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13 novembre 2019

Ploemeurtre ---- Michel Dréan

PloemeurtreEdSilexDans la petite ville de Ploemeur dans le Morbihan, un site historique et célèbre, le Fort-Roqué, va être vendu par Nicole Le Bruchec à des investisseurs voulant transformer le lieu en centre de thalasso haut de gamme. Mais des associations locales veulent protéger à la fois le site et la région, que ce soit au niveau écologique qu’au niveau tourisme de masse. Alors, quand quelques mois plus tard, Nicole est découverte noyée dans la piscine du centre L’Océanis, il ne fait vite aucun doute qu’il s’agit d’un meurtre. Vincent Terrach, flic à Rennes, est envoyé sur place pour aider la police locale dans l’enquête car il est originaire de la ville et connaît encore beaucoup de monde sur place mais les langues ne vont pas se délier facilement, surtout dès qu’il est question de finances et de politique …

Cela fait des années que j’ai ce polar dans ma PAL et il était temps que je le lise … j’ai un peu honte de ce très long délai vu que je connais l’auteur et que j’ai plusieurs livres de lui qui m’attendent encore. Celui-ci est son premier roman, qui a mûri suite à un atelier d’écriture auquel l’auteur a participé et auquel j’ai aussi participé … c’est là qu’on s’est connu ! A part que moi, j’ai mal tourné vu que je n’écris pas, hormis les billets de ce blog ! Mais je suis une flemmarde hors pair et je préfère lire. Hormis le fait que la maison d’édition a truffé le roman de coquilles en tous genres (mots ou fin de phrase manquants, fautes d’orthographe), j’ai bien apprécié ma lecture. Les chapitres sont courts et alternent entre les différents personnages principaux qui sont assez nombreux mais faciles à retenir (de toute façon, le titre du chapitre indique qui parle). Cela donne un bon rythme de lecture, facile et rapide. En plus, on a envie de savoir ce qui va se passer et qui est le coupable. En fait, on sait partiellement qui sait mais comme il utilise un surnom, il faut attendre les dernières pages pour la révélation (bon, j’avais trouvé un peu avant quand même). L’intérêt de faire intervenir le meurtrier assez tôt, c’est qu’on peut observer son évolution, qui est intéressante. Vincent, le flic, traine, comme il se doit, des problèmes relationnels de longue date mais il m’a paru sympa et il apparaitra dans d’autres titres car il y a matière à faire avec lui. Mais, avec ce titre qui se déroule dans ma ville, j’ai aussi eu un autre niveau de lecture : le repérage des lieux et des gens, dont les noms ont été légèrement changé mais qui restent reconnaissables … j’avoue que ça m’a beaucoup amusé et là, pendant ma lecture, j’étais vraiment au côté des personnages comme je ne l’avais jamais été ! Bien sûr, cet aspect plaisant n’est réservé qu’aux lecteurs connaissant bien le coin ! Il faudra donc que je me lance bientôt dans le tome suivant qui me permettra de retrouver Vincent Terrach vu que j’ai été convaincue par ce premier opus.

L'avis d'Yvon.

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12 novembre 2019

J'veux pas vieillir ---- Hélène Bruller

Jveuxpasvieillir

HEARTS2

La cinquantaine approche … elle sera là dans quelques années et c’est effrayant de se retrouver dans ce no man’s land de l’entre deux-âges : on n’est plus jeune (et les adolescents sont bien là pour nous le rappeler … ou bien les photos) et on n’est pas encore vieux (heureusement !). Entre les changements physiques, le décalage des modes, les faux-pas à ne pas commettre, les choix de plus en plus restreints question hommes, l’auteure se désespère de l’évolution de sa vie mais garde sa bonne humeur car tout cela dépend de notre façon d’aborder cette étape de l’existence …

J’aime bien les albums qui regroupent plein de petits sketches allant d’une à trois ou quatre pages car c’est toujours vite lu et facile à caser à n’importe quel moment ! On peut picorer un peu dedans tous les jours ou bien le dévorer d’un coup, c’est comme on veut. Cette fois, j’ai opté pour la lecture en deux ou trois fois mais c’était surtout parce que cela me faisait tellement rire que je voulais en garder à chaque fois un peu pour le lendemain ! L’auteure, que j’ai découverte il y a plusieurs années, est un peu plus jeune que moi et donc je me sens forcément concernée par le sujet, même si je ne suis vraiment pas traumatisée par mon âge ni par mon apparence. S’il y a des inconvénients à vieillir, pour moi, ils se limitent aux difficultés physiques qu’on a de plus en plus pour faire des choses simples (la presbytie en est une bel exemple … même avec des lunettes, il me faut un super éclairage pour lire les petits caractères) et bien sûr, le fait qu’on se rapproche inéluctablement de la fin. Mais cette fin, c’est justement ça qui donne toute sa saveur à la vie ! Il faut en profiter ! L’auteure, qui a deux enfants ados, est confrontée tous les jours à son âge mais ses réflexions sont vraiment amusantes et universelles (combien de fois j’ai du mal à me rappeler mon âge ou celui de mon chéri car dans nos têtes, on a toujours vingt ans et on ne réalise pas vraiment qu’on est loin de cette période). En montrant la vieillesse et ses symptômes effrayants, elle réussit néanmoins à la dédiaboliser en seconde partie d’album. Les situations décrites ne peuvent que parler à cette génération (même masculine). Le graphisme est aussi amusant et caricatural, avec beaucoup de couleurs mais sans être agressif. C’est une lecture que j’ai vraiment apprécié car l’auteure sait jouer sur l’auto-dérision et réussit à rire d’un sujet qui pourrait faire peur.

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11 novembre 2019

2 kinds of people : a visual compatibility quiz ---- João Rocha

2kindsofpeopleLes gens sont tous différents et pourtant, il y a souvent deux tendances à ressortir de la vie quotidienne. Il y a ceux qui préfèrent la montre au téléphone pour avoir l’heure, ceux qui déroulent le papier toilette par-dessous et les autres par-dessus, ceux qui laissent le lit défait et ceux qui ne supportent pas d’avoir un lit en vrac, ceux qui mangent une tarte avec une fourchette et ceux qui la dévorent avec une cuillère, ceux qui n’ont besoin que d’une alarme pour se lever le matin et ceux qui en programment plusieurs pour trainer au lit plus longtemps …

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’un livre qui n’est ni un roman ni une BD. Ce livre, à lire avec sa moitié, ses enfants, ses amis, ses collègues … enfin bref, qui vous voulez, permet de déterminer votre compatibilité avec cette personne qui fait le test en même temps que vous. Le principe est simple : après une explication sur le mode de fonctionnement du test, on est confronté à une série de double page qui présente à chaque fois une situation mais avec deux façons de l’aborder. Chaque participant choisit celle qui lui correspond et plus vous avez des choix en commun, plus vous aurez de chance d’être compatible. En fin d’album, on a l’interprétation des résultats. C’est vraiment amusant à faire, on se rend effectivement compte qu’on se divise souvent en deux catégories principales (avec peut-être quelques adaptations mineures) et les situations présentées sont souvent universelles. Seule une poignée n’a pas provoqué de réponse de l’un ou l’autre (par exemple le choix canette ou bouteille de bière … je ne bois jamais de bière et si je transpose ça à d’autres boissons, c’est ni l’un ni l’autre … vu que je les boirai dans un verre !). Avec mon chéri, on a ri en voyant combien on avait les mêmes choix, probablement influencés par nos nombreuses années de vie commune (plus de 33 ans de mariage, ça laisse forcément une trace !). Cela reste léger, sans se prendre au sérieux mais cela permet de découvrir où on doit peut-être s’améliorer pour apaiser des relations en étant un peu plus compatibles les uns avec les autres !

*Lu en anglais*

Non traduit à ce jour mais franchement, deux pages d'explication et deux pages de résultats, ce n'est pas insurmontable !

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10 novembre 2019

24 heures de la vie d'une femme ---- Perna et Otéro

24heuresdelaviedunefemmeA la résidence Casa Blanca, petit hôtel de luxe d’un quartier huppé de San Diego, les clients sont témoins, une nuit, de la détresse d’un des clients. Monsieur de Saint-Just, un habitué des lieux, cherche à grand bruit son épouse Clarissa. Il semblerait que cette belle blonde soit partie avec le jeune professeur de tennis, passionné de surf à l’allure rasta. Les autres clients, qui connaissent bien le couple, ne peuvent s’empêcher de jaser et de s’interroger sur ce départ inattendu car Clarissa n’avait rencontré le jeune homme que peu de temps avant et ne semblait pas avoir eu beaucoup de contact avec lui. Cela énerve un peu Brett Burroughs, un écrivain en mal d’inspiration, qui pense que l’amour peut survenir de façon inattendue. Sa défense passionnée de Clarissa est remarquée par Miss Z, une vieille dame habituée des lieux et qui décide de se confier à lui. Elle va lui raconter sa rencontre à Las Vegas, alors qu’elle est devenue une jeune et riche veuve sans but ni motivation, avec un jeune homme accro au jeu …

Les adaptations de romans en BD ne manquent pas depuis quelque temps … il semble même qu’elles pullulent et ce n’est pas pour me déplaire, même si, le plus souvent, je n’ai pas lu le roman adapté. Ici, c’est donc encore le cas : je n’ai pas lu le roman de Stefan Zweig (en fait, c’est facile, je n’ai rien lu de lui !) et je ne peux donc juger de la fidélité à l’histoire originale, sauf, bien sûr que le récit de la BD se passe de nos jours et donc pas à l’époque du roman. Par contre, il me semble que la façon de s’exprimer des personnages, un peu surannée et précieuse, est bien ancrée dans l’œuvre originale (à moins que ce ne soit juste que le milieu huppé dans lequel ils vivent qui les fait parler ainsi !). Une partie du récit se déroule donc maintenant et les évènements racontés par Miss Z ont lieu en 1986, période qui est tout à la fois éloignée et proche. Le dessin m’a énormément plus mais forcément, c’est Nicolas Otéro aux crayons et j’adore son style donc cela ne pouvait que me plaire … d’ailleurs, c’est parce que c’est lui le dessinateur que je suis allée vers cet album. J’ai tout de suite reconnu le trait anguleux et précis, les décors soignés et les personnages bien typés, le tout magnifié par des couleurs bien choisies. L’histoire est celle d’une femme qui tente de sauver un homme, qui est en proie à une passion, un amour fou, qui essaie de convaincre sa raison de faire les bons choix mais dont les émotions sont puissantes. C’est étonnant de voir combien un homme a su rentrer la psychée féminine, à comprendre ce qui peut se passer dans le cœur d’une femme, ses espoirs, ses déceptions, ses besoins et ses envies, et comment le cœur et la tête se disputent les décisions. J’ai donc trouvé l’ensemble bien mené, sans excès et réaliste. Pas un coup de cœur pour avoir eu un peu de mal à m’identifier malgré tout à Miss Z, qui m’a paru très « fleur bleue » et adolescente dans ses réactions (mais cela se comprend vu la vie protégée qu’elle a mené avant) mais pas loin quand même !

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09 novembre 2019

The grip of it ---- Jac Jemc

ThegripofitJulie et James décident de quitter la ville pour s’installer à la campagne, dans une petite bourgade au bord de la mer. Ils trouvent une grande maison aux nombreux recoins et zones de stockage cachées à un prix défiant toute concurrence. Pour la jeune femme, qui travaille dans le développement de produits, elle a déjà un travail sur place en renouant avec une amie perdue de vue et qui vit dans la même ville et pour James, qui travaille dans les nouvelles technologies, il est facile de trouver un emploi. Mais pour le couple, c’est surtout l’occasion de changer de vie, de se rapprocher et d’éloigner James des tentations du jeu et des paris en tous genres. Mais la maison va se révéler peu accueillante : un bruit sourd et constant se fait entendre, des nouvelles cachettes apparaissent régulièrement et leur jardin semble avoir des limites variables avec la forêt voisine. Et sans oublier leur étrange voisin, un vieil homme solitaire, qui passe son temps à les observer mais qui ne veut pas de contact avec eux …

La couverture un peu effrayante et le thème de la maison hantée m’avaient fait craquer pour ce roman assez court. Mais j’aurais dû me méfier devant la référence « literary horror novel » qui pouvait laisser penser que l’équilibre entre histoire et qualité littéraire n’allait pas forcément me convenir. Quand il est question d’horreur, il est indispensable que les émotions soient mises au premier plan … si on veut avoir peur et s’identifier aux personnages pris dans la toile d’araignée étrange que leur tend une maison hantée. Malheureusement, ici, l’émotion n’est pas au rendez-vous … ni la peur d’ailleurs ! Le récit alterne entre les points de vue de Julie et de James, chaque chapitre étant raconté à la première personne par nos deux protagonistes en alternance. Mais impossible de les différencier tellement leur ton est similaire : ils n’ont pas vraiment de voix propre et sont aussi agaçants l’un que l’autre. Alors, c’est sûr, ils nous parlent, à nous, lecteurs, mais ils sont incapables de communiquer entre eux et cela ne les rend pas attachants (je passe sur tous les autres défauts qu’ils peuvent avoir !). Au départ, la mise en place est intéressante : on découvre le couple, on découvre cette fameuse maison et le voisin qui pourrait donner des sueurs froides et tout cela s’annonce plutôt bien. Et puis, pouf, tout part à vau-l’eau avec des développements tortueux et peu crédibles, des plongées tarabiscotées et pseudo-intellectuelles dans la psychée des personnages lorgnant vers la folie mais qui m’ont laissé froide et les évènements étranges esquissés au préalable passent au second plan, voire même disparaissent. Autant dire qu’au fil des pages, j’étais de moins en moins convaincue et je m’ennuyais de plus en plus, trouvant les personnages de moins en moins agréables. Vu leur comportement, il n’y a aucun risque qu’un éventuel fantôme puisse les embêter car je pense qu’il aurait fui la zone, mort d’ennui devant leurs petits problèmes de couple en mal de renouvellement ! Dans le cas de ce titre, littéraire et horreur ne font décidément pas bon ménage et je préfère une histoire aux phrases simples mais percutantes et aux personnages attachants ou vraiment effrayants à un exercice de style un peu creux et sans réel caractère.

*Lu en anglais*
Non traduit à ce jour.

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06 novembre 2019

Ces gens-là ---- Terreur graphique

CesgenslaCes gens-là, c’est un échantillon de la société française : des hommes, des femmes, des couples hétéros ou homos, des familles, des enfants, des amis, des collègues. Ils râlent à propos de tout et de rien : comment choisir la destination de ses vacances, comment gérer les problèmes de santé quand les délais de rendez-vous frisent le ridicule, comment punir les violences conjugales, comment lutter contre les racistes sans le devenir soi-même, comment accepter ce qu’on peut découvrir lors de recherches généalogiques, comment se comporter vis à vis de la drogue, comment lutter contre la radicalisation …

Voilà un album pratique à lire en parallèle avec d’autres BD ou romans vu qu’il s’agit là de petits sketches d’une page qui abordent des thèmes variés mais souvent très actuels. Du coup, on peut le lire de façon fractionnée sans aucun problème. Le graphisme est bien caricatural car l’humour est de mise, de même que l’accentuation des défauts. Les personnages sont mis en avant, les décors étant le plus souvent absents sauf s’il est nécessaire d’avoir une idée du contexte physique de la discussion qui se tient entre les protagonistes et les couleurs sont variées alors que cela aurait très bien pu être en noir et blanc (mais j’apprécié les tons qui donnent du peps à l’ensemble). On découvre différents problèmes de société, certains m’apparaissant assez éloignés de mes préoccupations mais d’autres me concernant vraiment et forcément, l’auteur dénonce nos actions et réactions avec beaucoup d’humour et d’ironie. Personne ne ressort de là intact … on voit que les choses mettent du temps à évoluer vu nos comportements et bien souvent, notre mauvaise foi qui nous empêche d’avancer (sans compter la peur du jugement des autres qui poussent à des actions pas forcément voulues). J’ai trouvé que c’était souvent bien vu et que l’auteur avait choisi le bon angle pour aborder les thèmes mais quand il est question d’humour, cela est toujours une question de feeling personnel … et il se trouve que l’auteur et moi, on a à peu près le même genre d’humour ! J’ai donc bien aimé cette lecture qui secoue le cocotier pour nous faire réagir !

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05 novembre 2019

Lucy : l'espoir ---- P. Norbert et T. Liberatore

LucyDans la vallée de l’Afar, il y a 3,7 millions, un groupe d’une vingtaine d’individus s’agitent, crient et martèlent le sol en prévision de l’arrivée de l’orage et de la pluie tant attendue. Mais quand l’éclair apparaît, il met le feu à un arbre, faisant fuir la troupe. Seule une femelle, Lucy, reste en arrière car elle est sur le point d’avoir son bébé. A présent seule et isolée, elle essaie de retrouver les siens et est témoin de la lutte de deux chasseurs contre des vautours autour d’une carcasse. Ce nouveau groupe est différent du sien : leur moyen de communication semble plus évolué, les individus sont plus grands, plus courageux et se déplacent mieux. Leur organisation de groupe est plus développée et Lucy observe Adam, un des chasseurs se confronter au mâle dominant, le chef de la troupe. La bataille est longtemps incertaine mais Adam est finalement vaincu et banni du groupe. Lucy continue alors son chemin, suivi discrètement par le mâle lui aussi sans attache, qui va la voir donner naissance à son petit …

S’inspirant des pas fossilisés découverts dans cette région et des restes d’un corps de notre ancêtre découvert il y a plusieurs années, les auteurs ont donné vie à Lucy et ont imaginé ce qui aurait pu se passer, comment Lucy, la Préhumaine, issue d’un groupe d’Australopithecus afaransis, aurait rencontré Adam, l’Humain, peut-être un Homo habilis ou un Homo rudolfensis. Ce qui saute tout de suite aux yeux en ouvrant l’album, c’est la qualité du dessin : réaliste, précis, soigné, avec des détails travaillés (les expressions sont superbes et les mains magnifiques) et des décors superbes. Les couleurs sont aussi très belles, avec des choix variés pour planter les différentes ambiances (nuit, savane, batailles …). Par contre, si j’étais très intéressée par l’histoire et le contexte du récit, je n’ai finalement pas été très convaincue du traitement qu’il en a été fait. Les auteurs ont opté pour un développement assez poétique qui ne m’a pas paru très réaliste et qui m’a plutôt semblé « gentillet » (un peu Bisounours quoi !). La violence, qui devait être omniprésente, de même que le danger, ne font ici pas vraiment frémir, un peu noyés dans les bons sentiments ambiants. Comme les personnages n’ont pas encore de langage, toute la narration est en voix-off, prêtant des sentiments et des questionnements qui m’ont souvent paru trop actuels et ainsi peu adaptés à cette période (un peu comme quand on fait de l’anthropomorphisme), ce qui m’a souvent gênée dans ma lecture. En conclusion, le sujet est original et intéressant mais cette lecture m’a laissée sur ma faim, même si je me suis régalée visuellement !  

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04 novembre 2019

Saint Rose : à la recherche du dessin ultime ---- Hugues Micol et Isabelle Merlet

SaintrosealarecherchedudessinultimeHugues Micol, auteur de bandes dessinées, arrive chez Santorin Saint Rose, un aventurier/explorateur/collectionneur, pour lui demander son aide. La nuit précédente, Hugues était invité à se produire comme dessinateur dans une soirée privée quand il réalise ce qu’il trouve être un dessin parfait mais après une pause, il découvre que celui-ci a été volé et seule une plume verte est abandonnée sur son établi. Il veut donc que Saint Rose l’aide à retrouver le voleur et par conséquent son œuvre. L’équipe, constituée de Saint Rose, Hugues, Conchobhar, un cochon parlant très raffiné, Comment, un serviteur papou et une poule très agressive, part donc pour Macao où l’oiseau propriétaire de la plume abandonnée a dû migrer pour l’hiver …

Ho la la, me voilà bien embêtée pour rédiger cette chronique ! Tout d’abord, j’ai lu ce titre car il faisait partie des albums sélectionnés pour mon club lecture spécial BD car sinon, il y aurait eu zéro chance que je tente l’aventure ! L’auteur a voulu rendre hommage aux BD et aux comics de son enfance et comme il est à peine plus jeune que moi, cela aurait dû correspondre à mes propres souvenirs. Hélas, ce ne fut pas le cas. Le graphisme s’inspire des albums plus anciens de cet art (je dirais des années 1940-1950) : une avalanche de détails, des couleurs variées et souvent tranchées, avec des associations parfois improbables. Je reconnais qu’il y a là beaucoup de travail et que l’ensemble est soigné mais il ne correspond pas du tout à mon goût (et déjà, même quand j’étais jeune, je ne raffolais pas de ce style graphique). Quant à l’histoire, c’est une pure aventure un peu folle, avec des personnages hauts en couleur et une ambiance un peu déjantée. L’apparition de Sartre et de Beauvoir en méchants est surprenante et l’exotisme décalé continue en nous faisant voyager à travers le monde dans des milieux tous plus étranges les uns que les autres. Et au milieu de tout ça, il y a Hugues, l’auteur qui ne rêve que de son dessin parfait et qui semble perdu au milieu de toute cette folie et qui renvoie au lecteur la condition d’être du créateur et du monde de la BD par quelques petites remarques savoureuses. Mais malgré une recherche certaine, je me suis profondément ennuyée et je n’ai pas apprécié la débauche de choses étranges (qui pourtant habituellement ne me dérangent pas). Il me semblait que j’étais partie de n’importe où et que j’allais nulle part ! Bref, ce ne fut pas une lecture réussie pour moi mais que cela ne vous arrête pas pour autant de tenter l’aventure !

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03 novembre 2019

Un putain de salopard (tome 1) ---- Loisel et Pont

Unputaindesalopard1Tome 1 : Isabel

Arrière-pays brésilien, village de Kalimboantao, 1972. Christelle et Charlotte viennent d’arriver de France pour rejoindre leur amie Corinne, qui est installée là depuis deux ans. Les deux jeunes femmes, infirmières, doivent tenir pour quelques mois en remplacement du médecin parti en vacances un dispensaire installé dans la forêt où les travailleurs d’une société locale exploitent les ressources du lieu. Elles font la connaissance de Max, un jeune homme qui vient de perdre sa mère et qui essaie de retrouver son père qu’il n’a jamais connu. Les seules choses qu’il a pour le retrouver sont deux photos où il pose avec sa mère et un homme différent sur chaque cliché. Il ne sait pas lequel est son père ni son nom mais en montrant les photos, il arrive à avoir quelques renseignements qui laissent à penser qu’un des hommes n’était pas quelqu’un de bien. Max doit aussi se rendre au camp Hermann pour avoir plus d’informations à ce sujet mais il part un peu plus tard que Charlotte et Christelle, conduit par un Brésilien et accompagné d’une jeune femme aux difficultés d’élocution mais ils sont témoins d’un drame sur le trajet …

Je ne sais pas trop comment résumer l’histoire sans trop en dire mais quand même suffisamment pour que l’idée de départ paraisse claire. J’avoue que, de mon côté, j’ai entamé cette lecture sans avoir la moindre idée du sujet ! On est donc au Brésil en 1972 et je dois dire que l’époque ne saute pas aux yeux … certes les véhicules et les maisons ne paraissent pas récents mais vu que le récit se déroule dans l’arrière-pays, je ne suis pas sûre que ça ait beaucoup changé depuis ! Du coup, j’ai dû souvent me remémorer que ce n’est pas une histoire actuelle … je me demande si le choix de cette époque va jouer un rôle parce que, pour l’instant, ça aurait très bien pu se passer de nos jours. On suit donc Charlotte et Christelle d’un côté et Max de l’autre, même si le début les voit tous réunis et que le reste de l’album poste des points communs entre leurs deux histoires : le camp Hermann et son contexte trouble. Entre la recherche de ce père mystérieux par Max et les difficultés auxquelles sont confrontées les deux infirmières, les pages défilent vite et on a envie de savoir ce qui va se passer. Le dessin est assez classique mais le trait anguleux lui donne du punch et du caractère et les personnages, pourtant assez nombreux, sont tous bien différents (bon, il y a déjà la différence Européens/Brésiliens qui est évidente dans le teint de la peau et la façon de s’habiller). Les visages sont expressifs, les décors réalistes sans être étouffants de détails et les couleurs sont lumineuses et servent à mettre dans l’ambiance : de l’ocre pour les routes de terre, beaucoup de vert pour la forêt, du bleu pour le ciel ensoleillé du Brésil et des tons plus sombres pour les scènes de nuit. J’ai bien accroché au visuel et cela m’a permis de bien m’attacher aux protagonistes. Par contre, l’histoire semble développer un aspect lorgnant vers le fantastique en fin d’album (ou alors mystique … cela reste en suspens) qui me laisse dubitative. Pour le moment, je n’en vois pas vraiment l’intérêt mais comme toujours pour les premiers tomes, ceux-ci servent surtout à la mise en place, bien qu’ici, l’action a déjà pointé le bout de son nez, et il faut attendre la suite pour en savoir plus et voir si les pistes promises se révèlent réussies. En tout cas, pour l’instant, ma curiosité est bel et bien titillée et j’ai envie de découvrir ce qui va arriver à Max, Charlotte, Christelle et les autres !

L'avis de Noukette (qui elle aussi attend la suite avec impatience !).

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02 novembre 2019

The apartment : a haunting in New York ---- Anthony M. Strong

TheapartmentJack Brannan est un auteur qui doit finir son roman mais est en panne d’inspiration. Pour relancer la machine, il décide d’aller passer quelques semaines à New York pour secouer son imagination et répond à une annonce de location. Une dame devant s’absenter pour des raisons familiales prête gratuitement son appartement dans un immeuble de Manhattan en échange de quelques services : nourrir ses chats et s’occuper du petit entretien des communs de cet immeuble qui est dans sa famille depuis plusieurs générations. Jack est ravi de la bonne affaire et découvre une vieille dame un peu spéciale qui lui fait visiter les lieux et lui explique les petites particularités de ce bâtiment ancien, lui racontant son histoire mais parlant peu des autres locataires. Jack s’installe avec la ferme intention d’écrire plusieurs heures par jour mais des bruits étranges provenant d’un étage inhabité vont vite le déranger …

En ce moment, j’ai des envies de romans fantastiques (pourtant, ça n’a aucun rapport avec le fait qu’on soit en octobre !) et j’adore les histoires de maisons hantées mais c’est toujours difficile d’en trouver des bonnes. Cette fois, c’est sur une nouvelle que je me suis rabattue car je n’avais pas beaucoup de temps entre deux lectures « imposées » pour en caser une hors « listes de club lecture ». Vu la longueur de l’histoire, on est donc de suite plongé dans l’ambiance : une courte présentation des lieux, du héros et de la dame qui lui prête l’appartement et nous voilà partis pour les phénomènes étranges. Mais l’auteur joue subtilement de façon à présenter la chose de façon naturelle, avec des explications possibles, des raisonnements de la part de Jack qui essaie de se raccrocher à une sorte de normalité. J’ai quand même trouvé l’ensemble prévisible, devinant tout de suite ce qu’il en était et donc n’étant pas surprise par la fin. Cela ne m’a pas vraiment gênée et j’ai trouvé cette lecture plus sympathique à défaut d’être originale. Par contre, je n’ai pas eu peur une seconde et j’ai trouvé que Jack s’effrayait vite pour pas grand chose !

* Lu en anglais*

Non traduit à ce jour.

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