. Si Frank est plutôt beau gosse, ce n'est pas le cas de tous les protagonistes (comme Gleason par exemple, qui semble avoir servi de punching-ball … j'ai donc eu quelques réticences à ce sujet !). Mais le style graphique est dynamique, plus moderne que pour l'album précédent (où il paraissait plus classique). Les couleurs sont plutôt foncées mais très réussies et créent une ambiance sombre. L'histoire lorgne un peu du côté de l'anticipation car ce qui va arriver à Frank n'est pas encore possible de nos jours en si peu de temps. Mais si on accepte cette évolution de certaines techniques scientifiques et médicales, le récit devient très intéressant car il mélange suspense et psychologie. Il montre aussi la condition des femmes, comment certains hommes se comportent avec elles, le fait qu'elles aient plus de chances d'être victimes d'agression et autres petits détails qui donnent une dimension supplémentaire à l'histoire. Il y a de l'action, des bagarres, des coups de feu échangés, des coups bas mais aussi quelques pointes d'humour et comme Frank est un personnage sympathique malgré son travail, j'ai suivi ses aventures avec plaisir et espéré un dénouement à la hauteur de l'ensemble, ce qui fut le cas. Je n'ai donc pas été déçue par cet album, qui déroule une histoire cohérente et prenante tout en permettant quelques réflexions plus profondes sur la condition féminine.

L'avis de Tamara.

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01 décembre 2016

Old Pa Anderson ---- Hermann et Yves H.

OldpaandersonEn 1952, quelque part dans une petite ville du Mississippi, Old Pa Anderson vit avec sa femme. Tous les deux sont âgés et Old Pa passe une partie de ses après-midis au bar du coin réservé aux Noirs, où il trouve parfois du réconfort dans les bras d'une jeune femme en échange de quelques billets. Il faut dire que sa femme semble hantée par le souvenir de leur petite fille disparue il y a huit ans. Mais dans ce coin où la ségrégation fait rage, la disparition d'une jeune Noire n'inquiète pas la police. Quand Old Ma Anderson finit par mourir de chagrin, un ami et voisin apprend à Old Pa que quelqu'un a semble-t-il été témoin de ce qui est arrivé à Lizzie …

Sélectionné pour le club lecture spécial BD de ma médiathèque, ce titre faisait partie des albums que j'avais envie de découvrir. Tout d'abord, parce que j'aime bien le style graphique d'Hermann, très réaliste, très détaillé et très reconnaissable (on identifie toujours facilement ses dessins). Ensuite, j'ai lu d'autres albums où Hermann fait équipe avec son fils en tant que scénariste et je n'ai pas été déçue jusqu'à présent. Enfin, le sujet avait tout pour me plaire : l'époque, le lieu, le thème de la vengeance. Dès les premières pages, on est projeté dans la poussière du Mississippi, sous le soleil de plomb et l'atmosphère est lourde pour quiconque est noir de peau. Certains policiers apparaissent de suite comme très antipathiques, de même que la majorité de la population blanche … ce que j'appellerais de bons bourrins bien limités ! Alors, quand Old Pa Anderson décide de se faire justice et de retrouver sa petite fille, j'étais forcément à ses côtés, même si l'espoir de fin heureuse semblait peu probable. De toute façon, on sent de suite le désespoir qui émane de cet homme qui n'a plus rien, plus de raison de vivre hormis cette vengeance. C'est donc une histoire violente, sans concession et totalement crédible qu'on lit ici. Elle serre le coeur, fait trembler; révolte mais on s'imagine sans peine que cela aurait pu arriver dans la réalité. Le petit dossier abordant la ségrégation et les conditions de vie des Noirs à cette époque fait froid dans le dos (surtout les cartes postales de lynchage qui m'ont laissé un vrai sentiment de malaise). C'est un album qui se lit facilement et qui remet en lumière un monde intolérant qui n'est pas si éloigné dans le temps … une piqûre de rappel pour qu'on s'ouvre aux autres, quelle que soit leur couleur de peau.

L'avis de Jérôme.

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30 novembre 2016

Birdy's : L'effet papillons (tome 2) ---- Nolwen et Gilles

Birdys2Awen a du mal à trouver le sommeil car demain, il va siéger au parlement des Birdy's, lui qui n'était qu'un petit récoltant lambda. Mais il ignore que le Haut Conseil espère lui faire jouer un tout autre rôle. En effet, les gisements d'encre, si nécessaires aux Birdy's, se tarissent et le Haut Conseil est divisé quant au déclenchement d'une procédure d'urgence pouvant remédier à la situation. Finalement, Awen est envoyé en mission en compagnie d'Ouz, un membre du Parlement. Ils doivent aller dans les Terres Hostiles amener une offrande à la pierre sacrée …

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé ces drôles d'oiseaux que sont les Birdy's. J'avais déjà une petite idée de l'histoire avant sa parution car le dessinateur (et co-scénariste) nous avait montré ses planches pendant la conception de l'album (vu qu'il est de la région et qu'on s'est connu à la médiathèque), chose que j'ai trouvée fascinante (c'est impressionnant de voir tout le travail que cela nécessite). Je savais donc qu'on allait découvrir un nouvel univers, loin du désert du premier tome. Cette fois, on voit où vivent les Birdy's et on en sait un peu plus sur leur mode de vie. Mais l'essentiel de l'histoire se déroule dans les Terres Hostiles, qui ressemblent à s'y méprendre aux ruines de notre civilisation mais avec un léger décalage : la faune et la flore sont étranges, aussi bien pour les lecteurs que pour nos oiseaux en mission. Le dessin est toujours aussi superbe, les décors grandioses et détaillés et je trouve tous les personnages adorables (même si les chats ne sont pas très sympathiques ici). Les couleurs douces sont très agréables à l'oeil (plus que la couverture que je trouve un petit peu trop foncée). La mission d'Awen et Ouz va se révéler très animée, riche en rencontres étonnantes, pleine de rebondissements, et avec beaucoup de touches d'humour. Non, vraiment, je ne me suis pas ennuyée une seconde pendant cette lecture et la fin laisse à penser qu'il pourrait y avoir un tome 3, ce que j'espère de tout coeur !

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29 novembre 2016

Sailor Twain ou La sirène dans l'Hudson ---- Mark Siegel

SailortwainEn décembre 1887, une femme contacte le capitaine Twain pour qu'il lui explique ce qui s'est passé sur le vapeur La Lorelei, qui naviguait l'Hudson au nord de New York. Quelques mois avant, l'armateur français du bateau avait mystérieusement disparu du bord et son frère, un fêtard invétéré, avait pris sa relève, espérant retrouver une trace de son frère le long du fleuve. Mais c'est en mai 1887 qu'un événement étrange eut lieu : le capitaine Twain découvre une femme blessée accrochée au bastingage et la tire à bord mais il s'agit d'une sirène …

Le titre de cet album peut être un peu perturbant car on pourrait penser que cela a un rapport avec l'écrivain Mark Twain ou son oeuvre mais ce n'est pas le cas. De mon côté, ce qui m'a poussée vers lui, c'est la référence aux sirènes et donc le côté fantastique de l'histoire. Le dessin crayonné noir et blanc m'a aussi beaucoup attirée : je trouve que ça donne à la fois de la douceur et un petit côté rétro qui correspond bien à l'époque décrite. Par contre, il y a quand même quelques vignettes un peu trop sombres où, sans l'éclairage bien adapté, on risque de ne pas voir grand chose et c'est un peu dommage (heureusement, j'ai lu l'album dans mon jardin par une journée de soleil). J'ai aimé la représentation des personnages, ils sont simples mais réussis et très caractéristiques et j'ai apprécié de même les décors pouvant être détaillés ou bien épurés, en fonction des besoins. L'histoire met un certain temps à se développer et le rythme général est plutôt lent dans l'ensemble. On découvre les personnages peu à peu, on apprend ce qui s'est passé pour l'armateur français disparu, il y a aussi un mystérieux écrivain (chose que j'ai bien aimé). Mais j'ai trouvé que c'était un tout petit peu long, avec quelques passages répétitifs (par exemple quand Twain cache la sirène dans sa cabine) et les explications finales étaient assez peu claires et amenées trop brusquement par rapport au reste du récit. Certaines scènes en relation avec le monde des sirènes m'ont un peu perdue car je n'arrivais plus à différencier les personnages et malheureusement, c'est un passage clé de l'explication. Cela reste néanmoins une jolie lecture à l'atmosphère étrange et envoûtante comme un chant de sirène !

L'avis de Mo.

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28 novembre 2016

Hägar Dünor (tome 1 : 1973-1974) ---- Dik Browne

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Hägar Dünor est un Viking rustre et sans pitié qui part régulièrement piller les pays voisins en compagnie de son équipage dont fait partie son ami et bras droit Eddie. Mais à la maison, c'est sa femme Hildegarde qui fait la loi. Ils sont parents d'une jeune fille, Ingrid, qui, si elle se comporte souvent en Walkyrie, a la fâcheuse tendance à fréquenter des poètes un peu mous et d'Homlet, un fils encore jeune et grand rêveur peu enclin à se comporter en Viking pur et dur …

J'adorais ces comic strips dans ma jeunesse et ils me faisaient beaucoup rire. Quand j'ai vu qu'une série d'albums les reprenaient en intégrale, ce qui n'avait jamais eu lieu si je ne me trompe pas, j'ai tout de suite acheté le tome 1. C'est donc avec beaucoup de plaisir et un brin d'inquiétude que je me suis plongée dans cette lecture. Et si j'étais finalement déçue ? J'avais sept ou huit ans quand j'avais découvert Hägar alors mon impression en tant que lectrice adulte risquait peut-être d'être différente. Et en fait, non, pas du tout, je crois même que j'apprécie encore plus ces gags qui n'ont pas pris une ride. J'ai même été étonnée de les trouver aussi modernes, chose qui m'était totalement passé à côté à l'époque mais bon, je n'avais pas le recul suffisant. Hildegarde est vraiment une femme de notre temps : elle ne s'en laisse pas conter, fait sa loi et Hägar lui est totalement soumis. Mais hormis les gags tournant autour de la famille et du mariage, il y a parfois des thèmes actuels (comme le réchauffement climatique ou la pollution, voire même la société de consommation). Certains gags jouent sur l'absurde, d'autres sur le décalage et la similitude de notre société actuelle par rapport aux Vikings. Les dessins sont tout simples, noir et blanc, avec peu de décors et des personnages assez stylisés mais reconnaissables au premier coup d'oeil. J'ai passé un excellent moment de lecture, riant très souvent et il me tarde déjà de voir le tome 2 paraître. Mais l'avantage, avec ce genre d'album, c'est que je peux les relire régulièrement sans m'en lasser une seconde !

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27 novembre 2016

Le signe ---- Philippe Thirault et Manuel Garcia

LesigneAlex Morsen est écrivain et a reçu un prix prestigieux pour un des ses romans il y a plus de dix ans maintenant. A l'époque, tout lui souriait : il était marié depuis peu à Annabelle, une styliste renommée et le couple était la proie des journalistes et des photographes. Mais à présent, la routine s'est installée : le couple a eu deux enfants, une fille et un garçon, Annabelle continue de travailler dans la mode mais Alex est, lui, en panne d'inspiration. Qui plus est, essayant d'écrire à la maison, il ne supporte plus sa voisine du dessus, qui passe ses journées à jouer du piano et qui est ainsi l'excuse toute trouvée pour justifier son manque de concentration. Malgré ses plaintes, rien n'y fait et le bruit semble rythmer les journées d'Alex jusqu'au jour où il tombe par hasard sur un livre de sorcellerie chez son beau-père. Il décide alors de jeter un sort à sa voisine pianiste …

Jusqu'à présent, je n'avais été très convaincue par cette nouvelle collection que j'ai découverte avec Sunlight. Mais le petit sticker « recommandé par Mad Movies », un magazine sur le cinéma fantastique et d'horreur que j'achetais très régulièrement dans ma jeunesse, m'a poussée à retenter l'expérience. Et cette fois, cela m'a beaucoup plus plu. Tout d'abord, le dessin noir et blanc très axé dans le genre des comics américains, a un trait qui m'a bien convenu : c'est réaliste, moderne, dynamique. On reconnaît bien les différents personnages et ceux-ci sont assez expressifs. L'histoire, quant à elle, est définitivement dans le registre fantastique avec un petit côté thriller. Au départ, cela reste classique : un homme qui semblait promis à un beau succès voit sa vie devenir lambda et en plus, sa voisine lui tape sur les nerfs. Rien que de très banal donc. Mais quand il jette le sort pour se débarrasser de la gêneuse, on rentre là dans des rebondissements étranges, des moments angoissants où la réalité semble basculer. Mais il y a aussi du mystère, part non négligeable du récit. On reçoit des indices au fil du récit et on peut se douter de certaines choses mais j'ai trouvé que c'était bien amené et le suspense bien tenu jusqu'aux dernières pages. Voilà un titre qui m'a réconciliée avec cette collection !

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