La bibliothèque du dolmen

16 janvier 2018

Chester + Chester, le retour ! ---- Mélanie Watt

Chester

ChesterleretourChester est un gros chat qui a une haute opinion de lui-même et qui embête régulièrement sa maitresse pour être le héros des histoires qu’elle tente de dessiner : une fois, il s’agit de l’histoire d’une souris qui vit dans une maison mais Chester veut prendre sa place, une   autre fois, il s’agit bien d’une histoire de chat mais celle-ci ne convient pas à Chester qui voudrait être considéré comme une star …

Me revoilà avec des albums jeunesse sur un chat … mais pas n’importe lequel ! Chester est un phénomène très fier de lui et très imbu de sa personne. Il se considère comme le chat le plus intelligent et le plus beau (je dois avouer que plusieurs fois, il m’a un peu fait penser à un certain président américain !). Et il est partout sur la page mais vu son embonpoint, difficile de passer inaperçu (et là, il m’a fait penser à une de mes minettes … qui fait bien ses 10 kg). Les dessins sont simples et colorés en tons pastels (seul Chester ressort bien avec ses couleurs plus soutenues) et l’ensemble est très adapté aux jeunes lecteurs. Chester corrige le texte et redessine partout et c’est le côté amusant de ces albums : même si on sait, en tant qu’adulte, que ce n’est pas possible, on s’imagine néanmoins très bien un énorme chat à côté de l’auteure et qui l’empêche de faire ce qu’elle veut ! Mais bon, à la fin, il y a toujours une surprise ! Et malgré tous ses défauts, Chester est néanmoins un chat attachant car il veut avant tout qu’on l’aime. Et c’est le cas !

Les avis de Karine et Kikine.

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15 janvier 2018

Hello, Monsieur Dodo ! ---- Nicholas John Frith

HellomonsieurdodoMartha est une petite fille qui adore les oiseaux. Elle connaît tous ceux qui vivent autour de sa maison : le merle, le moineau, le pivert mais un jour, elle découvre un oiseau étrange, bien plus gros que tout ce qu’elle a jamais vu. Martha a envie de le voir de plus près et l’oiseau se laisse approcher sans trop de problème et semble même content de ce contact. De retour chez elle, la petite fille fait des recherches et découvre qu’il s’agit probablement d’un dodo, un oiseau disparu depuis longtemps …

Je continue mes lectures d’albums jeunesse et j’ai craqué pour cette belle couverture rouge orangé et ce dodo tout mignon. Ma première réaction fut de vérifier la date originale de parution (qui est 2016) car j’ai trouvé que le dessin avait un petit côté rétro et il me faisait penser à certains albums jeunesse des années 1950, avec ses couleurs vives et franches. Martha est toute mignonne et les décors sont très agréables et lumineux. Quant au dodo, on aurait bien envie de le rencontrer tellement il a une bonne tête sympathique. J’ai trouvé original le fait de montrer aux jeunes lecteurs qu’il existe des espèces d’animaux qui ont disparu de la Terre à cause des humains et de les sensibiliser ainsi à la protection de la nature et de la faune. Autant dire qu’avec cette lecture, on joint l’utile à l’agréable !

L'avis de Clarabel.

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12 janvier 2018

Fox's garden ---- Camille Garoche

FoxsgardenIl fait froid, la neige recouvre le paysage et pour un renard, ce n’est pas facile de trouver un endroit sûr où se blottir pour la nuit. Les habitants le chasse dès qu’ils le voient et le renard continue sa route. Dans une propriété, il trouve à s’abriter dans une serre. Mais il a été vu par un petit garçon qui va aller le voir …

Cet album jeunesse s’adresse aux plus jeunes comme aux plus âgés car il n’y a pas de texte. Toute l’histoire est transmise par l’image, ce qui fait de ce livre au format à l’italienne un bel objet à feuilleter. Chaque scène, dans les tons gris bleuté pour la nature la nuit et des jaunes chaleureux pour les maisons éclairées, met en valeur le renard bien roux qui se balade au fil des pages. Mais le plus surprenant et surtut le plus réussi, c’est que chaque scène n’est pas dessinée mais elle est constituée en trois dimensions. L’auteure dessine et découpe les personnages, certains arbres, certains éléments du décor et les met en place pour ensuite les photographier, ce qui donne ce qu’on voit s’étaler sur chaque double page. Cela donne un relief certain à l’ensemble et surtout, je ne peux qu’être admirative devant ce magnifique travail de patience et de création, qui est expliqué dans un petit dossier final. Et puis, il y a une surprise à la fin mais je n’en dis pas plus !

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11 janvier 2018

Hugs from Pearl ---- Paul Schmid

HugsfrompearlPearl adore faire des câlins et serrer ses amis dans ses bras mais il y a un problème de taille : Pearl est une jeune porc-épic et les embrassades se transforment souvent en « ouille » et en « aie » ! Pourtant, aucun des amis de Pearl ne se plaint mais la jeune porc-épic n’aime pas les blesser. Il lui faut trouver une solution …

Cette petite Pearl en couverture a l’air si adorable ! Mais je comprends la douleur de ses amis à chaque câlin … il suffit simplement d’avoir tenu dans ses mains nues un hérisson pour avoir une idée de ce que ça peut être ! Séduite par les couleurs pastel toutes douces et les grands dessins tout simples mais expressifs, je n’ai pas hésité et j’ai emprunté l’album à la médiathèque pour connaître Pearl et découvrir la solution qu’elle va trouver pour éviter de blesser ses amis. Elle essaie différentes techniques jusqu’au moment où … mais chut, à vous de rencontrer Pearl pour savoir ! C’est mignon tout plein !

*Lu en anglais* *Non traduit à ce jour*

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10 janvier 2018

Wolves (Les loups) ---- Emily Gravett

WolvesTous les lapins ont besoin de savoir des choses sur les loups. Pour cela, ils peuvent aller emprunter un livre à la bibliothèque et celui-ci leur apprendra tout ce qu’ils ont besoin de savoir : où vivent les loups, leur habitat, leur allure, leur plat favori, …

J’adore les albums jeunesse d’Emily Gravett car je trouve qu’ils sont toujours originaux et qu’il y a plein de petits détails et de petites choses à regarder. Et c’est sans compter son style graphique, réaliste mais avec une petite touche décalée qui rend les personnages aussi bien sympathiques et adorables qu’effrayants s’il le faut. Les couleurs sont aussi très agréables, dans des teintes douces mais elles savent se faire plus marquées quand il le faut. Et puis, il y a les petites choses rigolotes, comme une carte de bibliothèque à sortir de son étui ou une lettre à tirer de son enveloppe. J’aurais adoré ce genre d’albums s’ils avaient existé dans ma jeunesse ! La fin est savoureuse et permet de satisfaire tout le monde. Voilà un chouette album à lire !

*Lu en anglais*

L'avis de Laure.

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09 janvier 2018

Les vieilles filles ---- Pagan Kennedy

LesvieillesfillesFrances et Doris sont deux sœurs qui vivent dans une petite ville du New Hampshire et elles viennent de perdre leur père, mort de maladie. Les deux femmes ne sont plus de la première jeunesse car elles sont déjà trentenaires et au milieu des années 1960, ne pas être mariée à cet âge-là laisse présager qu’elles finiront vieilles filles. Frannie est plutôt heureuse de sa vie tranquille, ayant un temps été courtisée par un bibliothécaire local, et elle apprécie les journées calmes passées en compagnie de sa sœur. Mais Doris, elle, est plus dynamique et elle veut profiter de la vie, ce dont elle ne s’est pas vraiment privée pendant que Frannie s’occupait de leur père malade. Maintenant que plus rien ne les retient chez elles, Doris propose de prendre la Plymouth familiale et de voyager pour aller voir leur vieille tante en Virginie. Mais leur périple sera bien plus long que ça et leur permettra de découvrir aussi bien des régions que ce qui se trouve au fond de leurs cœurs …

La couverture du livre est vraiment sympa et j’aime bien l’époque à laquelle se passe l’histoire, dans la seconde moitié des années 1960, voire même la fin de ces années-là (puisque l’assassinat de Robert Kennedy est évoqué dans les premières pages). Du coup, cette idée de road trip avec des vieilles filles (hum, à notre époque, elles seraient loin d’être considérées ainsi !) m’attirait beaucoup. Le début est assez lent : la narratrice est Frannie, la plus « coincée » des deux sœurs, et on découvre leur monde (et un peu la société américaine) à travers ses souvenirs et ses idées bien arrêtées. Dès le départ, je l’ai trouvée plutôt étroite d’esprit et relativement peu sympathique. On dirait une dame patronnesse des années 1950 alors que Doris a l’air mieux dans sa peau et dans son époque. D’ailleurs, j’ai eu beau me répéter maintes fois que le roman se déroulait en 1968 ou 1969, rien ne l’ancre vraiment dans cette époque : hormis quelques références à des faits d’actualité ou certaines évolutions de la société, on n’a rien pour se raccrocher à une date et vu que Frannie a l’air d’être de la décennie précédente, j’ai trouvé qu’on n’arrivait pas à se sentir à la veille des années 1970. Bien sûr, cette longue balade en voiture, qui va permettre de faire intervenir d’autres personnages dans l’histoire, va être l’occasion pour Frannie de se découvrir mais cela paraît tellement prévisible que ça en perd son charme et que ça ne la rend pas plus sympathique. L’écriture est fluide et l’ensemble se lit facilement mais on est loin du « road trip décoiffant » comme il est dit en quatrième de couverture … à peine aurais-je eu quelques cheveux remués par cette lecture mais rien de plus. Heureusement que le livre n’était pas bien long car cela aurait pu devenir un boulet … là, c’est juste une histoire qui sera très vite oubliée !

L'avis d'Emeralda.

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08 janvier 2018

Un printemps à Tchernobyl ---- Emmanuel Lepage

UnprintempsatchernobylLe 29 avril 1986, un accident nucléaire a lieu à la centrale de Tchernobyl, en Ukraine. Emmanuel Lepage a alors dix-neuf ans et découvre ce qu’il se passe à travers les informations à la télévision. Beaucoup de mensonges auront été dits et au final, cette catastrophe est restée dans les mémoires comme une chose terrible qui aura détruit des milliers de vie et toute une région autour de la zone contaminée. En 2008, une association d’artistes, que ce soit aussi bien des auteurs, des dessinateurs, des réalisateurs, ou autres, organisent un voyage vers l’Ukraine pour témoigner de l’évolution des choses. Il est prévu que le groupe soit logé non loin de la zone encore interdite mais qu’on peut visiter brièvement après de nombreux contrôles. Cette résidence d’artistes doit durer deux mois et se tiendra de fin avril à fin juin 2008 et parmi les participants, Emmanuel Lepage doit dessiner les lieux et les gens qui vivent sur place pour en faire ensuite un livre en partenariat avec un autre auteur …

J’essaie de faire diminuer un tout petit peu ma PAL de bandes dessinées et de comics et ce titre y était depuis déjà un bon moment. Mais comme je n’avais pas franchement aimé les deux derniers albums de l’auteur, surtout au niveau de l’histoire (Les voyages d’Ulysse et Les voyages d’Anna), j’avais un peu peur d’aborder cette lecture. Par contre, j’étais très intéressée par le côté documentaire et j’avais donc bon espoir que cela me plaise plus que mes tentatives précédentes. Et j’ai eu raison ! Côté graphisme, rien à redire : c’est magnifique, les aquarelles sont superbes et les dessins crayonnés aussi. Les tons utilisés, dans les gris pour le compte-rendu du voyage en lui-même et aux couleurs éclatantes pour les paysages renaissants, sont vraiment bien choisis et donnent l’ambiance : quand on voit la centrale détruite ou les villes abandonnées, les couleurs utilisées aident vraiment à s’imaginer sur place et accentuent l’aspect tragique et désolé des lieux alors que la végétation qui reprend ses droits est représentée en couleurs vives et cela respire la vie malgré tout ce qui s’est passé. Le récit aborde l’organisation du voyage et la motivation des participants, puis enchaine sur le voyage en lui-même et sur le séjour sur place. On voit des habitants accueillants, des familles qui continuent à mener une vie presque normale et l’auteur croque tout le monde sur le vif, saisissant des petits moments qui pourraient sembler sans intérêt mais qui font le charme de l’ensemble. On voit aussi les visites de la zone interdite, les contrôles, la peur d’être contaminé. Au retour, Emmanuel Lepage revient sur ce qui l’a poussé à aller là-bas et nous laisse un merveilleux témoignage sur une zone meurtrie d’où la vie n’a jamais totalement disparue et qui reprend peu à peu ses droits.

Les avis de Mo, de Jérôme, Miss Alfie's mec, Aproposdelivres, Noukette, Jacques, Sylire, Stephie, Hélène, Leiloona, Antigone, Saxaoul, Mango, et j'en oublie probablement !

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07 janvier 2018

Au fil de l'eau ---- Juan Díaz Canales

AufildeleauNiceto et ses amis, tous octogénaires et donc retraités depuis longtemps, occupent leurs journées en vendant dans la rue des objets de provenance douteuse. Il faut dire que la crise n’a pas épargné l’Espagne et ces ventes à la sauvette leur permetttent aussi d’arrondir leurs fins de moi. Mais un jour, Longinos, un des amis de Niceto est retrouvé mort dans une barque. C’est le fils de Niceto, justement, qui est le médecin légiste affecté à l’affaire et il découvre que Longinos a été tué d’un coup sur la nuque. Alors que Niceto s’est fait arrêté par la police pour ventes illégales d’objets volés ou contrefaits, son petit-fils Álvaro décide de prendre en charge son grand-père qui a pourtant décidé à n’en faire qu’à sa tête …

L’auteur est connu pour être le scénariste de la série Blacksad (que j’ai à la maison mais que je n’ai toujours pas lue !) mais là, il a décidé de se mettre à la fois au dessin et au scénario. Côté graphisme, j’aime beaucoup le noir et blanc tout simple, qui joue sur les hâchures pour représenter les ombres. Les décors sont très soignés et bien détaillés et les personnages ont tous une allure qui leur est propre, donc pas de risque de les confondre (quoi que le premier mort est moustchu comme Niceto et il aurait assez facile de se tromper … heureusement, il n’est pas très présent dans l’histoire vu qu’il est mort dès le départ). L’ensemble paraît assez classique et pourtant, j’ai trouvé le trait moderne et dynamique et j’aime bien le côté anguleux des personnages. L’histoire ressemble à un polar car il y a des meurtres et on se demande bien qui a pu tuer ces petits vieux qui, bien qu’ils trempent dans des magouilles pas très claires, ne semblent pas franchement bien dangereux. En plus, il y a la dimension familiale à travers le personnage de Niceto, son fils médecin et son petit-fils qui travaille pour le Samu social et qui va bientôt être papa à son tour. Mais l’enquête n’est pas ce que j’appelerais traditionnelle : on ne suit pas vraiment d’inspecteur mais on découvre plutôt des petits détails au fil des pages et on apprend vite qui est le coupable, même si on ne comprend pas les raisons qui le pousse à tuer. Et c’est dans ces raisons-là que réside l’originalité de l’ensemble ! Nous avons un tueur peu commun mais j’ai souri devant ses motivations et devant les connaissances qu’il voulait garder secrètes … franchement, de mon côté, ça fait bien longtemps que je sais ce qu’il avait découvert ! Mais cela a été une lecture agréable et peu banale !

Les avis de Mo, Jérôme, Noukette, Stephie, et une interview de l'auteur chez Jacques ainsi que son billet sur l'album.

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06 janvier 2018

Le mouton farceur ---- Mark et Rowan Sommerset

LemoutonfarceurPetit Bêê le mouton s’ennuie. Mais Dindon Dingo passe par là et est intrigué par un tas de petites boules marron. Petit Bêê lui apprend qu’il s’agit de pastilles à malice mais Dindon Dingo n’est pas convaincu et lui demande à quoi ces pastilles peuvent servir et si elles se mangent …

J’avais envie de lire quelques albums jeunesse vu que cela faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé. Du coup, j’ai fouiné dans la salle jeunesse de ma médiathèque et je suis revenue avec une belle moisson dont voici le premier du lot. J’ai craqué pour l’allure de ce petit mouton en couverture (il faut dire que je suis une grande fan de Shaun le mouton et cela m’y a forcément fait penser). En plus, il existe un autre titre avec les mêmes personnages donc cela me permettra de l’emprunter une prochaine fois. J’ai trouvé l’ensemble sympathique et amusant. Tout d’abord, les dessins sont simples mais efficaces et les couleurs dans les teintes ocre et sépia sont agréables. J’ai aimé le contraste entre le dindon tout en hauteur et en pattes et le mouton tout en rondeurs. Quant à l’histoire, elle se concentre sur la faculté de persuasion de Petit Bêê : va-t-il convaincre Dindon Dingo à propos des pastilles à malice ? Mais vu le surnom du dindon, on peut le deviner ! Et j’ai adoré la fin … totalement logique et bien vue ! C’est sûr, je vais vite emprunter l’autre titre qui met le dindon à l’honneur cette fois (ou du moins il semblerait !).

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05 janvier 2018

Winter Road ---- Jeff Lemire

WinterroadDans la petite ville canadienne de Pimitamon, dans le nord de l’Ontario, l’hiver est rude mais les habitants y sont habitués. Parmi eux, il y a Derek, un ancien joueur de hockey, qui a la facheuse tendance à jouer des poings à la moindre contrariété. Cette violence lui a d’ailleurs coûté sa carrière de sportif et il végète depuis dans sa ville natale, travaillant comme serveur au diner’s local, habitant dans un local de la patinoire et passant ses soirées au bar où l’alcool exacerbe encore plus sa violence. Mais tout le monde le connaît et tolère plus ou moins ses excès. Mais un jour, la sœur de Derek, Bethy, revient à Pimitamon, après des années d’errance à Toronto où elle a découvert la drogue. Cette fois, c’est un homme qu’elle fuit : son petit ami violent l’a frappé une fois de trop et elle l’a quitté …

J’aime beaucoup cet auteur canadien, même si je n’ai pas tout lu de lui. En tout cas, les quelques albums de lui que j’ai lus m’ont tous charmée. J’appécie beaucoup son trait de crayon, qui sent un peu brouillon au premier abord mais qui a une force indéniable et qui est très dynamique. Il arrive à rendre ses personnages expressifs, ce qui limite alors les dialogues car beaucoup passe par l’image, et ses décors plantent toujours une ambiance particulière, mélancolique et souvent solitaire. Dans cet album, l’hiver est un personnage à part entière et à travers les teintes de bleu sur fond blanc, il arrive à nous faire frissonner et à être dans la neige à côté des protagonistes de cette histoire. Seuls les flashbacks sont en couleur, de même que certains détails du présent, le plus souvent associés à la violence des personnages. Ceux-ci sont des êtres blessés, abîmés, seuls, à la dérive, qui ont eu une enfance difficile et qui vivent dans une région qui n’est pas tendre avec les gens. Qui plus est, ils ont des origines amérindiennes du côté de leur mère, ce qui les place entre deux cultures. On fait donc connaissance avec Derek, l’ancien sportif devenu alcoolique, qui ne parle pas beaucoup, qui aurait tendance à fuir les gens et qui se sert trop souvent de ses poings, ce qui l’amène régulièrement en cellule de dégrisement au poste de police local. Et puis, Bethy, sa sœur qu’il n’a pas revue depuis leur adolescence, refait surface, elle a des problèmes elle aussi et cela va chambouler la routine. Mais je n’en dis pas plus ! Le rythme peut paraître lent mais c’est parce que l’auteur distille les évolutions des personnages par toutes petites touches, de façon subtile. Je trouve cette façon de raconter très intéressante et très judicieuse : dans ce monde-là, rien n’arrive rapidement et l’hiver semble modifier la perception du temps qui paraît s’étirer. De même, les dialogues sont limités au minimum car Derek est plutôt un taiseux. La fin m’a surprise car je ne l’avais pas vue venir mais elle m’a paru très réussie. Décidément, Jeff Lemire va devenir un de mes auteurs favoris dans le genre !

Les avis de Mo et de Jérôme.

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