La bibliothèque du dolmen

02 juin 2020

Noir comme le jour ---- Benjamin Myers

NoircommelejourDans une petite ville perdue au fond d’une vallée des Pennines, dans le Yorkshire, une femme, Jo Jenks, est retrouvée dans une ruelle, le visage et le cou gravement tailladés par un couteau. Le jeune homme qui la découvre en premier, alors qu’il sort du pub, n’appelle pas les secours car il a peur d’être accusé de l’agression. Le journaliste Roddy Mace, qui a quitté Londres après son précédent reportage qui lui a fallu un contrat pour écrire un livre sur cette affaire ayant impliqué des personnes connues, est venu s’enterrer dans cette vallée humide et travaille pour le journal local, le Valley Echo. Il commence donc à enquêter sur cette attaque brutale dont la victime est connue de tous les habitants comme la star du porno locale. Mais il n’est pas le seul sur l’affaire : l’agression intéresse aussi des journaux populaires de Londres. Pendant ce temps, James Brindle, qui a été mis en congé sabbatique suite à l’échec de son enquête précédente, celle qui a apporté une sorte de gloire à Roddy Mace, n’arrive pas à trouver un équilibre à sa vie sans son travail et veut absolument convaincre ses chefs de le réintégrer …

J’avais bien aimé Dégradation, le premier opus réunissant le journaliste Roddy Mace et l’enquêteur James Brindle et j’avais donc noté qu’il y avait une suite. D’ailleurs, avec le temps, mes bémols sur le tome un se sont carrément estompés face à l’histoire en elle-même, bien tordue comme je les aime. Qui plus est, les petits trucs qui m’avaient gênée dans le style d’écriture ont semblé absents dans cet opus ou alors, c’est juste que je m’y suis habituée mais vu le temps qui s’est passé entre les deux lectures, je ne favoriserais pas trop l’explication de l’habitude ! C’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé ces deux hommes, quelques semaines après la fin de leur première enquête. Pour Roddy, c’est une coupure totale avec sa vie d’avant, une coupure qu’il a décidé en fuyant Londres et en essayant de se ranger : ne plus boire, ne plus fumer, travailler au journal local et vivre dans une péniche de location. Pour James, c’est aussi une vie bien différente pour lui mais il ne l’a pas désirée : ses chefs lui ont imposé un congé, histoire qu’il se remette les idées en place et il ne supporte pas l’inactivité, même s’il s’est mis à faire du sport de façon intensive, se passionne pour la seconde guerre mondiale et essaie régulièrement de retourner au travail, observant ses collègues depuis le parking. On découvre donc les évolutions des deux héros mais le Yorkshire et sa nature sauvage, ses collines, sa météo humide, ses petites villes post-industrielles est encore omniprésent car c’est là où l’enquête va se dérouler. L’attaque brutale d’une femme, star du porno et bien connue des habitants mâles (mais pas que) de la ville, fait la une de l’actualité et intéresse aussi les journaux nationaux, ce qui paraît plus étonnant. On se doute bien que ces attaques ne vont pas s’arrêter là et cela permet de faire connaissance avec différentes personnes : les collègues de Roddy au journal local, les habitants de la ville dont un jeune homme un peu lent et un peu effrayant mais qui attire en même temps la pitié et bien d’autres vu qu’ils seront tous des acteurs passifs ou actifs des évènements. On voit aussi comment la presse fonctionne, ce que les journalistes, qu’ils travaillent pour des journaux ou pour des chaines télé, recherchent pour toujours faire de l’audience. Si le suspense arrive à fonctionner au départ, j’ai vite deviné ce qu’il en était car il y a des signes qui ne trompent pas mais l’idée est quand même originale et permet de réfléchir à la psychologie humaine et à nos actions sur plusieurs niveaux, actions parfois dictées par la société, le passé, les lieux, les gens et j’en passe. Le mélange enquête et vie privée de nos deux protagonistes principaux est prenante et la description des paysages plante une ambiance brumeuse, un peu angoissante. J’ai légèrement moins aimé que le précédent car j’ai trouve l’histoire moins percutance, moins dérangeante, avec une fin qui m’a un peu frustrée quant au devenir de certains personnages mais l’ensemble est bien bâti, intéressant et j’espère qu’il y aura un tome 3 !

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01 juin 2020

Aleister & Adolf ---- Douglas Rushkoff et Michael Avon Oeming

Aleisteretadolf1995. Hugh doit terminer la mise en page d’un site web pour son lancement mondial le lendemain mais un des logos ne se positionne pas comme le jeune homme le désire. En fait, il se déplace tout seul jusqu’à un emplacement précis. Supposant le logo vérolé, Hugh descend aux archives pour récupérer le logo original et l’homme en charge du service n’est pas étonné de son problème. Il l’envoie même voir le créateur du logo, un certain Roberts, malade et en phase terminale. Roberts raconte alors à Hugh comment il a été envoyé en Europe à la veille de la seconde guerre mondiale pour rencontre Aleister Crowley, un homme étrange, occultiste et à la réputation sulfureuse. Lui seul pourrait avoir les armes pour contrer Adolf Hitler qui a réussi à récupérer la lance ayant percé le flanc du Christ sur la croix et qui donne, soit disant, des pouvoirs d’invicibilité …

Je suis donc toujours dans ma période fantastique et j’ai donc déniché cette BD qui mélange donc fantastique, occultisme, magie, Histoire, personnages réels (on y retrouve aussi le « père » de James Bond, Ian Fleming ou bien le général Patton) et pouvoir des mots et des logos. Le graphisme en noir et blanc est assez touffu, avec une mise en page dynamique qui utilise tout l’espace et qui part parfois dans tous les sens. Mais avec la dimension de l’album (qui est à peu près celle d’un roman grand format), j’avoue que cela n’a pas été facile de s’y retrouver. Tout d’abord, hormis Crowley, bien reconnaissable et bien ressemblant à la réalité, j’ai trouvé que beaucoup de personnages se ressemblaient et en plus, ils vieillissent ! Le seul personnage bien identifiable est celui de Daphné mais c’est juste parce qu’elle est la seule femme (hormis la cheffe de Hugh mais elle est dans l’époque 1995, qui est loin d’être le sujet principal de l’album). En plus des difficultés visuelles dues au graphisme que j’ai quand même relativement bien aimé malgré tout, j’avoue que je n’ai pas compris grand chose à l’histoire. En fait, tout va bien pour la partie du présent et ce logo qui semble avoir une vie propre est intrigant. Quand Roberts commence à raconter sa vie juste avant la seconde guerre mondiale et sa rencontre avec Crowley, ça allait encore mais ensuite, pffff, entre cérémonies, initiations, théories occultistes et autres, me voilà totalement larguée ! Et pourtant, je connais quand même un peu la vie d’Aleister Crowley (c’est obligé quand on aime le fantastique et qu’on regarde la série Supernatural !) mais franchement, j’avais toujours la sensation que j’avais dû rater une phrase importante qui aurait donné du sens à ce que je lisais. J’ai bien compris l’importance des mots, des logos, pour réunir des foules sous ces nouvelles bannières, pour les diriger dans un sens mais je restais peu convaincue par ce que je découvrais et le récit me paraissait parfois sauter du coq à l’âne sans raison. Le récit revisite de façon fictionnelle ce qui aurait pu se cacher derrière la seconde guerre mondiale mais c’est une lecture ardue et un peu fouillis qui semble viser un certain lectorat mais j’ai eu la sensation de ne pas faire partie de celui-ci !

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31 mai 2020

The good house ---- Tananarive Due

ThegoodhouseDans les années 1920, Marie Toussaint, une jeune femme noire, s’est installée la petite ville de Sacajawea, dans l’état de Washington, travaillant comme servante pour un pharmacien qui lui lègue sa maison à sa mort. Le bâtiment est splendide, sur une butte un peu isolée et est surnommée The Good House, la bonne maison, car Marie a aidé et soigné beaucoup des habitants du village, particulièrement après un glissement de terrain très meurtrier. Plusieurs années après la mort de Marie, la maison appartient maintenant à sa petite-fille Angela, qui n’y vient que pour les vacances. A l’été 2001, c’est l’occasion pour Angela de reconstruire son couple avec Tariq, dont elle est séparée depuis plusieurs mois, lui étant parti à Oakland et continue son travail d’entraineur sportif alors qu’elle est restée à Los Angeles et est toujours employée comme avocat dans la même firme. Angela et Tariq se partagent la garde de Corey, leur fils adolescent qui a mal encaissé la séparation de ses parents. Alors que les préparations de la fête du 4 juillet vont bon train, Corey avoue à Angela lui avoir dérobé une bague de famille munie d’inscriptions étranges, la bague de Marie qu’elle avait laissé à Angela mais il la lui rend en s’excusant. Angela se demande ce qui se passe avec son fils qui lui semble bizarre depuis leur arrivée à Sacajawea …

Avec le confinement, j’ai eu une grosse envie de lire des histoires fantastiques et d’horreur, et particulièrement de maisons hantées ou de lieux où il se déroule des choses bizarres (mon envie ne s’est d’ailleurs pas arrêtée aux romans car on a aussi dévoré quelques séries telles que les adaptations des romans « Le secret de Crickley Hall » et « The haunting of Hill House). J’ai donc cherché sur Internet des titres qui semblaient prometteurs et The good house m’a tout de suite attirée. Je connaissais juste l’auteure de nom, comment étant spécialisée dans les romans noirs-américains d’horreur, ce qui n’est pas courant et donc forcément intéressant de découvrir. Le début du roman est assez lent : on est en 1929 et un glissement de terrain a eu lieu à Sacajawea, épargnant The Good House (pas facile de traduire son nom car il y a une double signification en anglais) et tout de suite, on sent qu’il se passe une chose bizarre quand Marie essaie de soigner une jeune fille. Et puis, pfff, on se retrouve en 2001, avec Angela, la petite-fille de Marie, Tariq son époux dont elle est séparée et leur fils Corey, qui viennent passer des vacances d’été dans la maison de Marie dont Angela a hérité. Cela permet une mise en place des lieux, des différents personnages, de leurs interactions mais il ne se passe pas grand chose jusqu’à un événement particulier (malheureusement révélé par certains résumés donc je pense qu’il vaut mieux éviter d’en lire trop). Et là, nouveau saut dans le temps jusqu’en 2003 et là, beaucoup de choses ont changé et c’est pendant cette époque-là que l’action principale, avec tout ce qu’elle a de fantastique, va de dérouler. Mais pour qu’on comprenne ce qui se passe alors, il y a de longs flashbacks qui nous racontent ce qui s’est passé à l’époque de Marie mais aussi en 2001. Malgré ces sauts d’époque, on ne se perd jamais vu qu’ils sont bien signalés mais comme ils sont longs, j’ai trouvé qu’il était facile de s’installer dans une époque précise et cela fait donc un peu bizarre d’en sortir à chaque fois. Il faut quand même attendre un bon tiers du livre pour que les choses s’accélèrent mais dès que c’est le cas, j’ai trouvé que l’histoire était prenante et j’avais envie de savoir ce qui allait arriver. En plus, les personnages sont attachants, donc même au départ où c’est calme, ça reste agréable à lire. Comme pour tout bon roman fantastique/d’horreur, il y a des moments violents et assez horribles, d’autres angoissants. La fin est plutôt originale et inattendue mais je crois que j’aurais préféré quelque chose de plus dur, plus en adéquation avec le genre (en général, les romans ou les films d’horreur semblent finir bien mais en fait, il y a toujours un twist qui montre que non, ça ne se passera pas forcément bien !). Mais dans l’ensemble, tout ce qui est requis pour planter une bonne ambiance effrayante est bien présent, avec des références à des pratiques qui existent réellement et d’autres totalement inventées. J’ai donc passé un bon moment avec ce roman et cela me donne envie de lire d’autres titres de cette auteure.

*Lu en anglais*

Non traduit en français à ce jour

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30 mai 2020

Instants d'après ---- Daisuke Imai

InstantsdapresLa technologie est partout et doit nous faciliter la vie mais peut-elle rendre plus heureux en nous permettant de nous dépasser ? Dans une société où toutes nos réussites semblent dépendantes des points de chance qui sont attribués chaque semaine et qu’on est libre d’utiliser pour ce qu’on veut, le mérite, le travail et l’intelligence ont-ils encore de la valeur ? Les applications de rencontre qui se basent sur des données scientifiques pour former les couples peuvent-elles les rendre heureux et amoureux ? Les robots d’auto prise en charge pour aider les personnes âgées peuvent-ils être détournés de leur fonction première ? Un immeuble connecté peut-il alléger la vie d’une mère célibataire et la remplacer auprès de son enfant ?  …

Repéré dans une librairie qui faisait référence à l'excellente série Black Mirror (dont je suis loin d’avoir vu tous les épisodes) en présentant ce titre-là, et comme c'était un one-shot, chose assez rare dans les mangas, j'ai forcément été tentée. En fait, je pensais que ce serait une seule histoire alors qu'en fait, c'est une série de récits où la technologie et les ordinateurs tiennent une place importante et ont modifié nos façons de vivre. Côté dessin, pas de surprise : c’est typiquement japonais et manga, avec du noir et blanc, des expressions poussées à l’extrême et des onomatopées disséminées un peu partout. Cela faisait une éternité que je n'avais plus lu de manga et j’avoue que en voyant ces dessins stéréotypés, je me suis demandée qu’est-ce qui faisait qu’un mangaka réussissait à percer et d’autres non vu qu’ils ont strictement tous le même style. Mais bon, le graphisme ne m’a pas vraiment dérangée vu qu’il a été sans surprise, ni bonne ni mauvaise. Quant aux différents récits, certains sont bien sûr plus intéressants que d’autres et quelques rares sont vraiment peu compréhensibles comme l’histoire sur le base-ball car quand je suis arrivée à la fin, je me suis dit "... et ?" mais où donc l’auteure veut-elle en venir ? Dans l’ensemble, j’ai trouvé le tout assez plat, assez prévisible et si toutes les histoires ont un petit côté psychologique, rien n’est vraiment développé mais cet aspect prend parfois le pas sur la technologie décrite et son influence sur nos vies, rendant le récit … comment je pourrais dire … le cul entre deux chaises dans le sens où du coup, on ne sait plus s’il se veut récit d’anticipation ou réflexion psychologique et émotionelle (vu que ce développement aurait tout à fait pu être effectué à partir d’une histoire normale, sans technologie). Je crois que ma déception vient du faire que la série Black Mirror (en tout cas les premiers épisodes vu que je n’en ai vu qu’une bonne dizaine) est tellement bien faite qu’il est difficile de l’égaler et à mes yeux, ce manga est loin d’y arriver, même s’il y a quelques bonnes idées.

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29 mai 2020

The undomestic goddess ---- Sophie Kinsella

TheundomesticgoddessHEARTS2

Samantha est avocate dans une grande firme londonienne où elle s’occupe de la partie financière des contrats d’affaires. Sa vie est planifiée à la seconde près et quand sa meilleure amie lui offre, pour son anniversaire, une journée détente dans un spa, elle attend forcément le dernier moment pour profiter de son cadeau et en plus, elle n’arrive pas à rester un minimum sur place car son travail la réclame. Heureusement que Samantha est célibataire car elle n’a de toute façon du temps pour rien : elle ne fait pas le ménage, ne cuisine pas, ne sort pas et n’utilise son petit appartement que pour y dormir quelques heures. Son seul objectif : être enfin promue associée à part entière dans la firme mais alors qu’elle va enfin atteindre son but, elle découvre qu’elle a commis une énorme erreur qui n’est même pas digne d’un stagiaire. Traumatisée par ce premier échec, elle fuit Londres, prenant le premier train venu et se retrouve perdue en pleine campagne anglaise, dans un petit village. Assoiffée et ne trouvant aucun endroit où se désaltérer, elle décide de sonner à la porte d’une grande propriété où Trish, la propriétaire, la prend pour la nouvelle gouvernante. Samantha ne dit rien et décide de jouer le jeu jusqu’au lendemain mais elle ne connait strictement rien aux tâches ménagères. Mais la nuit passe et son erreur s’affiche à la une des journaux, l’obligeant à rester dans son poste de bonne à tout faire …

J’avais lu ce roman à sa parution en anglais en 2005 et j’en avais gardé un excellent souvenir. Confinement oblige, je voulais une lecture légère, amusante et j’ai pensé à ce titre, surtout qu’à l’époque, je n’avais pas encore ouvert mon blog et je me suis dit qu’une relecture était, dans ce cas, l’occasion de pouvoir écrire un billet sur ce titre. Parfois, lors de mes relectures, j’en profite aussi pour relire le livre en VO mais là, c’était déjà fait et je l’ai donc relu toujours en anglais, n’ayant pas la version française sous la main. Dès le début, on est plongé dans l’univers surbooké de Samantha qui n’a pas une minute à elle et qui ne vit que pour son travail … autant dire qu’elle est à des millions d’années-lumière de moi ! On sent bien qu’elle est incapable de se détacher de son boulot, de prendre ne serait-ce qu’une seconde pour elle mais en même temps, elle est trop drôle dans ses techniques pour toujours restée connectée (la scène du spa est hilarante). Même sa famille est à fond sur le travail et ne prend même pas le temps de venir lui souhaiter son anniversaire au restaurant … je crois que c’est là que Samantha commence à devenir attachante car j’ai eu pitié d’elle, toute seule à sa table. Quand elle découvre son erreur alors qu’elle va enfin atteindre son but, sa réaction m’a paru un peu trop enfantine par rapport à ce qu’on pourrait penser d’elle : franchement s’enfuir comme ça, ce n’est pas très fûté ! Mais il faut bien qu’elle quitte Londres pour se retrouver dans un village dont elle ne connaît rien sinon l’histoire ne pourrait pas se dérouler. J’avoue que c’est le moment que j’aime le moins dans le roman : il me paraît artificiel, peu crédible et peut-être un peu trop long. Par contre, dès qu’elle rentre « au service » de Trish et son époux, c’est à nouveau la franche rigolade devant son incapacité à faire la moindre chose (honnêtement, est-il possible qu’il existe des gens aussi ignares dans des choses de base ?). Et puis, il y a le jardinier de la propriété, le beau Nathaniel … on se doute bien de comment tout cela va tourner mais c’est la façon dont Samantha va évoluer qui est intéressante. J’aime beaucoup ses questionnements, ses découvertes, son approche de la vie qui va se modifier et les relations qu’elle noue avec son entourage sont plutôt bien menées et donnent du sel au récit. C’est sûr que c’est un roman chicklit mais il n’est pas mièvre et la morale qui en ressort est plutôt sympathique. Alors, oui, j’ai encore une fois apprécié cette relecture … j’ai eu la même impression de bon temps, de légèreté qui cache néanmoins des thèmes plus sérieux, et j’ai toujours autant aimé les personnages ! C’est chouette de voir qu’un livre n’a pas vieilli et me plait toujours autant !

*Lu en anglais*

Titre français : Samantha bonne à rien faire

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28 mai 2020

Tu mourras moins bête* (*mais tu mourras quand même !) tomes 1 à 5 ---- Marion Montaigne

Tumourrasmoinsbete1Tome 1 : La science, c'est pas du cinéma !

Au cinéma, les héros s'en sortent bien, même s'ils reçoivent une balle ou s'ils tombent du pont du Golden Gate à San Francisco. Qui plus est, ils sont capables d'aller au centre de la Terre ou bien de sauver celle-ci d'un impact avec un astéroïde. Les films de science-fiction nous font miroiter la téléportation, les sabres laser et les voyages vers Mars comme une simple balade et les séries télé nous montrent des enquêtes policières aux techniques d'investigation très poussées. Mais qu'en est-il vraiment ? Est-ce que tout cela pourrait être possible ou tout simplement réaliste ? Pas toujours … voire même carrément jamais … la professeure Moustache est là pour nous le prouver …

Ce n'est certes pas le graphisme qui m'a poussée vers cet album mais le titre, avec ce qu'il a d'ironique et d'humour noir ! Et puis, un album qui parle de cinéma, ça me plaisait bien aussi. Mais n'allez pas croire que le dessin ne m'a plu du tout : en fait, l'aspect brouillon et décalé (avec comme personnage principal la professeure Moustache, qui est tout simplement une femme avec une moustache !) est là pour souligner le côté amusant et déjanté des sujets abordés. Mais on reconnait bien les différents acteurs mis en scène. L'album est divisé en trois parties : action, science-fiction et séries télé, et chaque partie est divisée en plusieurs chapitres abordant des thèmes diverses et variés. S'appuyant sur la science et la logique, la professeure Moustache démontre l'absurdité de beaucoup de situations qu'on retrouve au cinéma et ses démonstrations m'ont souvent fait rire, certaines ayant même provoqués quelques fous rires que j'ai eu du mal à contrôler ! Je ne suis pas allée vérifier si tout ce qui était décrit dans l'album était véridique (bien que j'ai eu une fois un doute sur une des choses expliquées) mais en tout cas, c'est une lecture ludique, éducative, amusante (bien que l'humour soit parfois un peu cru … de mon côté, ça ne m'a pas dérangée du tout !) et j'ai passé un excellent moment de détente, profitable à mes zygomatiques qui ont bien travaillé … je ne vais pas tarder à m'attaquer au tome 2 qui aborde la médecine … ça promet encore un bon moment de lecture !

Les avis de Miss Alfie's mec et Jean-François.

Le blog de l'auteure Marion Montaigne.

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Edit du billet du 17 décembre 2013

 HEARTS2

 

 

Tumourrasmoinsbete2Tome 2 : Quoi de neuf, docteur Moustache ?

La médecine devient de plus en plus abordable avec l'arrivée d'Internet et la multiplication des émissions ou des livres de vulgarisation scientifique. Mais rien de tel que d'apprendre en s'amusant grâce au professeur Moustache qui nous parle du suicide des cellules, de la vision du corps par Aristote, des Ig Nobel, qui nous décrypte le fonctionnement des rêves ou qui nous fait visiter l'Institut Pasteur …

 

 

 Tumourrasmoinsbete3Tome 3 : Science un jour, science toujours !

La science peut nous aider à comprendre notre quotidien et à ainsi mieux appréhender le monde extérieur et à passer outre croyances irraisonnées et habitudes peu utiles. Recouvrir la lunette des toilettes de papier hygiénique est-il vraiment utile ? Que sont les acariens et à quoi servent-ils ? A qui appartient l'espace ? Pourquoi y a-t-il es turbulences en avion ? Pourquoi les adolescents ont-ils toujours l'air mou ? …

 

 

Tumourrasmoinsbete4Tome 4 :Professeur Moustache étale sa science !

Les questions que beaucoup se posent sont infinies dans leur variété et leur sujet et le professeur Moustache essaie d'y répondre de façon ludique : peut-on greffer une tête sur un autre corps, est-il possible que le Jonas de la Bible soit sorti indemne du ventre de la baleine, en quoi consiste un vol parabolique, que fait un biomécanicien … et c'est sans oublier une collection de chercheurs malchanceux ou limite masochistes prêts à expérimenter sur eux-même …

 

Franchement, j'adore cette série d'albums ! Bon, ce n'est pas vraiment à cause du style graphique qui est un peu brouillon et plutôt coloré mais bien reconnaissable … maintenant, je suis capable d'identifier un dessin de cette auteure immédiatement car elle a son style bien à elle. Et puis, j'ai fini par m'y habituer et par apprécier les petits détails absurdes (et puis, vu l'humour présent, il fallait que le dessin ne soit pas non plus trop réaliste). Par contre, les sujets abordés sont passionnants, originaux, éducatifs et la façon dont l'auteure les explique est hilarant et finalement très pédagogique. Elle fait simple, utilise les images et du coup, c'est facile à comprendre … et tout le monde sait qu'il est plus facile de retenir les choses quand on prend du plaisir à les découvrir. Les sujets sont abordés par chapitres et une liste de textes de référence est fournie en fin d'album si on veut creuser un peu plus. L'humour est omniprésent, parfois peu subtil et un peu cru mais cela correspond totalement à ce que j'aime. J'ai souvent éclaté de rire et j'ai partagé certains passages avec mon chéri car je ne pouvais pas attendre qu'il le lise tellement je les trouvais savoureux (il les a lus lui aussi à présent et a autant aimé que moi). C'est vraiment des excellents albums qui m'ont permis de passer des moments de détente sous le signe du rire et de la découverte intelligente … c'est un coup à finir par adorer les sciences et à ne plus regarder les choses de la même façon ! Dommage qu'il faille maintenant attendre un bon moment pour un autre opus vu que le tome 4 vient juste de paraître !

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Edit du billet du 21 septembre 2015

Tumourrasmoinsbete5HEARTS2

La professeure Moustache est de retour pour nous apporter des connaissances dans de nombreux sujets scientifiques ou du quotidien ! L'homme bionique peut-il exister et est-il en passe d'être créé ? Les corbeaux voyageurs de la série Game of Thrones sont-ils plus efficaces que les traditionnels pigeons ? Quel est le rôle du pilote automatique dans l'avion ? On dit les fourmis et les abeilles travailleuses mais le sont-elles vraiment ? Les jeux vidéo rendent-ils vraiment les gens violents ? En quoi consiste le désir de la femme ? Qu’est-ce qui se cache sous le nom barbare de CRISPR-Cas9 ? …

C'est toujours un plaisir de lire un album de cette série BD de vulgarisation scientifique car on apprend un grand nombre de choses sur des sujets très variés tout en s'amusant et riant beaucoup. Marion Montaigne s'appuie toujours sur des recherches sérieuses et poussées pour nous montrer que les choses ne sont pas toujours ce qu'elles paraissent et que l'ignorance peut être repoussée sans pour autant perdre le sourire ! J’ai donc savouré à petites doses cet album, ne lisant qu’un chapitre (donc qu’un seul thème) tous les deux ou trois jours, histoire de faire durer le plaisir, surtout que j’ai déjà tout lu d’elle (sauf deux albums jeunesse) et qu’il faudra donc ensuite que j’attende longtemps pour voir un nouveau titre d’elle paraître. C’est amusant de voir que je suis même ravie de retrouver le style graphique inimitable de l’auteure alors qu’au départ, je n’étais pas forcément très emballée par ce style. Mais rien quà le voir, maintenant, je salive d’avance ! Encore une fois, j’ai appris plein de choses, j’ai ri très très fréquemment, j’ai noté les livres qu’elle met en référence car je suis sûre que certains doivent être passionnants. Par contre, certains sujets pourraient déranger certains lecteurs/lectrices car ils abordent le sexe et c’est parfois un humour un peu « gras », qui, de mon côté, ne me dérange pas. Et je suis toujours ébahie par la variété de sujets abordés : il faut vraiment y penser et ensuite dénicher des infos dessus et je suis convaincue que ce doit être un sacré travail alors je ne peux que remercier Marion Montaigne pour tout cela et pour nous faire passer un excellent moment de découvertes !

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27 mai 2020

One for the money ---- Janet Evanovich

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Stéphanie Plum vient de perdre son emploi de vendeuse en lingerie pour une chaine de magasins alors que sa vie semblait être une bonne voie : un appartement qu’elle loue seule, une voiture achetée à crédit et de quoi manger. Pas de petit ami régulier malgré l’approche de la trentaine mais ce n’est pas ça qui l’ennuie vu qu’elle a Rex dans sa vie, Rex étant un hamster très mignon et très gourmand. Comme elle se refuse de demander de l’aide à ses parents, qui vivent dans un quartier familial de Trenton, peu éloigné de l’appartement de Stéphanie, elle se décide à aller voir son cousin Vinnie, qui tient une agence de cautionnement, en espérant obtenir un emploi de secrétaire. Mais à son arrivée, elle apprend qu’un des chasseurs de prime est malade et que ses affaires en cours vont devoir attribuer aux autres et elle récupère ainsi l’affaire la plus juteuse du lot. Pour obtenir une jolie somme, il suffit donc qu’elle ramène au poste Joe Morelli, un flic en fuite suite à une fusillade ayant coûté la vie à un homme. Mais Joe Morelli est aussi un homme qu’elle connaît depuis leur enfance et avec qui elle a eu une brève relation. Totalement ignorante des talents requis par son nouveau travail, elle demande conseil à Ranger, un autre chasseur de primes, très mystérieux et très efficace …

Avec le confinement, j’ai dû fournir mes voisines en livres et cela m’a donc donné l’occasion de fouiller dans les piles et dans ma mémoire pour leur trouver des idées de lecture. Ce titre, premier d’une longue série, m’a paru bien adapté car il mêle action et humour et je suis une grande fan de Stéphanie Plum. Du coup, ça m’a donné envie de le relire mais cette fois en anglais. En plus, j’avoue que j’ai arrêté la lecture de la série vers le tome 10 ou 11 et mes souvenirs sont très vagues au sujet de l’évolution des relations Stéphanie-Joe Morelli-Ranger. Même si tous les tomes s’entassent chez moi, je n’ai pas voulu continuer ma lecture tant que je ne me serais pas lancée dans la relecture des premiers tomes, histoire de me remettre tous les détails en mémoire. Me voilà donc plongée dans ce tome 1 et j’ai encore pris énormément de plaisir à suivre les aventures de Stéphanie. S’il y avait des choses dont je me rappelais bien (comme le destin de ses voitures par exemple), j’avais oublié beaucoup de choses et c’était pratiquement comme une première lecture. Par contre, comme mes lectures de ce tome (déjà lu deux autres fois) datent du début des années 2000, je n’avais alors pas été choquée par la mode vestimentaire ou par le style de vie. Mais là, ouh, j’ai trouvé que ça avait quand même vieilli … le spandex, les couleurs fluos, les grands T-shirts, l’absence de téléphone portable, les voitures utilisées même pour faire 100 mètres … enfin bref, cet aspect en fait presque un polar « historique » ou tout au moins, un magnifique témoignage des années 1990 (vu que le roman date de 1994). Sinon, Stéphanie est attachante malgré ses incompétences de chasseuse de primes car elle essaie toujours de faire de son mieux et les différents cas qu’elle récupère sont parfois amusants et en tout cas pas faciles. Quant au suspense principal, le cas Joe Morelli, il tient bien la route et fait durer le suspense mais pas que ! Parce que, franchement, Joe Morelli, en plus d’être flic et donc au courant de toutes les techniques possibles pour se planquer, est aussi très sexy et ce n’est pas Stéphanie qui dira le contraire. Et en même temps, il y a Ranger, ténébreux, mystérieux, efficace, qui éduque un peu Stéphanie dans son nouveau métier. Il ne faut pas non plus oublier les personnages secondaires dont l’excellente Mamie Mazur, la grand-mère cool et un peu fofolle de Stéphanie (ah, le coup du poulet et de son croupion explosé à coup de revolver … j’en ris encore !). Il y a de tout dans ce premier roman : de l’action, du suspense, de l’humour, de l’érotisme soft (voui, voui) … et hormis le fait que les détails nous replongent dans une époque qui peut maintenant sembler à des années lumières du présent, j’ai passé un excellent moment de détente … même à la troisième relecture ! Comme quoi, quand ça fonctionne, ça fonctionne !  

J'ai exceptionnellement réécrit un billet pour ce titre car mon premier à ce sujet avait été rédigé avant l'existence du blog et rajouté au moment de l'ouverture de celui-ci mais il fait pitié !!!! Vous pouvez le lire ici.

*Lu en anglais*

Titre français : La prime

Les avis de Karine, Papillon, Caroline,

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26 mai 2020

Ô Pacifique, l'eau qui dort ---- Pog et Le Bihan

OpacifiquePacifique Le Quellec est un célibataire endurci qui vit dans un petit village côtier en Bretagne. Sa vie se partage entre ses sorties en mer sur son bateau pour pêcher, le bar du coin, et ses moments de solitude passés dans sa maison. En plus, au bar, ses amis se moquent de lui car Pacifique parle avec une mouette … enfin, un goéland, qui le rejoint en mer. D’ailleurs, il se chamaille régulièrement avec le volatile. Mais quand une jeune femme, Alice, demande à Pacifique s’il pourrait l’amener en bateau sur des sites où elle pourrait plonger pour observer la faune sous-marine, le train-train quotidien va en être bouleversé …

Je cherche toujours des idées de BD se déroulant en Bretagne pour éventuellement en proposer la lecture au club lecture de mon village. Les titres ne manquent pas mais tous ne sont pas forcément propices à la discussion. Donc, quand j’ai vu un pêcheur breton appelé Pacifique, ça avait de quoi intriguer ! En plus, s’il parle avec un goéland, c’est encore mieux … j’adore ces oiseaux au fort caractère. Par contre, j’étais un peu inquiète devant le format qui dépassait à peine le format traditionnel des 48 pages. J’ai découvert un graphisme simple mais assez réaliste (avec une légère pointe de caricature), au trait rond et aux couleurs douces où les tons de bleu dominent. Disons qu’à ce niveau, cela m’a laissée sans avis tranché : le dessin est agréable mais je ne peux pas dire que je l’ai adoré. Il fait son travail de dessin en portant l’histoire comme il faut et en plantant les décors et les ambiances. Les expressions des personnages m’ont quand même paru un peu figées mais elles sont là. L’histoire est, elle aussi, assez simple. On fait connaissance de Pacifique, on découvre sa vie et sa routine et vlan, voilà que ce beau train-train quotidien est tout chamboulé par l’apparition d’une femme. A partir de là, on se dit que ça peut se développer dans deux directions, les deux étant tout aussi crédibles et valables l’une que l’autre. Ce qui est sympathique, c’est qu, par moments, on apprend des choses sur le passé de Pacifique, des choses qui expliquent pourquoi il est ainsi et qui le rendent encore plus attachants. Parce que sous des allures bourrues, il est tout gentil et mignon, ce Pacifique ! Et puis, il y a le goéland, qui est vraiment aussi une vedette dans l’histoire grâce à son comportement mais je n’en dirais pas plus ! Une lecture simple mais mignonne, aux tonalités parfois émouvantes, aux parfums iodés, qui permet de passer un bon petit moment !

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25 mai 2020

Victime 55 ---- James Delargy

Victime55HEARTS2

 

 

 

Chandler est le sergent de police en chef dans la petite ville de Wilbrook, perdue dans le désert du Nord-Ouest de l'Australie. Divorcé, il s’occupe de ses deux enfants avec l’aide de ses parents mais la vie est plutôt tranquille dans cette ville où pratiquement tout le monde se connaît. Pourtant, un matin, un jeune homme, Gabriel, se présente au poste, paniqué. Il dit avoir été kidnappé et qu'un homme, nommé Heath, qui l'a pris en stop, comptait faire de lui sa 55ème victime. Après l'avoir interrogé, Chandler demande à Gabriel de rester dans le coin le temps d'éclaircir l'affaire. Mais le lendemain, un homme est arrêté en train de voler une voiture dans une ferme des environs. Il s'appelle Heath et affirme qu'il essaie d'échapper à la mort, ayant été pris en stop par un homme appelé Gabriel, qui a tenté de le tuer. Chandler ne sait alors plus qui croire et pour l’aider dans l’enquête, Mitch, son ami d’enfance qui a rejoint la police en même temps que lui, arrive de la grande ville voisine, avec son équipe suréquipée …

C’est en entendant de bons échos à sujet de ce thriller que j’ai noté ce titre. Et puis, j’adore quand il faut faire un choix déterminant qui dit la vérité dans les personnages et là, on est mis, comme le héros du livre, devant le problème : qui croire ? Gabriel ou Heath ? Je sentais déjà que ça allait me plaire ! En plus, cerise sur le gâteau, c’est dépaysant car l'Australie sauvage est omniprésente et joue un rôle non négligeable : les paysages sont désertiques, sans aucun moyen de se repérer vraiment, sans réseau téléphonique (hormis satellitaire) et même pour les gens du coin, ce ne sont pas des paysages accueillants, même s’ils ont une beauté certaine. L’auteur nous distille peu à peu des informations, il dépeint des personnages de façon subtile, il y a aussi des flashbacks qui nous montrent la relation entre Chandler et Mitch, comment était leur enfance, leurs débuts dans la police, leur première affaire avec un randonneur perdu. Chandler m’est tout de suite apparu comme sympathique même si je lui trouvais parfois un manque d’assurance alors que j’ai trouvé Mitch, pour le contraste, complètement détestable. La tension monte peu à peu et j’étais contente de voir que j’avais misé sur le bon coupable mais sans réellement savoir pourquoi, juste en me basant sur les attitudes, les réactions et mon ressenti. En plus, en parallèle à l’enquête, l’auteur aborde différents sujets tels que les liens familiaux, la vie dans une communauté isolée, l’amitié et l’acceptation de la perte. Le dénouement est inattendu malgré tout et l’ensemble est original et bien mené (même si j’ai trouvé deux ou trois erreurs dans des détails). Et la fin est très percutante et dérangeante ... du genre qu'on n'oublie pas mais qui plait énormément !

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24 mai 2020

Et puis Colette ---- Sophie Henrionnet et Mathou

EtpuiscoletteAnouk, la trentaine, travaille comme bibliothécaire à Paris. Elle vit seule avec son chat Médor et apprécie sa vie, à défaut d’apprécier sa cheffe au boulot. Elle aime sa routine et les livres, ses petits passages à sa librairie favorite, sa liberté de rêver. Mais un jour, elle apprend le décès de sa jeune sœur Zoé, qui vivait dans une petite ville de province et qu’elle n’avait pas vu depuis très longtemps. Elle découvre que Zoé lui a laissé la garde de Colette, sa fille de sept ans, que Zoé élevait seule, le père n’ayant pas reconnu l’enfant. Anouk ne sait alors plus quoi faire : déraciner la petite fille pour l’emmener à Paris ou s’installer elle-même dans la petite ville mais dans les deux cas, cela signifie surtout bouleverser sa vie à jamais et Anouk n’est pas sûre d’en être capable …

La couverture colorée, avec les étagères de livres et les deux personnages tout en rondeurs qui s’observent prudemment a accroché mon oeil … et puis, il y avait aussi un chat tout mimi ! Comme quoi, il m’en faut peu pour me convaincre ! Le graphisme simple, rond, est moderne, féminin, avec des grands aplats de couleurs qui ne m’ont pas gênée alors qu’habituellement, je n’en suis pas forcément fan. Mais comme les couleurs sont variées et agréables, jamais trop foncées ni trop vives, cela passe bien. Il y a un petit côté enfantin et naïf dans le dessin que j’ai trouvé sympathique et reposant et aussi très bien adapté à l’histoire. Car je dois avouer que j’ai trouvé le récit un peu trop simple à mon goût, comme si l’album s’adressait plus à un public jeunesse qu’adulte. Je ne dis pas que je n’ai pas aimé, loin de là, mais je pensais que les questionnements d’Anouk allaient être plus creusés alors qu’ils sont survolés et bien vite résolus. L’ensemble est vraiment mignon, Colette est adorable et attachante et il y a des moments amusants et d’autres émouvants, que ce soit dans la relation entre Anouk et Zoé, qu’on découvre un peu à travers ses souvenirs, que dans les liens entre Anouk et Colette. Cela reste très prévisible et avec un petit côté bisounours, mais c’est quand même le genre d’histoires qui font du bien et que j’ai trouvée très agréable à lire, même si j’ai peur de vite l’oublier !

L'avis de Laure.

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