La bibliothèque du dolmen

30 avril 2021

Les raisins de la colère ---- John Steinbeck

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Tom Joad vient de sortir de prison pour bonne conduite après avoir purgé partiellement sa peine. Il rejoint en stop puis à pied la ferme familiale située en Oklahoma, où les conditions météo venteuses et sèches ont détruit de nombreuses récoltes. Sur le chemin, il rencontre Jim Casy, qui était le révérend du coin mais qui a perdu la foi et ensemble, ils découvrent que de nombreux fermiers ont été chassés de leurs terres car la banque a saisi les propriétés. Quand ils arrivent chez les Joad, la maison est abandonnée et toute la famille a rejoint l’oncle John, qui tient une ferme voisine. L’apparition de Tom, en plein milieu des préparatifs du départ pour la Californie, ramène le sourire à Man et Pa, les parents de Tom, ainsi qu’aux grands-parents et à ses frères et à sa sœur, maintenant mariée et enceinte. Il faut dire que l’argent s’est fait rare depuis un bon moment, les champs ne produisant plus, les banques réclamant leur dû et saisissant ensuite les terres en compensation. Le seul espoir des Joad réside dans les tracts distribués aux alentours et promettant du travail dans les vergers de Californie alors toute la famille s’entasse dans le vieux tacot acheté pout l’occasion, emmenant avec eux toutes les affaires indispensables et laissant le reste derrière eux …

Qui ne connaît pas l’histoire des Raisins de la Colère ? Probablement peu de gens vu que le roman a été brillamment adapté en film au début des années 1940. Je pensais avoir lu le roman dans ma jeunesse mais en fait, je. Et comme le film m’attendait sur mon enregistreur numérique, ce fut donc l’occasion de m’y plonger dedans (sans oublier aussi le fait que Steinbeck avait été un choix de lecture dans un de mes clubs donc j’ai fait d’une pierre deux coups). Le début n’est pas très facile car cela commence par un chapitre général qui met en place le contexte : la météo n’a pas été clémente et les fermiers n’ont pas eu de récoltes. Ces chapitres généraux, à l’aspect historique, social et politique, alternent avec l’histoire de la famille Joad et certains ne sont pas forcément faciles à lire (surtout dans les premiers, le temps de s’habituer au style, où les descriptions peuvent être parfois un peu longues). J’avoue que j’ai été un peu inquiète car le roman est assez épais et j’ai eu peur de ne pas tenir sur la longueur ! Mais dès que j’ai entamé l’histoire des Joad, que j’ai bien repéré tous les personnages, j’ai été totalement happée par le récit. Je connaissais bien le contexte historique grâce à la lecture de BD ou d’autres livres se déroulant au même moment mais là, l’auteur nous plonge totalement dans cet exode douloureux et éprouvant. On ne peut pas rester de marbre devant ce qui vivent les Joad : le déracinement et l’exil, le deuil, la honte et la perte de leur honneur en se voyant traiter d’animaux ou de mendiants, les difficultés physiques, la faim, l’angoisse du lendemain, l’oppression des patrons et propriétaires terriens qui ne cherchent qu’à les exploiter et j’en oublie. C’est une misère difficilement supportable mais heureusement, le roman est émaillé de touches d’humanité avec la solidarité entre les familles sur la route, les petits coups de pouce d’inconnus rencontrés par hasard, l’espoir chevillé au corps qu’une vie meilleure est possible malgré tout et le rôle de Man, la mère de famille, qui tient tout son monde debout grâce à son courage. J’ai trouvé l’ensemble passionnant, émouvant, révoltant aussi dans l’attitude de certains, et très éducatif ! Le film m’a ensuite paru un peu moins puissant car il lui manque son côté social et politique mais en tout cas, c’est une histoire que je ne pourrai pas oublier car l'histoire n'a pas pris une ride et a des résonances actuelles.

L'avis de Karine.

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29 avril 2021

Les enfiévrés ---- Ling Ma

LesenfievresLa fièvre s’est répandue partout dans le monde. Cela a commencé par quelques cas isolés éparpillés un peu partout et aucun traitement n’a été trouvé. Les enfiévrés n’ont plus de réaction, ils continuent d’effectuer mécaniquement et sans cesse des activités auxquelles ils étaient habitués sans se rendre compte de rien, jusqu’à épuisement et mort. Mais certains semblent immunisés contre ce virus. Parmi les survivants, il y a Candace, fille d’immigrés chinois, orpheline et qui travaillait dans une maison d’édition à Manhattan, à produire des Bibles de différents types. Après avoir continué à aller au travail malgré la déliquescence qui s’est emparée de la ville, elle a fini par rejoindre un groupe se dirigeant vers le Centre, une sorte de communauté située près de Chicago …

Je suis encore et toujours plongée dans des histoires post-apocalyptiques car j’ai toujours aimé ça, que ce soit en romans, en BD ou en films ou séries. Ce titre-là, bien qu’écrit et publié en 2018, colle plutôt bien à l’actualité avec l’apparition d’un virus mystérieux « zombifiant » les gens qui deviennent des robots et finissent par mourir car ils répètent inlassablement les mêmes tâches sans se soucier de rien (et entre autres, de manger). Cela peut paraître assez horrible mais l’absence soudaine de conscience de soi (et aussi semble-t-il de douleur ou d’émotion) rend ce genre de mort plutôt douce sauf pour les survivants qui voient les être aimés tomber malades. Il n’y a pas d’explication, pas de développement plus avant concernant la pandémie. Candace, l’héroïne narratrice, est épargnée par la maladie et comme elle a déjà perdu ses parents avant le déclenchement de l’épidémie, elle est plutôt seule, surtout qu’elle a rompu depuis peu avec son petit ami. Au mieux, elle n’a donc que quelques collègues en lien avec son travail et la ville de New York en toile de fond, qui lui a donné matière à créer un blog photo. Le récit alterne les souvenirs de Candace et sa vie actuelle, avec le petit groupe de survivants qu’elle a rejoint par défaut car elle ne savait pas trop quoi faire d’autre. Côté moment présent, ce groupe s’est organisé, ils se connaissent depuis un certain temps et Candace se sent comme un élément rapporté et a du mal à s’intégrer. Qui plus est, le meneur ressemble assez à une sorte de gourou qui tient à diriger tout le monde. Quand il s’agit des passages sur le passé, certains sont intéressants car ils parlent de la vie en Chine, que ce soit quand Candace était jeune (vu qu’elle est née en Chine avant d’arriver aux USA alors qu’elle était enfant) ou quand elle y est retournée dans le cadre de son travail pour superviser la fabrication et l’impression de bibles. On découvre aussi ses parents, leurs motivations pour partir aux Etats-Unis, la famille restée au pays, la vie de Candace à New York et la déliquescence progressive de la société américaine et plus précisément de la ville touchée par le virus. Mais j’ai trouvé difficile de m’attacher à Candace : elle reste repliée sur elle-même dans le groupe de survivants mais le personnage est aussi replié sur lui-même en tenant à distance les lecteurs. Elle semble n’avoir aucune émotion profonde, semble voguer sans attache, en suivant le courant où il l’entraine, de façon passive. En plus, la fin m’a laissée le bec dans l’eau car cette fin ouverte qui laisse dans l’expectative ne m’a pas trop convenu ... j’aime les fins ouvertes mais là, on cherche quand même un peu les pages suivantes sans en trouver ! C’est presque comme si l’auteure s’était arrêtée d’écrire un soir et qu’ensuite, elle avait oublie son roman dans un coin ! Un peu déçue donc !

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28 avril 2021

The séance in Apartment 10 ---- Ambrose Ibsen

Theseanceinapartment10Victoria, dite Tori, est une étudiante à l’université de Moorlake et elle a décidé de suivre un cours pendant les vacances d’été pour soulager son emploi du temps l’année suivante et obtenir son diplôme d’infirmière un peu plus tôt. Mais elle ne veut pas rester sur le campus et désire louer un appartement pas trop cher pour quelques mois. Elle trouve son bonheur dans une résidence un peu excentrée, composée de quelques vieux bâtiments et malgré les doutes de son père venu l’aider à déménager, elle s’installe dans l’appartement 10, dans un des immeubles du Lamplight. Elle y sera la seule occupante, hormis un autre locataire deux étages plus bas mais cela lui convient bien. C’est pour elle l’occasion de devenir autonome et de vivre seule et pour fêter son indépendance, elle invite des amies pour le week-end. Mais Moorlake est une ville tranquille en dehors de l’année scolaire et les jeunes femmes s’ennuient, surtout qu’un orage éclate un soir, limitant les sorties. Elles décident alors d’organiser une séance de ouija car l’une d’elles semble s’y connaître et a amené sa propre planche. Mais la séance va vite prendre une tournure effrayante …

Je suis toujours plongée dans des romans fantastiques depuis quelques mois, même si j’ai un peu ralenti ma cadence. Le titre de celui-ci m’a fait de l’oeil et j’avais envie d’une histoire se déroulant dans une maison ou un appartement, ce qui est le cas ici vu que l’essentiel de l’action se situe dans l’appartement 10 et plus général dans l’immeuble concerné. Le début m’a paru assez lent, les choses se mettent en place, on découvre Victoria et sa vie personnelle, on fait la connaissance de ses amies et enfin, on commence à rentrer dans le vif du sujet : la partie fantastique. Mais, même là, les choses avancent tranquillement, sans précipitation, avec quelques petits évènements que je n’ai pas trouvés vraiment effrayants et qui ont surtout révélé mon manque d’attachement à l’héroïne, qui m’a semblé franchement pas très fûtée et qui m’a souvent agacée. Mais les idées développées sont intéressantes et il y a quand même quelques moments bien tournés et un peu flippants pour les âmes sensibles (dont je ne fais pas partie … chez moi, il y a toujours des tas de bruits comme des bruits de pas au premier étage alors qu’il n’y a personne et cela ne m’a jamais empêché de dormir). La seconde partie du roman m’a donc mieux convenu, même si le grand final m’a paru un peu trop soft à mon goût. En tout cas, je sais que je ne m’arrêterai pas là avec cet auteur car il me semble qu’il a une bonne imagination dans le genre, qui reste peut-être à perfectionner !

*Lu en anglais*

Non traduit à ce jour

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27 avril 2021

La maison biscornue ---- Agatha Christie

LamaisonbiscornueEn Egypte, vers la fin de la seconde guerre mondiale, Charles Hayward fait la connaissance de Sophia Leonidès, qu’il apprécie beaucoup. Mais le jeune homme est envoyé pour deux ans en Extrême-Orient et il veut attendre son retour pour la demander en mariage. Sophia est d’accord mais quand le moment arrive enfin, Charles apprend dans la presse qu’Aristide Leonidès, le grand-père de Sophia, vient de décéder dans sa résidence de Three Gables, dans un faubourg huppé de Londres. L’homme de 85 ans était à la tête d’un empire financier, laissant ses deux seuls fils survivants comme héritiers. Mais quand Charles retrouve Sophia dans un restaurant londonien, la jeune femme lui dit qu’elle ne peut l’épouser tant que la mort de son grand-père ne sera pas éclaircie. Il semblerait que le décès soit suspect et le père de Charles, travaillant pour Scotland Yard, lui demande de profiter de sa relation avec Sophia pour interroger la famille d’Aristide résidant le manoir familial. Voilà donc Charles confronté aux deux fils du mort, leurs épouses respectives, les trois petits-enfants, la seconde épouse d’Aristide, qui, à cause de son jeune âge, n’est apprécié d’aucun des Leonidès, la vieille tante célibataire qui s’est occupé des enfants quand ils étaient jeunes et qu’Aristide venait de perdre sa première épouse, le précepteur des petits-enfants, qui semble beaucoup apprécier la jeune veuve et la seule domestique au service de la famille depuis des années …

Me revoilà à nouveau avec un roman de la reine du crime ! Et pour la même raison que précédemment : la diffusion à la télé de l’adaptation du roman en attente de visionnage. Là encore aussi, il s’agit pour moi d’une relecture mais vu que ma découverte de ce roman a eu lieu il y a plus de 40 ans, autant dire que je ne me rappelais plus de rien ! On plonge donc dans l’Angleterre de l’après-guerre mais comme le récit se déroule dans un milieu aisé, on ne se rend pas bien compte du contexte historique. Par contre, la famille Leonidès est haute en couleurs : chacun a son caractère, ses mimiques, ses travers et ses opinions. Cela va bien avec le décor car la maison familiale est aussi particulière d’où le titre du roman. J’ai trouvé original de voir comment l’auteure bâtissait son histoire : tout le monde pourrait avoir un motif mais non, au final, personne n’en a réellement et dans les deux cas, c’est donc difficile de choisir un suspect plus que l’autre. Mais l’époque a changé et en tant que lectrice de polars et spectatrice de films policiers en tous genres, on peut dire qu’il devient difficile de s’étonner et de ne pas voir venir les choses. J’ai donc trouvé immédiatement le coupable et les indices savamment distillés m’ont alors paru évidents (j’ai visionné la mini-série depuis et, cette fois, elle est plutôt réussie même si j’ai trouvé qu’il était encore plus facile de deviner le coupable). J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié le choix de l’auteure à ce propos et j’imagine que le final a dû en remuer plus d’un à l’époque !

Les avis de George, Miss Alfie, Lou, Choupynette, Sandrine.

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26 avril 2021

Rendez-vous avec le mystère (Les détectives du Yorkshire 3) ---- Julia Chapman

RendezvousaveclemystereAlors que Delilah se demande encore comment elle va pouvoir empêcher son ex-mari de récupérer Calimero, le chien qu’il lui avait offert, Samson est de plus en plus inquiet quant au déroulement de sa carrière policière qui semble très fortement compromise au vu des dernières nouvelles de son chef. Mais quand le notaire de Bruncliffe contacte l’Agence de Recherche des Vallons pour régulariser un problème administratif, Samson et Delilah vont avoir de quoi s’occuper. La lecture du testament de Mrs Thornton a laissé le notaire et Jimmy, le seul héritier de la décédée, perplexe. La vieille dame a légué la majorité de ses biens à Jimmy, son fils mais une petite partie doit aller à sa fille Livvy. Le seul problème est que celle-ci est morte dans un accident à Leeds il y a plus de vingt ans et que son certificat de décès est introuvable dans les papiers de la défunte Mrs Thornton …

J’aime beaucoup cette série et du coup, même si j’ai déjà tous les tomes parus jusqu’à ce jour, je ne les lis pas tous à la suite pour me garder quelques titres en réserve en cas de baisse d’envie de lecture car je sais que se plonger dans les aventures de Delilah et Samson, c’est un plaisir assuré et un excellent moyen de relance ! Me voici donc à me plonger dans le troisième tome avec délectation et le récit reprend quasiment à la fin de l’opus précédent. Certains problèmes personnels de mes protagonistes favoris étant restés irrésolus, j’avais forcément envie de savoir comment cela allait se dérouler pour eux, même si je me doutais que certains sujets allaient encore restés sans conclusion à la fin de cette lecture car il faut bien qu’il y ait un fil rouge pour relier tous les tomes. J’aime bien le mélange réussi et naturel qui fait alterner l’enquête principale avec la vie quotidienne des habitants de Bruncliffe car cela permet de vivre vraiment à leurs côtés le temps du livre et donc de s’attacher encore plus. L’humour est toujours bien présent et la relation entre Delilah et Samson m’a paru toujours bien dosée dans ses contrastes (et pourtant, cela pourrait devenir lassant car le concept est très souvent utilisé, que ce soit en littérature ou au cinéma, mais là, ça reste encore suffisamment naturel pour que j’apprécie). Le seul bémol que j’ai trouvé à cet opus se situe essentiellement dans l’enquête proprement dite, dont j’avais immédiatemment trouvé la solution qui me paraît bien trop évidente (d’ailleurs j’ai testé le postulat de départ de l’histoire sur mon chéri et il a trouvé lui aussi tout de suite !). Bon, je ne lis pas cette série uniquement pour le mystère car au final, c’est surtout pour Delilah et Samson et Calimero que je lance dans un tome donc cela ne m’a pas trop dérangée d’avoir un récit un peu plus « léger » dans sa conception policière. Cela est resté une bonne lecture sympathique malgré tout !

Les avis de Keisha et Clarabel.

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25 avril 2021

The Martian ---- Andy Weir

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Alors que la mission Ares 3 se déroule bien depuis l’arrivée des six astronautes américains sur le sol de Mars, une tempête se lève. Le vent se déchaine et commence à faire dangereusement pencher le VAM, le vaisseau qui doit ramener l’équipage vers la station Hermès avant le retour sur Terre. Du coup, le commandant Lewis décide d’écourter la mission pour raisons de sécurité et les six astronautes quittent l’Habitat pour rejoindre le VAM. Mais lors du trajet, Mark Watney, le botaniste et ingénieur de l’équipe, est heurté par une antenne radio balayée par le vent. Dans l’impossibilité de le retrouver avant que l’évacuation ne soit plus possible, et en l’absence de signes vitaux en provenance de sa combinaison, les cinq hommes et femmes restants décollent, la mort dans l’âme. Mais quelque temps après, Mark Watney est réveillé par l’alarme de sa combinaison qui lui signale un bas niveau en oxygène, une fuite ayant été créée lors du choc avec l’antenne qui a aussi détruit aussi son bio-moniteur. De retour à l’habitat, Mark est bien obligé de se rendre alors à l’évidence : il est vivant et seul sur Mars, avec moins d’un an de nourriture, aucun moyen de contacter la Nasa à cause des antennes radio détruites et la prochaine mission Ares 4 qui ne doit arriver que dans quatre ans …

En ce moment, mes lectures sont souvent choisies en fonction des films qui attendent d’être visionnés sur mon enregistreur DVD. Quand ceux-ci commencent à squatter là depuis un moment, je me décide alors à lire les romans correspondant avant de les regarder. En plus, avec l’arrivée du rover Perseverance sur le sol de Mars, le choix de ce roman a été une évidence ! Le récit commence avec le récit de Mark Watney de retour à l’Habitat après son « accident », 6 sols (un sol est un jour sur Mars, un peu plus long qu’une journée sur Terre) après le début de la mission sur le sol martien. Tout de suite, j’ai aimé le ton dynamique et l’humour de Mark, son esprit terre à terre, réaliste mais toujours prêt à rebondir. Il n’a que peu d’espoir de survie mais ne baisse pas les bras et se creuse la cervelle pour trouver des solutions. Il y a beaucoup de descriptions techniques sur ce qu’il fait, sur l’organisation de l’Habitat, des différents instruments à sa disposition (rovers et autres éléments). J’imagine que cela peut paraître rébarbatif à quelqu’un qui n’aime pas trop ce qui est technique mais moi, j’adore, même si je serais bien incapable de faire tout ce que Mark fait au fil des pages (il est carrément plus fort que MacGyver !). Après environ le premier quart du livre, où on est exclusivement avec Mark, les passages vont alterner entre ce qui se déroule sur Terre et ce qui se déroule sur Mars et encore un peu plus tard, ce qui se passe avec Hermès. Cela permet de ne pas se lasser et de conserver un bon rythme de narration. C’est prenant, bien tourné, avec du suspense et j’ai adoré cette lecture, même si j’ai été assez frustrée par la fin trop brusque (j’aurais aimé un chapitre de plus qui aurait amené le lecteur un peu plus loin dans le déroulement des évènements). Quant au film que j’ai visionné depuis, je l’ai trouvé moins bien car beaucoup de l’humour de Mark a disparu et l’enchainement des choses m’a paru trop rapide pour qu’on puisse bien les comprendre si on n’a pas lu le roman avant ! 

*Lu en anglais*

Titre français : Seul sur Mars

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24 avril 2021

L'odyssée d'Hakim (tomes 1 à 3) ---- Fabien Toulmé

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Tome 1 : De la Syrie à la Turquie

Fabien Toulmé réalise, après avoir regardé une énième info concernant les migrants en Méditerranée, que la population française les comprend mal pour la simple et bonne raison qu’on les connaît mal. Ces réfugiés groupés sur des bateaux finissent par ne plus être individualisés et il est donc alors difficile de créer des liens d’empathie avec eux. Tout le monde a entendu parler de la guerre en Syrie mais pour beaucoup, cela paraît loin et flou. Par l’intermédiaire d’une journaliste, Fabien va alors faire la connaissance d’Hakim et de sa famille, qui vivent depuis 2015 à Aix-en-Provence. Il veut mettre en image son histoire pour que les gens puissent découvrir son parcours et ainsi mieux comprendre son parcours et plus généralement ceux de nombreux migrants. Hakim était pourtant heureux en Syrie avant que la guerre éclate, grandissant dans la banlieue de Damas …

Je n’avais pas vraiment remarqué cet album parmi les autres parutions car c’est le premier tome d’une trilogie et en général, j’évite de lire un tome sans avoir les tomes suivants (là, comme il vient de sortir, la suite ne paraitra pas tout de suite) mais il était sélectionné pour le club lecture spécial BD que je fréquente. Ce n’est pas le premier album que je lis de cet auteur et dans l’ensemble, je les ai tous bien appréciés … à différents degrés mais ma sensation globale est positive. Sauf pour le dessin des nez … argh, je n’arrive pas à m’habituer à ces nez en forme de gants à trois doigts ! Mais ici, le problème reste peu repérable car beaucoup de nez représentés sont en bec d’aigle et donc sont différents ! Bon, alors, voilà, cette histoire de nez qui me gêne, c’est fait ! Et c’est vraiment le seul bémol de l’album que j’ai vraiment énormément aimé. Tout d’abord, ce sont les couleurs pastel avec une palette restreinte (du gris, de l’ocre, du rouge, du noir et du blanc … je crois que je n’ai rien oublié) qui sautent aux yeux et qui m’ont paru très agréables et très reposantes. En plus, la police de caractère utilisée est claire et suffisamment grande pour procurer une lecture fluide. J’ai lu l’album entre minuit et deux heures du matin et en fin de journée, avoir un confort de lecture tel que celui-ci, c’est vraiment super ! Le graphisme est simple mais expressif et les décors sont là pour planter le décor : ils sont soignés mais pas surchargés ni étouffants. Les personnages sont tous bien différenciés et pourtant, ils sont plutôt nombreux mais on ne s’y perd jamais. Et maintenant, passons à l’histoire. On découvre comment l’auteur est arrivé à rencontre Hakim et sa famille, ce qui est intéressant car je trouve ses motivations logiques et justifiées : c’est plus facile de s’intéresser à un sujet quand on a des liens émotionnels avec ceux qui sont concernés par ce sujet. L’auteur nous raconte la vie d’Hakim, avec le plus de fidélité possible (c’était une de ses angoisses : il voulait ne pas trahir la parole d’Hakim en l’interprétant à sa façon). Il y a des petits flashbacks sur son enfance pour mieux le comprendre mais l’essentiel du récit se concentre sur son adolescence et ses débuts d’adulte : il va suivre les traces de son père et devenir pépiniériste car Hakim adore les plantes. On apprend aussi de façon très simple quelques petites choses concernant la Syrie et son Histoire et comment la guerre a pu arriver. On voit l’évolution des évènements, comme ils peuvent influer sur la vie de tout le monde et la difficulté d’agir. Je me suis très vite attachée à Hakim, me plongeant complètement dans le récit de ses pérégrinations et comme l’album fait plus de 250 pages, j’ai trouvé qu’on avait vraiment le temps de tisser des liens avec lui, de le comprendre et je n’ai pas vu le temps passer. Quand je suis arrivée à la fin, j’ai littéralement émergé, comme si pendant ces deux heures, j’avais été complètement ailleurs (probablement en Syrie et dans les pays voisins en suivant Hakim). Cela faisait longtemps que je n’avais été autant captivée par une BD, qui est profondément humaine, et je suis très impatiente de lire la suite.

Les avis de Sandrine, Meséchappéeslivresques, Géraldine, Enna, Stephie.

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Edit du billet du 28 décembre 2018

Lodysseedhakim2Tome 2 : De la Turquie à la Grèce

Fabien Toulmé continue ses rencontres avec Hakim pour découvrir le reste de son périple pour arriver finalement en France. Après avoir quitté son pays natal, la Syrie, et laissé sa famille sur place, après avoir passé quelque temps au Liban et en Jordanie, le voilà en Turquie où il fait la connaissance de Najmeh, une jeune syrienne installée à Antalya avec sa famille. Après avoir épousé la jeune femme, celle-ci étant enceinte et le travail se faisant rare, le déménagement d’Antalya vers Istanbul s’impose. Vivant de petits boulots, le plus souvent de la revente sauvage dans la rue, le couple a du mal à joindre les deux bouts malgré quelques belles réussites. Le père de Najmeh décide alors de rejoindre la France de façon illégale et de demander ensuite l’asile pour faire venir sa famille. Il obtient un visa pour sa femme et ses enfants mais pas pour Hakim et Hadi, le bébé qu’il a eu avec Najmeh. Celle-ci rejoignant officiellement le territoire français, le couple est alors séparé et après toutes les tentatives de rapprochement familial qui échouent, c’est au tour d’Hakim de tenter le passage vers l’Europe avec son fils …

Comme j’avais beaucoup aimé le premier tome, je me suis jetée avec plaisir sur le tome 2 car j’avais envie de savoir ce qui allait se passer dans la vie d’Hakim. Bien sûr, on sait qu’il a réussi à atteindre la France vu que l’auteur le rencontre pour qu’il lui raconte son histoire mais cela n’empêche en rien ma curiosité de savoir ce qui s’est passé car je me suis attachée à cet homme et sa famille. J’avais précédemment un problème avec la représentation de l’auteur des nez mais là, pfff, je n’ai rien remarqué de ce côté-là … autant dire que, du coup, je n’ai plus aucun reproche à faire au graphisme ! A part la quasi-disparition des nez à trois doigts (le seul apparaît en page 191-192), le style est bien reconnaissable et j’aime le côté simple et la douceur des couleurs. Le tome 2 est dans la lignée graphique du premier et on y retrouve sans problème les mêmes codes. Et encore une fois, malgré le nombre important de personnages, on ne s’y perd jamais et on reconnaît tout le monde. On reprend le récit à la fin du tome 1 et ce nouvel album peut se diviser en trois grandes parties : la vie familiale à Istanbul et l’arrivée du bébé, la vie d’Hakim et Hadi restés tous seuls en Turquie après le départ de Najmeh et sa famille et où Hakim apprend à s’occuper de son fils et essaie de trouver du travail malgré les difficultés et le périple pour rejoindre la Grèce, complété de l’arrivée et l’accueil sur place. J’ai été émue par tous les efforts que fait Hakim pour s’en sortir, pour faire vivre sa famille, il est courageux et mérite certainement une vie meilleure. Mais j’ai aussi été très touchée par la solidarité qui existe entre réfugiés : chacun est souvent prêt à aider son prochain, son voisin ou son ami. Cela interpelle forcément : est-ce que cette même solidarité existerait dans nos sociétés occidentales si un tel contexte historique survenait ? Par contre, le côté sombre et peu humain est représenté dans tous ceux qui exploitent la misère humaine : les passeurs, les commerçants des lieux où les réfugiés se trouvent (taxis, hôteliers et autres). Quand on lit un tel album, on a envie de faire plus pour les réfugiés qui méritent, comme Hakim, qui est toujours respectueux des autres et qui ne se ménage pas pour essayer de s’en sortir. J’ai donc tremblé avec lui sur le canot, j’ai pesté contre les administrations sans cœur et sans humanité, j’ai été émue de voir tout ce réseau d’entraide qui donne espoir dans l’avenir. J’attends donc impatiemment le tome 3 qui sera sûrement la conclusion de cette odyssée et qui verra, je l’espère, s’ouvrir un futur paisible pour Hakim et sa famille.

L'avis de Meséchappéeslivresques.

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Edit des billets du 28 décembre 2018 et du 17 octobre 2019

Lodysseedhakim3Tome 3 : De la Macédoine à la France

Entre les rencontres avec des lycéens et celles avec Hakim, Fabien Toulmé continue à dessiner le périple de son ami syrien, qu’on avait laissé en Grèce, prêt à se diriger vers la Macédoine. La route commence par un long trajet en bus mais celui-ci s’arrête à une station service non loin de la frontière et le groupe de migrants sont livrés à eux-mêmes. Heureusement, un homme travaillant à la station leur indique un petit chemin pouvant les conduire en Macédoine en une heure de marche. D’ailleurs, l’information semble être bien connue car de nombreux groupes se retrouvent sur ce trajet, des associations sont là pour fournir de l’aide et la police est même là pour sécuriser les lieux. Hakim, son fils et la famille de Nihad finissent donc par arriver sans encombre dans la gare d’une petite ville macédonienne mais les migrants sont très nombreux à attendre là et Hakim se retrouve séparé de Nihad et des siens. Mais un train arrive enfin pour acheminer tout ce monde vers le nord du pays dans des conditions spartiates et arrivés à destination, il faut encore marcher de longues heures pour arriver dans un village où il est possible de s’enregistrer et obtenir un laissez-passer pour la Serbie …

J’étais contente d’avoir réussi à avoir le troisième et dernier tome de cette odyssée car je voulais savoir comment aller se dérouler la dernière partie du voyage d’Hakim et de son fils. C’est vrai que je me suis attachée à lui car chaque tome est conséquent et on passe donc pas mal de temps à ses côtés. C’était donc avec plaisir que je me suis plongée dans ce pavé. En plus, l’auteur fait ça bien car il y a toujours un petit résumé intégré au début qui permet de se resituer dans le contexte donc on n’est pas perdu malgré le temps entre la lecture de chaque tome. J’ai retrouvé le style graphique de l’auteur : un dessin simple et sobre, avec des personnages bien reconnaissables (depuis le temps qu’on est avec eux en plus !) et des couleurs tendres dans les tons bleus et ocres. C’est un style qui va très bien avec le récit car il sait se faire léger par rapport au propos et à l’épaisseur des albums. L’histoire s’enchaine à la suite du tome précédent, après une petite explication sur le statut de migrant expliqué par l’auteur aux lycéens qu’il rencontre et qui est toujours bien utile à découvrir quel que ce soit l’âge. Cette fois, tout se déroule en Europe et on s’aperçoit que les conditions d’accueil ne sont pas vraiment au top, sans oublier que certains pays ne voient pas d’un bon oeil toutes ces arrivées et forcément, il en est de même pour leurs habitants. Si quelques-uns sont prêts à aider, d’autres sont aussi prêts à compliquer la vie des migrants ou à les dénoncer. Hakim est un père attentionné et son fils est aussi vraiment un gamin mignon et sage et les voilà à présent confrontés au choix des pays à traverser : certains sont plus risqués que d’autres, certains trajets sont plus longs ou plus compliqués et il faut toujours chercher où dormir, de quoi manger et autres choses du quotidien, avec de moins en moins d’argent disponible dans la petite cagnotte d’Hakim (sans oublier les passeurs à payer !). Je suis toujours très admirative de l’entraide existant entre les migrants mais certains passages sont aussi très effrayants, avec par exemple les conditions de vie dans le camp de réfugiés en Hongrie. J’ai beau savoir qu’Hakim et son fils sont finalement bien arrivés en France, j’ai quand même tremblé pour eux et j’ai été émue par leur courage. Après un périple tel que celui-ci, ils méritent une belle vie stable dans un endroit accueillant, surtout qu’on découvre aussi tous les efforts que fait Hakim et sa famille pour s’intégrer en France mais aussi les conséquences qu’aura eu le voyage sur Hadi, qui n’était pourtant alors qu’un petit garçon qui ne comprenait pas tout ce qui se passait. Voilà donc la fin de cette trilogie très réussie et qui devrait être lue par tous pour rappeler que les réfugiés sont essentiellement des êtres humains en quête d’un endroit sûr et pas des envahisseurs !

Les avis de Keisha, Aproposdelivres, Meséchappéeslivresques.

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23 avril 2021

Senso ---- Alfred

SensoEn plein cœur d’un été caniulaire, Germano Mastorna arrive par le train dans une petite ville italienne. Le train a pris du retard et personne ne l’attend à la gare. Au téléphone, Anna, qui était celle qui l’attendait, ne répond pas et aucun taxi n’est présent alors il décide, après s’être renseigné sur le trajet, de rejoindre à pied son hôtel, perdu en pleine campagne. A son arrivée, il découvre que, n’ayant pas confirmé sa réservation, sa chambre a été attribuée à un couple et plus aucune chambre n’est disponible dans le palace car un mariage a lieu et les invités sont tous logés sur place. Aucun autre hôtel n’a de place car ce sont les vacances et en plus, une grève en cours a bloqué les gens sur la région. Le réceptionniste propose alors à Germano de rester dans le hall en espérant qu’une chambre se libèrera peut-être …

Je n’avais aucune idée du sujet de cet album et je l’ai lu parce qu’il était sélectionné pour mon club lecture spécial BD. J’avais découvert l’auteur avec Come prima et là encore, le récit se déroule en Italie. Le graphisme est simple et moderne, avec quelques aspects caricaturaux et des couleurs assez vives et lumineuses, pour coller à la chaleur qui frappe l’Italie en ce week-end du 15 août. Mais on a aussi des scènes plus sombres qui se déroulent la nuit donc c’est varié et bien dosé. Le dessin ne paraît pas hyper réaliste au premier abord et pourtant, les paysages représentés sont vraiment très agréables à regarder : la nature, le parc immense de l’hôtel … tout ça donne une furieuse envie de voyager et d’aller passer quelques jours là-bas ! Quant à l’histoire, elle se déroule sur une après-midi, une soirée, une nuit et la matinée suivante donc c’est vraiment un moment bref et précis dans la vie de Germano. Cela n’empêchera pas d’en apprendre plus sur lui et son passé mais cela reste très limité et même parfois frustrant. Car ce Germano, un peu maladroit et gaffeur, souvent rêveur, est très attachant. Il y a des moments amusants, d’autres de pure poésie, des instants émouvants. La seule chose qui m’a paru sans grand intérêt, c’est les scènes érotiques qui trouveront leur explication en fin d’album mais qui ne me paraissent pas utiles. Sinon, il ne se passe pas grand chose et pourtant, j’ai trouvé cette lecture vraiment sympathique et dépaysante, une petite bouffée d’oxygène et d’humanité !

Les avis de Mo, Jérôme, Noukette, Moka.

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22 avril 2021

Jusqu'au dernier ---- Félix et Gatine

JusquaudernierRussell est chargé de mener des troupeaux d’un endroit à l’autre et il est secondé dans sa tâche de convoyeur par Kirby et les deux hommes s’occupent ensemble de Bennett, un jeune garçon orphelin que Russell a recueilli. L’adolescent est gentil mais très limité et fait souvent des bêtises sans le vouloir et Russell a toujours vite fait de s’emporter contre lui. Mais le travail devient de plus en plus rare à cause de l’arrivée du chemin de fer, qui permet de convoyer du bétail à moindre frais et plus rapidement. Russell espère s’acheter un lopin de terre dans le Montana pour y passer sa retraite et il vient de faire son dernier convoi. Mais sur le trajet vers les terres du Nord-Ouest, le groupe s’arrête à Sundance, un petit village qui espère être choisi pour être un futur nœud ferroviaire. Mais le lendemain de leur arrivée, Bennett est découvert mort et le maire, qui a peur pour la réputation de la ville, déclare le décès comme un accident. Mais Russell n’est pas convaincu et veut faire toute la lumière sur la mort de son protégé ….

Les albums western de qualité sont de retour depuis quelques années et je ne vais pas m’en plaindre ! En plus, quand ce sont des one-shots, comme celui-ci, c’est encore mieux. La couverture est très accrocheuse et le graphisme est assez traditionnel, réalisté et précis, avec de beaux décors et des personnages bien campés (j’avais un peu peur de leur ressemblance mais non, je ne me suis pas mélangé les pinceaux !). Les couleurs variées sont plutôt douces et très agréables à l’oeil. L’ensemble est donc une réussite visuelle, même si je n’aurais pas craché sur un dessin au caractère un peu plus affirmé. L’histoire aborde la fin des cow-boys, des hommes escortant le bétail vers d’autres terres ou vers les abattoirs, des hommes tout le temps sur la route, faisant corps avec la nature qui est leur maison, des hommes qui n’ont pas de famille, qui vivent entre eux et qui affrontent aussi bien des dangers venus de la nature (météo ou animaux sauvages) ou venus des autres hommes (bandits de grand chemin ou autres). Mais dans cet album, il y a aussi le contraste avec ce mode de vie et le mode de vie sédentaire dans une petite ville de l’Ouest américain. Cela permet de voir comment ces modes ont façonné les hommes et on voit aussi ce qu’ils attendent chacun de la vie. Bien sûr, avec la mort du jeune Bennett, il y a une sorte de suspense qui va monter en puissance jusqu’au dénouement final, inattendu mais logique. J’ai bien aimé le récit et là où il allait mais j’aurais aimé une fin encore plus dramatique et surtout ironique alors que là, il y a bien du drame mais une morale qui est sauve … enfin au moins partiellement (j’aurais été nettement plus dure avec tous les personnages !). Cela pourrait faire un très bon film et en tout cas, ça a été une chouette lecture !

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21 avril 2021

Le cheval d'orgueil ---- Pierre-Jakez Hélias

LechevaldorgueilPeu avant la première guerre mondiale, Pierre-Alain Hélias, grand valet dans une ferme du village de Plozévet, épouse Marie-Jeanne Le Goff, du village voisin de Pouldreuzic, où la famille s’installe avec Alain Le Goff, le père de Marie-Jeanne. Pierre-Jakez naitra en février 1914 dans la petite maison familiale. Dans le pays bigouden, à cette époque, la vie est rude mais personne ne se plaint : il y a les travaux des champs, la maison à tenir, les enfants à éduquer mais la solidarité est partout présente et les patrons des fermes travaillent tout autant que leurs ouvriers. Et puis, il y a aussi la religion omniprésente, les légendes racontées auprès du feu les nuits d’hiver, les jeux des enfants, la condition des femmes, la guerre qui éloigne les hommes et leur fait découvrir un autre monde où personne ne parle breton …

J’avoue que j’avais un peu peur de m’attaquer à ce pavé car je ne suis pas forcément fan des autobiographies et qu’en plus, le sujet ne m’attirait pas trop. Mais le titre avait été sélectionné pour le clubl lecture de mon village et je me devais donc de le lire ! Au final, même si j’ai pris mon temps à cette lecture (peut-être deux mois environ !), j’y ai quand même pris beaucoup de plaisir. Comme l’auteur ne raconte pas forcément l’histoire de façon linéraire mais aborde différents thèmes qui surgissent au fur et à mesure de la chronologie, c’est facile de s’arrêter un temps et de reprendre ensuite : on n’est jamais perdu ! Il commence donc par la vie de ses parents et on voit vite surgir des sujets tels que la lessive, la confection des habits, la vie quotidienne d’une femme, la pauvreté contre laquelle il faut lutter constamment (et donc tenir ce qu’il appelle la Chienne du monde, la misère, le plus loin possible). Le texte est émaillé de mots en breton, toujours expliqués ou traduits, d’expressions savoureuses (comme par exemple les différents degrés après avoir bu : saoul-aveugle, saoul-chiffon, saoul-prêtre), de traits d’humour et de beaucoup d’amour. L’ensemble se lit très bien et j’ai appris beaucoup de choses sur le pays bigouden du début du XXème siècle. C’était une vie dure mais jamais on ne sent de pathos … au contraire, les gens m’ont paru heureux et savaient profiter des moindres choses. Rien de tel pour nous rappeler que, malgré tout ce qu’on peut vivre actuellement, on n’a vraiment pas de quoi se plaindre ! Seul le dernier cinquième du livre m’a paru un peu longuet, avec beaucoup de réflexions sur l’évolution du monde et ses conséquences mais là encore, l’auteur ne porte pas de jugement, il se contente de constater sans parti-pris. Du coup, quand j’ai eu terminé cette lecture qui m’a suivie si longtemps, cela m’a presque manqué de ne plus retrouver le petit Pierre-Jakez et sa famille !

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