La bibliothèque du dolmen

17 janvier 2021

Le ferry ---- Mats Strandberg

LeferryLe Baltic Charisma est sur le point de quitter Stockholm pour Abö, en Finlande comme il le fait régulièrement. Cette traversée de vingt-quatre heures en ferry est surtout l’occasion pour les passagers de passer un moment de détente et une nuit de fête car une fois dans les eaux internationales de la Mer Baltique, l’alcool est détaxé et tout est prévu à bord pour que les gens en profitent : restaurants et buffets à volonté, centre de thalasso et de massage, casino, bar avec karaoke, discothèque, le tout compris dans le prix du billet. Ce soir-là, le temps automnal de début novembre n’arrête pas les mille deux cent voyageurs. Parmi eux, il y a Marianne, une femme mûre qui se sent seule depuis le départ de ses enfants et qui espère se changer les idées, Albin, un jeune adolescent d’origine vietnamienne venu avec ses parents adoptifs, une femme en fauteuil roulant et un père qui boit trop, et qui espère enfin revoir sa cousine dont il est un peu amoureux, Madde et sa copine, qui sont venues faire la fête, Calle, un ancien membre d’équipage qui veut demander son petit ami en mariage pendant la traversée … Mais il y a aussi une étrange mère et son jeune enfant, qui s’inquiète de son avenir. Et puis, il y a aussi le personnel du bord : Pia, qui s’occupe de la sécurité, Filip, qui sert au bar et qui est impatient de revoir Calle, Dan, un chanteur has-been qui ne supporte pas d’être moins célèbre … Mais cette traversée va tourner en cauchemar avec aucun échappatoire possible en pleine mer …

J’avais besoin d’un livre prenant pour terminer l’année et qu’on a vu récemment une série danoise qui avait un rapport avec les ferries navigant sur la Mer Baltique, cela m’a immédiatemment rappelé ce titre suédois se trouvant dans la PAL et m’a donné envie de le ressortir. Ici, il n’est pas question d’intrigue policière mais il s’agit d’un roman d’horreur pur et simple et très efficace. On va suivre plusieurs personnages lors d’une traversée en ferry de la Suède vers la Finlande et j’ai ainsi découvert qu’apparemment, ces lignes sont surtout utilisées par les passagers pour passer un ou deux jours de détente à bord, à s’en mettre plein le cornet (aussi bien en aliments qu’en boissons alcoolisées) et faire la fête. Certains viennent en seul, d’autres en couple, d’autres en groupe d’amis et quelques-uns en famille. On suit aussi plusieurs membres d’équipage et on découvre leur travail à bord ainsi que la vie privée de tous les protagonistes plus généralement. Le début m’a paru un peu long car on commence le récit à la gare maritime, quand les gens attendent d’embarquer et que les chapitres s’enchainent à présenter tous ceux qu’on va suivre et je dois avouer que je me suis un peu perdue au milieu de tout ce monde. Mais au bout d’un moment, j’ai fini par bien les connaître, à m’attacher à certains et à en détester d’autres. Donc, tout se déroule à merveille, les gens découvrent leurs cabines, mangent bien, boivent et se retrouvent rapidement au bar, au casino ou en boite de nuit. Ça chahute, ça drague de façon plus ou moins subtile, sous les yeux attentifs du personnel de bord. Et puis, tout dérape et on rentre dans l’horreur pure et dure, avec des attaques sanglantes, des morts, des poursuites, des rencontres peu recommandables et tout ce monde essaie de survivre tant bien que mal sans vraiment savoir ce qui se passe (en tant que lecteur, il me semble qu’il est facile de deviner les causes de tout ce qui se déroule vu qu’on a des infos supplémentaires par rapport aux personnages). Et comme l’action se déroule pendant la nuit, sur un navire en pleine mer, le décor est bien présent et joue son rôle pour accentuer l’angoisse : les possiblités de fuir le danger semblent très très très limitées et l’aspect labyrinthique d’un bateau enfonce un peu plus le clou. J’ai trouvé l’idée excellente et une fois qu’on rentre dans le vif du sujet (si j’ose dire !), cela m’a paru de plus en plus difficile de lâcher le livre et je devais me forcer le soir pour le poser et dormir … je voulais savoir ce qui allait se passer et je n’ai pas été déçue de l’enchainement des évènements ! Pour quiconque aime ce genre d’histoire, je conseille vivement car j’ai passé un excellent moment !

Posté par sassenach à 06:02 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


16 janvier 2021

Le voyage d'Abel ---- Sivan et Duhamel (listé aussi sous Belvent et Duhamel)

LevoyagedabelAbel est un vieil homme qui vit seul dans le petit village de Reclesme, dans un coin perdu au cœur de la France. Les étés voient arriver les touristes alors que les hivers neigeux laissent les locaux entre eux. Abel a repris la petite ferme familiale, avec ses deux vaches, son troupeau de chèvres, son chien de berger à la dent facile, et ses quelques champs à labourer. Mais ce qu’il aurait voulu, c’est voyager, partir en bateau découvrir le monde. Mais étant le dernier né, ses frères ainés sont partis de la maison avant lui et il s’est donc retrouvé tout seul à s’occuper de la ferme, pour ne pas décevoir ses parents. Mais cette fois, c’est décidé, c’est septembre et Abel va partir en Ethiopie …

Je suis loin d’avoir tout lu des œuvres de Bruno Duhamel, le dessinateur de l’album, mais ce que j’ai découvert m’a beaucoup plu (Jamais, #nouveaucontact_) et en plus, cette fois, la scénariste Isabelle Sivan est une connaissance de mes voisins donc avec cet achat, je faisais d’une pierre deux coups ! Cerise sur le gâteau, cet album était un coup de cœur de la librairie de ma ville. Autant dire, impossible pour moi de passer à côté ! J’ai retrouvé le dessin de Bruno Duhamel que j’aime bien : il est réaliste avec une légère touche d’accentuation qui rend les personnages très expressifs. Les couleurs choisies sont à l’avenant de la couverture : blanc, gris violet et quelques rares touches de couleur à des moments clés. J’ai trouvé ces choix très apaisants, très agréables et qui vont bien avec le thème. Je me suis donc plongé dans l’univers d’Abel, un monde campagnard dans un village où les habitants vieillissent et où la vie reste assez traditionnelle malgré l’enseigne de « cybercafé » au bar du coin. Abel vit seul, il a des relations amour/haine avec son chien (enfin, le chien de feu ses parents) et s’occupe de ses bêtes et de la ferme dont il a hérité. On le découvre en septembre, alors qu’il s’est décidé à partir pour l’Ethiopie car voyager, ça a toujours été le rêve de sa vie. Abel est souvent en train de râler, envers son chien, envers les commerçants, envers ses voisins … et parfois même envers lui-même. C’est un bougon dans l’âme mais un bougon terriblement attachant ! On le suit au fil des saisons, on en apprend un peu sur son passé, sur ses espoirs déçus, sur son manque d’action aussi … et on se reconnaît forcément un peu dans cet homme qui a suivi une vie imposée par les circonstances mais qui n’est pas si mal malgré tout. On voit aussi que le rêve n’est pas limité par les lieux ! C’est un album plutôt contemplatif, nostalgique, émouvant mais qui ne manque quand même pas de touches d’humour. C’est sûr, Abel m’a fait verser quelques larmes et m’a aussi fait sourire !

Les avis de Mo, Jérôme, Aproposdelivres.

A noter qu'il s'agit de la réédition d'un album qui n'avait été produit en 2014 qu'à 1000 exemplaires par les auteurs eux-mêmes.

Posté par sassenach à 05:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

15 janvier 2021

L'accident de chasse ---- David L. Carlson et Landis Blair

LaccidentdechasseHEARTS2

 

 

 

En 1959, Charlie a une dizaine d’années quand il doit aller vivre avec son père à Chicago, dans le quartier de Little Italy. Après le divorce de ses parents, le garçonnet avait suivi sa mère à Los Angeles mais au décès de celle-ci, il doit renouer avec son père aveugle qu’il connaît peu. Celui-ci lui raconte alors les circonstances qui lui ont fait perdre la vue : il s’agissait d’un accident de chasse alors qu’il était gamin et qu’il était parti en forêt avec ses copains et les liens père-fils se resserrent suite à cette révélation. Charlie aide souvent son père à relire les textes poétiques qu’il écrit et découvre donc en même temps les poètes classiques allant d’Homère à Whitman en passant par Dante et Shakespeare. Mais alors qu’il a dix-huit et qu’il traine avec les mauvaises personnes, entre autres des jeunes garçons amis d’enfance travaillant maintenant pour la mafia locale, Charlie se voit impliqué dans un cambriolage et la menace d’être envoyé quelque temps en prison se profile à l’horizon. C’est alors le moment que choisit son père pour lui avouer la vérité sur sa cécité et son passé : il est devenu aveugle lors d’un vol à main armé et il a été envoyé en prison pour plusieurs années …

J’ai tout de suite été attirée par ce pavé graphique édité par Sonatine qui se lance là dans le 9ème art. Il faut dire que le dessin noir et blanc, souvent sombre, hâchuré, ne passe pas inaperçu ! C’est un style que j’apprécie particulièrement car je le trouve très adapté à créer des ambiances particulières et puissantes. Ici, il s’agit de l’histoire vraie de Matt Rizzo et de son fils, le tout ancré dans une époque pas si lointaine mais un peu oubliée ces dernières années : le Chicago mafieux des années 1920 à 1970. Mais en plus de cette toile de fond, avec des relents de Grande Dépression, on découvre aussi un fait divers marquant de l’époque mais à présent peu connu, particulièrement en France : l’assassinat d’un jeune garçon par deux jeunes hommes de bonne famille. Et bien sûr, pour ne rien oublier, on plonge aussi dans le milieu carcéral des années 1930-1940. Tout ça plante un décor varié et particulièrement intéressant mais ça ne s’arrête pas là ! Il y a aussi la relation père-fils, obligés de s’apprivoiser, les conditions de vie des aveugles et leurs sentiments quand on se retrouve confronté soudainement à un monde sans lumière, la poésie et le pouvoir de l’imagination. Avec ce magnifique programme bien mené, pas étonnant que ce roman graphique soit un pavé mais qui se lit bien (hormis quelques passages tirés de L’enfer de Dante qui reste toujours une œuvre un peu ardue à mon goût). Le graphisme fait merveille car il participe lui aussi à la poésie de l’ensemble et suggère subtilement les sentiments ressentis par les personnages et le découpage est très réussi, avec les chapitres permettant des respirations entre les scènes et les évocations de l’œuvre de Matt Rizzo que celui-ci explique à Charlie. Cela donne un très bel hommage d’un fils à son père, sur fond historique, et cela rappelle que la bande dessinée montre amplement qu’elle mérite le nom d’art !

Vous pouvez découvrir quelques planches sur le blog TheAutistReading.

Posté par sassenach à 05:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 janvier 2021

Peau d'homme ---- Hubert et Zanzim

PeaudhommeHEARTS2

 

 

Dans une ville italienne de la Renaissance, Bianca est une jeune femme de bonne famille qui va devoir épouser Giovanni. Le mariage a été négocié entre les familles des futurs mariés et Bianca ne connaît pas du tout son promis. Heureusement, sa tante, chez qui elle passe les quelques jours avant la cérémonie, lui apprend que les femmes de la famille ont un secret : elles disposent d’une peau d’homme qu’elles se transmettent et qui permet, une fois revêtue, de se faire passer pour un homme après un peu de travail sur l’attitude et le ton de la voix. Bianca peut donc ainsi faire connaissance avec Giovanni mais elle découvre vite que celui-ci est plus sensible aux attributs masculins qu’aux charmes féminins …

Cela faisait un petit moment que cet album me faisait de l’oeil mais à mon dernier passage en librairie, il n’y en avait plus donc il m’a fallu attendre un peu (la pénurie étant due au succès de l’album et à ses nombreux prix obtenus). En fait, j’avais un peu peur du graphisme car j’avais lu L’ile aux femmes du même dessinateur et il m’avait fallu un moment d’adaptation au dessin et du coup, j’avais hésité au départ. Mais en regardant les quelques planches disponibles sur le web, j’ai finalement plutôt bien aimé ! Effectivement, j’ai apprécié le style du dessin que je trouve particulièrement bien adapté au récit, avec des personnages bien typés (au niveau du nez et des yeux par exemple) mais qui vont bien dans l’époque décrite malgré l’accentuation de certains de leurs traits. Les décors aussi sont réussis car ils ne sont là que pour donner un contexte et n’étouffent pas les personnages (certaines scènes se passent même carrément sur fond blanc). Je craignais aussi les aplats de couleur mais ici et avec les teintes utilisées, cela passe bien et ça allège l’ensemble. Donc, il ne faut jamais se laisser arrêter par des préjugés car on peut finalement beaucoup aimer malgré une idée préconçue ! Quant à l’histoire, elle est vraiment originale dans son point de départ : une peau d’homme revêtue par une femme pour découvrir la vie de son futur mari et plus général la vie des hommes dans une ville italienne de la Renaissance. Le contexte historique est aussi très porteur car le frère de l’héroïne, un moine prêcheur très intolérant, pourrait rappeler certain personnage ayant existé (je pense à Savonarole) et on voit l’influence de la religion sur le peuple et ses dirigeants. Mais le plus intéressant est bien le sujet de la condition féminine qui semble être intemporelle car les problèmes soulevés dans le récit sont toujours très actuels. Les réflexions de l’héroïne sont judicieuses et sa combativité rafraichissante … cela crée l’espoir d’une évolution des mœurs. En plus, les relations entre les deux sexes ou entre même sexe sont bien développées, ainsi que l’attirance physique, le plaisir charnel et bien sûr, l’identité de genre. Mais cela parle en même temps de la différence, de la tolérance, de l’amour et de la possibilité d’atteindre un certain equilibre, parfois en dehors de ce que la société voudrait imposer. Une véritable réussite qui mérite haut la main tous les louanges que l’album a reçu !

Les avis de Mo, Noukette.

Posté par sassenach à 05:04 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

13 janvier 2021

Summer frost (série Forward) ---- Blake Crouch

SummerfrostRiley est responsable de la conception des décors d’un jeu vidéo en immersion et lors d’un test, son équipe découvre qu’un des personnages, une femme nommée Max, ne se comporte pas comme elle le devrait et cherche à échapper à son destin de personnage. Riley va alors avoir le droit de se consacrer à l’étude de cette évolution inattendue. Pour le patron de l’entreprise, il s’agit seulement d’un bug informatique mais Riley est convaincue que le personnage de Max a développé une sorte d’intelligence indépendante du jeu et ne sait pas pourquoi ni comment mais elle espère que cette nouvelle évolution va continuer …

Et voilà le dernier tome de cette série de nouvelles imaginant le futur, celle-ci étant écrite par l'auteur à l'origine du projet. C'est d'ailleurs un peu pour ça que je l'ai gardée pour la fin. Ici, on aborde le thème de l'intelligence artificielle, comment celle-ci peut se développer et son utilité dans la vie des humains. J'ai trouvé l'histoire très intéressante et pleine de suspense. Dès le départ, j’ai été accrochée et je n’ai pas pu me détacher du récit (heureusement que ce n’est pas très long, même s’il s’agit là de la plus longue nouvelle de la série). Il y a peut-être un ou deux passages un peu plus techniques pendant lesquels j'ai vaguement décroché mais ce n'est pas un problème pour comprendre l'ensemble (et puis, c'est des moments très brefs). J’ai trouvé intéressant la façon dont l’auteur développait l’évolution de Max et sa relation avec Riley. On voit aussi comment l’informatique et les mondes virtuels peuvent prendre le pas sur le monde réel dans la vie de tous les jours. Mais on se questionne aussi sur la conscience qu’on a de soi et sur ce qui fait de nous des êtres humains. La fin m'a paru logique vu que je ne l'imaginais pas autrement mais elle fait réfléchir et est un peu effrayante car totalement possible dans le futur ! En plus, il s'avère que ce dernier titre est aussi mon favori de la série !

*Lu en anglais*

Non traduit à ce jour

Posté par sassenach à 05:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


12 janvier 2021

The last conversation (série Forward) ---- Paul Tremblay

ThelastconversationDans une pièce fermée, une personne sort d’un long sommeil entrecoupé de moments vagues d’éveil. Cette personne ne peut rien voir, se sent perdue, ne comprend pas où elle est ni qui elle est et la douleur s’ajoute à cette désorientation. Les machines sont là, tout autour, à l’aider à reprendre pied et une voix féminine lui sussurre que tout va bien aller, que la douleur va disparaître et tout va devenir plus compréhensible. Au fil des jours, cette personne va rester enfermée dans cette pièce, récupérant peu à peu ses fonctions corporelles et n’est reliée avec l’extérieur que par la voix du docteur Kuhn qui l’aide à récupérer aussi quelques souvenirs …

J’arrive presque au bout de cette série avec ce cinquième et avant-dernier opus et j'avoue que j'avais un peu peur car j'avais déjà lu un roman de cet auteur et je n'avais pas vraiment aimé. Mais heureusement que cela ne m'a pas arrêtée car cette fois, j'ai été totalement convaincue et j'ai apprécié ma lecture. Le point de départ, avec cette personne qui se réveille dans une pièce, qui ne sait pas où elle est, qui elle est et ce qui lui arrive, est très intrigant. D’ailleurs, on ne sait ni son nom ni son sexe (de mon côté, je l’ai perçue comme un homme alors que mon chéri l’a perçue comme une femme !) et on perçoit donc le « monde » à travers cette personne. La narration ressemble parfois à un compte-rendu scientifique, comme s’il s’agissait d’une expérience mais on ne sait strictement rien pendant un bon moment et on peut bâtir plein de scénarii. Je me doutais de la conclusion mais le suspense est bien mené et il y a des échos de notre actualité dans le monde décrit dans le récit. La fin est aussi très intéressante et oblige à se questionner sur la façon dont on la perçoit mais interpelle aussi sur les choix qu’on fait et sur des sujets qui pourront devenir importants dans un futur proche (je n’en dis pas plus sinon, je vais révéler trop de choses !). En tout cas, ce titre est mon favori dans la série pour l'instant, juste devant Emergency Skin de N. K. Jemisin.

*Lu en anglais*

Non traduit à ce jour

Posté par sassenach à 05:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 janvier 2021

Randomize (série Forward) ---- Andy Weir

RandomizeEdwin Ruthledge est le propriétaire du Babylon, un hôtel-casino à Las Vegas et tient à ce que son entreprise soit parmi les meilleures de la ville. Alors, quand les jeux de Keno de son casino ne fonctionnent plus, il s’apprêtre à virer Nick Chen, son informaticien en chef, pour ne pas avoir su empêcher la panne. Mais quand celui-ci lui annonce que c’est lui-même qui a débranché le système pour le protéger de pertes d’argent phénoménales, Ruthledge est prêt à l’écouter. Nick lui apprend que l’arrivée des ordinateurs quantiques pose une menace sur les jeux dits de hasard car ils peuvent contrôler à distance les chances de tirage des numéros …

Me voilà avec le quatrième tome de cette série de one-shots, le plus court de tous mais on revient ici vers des explications un peu plus techniques sur la physique quantique et les jeux de hasard. J'avoue que je n'ai pas forcément tout compris mais j'ai eu une bonne idée de l'ensemble et j'ai trouvé l'idée originale ... à part que je n'ai strictement aucune idée si les techniques décrites ainsi que les ordinateurs pourraient arriver un jour. Si ça se trouve, les ordinateurs se rapprochant de ceux décrits dans l'histoire existent peut-être déjà … enfin les ordinateurs quantiques existent mais je ne sais pas trop ce qu’ils sont capables de faire donc cette nouvelle aura aussi le mérite de me plonger dans quelques recherches à l’issue de cette lecture. Cette partie explicative technique peut donc un peu rebuter mais si je lis de la science-fiction, c’est aussi pour ça : découvrir des choses un peu plus compliquées et techniques, qui permettent de me réfléchir et de me questionner (parce qu’il faut dire que, même si j’adore la lecture, j’ai quand même une formation scientifique). Donc, en plus de cet aspect, il y a un côté humain qui est aussi bien intéressant ! Je ne peux pas trop en parler sans révéler des choses essentielles du récit (qui est déjà bien court) mais il y a une histoire de manipulation bien menée et inattendue ! Ce n’est pas mon titre favori de la série mais il fait réfléchir sur l’avenir de l’informatique et si on fait quelques recherches, on s’aperçoit que le sujet ne concerne pas que les jeux de hasard !

*Lu en anglais*

Non traduit à ce jour

Posté par sassenach à 04:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 janvier 2021

You have arrived at your destination (série Forward) ---- Amor Towles

YouhavearrivedatyourdestinationSam et Annie sont mariés depuis longtemps mais n’ont pas réussi à fonder une famille. Annie, en mal d’enfant, se décide finalement à tenter une fécondation in vitro mais veut s’adresser à la meilleure clinique spécialisée dans le genre. Vitek semble l’avoir conquise et Annie demande à Sam, qui vient de fêter son anniversaire, d’aller voir sur place et de découvrir les choix faits par son épouse. Il faut dire que Vitek est un laboratoire très évolué qui permet, non seulement de choisir le sexe de son bébé et ses caractéristiques génétiques, mais qui utilise aussi un programme de prédiction de vie …

Troisième opus de la série que je lis et là encore, il s'agit surtout de se focaliser sur une évolution majeure de nos sociétés. Ici, il s'agit de la reproduction médicale assistée, avec tout ce qu'elle peut amener comme contrôles et sélections et c'est donc assez effrayant, surtout qu’on peut déjà voir certaines de ces dérives dans les sociétés actuelles où cette méthode de reproduction devient un business. L'idée est donc à la fois originale et éducative car tout cela pourrait tout à fait se développer dans un futur pas si lointain. Cela questionne sur ce qu’on attend de nos enfants, comment on peut imaginer leur vie, ce qu’on espère et ce qu’on craint mais aussi des marges de manœuvre dans le contrôle de celles-ci. De plus, cela implique un peu d’influer sur le futur et que celui-ci est aussi défini par nos gènes (ce qui serait terriblement triste !). C’est pour l’instant le récit qui m’a le moins plu dans la série car il m’a paru moins impactant sur la réflexion (peut-être justement parce qu’on y est déjà partiellement confronté et que cela étonne moins). La fin, par contre, m'a bien plu : elle montre qu'il reste quand même de l'espoir pour l'humanité !

*Lu en anglais*

Non traduit à ce jour

Posté par sassenach à 05:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 janvier 2021

Ark (série Forward) ---- Veronica Roth

ArkCela fait vingt ans que les scientifiques ont découvert l’astéroïde Finis se dirigeant inexorablement vers la Terre. Dans l’impossibilité de dévier sa trajectoire, le monde entier s’est alors uni pour créer des banques de données concernant la faune et la flore : il s’agit de construire deux immenses arches où stocker un maximum de spécimens terrestres et de les faire partir avant la catastrophe, de façon à ce que les humains désignés pour embarquer sur les arches puissent éventuellement reconstruire une seconde Terre ailleurs dans l’Univers. A deux mois de l’impact, Samantha, une botaniste, continue son travail d’identification, de sélection et de stockage des plantes en compagnie de ses collègues dans la station scientifique implantée au Svalbard, dans le nord de la Norvège d’où doit partir l’arche Flore. Mais la jeune femme repense à sa vie et à sa famille disparue il y a quelques années dans un accident et partage ses souvenirs avec Nils Hagen, un autre scientifique passionné d’orchidées …

C’est le deuxième volume de la série Forward que je lis et il est totalement différent. Si le premier était vraiment de la science-fiction comme le grand public se la représente généralement (avec des vaisseaux, des planètes habitées en dehors de la Terre), celui-ci est beaucoup plus intimiste. Hormis le fait que la Terre est au bord de l'apocalypse à cause d'un astéroïde et que les humains ont trouvé une solution pour sauver « quelques meubles » (si je peux m’exprimer ainsi !), l'histoire se focalise plus sur les sentiments humains que sur la réelle évolution de nos sociétés. Le récit de Samantha entremêlé des souvenirs de Nils et leurs motivations sur le fait de quitter ou non la Terre est particulièrement bien mené : on apprend des choses sur le passé, aussi bien personnel que sociétal, et il se crée une sorte de nostalgie qui permet aux lecteurs de regarder les choses qui les entoure de façon différente. J’ai trouvé cela intéressant et utile (car cela nous rappelle combien les choses qu’on considère comme acquises peuvent disparaître) et aussi vraiment très émouvant !

*Lu en anglais*

Non traduit à ce jour

Posté par sassenach à 05:50 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

08 janvier 2021

Emergency skin (série Forward) ---- N. K. Jemisin

EmergencyskinUn explorateur a été envoyé en mission sur Tellus par les Fondateurs. Cette mission étant capitale, les Fondateurs ont promis, à son retour, un nouveau corps à ce chercheur si précieux qui va être confronté au monde de Tellus, une planète dévastée anciennement appelé Terre. Et pour l’aider dans sa quête, les Fondateurs seront toujours aux côtés de l’explorateur, le guidant par leurs voix et leurs conseils. Mais une fois arrivé sur Tellus, les choses ne se passent pas comme prévu …

Voilà une série de nouvelles (Forward) sur les futurs possibles de notre planète et donc forcément des humains et qui peut se lire dans le désordre vu que les histoires ne sont reliées que par les avenirs inventés par les auteurs. J'ai donc commencé par celle-ci parce que c'est la première qui est arrivée devant mes yeux dans ma liseuse ! Je ne connais l'auteure que de nom et j'étais donc curieuse de la découvrir à travers cette nouvelle, qui peut perturber au départ. Il faut dire que la narration est originale (on a un peu de mal à deviner qui « parle » car on n’a pas toutes les infos ni tous les dialogues) et elle nécessite un peu de temps pour s'y habituer ... bon, le récit est court donc l'adaptation est rapide ! J'ai trouvé l'idée originale et bien vue quoiqu'un tantinet gentillette (je suis trop cynique pour accepter complètement le développement que l'auteure a choisi pour la Terre). En tout cas, cela fait quand même réfléchir et si je n'ai pas été totalement convaincue par certains développements, je suis bien d'accord avec l'auteure sur une très grande partie de son raisonnement et son histoire interpelle sur notre attitude et sur les différentes strates de la société.

*Lu en anglais*

Non traduit à ce jour

Posté par sassenach à 16:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]