La bibliothèque du dolmen

23 septembre 2019

Nymphéas noirs ---- Cassegrain et Duval d'après Michel Bussi

NympheasnoirsA Giverny, petit village de Normandie, célèbre grâce au peintre impressionniste Claude Monet, voit ses rues et ses jardins traversés régulièrement par les touristes. Mais les habitants sont habitués à ces passages et vivent un quotidien peu différent du quotidien des autres villages. Trois femmes vivaient à Giverny, chacune ayant son caractère, l’une méchante, une autre menteuse et la dernière égoïste. La plus vieille, veuve, avait plus de quatre-vingt ans, la seconde, mariée et sans enfants, était dans la trentaine et la dernière, onze ans, avait tous les garçons de son école à ses pieds. Mais un jour, le corps de Jérôme Morval, un habitant de Giverny, est découvert dans la rivière et deux policiers venus de la ville arrivent dans le village pour mener l’enquête sur ce qui est indubitablement un meurtre …

Je n’ai pas lu le roman de Michel Bussi donc je ne peux pas me prononcer sur la fidélité et la qualité de l’adaptation en BD. Par contre, compte tenu de la complexité de l’histoire pour la mettre en scène sans rien révéler, surtout visuellement, je suis toute très plaisamment ébahie par cette réussite ! Tout d’abord, ce qui m’a le plus marquée dès le départ, c’est la qualité du graphisme, sa douceur, les choix superbes des couleurs, les décors ciselés tels des tableaux, des personnages bien campés et aux physiques bien travaillés. On se croirait parfois être au milieu d’un tableau de Monet, perdu au milieu d’un superbe coin de nature paisible … pourtant entâché par un meurtre horrible. L’enquête s’étale sur une dizaine de jours et la narratrice est la vieille dame veuve, qui vit en solitaire avec son chien et semble effrayer les jeunes du coin. On découvre la vie quotidienne de certains habitants, leurs relations, on rentre dans les maisons pour observer les vies familiales ou les vies de couples. Je ne peux en dire plus sans trop en révéler car, hormis le magnifique dessin, l’intérêt de l’album se situe dans l’histoire et dans la façon de l’aborder. Difficile de deviner ce qui s’est passé et qui est le coupable et j’ai trouvé la surprise de taille quand tout est révélé à la fin ! Franchement, je n’avais rien vu venir et rien repéré … un vrai tour de force des auteurs pour ne rien trahir au fil des pages ! Cela ne se lit pas rapidement car l’histoire est assez dense mais aussitôt cette lecture terminée, je n’ai qu’un objectif : relire l’album en sachant maintenant ce qu’il en est pour essayer de détecter des indices pouvant mettre sur la piste du coupable. Et je suis sûre que j’aurai autant de plaisir lors de cette relecture !

Les avis de Miss Alfie, Mesechappéeslivresques, Enna, Aproposdelivres.

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22 septembre 2019

L'origine du monde ---- Liv Strömquist

LoriginedumondeTout le monde sait que les femmes et les hommes sont différents et pourtant basiquement les mêmes. Néanmoins, même si certains moments de l’Histoire ont permis aux femmes d’avoir autant de droits et de respect que les hommes, ce n’est généralement pas le cas. Pour exemple, le sexe féminin a toujours été source de fascination mais aussi de tabou. Entre des médecins, masculins bien sûr, qui pensent que les mutilations génitales peuvent guérir les femmes de maladies imaginaires ou réelles, et les scientifiques de tous bords qui sont prêts à n’importe quelle étude sur les femmes sans se soucier de leur pudeur et sans respect de leur intimité, on peut voir qu’à travers les époques, le sexe féminin effraie les hommes, n’est souvent pas représenté ou mal, bien qu’il soit source de vie et qu’il est resté méconnu, même de la part des femmes elles-mêmes, contraintes de considérer cette partie de leur corps comme impure …

J’avais lu Les sentiments du Prince Charles de cette auteure féministe suédoise et si cette lecture n’avait pas toujours été facile, je l’avais trouvée éducative et intéressante. Du coup, quand j’ai vu un autre de ses albums, je n’ai pas hésité et celui-ci m’a paru plus facile à aborder (à moins que, connaissant déjà son style, j’étais moins surprise et plus à même de me plonger dans cette lecture). Après avoir traité des relations hommes-femmes, des différences entre les deux sexes, réelles ou imposées, et du manque d’égalité, elle parle ici du sexe féminin qui reste pour beaucoup une source de gêne et de méconnaissance. En montrant des exemples d’études, actuelles ou passées, à s’appuyant sur les représentations artistiques du sexe féminin à travers les âges (en commençant à la Préhistoire), l’auteure nous brosse un tableau résolument féministe mais sans polémique ni exagération. Elle démontre comment les hommes se servent des organes génitaux pour contrôler la vie des femmes (comme par exemple, en les isolant pendant leurs règles dans certaines cultures) mais comment cette zone leur paraît encore mystérieuse et effrayante mais aussi puissante. Le graphisme en noir et blanc avec l’intervention de la couleur rouge au moment où l’auteure aborde les mentruations est simple et parfois même un peu enfantin et stylisé et inclut des photos d’œuvres d’art (en noir et blanc). Le seul moment où il y a une explosion de couleurs sur quelques pages, c’est quand le jardin d’Eden est décrit (avec tout ce qui s’ensuit : la pomme, Dieu qui chasse Adam et Eve, la découverte de la nudité et l’apparition des règles en liaison avec l’enfantement). C’est un album avec beaucoup de texte et il n’est donc pas rapide à lire mais je l’ai à nouveau trouvé éducatif et intéressant sans être trop militant, ce que trouve plutôt bien car cela fera moins peur aux hommes. En fait, je pense même que, si on ne connaît pas l’auteure, ce titre est sûrement le meilleur pour la découvrir car il est très abordable.

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21 septembre 2019

Paris 2119 ---- Zep et Bertail

Paris2119Paris, 2119. Tristan Keys, un écrivain obligé d’accepter des travaux lui permettant de vivre, prend le métro un soir, même si ce transport en commun n’attire plus que des paumés ou quelques touristes nostalgiques depuis que Transcore est devenu la norme. D’ailleurs, une femme d’âge mûr, semblant sous l’emprise d’une drogue, s’assoie à côté de lui. Heureusement, Tristan est vite arrivé et c’est sous la pluie, constante depuis la Désinfection, qu’il rejoint sa fiancée Kloé. Mais celle-ci doit être à Pékin dans deux heures, ce qui n’est plus un problème depuis la création de Transcore, un moyen de se déplacer révolutionnaire, qui est loin d’être au goût de Tristan. Celui-ci rejoint alors la Lineschool, qui lui a proposé d’écrire des dictées pour les élèves, et rencontre la directrice du programme. A sa grande surprise, il s’agit de la femme droguée du métro mais celle-ci a l’air normal et elle affirme qu’elle ne prend jamais ce moyen de transport …

Je n’avais aucune idée du thème de cet album hormis le fait que cela avait sûrement un côté science-fiction du fait que l’histoire se déroule dans un futur pas si éloigné que ça. Pourtant, en découvrant le style de vie de 2119, moyens de transport se rapprochant de la téléportation, création d’univers parallèles pour y passer des moments de détente, fabrication instantanée des repas, tout cela semble bien improbable pour cette date ! Mais bon, avoir tout le monde connecté, fiché, pucé, ça, par contre, c’est tout à fait possible et c’est aussi le cas ici. Tous les déplacements sont notés et Tristan se sent mal à l’aise car il a la nostalgie du passé et des libertés qui y étaient associées. Bien sûr, un tel monde futuriste est loin d’être parfait et est même effrayant et la vie de Tristan va basculer dans le cauchemar quand il va commencer à se poser des questions à propos du système mis en place. Le graphisme est sobre, réaliste, clair, jouant sur des teintes neutres, souvent du gris et du beige, avec quelques touches de couleur plus soutenues selon les scènes, ce qui convient à merveille à planter l’ambiance. Tout semble froid et peu humain. J’ai trouvé que le récit était intéressant mais un peu trop survolé. Il n’y a rien de bien nouveau non plus mais l’ensemble est agréable à lire et on a envie de savoir comment tout cela va tourner, en craignant le pire bien entendu, vu ce genre de monde ! La fin m’a bien convenu, elle est logique, même si elle arrive un peu trop rapidement … j’aurais bien aimé voir les auteurs creuser un peu plus les personnages et développer un peu plus l’histoire car il y avait matière à faire. Mais peut-être que c’est aussi bien ainsi … ça ne laisse pas le temps de se lasser !

Les avis de Brize, Antigone, Stephie, Nathalie.

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20 septembre 2019

La dernière fille ---- Riley Sager

LadernierefilleQuincy semble avoir tout pour être heureuse : elle vit à New York, tient un blog à succès sur la patisserie et est fiancée à Jeff, un jeune avocat promis à un brillant avenir. Mais Quincy a un lourd passé qui la hante : plusieurs années auparavant, alors qu’elle était encore étudiante à l’université, elle était partie en week-end avec une bande d’amis à Pine Cottage, un chalet perdu dans la forêt et un massacre avait eu lieu sur place, laissant Quincy comme seule survivante. Elle rejoignait alors Lisa et Samantha, la minuscule bande des dernières filles, les rescapées de tueries de masse ayant eu lieu dans le passé. Mais voilà qu’aujourd’hui, Quincy apprend par Coop, le policier le premier policier rendu à Pine Cottage et donc celui qui avait sauvé Quincy, que Lisa s’est suicidée, elle qui était la plus courageuse des trois. Cela lui paraît impensable et cela paraît aussi impensable à l’autre survivante, Samantha, qui réapparait après n’avoir plus donné signe de vie, et qui s’incruste dans l’appartement et la vie de Quincy …

J’ai trouvé original et attirant le concept de « dernière fille », appelée ainsi en référence à la dernière survivante dans les films d’horreur, dont je suis moi-même très friande. Forcément, cela ne pouvait que m’interpeller ! Et puis, cela me donnait l’occasion de découvrir un auteur que je ne connaissais pas. L’histoire alterne entre le présent et des flash-backs qui abordent petit à petit ce qui s’est déroulé pendant le terrible week-end à Pine Cottage. Bien sûr, comme il s’agit aussi de reconstruction de soi après un traumatisme, de l’image qu’on donne au public et le fait de devenir une personne connue alors qu’on n’a rien fait pour, d’avoir toujours l’image de victime renvoyée vers soi, il y a un certain nombre de passages concernant la psychologie des personnages et en particulier de Quincy. Cela est intéressant mais j’ai trouvé parfois que cela tournait un peu en rond de ce côté-là. Et puis, le suicide Lisa et l’arrivée de Samantha vont chambouler la vie de Quincy et la mettre devant ses pires peurs. Est-ce vraiment un suicide ? Qui est réellement Samantha ? Que veut-elle ? La tension monte et quelques scènes s’apparentant à de l’action animent un peu le récit. J’avoue que j’ai eu un peu de mal au début et que je me suis trainée longuement dans la première partie et puis, il y a eu un déclic et j’ai finalement été prise dans l’histoire, accélérant ma lecture pour en savoir toujours un peu plus, surtout qu’il y a un triple mystère : les deux situés dans le présent concernant Lisa et Samantha et un situé dans le passé concernant les évènements de Pine Cottage. J’ai imaginé plein de choses mais à un moment, j’ai commencé à me douter de l’identité du/des coupables mais je n’avais pas pour autant deviner tous les tenants et aboutissants des affaires. Comme mon plaisir de lecture s’est amélioré au fil des pages, j’ai fini par un peu oublié mon impression mitigée du début et je garde un bon souvenir global de ce thriller plutôt original.

L'avis de Clarabel.

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11 août 2019

Triste week-end

Cette nuit, nous avons dû amener notre gentil Jack chez le vétérinaire. Son cancer, découvert en novembre dernier, a provoqué une accumulation de liquide dans son abdomen, l'empêchant de respirer et il a fallu prendre la difficile décision de l'empêcher de souffrir plus longtemps (il ne souffrait pas encore trop mais le véto nous a laissé peu d'espoir, un ou deux journées maximum). Il s'est donc endormi paisiblement et repose maintenant dans notre jardin où il a passé tant de belles journées. On s'y péparait mais cela n'atténue en rien le chagrin et le manque :(

Jack1Jack 2010-2019

 

 

 

 

 

 

 

JackEpaule

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16 juillet 2019

Terreur grande ---- Jean-Pierre Milovanoff

TerreurgrandeQuand le père de l’auteur décède en 1967, il laisse derrière lui de nombreux papiers témoignant de leur vie de famille en Ukraine. Parmi ceux-ci, certains parlent de voisins, les Vassiliev, dont la famille Milovanoff n’avait plus eu de nouvelles à partir des années 1930. Le père de l’auteur avait fui l’Ukraine alors qu’il n’était alors qu’un adolescent alors que la famille Milovanoff subissait de plein fouet la tourmente des années 1920 tandis que les Vassiliev, proches des personnes de haut rang et amis des grands-parents Milovanoff, continuaient une vie normale. Mais en 1937, la terreur grande s’installe dans tout le pays. Personne ne sait plus à qui faire confiance, les alliances varient plus vite que la météo et Staline, de loin, demande à tous ses sbires de se débarrasser au plus vite de tous les ennemis de l’Etat. Les exécutions vont donc bon train, obligeant les fossoyeurs à travailler de nuit pour plus de discrétion …

C’est un petit livre de part son format mais c’est une claque magistrale et un grand témoignage de part son contenu. L’auteur, à partir d’archives, a reconstitué les évènements terribles ayant eu lieu en Ukraine en 1937, où des milliers de gens, la grande majorité étant totalement innocents de ce dont le gouvernement stalinien les accusait, ont été torturés et exécutés sans aucun procès (ou alors avec des simulacres de procès où l’issue était déjà connue d’avance). Il se focalise sur le destin de la famille Vassiliev, les voisins et amis de ses grands-parents et pourtant bien placés dans la hiérarchie. Autour d’eux, gravitent des gens du peuple, comme les fossoyeurs ou la vieille dame qui vend des fleurs au cimetière, des soldats simples exécutants et des hauts gradés sans pitié et ne pensant qu’à leur carrière. L’ensemble est proprement effrayant, glaçant et sans concession : cela nous montre comme un peuple peut être détruit par la folie d’un seul homme, Staline qui voyait des traitres partout, et comment il est facile de manipuler les gens et d’instaurer la terreur au quotidien. Beaucoup de scènes sont horribles (je dis toujours que je ne suis pas facilement impressionnée et que j’adore films et romans d’horreur et c’est vrai mais ce ne sont que des œuvres de fiction alors qu’ici, c’est la réalité qui est décrite et elle est malheureusement bien plus effrayante que la fiction !). Qui plus est, il y a aussi un certain suspense dans la narration car on ne sait pas ce que vont devenir les personnages et qu’on tremble pour eux. Je suis ressortie de cette lecture bouleversée par tant d’injustice mais en ayant aussi appris beaucoup sur cette période.

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15 juillet 2019

Alpha ... directions et Beta ... civilisations ---- Jens Harder

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L'univers s'est formé il y a des milliards d'année à l'issue du Big Bang. Peu à peu, des galaxies se sont formées, des soleils sont apparus et notre Voie Lactée s'est finalement créée, avec ses planètes et plus particulièrement la Terre. Mais avant qu'elle devienne ce qu'elle est actuellement, elle a connu nombres de changements et d'évolutions

Je suis passionnée de sciences en tous genres alors quand j'ai repéré ce titre sur quelques blogs, j'ai de suite été intéressée, à tel point que j'ai du aller à la bibliothèque de l'Ecole Supérieure d'Art de la ville voisine pour pouvoir l'emprunter. J'avais peur de ne pas accrocher, de me perdre dans les explications, voire de m'ennuyer par moments d'où l'emprunt (vu le prix de vente, il vaut être sûr de soi quant à son niveau d'appréciation de cette oeuvre mais maintenant, je dois dire qu'il est amplement justifié !). L'auteur commence à nous narrer l'évolution de l'univers en commençant au tout début connu : le Big Bang, ce qui donne parfois une lecture un peu ardue, avec la création des atomes et des éléments de base et petit à petit, on voit la Terre se créer, la vie commencer à apparaître de façon invisible (à l'ère cryptozoïque), puis de façon visible et de plus en plus évoluée, malgré les nombreux cataclysmes qui ont stoppé, brièvement, cette évolution. Je n'ai pas forcément raffolé du graphisme au départ car je l'ai trouvé un peu lourd mais vu le sujet traité, il est quand même très réussi et je suis pleine d'admiration devant le travail titanesque effectué. Les différentes périodes sont illustrées par une évolution dans la couleur des bandeaux de haut de page, ce que j'ai trouvé bien pratique. De même, l'auteur insère régulièrement des vignettes semblant « hors sujet » au fil de sa narration : on retrouve des images de Jurassic Park au moment des dinosaures, ou bien des images religieuses pour illustrer comment les hommes se représentaient la Terre et son histoire à certaines périodes de l'humanité ou bien des images d'usines ou de plate-formes pétrolières quand il parle de la création des couches de carburants fossiles. C'est vraiment hyper bien fait et passionnant, éducatif à bien des niveaux. Bon, je reconnais que j'en parle très mal vu que le sujet est dense et riche donc je ne vais pas en faire en plus et ne peux que conseiller cette lecture à toute personne intéressée par le sujet. A noter qu'il y aura deux autres tomes à venir : un sur l'évolution proprement dite de l'Homme (de son apparition à nos jours) et un sur les futurs possibles de la Terre et je compte bien les lire quand ils paraitront !

L'avis de Mo' et un billet collectif sur K.BD.

RoaarrChallengeChallenge Roaarrr : Fauve, Prix de l'Audace 2010.

 

 

 

 

 

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Edit du billet du 26 mai 2011

 

BetacivilisationsHEARTS2

 

 

 

 La Terre poursuit son évolution et lors du passage du Crétacé au Tertiaire, il y a 65 millions d’années, un gigantesque bloc de pierre a frappé notre planète, anéantissant presque toute vie et faisant disparaître rapidement les dinosaures. Mais quelques mammifères ont survécu au cataclysme et vont enfin pouvoir de développer, différents biotopes se créer et la vie va redevenir florissante. Des rats insectivores vont prospérer, ainsi que les animaux nocturnes qui voient leurs prédateurs disparaître. Peu à peu, à coups d’évolution, le groupe des prosimiens va apparaître, développant d’autres branches comme celles des singes et plus tard des primates jusqu’à voir l’ancêtre de l’homme prendre place sur Terre …

 J’avais adoré le premier tome de cette trilogie sur l’Histoire de la Terre et de l’Homme (en prenant du recul sur ma lecture du premier tome, je le trouve de mieux en mieux !), à tel point que je l’avais finalement acheté et j’avais aussi acheté le tome 2 dès sa parution mais je voulais le lire au bon moment, quand je serai tranquille car c’est une lecture qui demande de l’attention. Et puis, sachant qu’il faut un minimum de cinq ans à l’auteur pour publier une suite à cette gigantesque épopée, je savais qu’il n’y avait pas d’urgence à la lecture du tome 2 (qui date quand même de 2014). C’est donc avec plaisir et délectation que je me suis plongée dans ce pavé au graphisme hyper détaillé, mélangeant dessins de l’auteur, reprises de photos existantes et reprises sous forme de dessin, références bibliques, artisitiques, populaires et j’en passe, comme pour le premier opus. Le graphisme est en noir et blanc associé à une teinte monochrome variant selon les époques et les scènes. Les couleurs choisies sont aussi un peu brillantes et cela donne un aspect particulier à l’ensemble que j’apprécie bien. Certes, c’est touffu car mais maintenant que je connais le style de l’auteur, je m’y suis habituée et je l’aime beaucoup (c’est un goût qui s’acquiert avec le temps !). On part donc la disparition des dinosaures qui laisse le champ libre aux mammifères et on suit leur évolution jusqu’à l’apparition des premiers Hommes. De même, on va suivre leur évolution jusqu’à l’Antiquité et l’album s’arrête avec la naissance de Jésus car pour beaucoup d’humains, cette naissance va aussi être le début de l’ère moderne occidentale (et l’an 1 de notre calendrier). L’ensemble est érudit sans être pompeux, j’y ai appris beaucoup de choses (trop peut-être car je suis sûre de ne pas tout retenir … mais au moins, si j’ai besoin de m’en rappeler, je sais où chercher !). J’adore la façon dont l’auteur aborde la narration : chronologique dans l’ensemble mais on retrouve des références populaires actuelles dans les chapitres du passé de la terre (comme une affiche de King Kong quand il parle de l’évolution des singes ou des tableaux du Moyen-Age représentant le Paradis quand les premiers hommes apparaissent). Tout est bien référencé en fin d’album et les parallèles qu’il fait entre passé et présent sont logiques et permettent de mieux comprendre certaines choses (par exemple, on peut comprendre comment la Bible et la religion ont intégré certains phénomènes d’évolution en les transformant en actes de Dieu). Bien sûr, pour mieux apprécier tout le travail fait par l’auteur, il vaut mieux avoir une solide culture générale ! Ça fonctionne aussi si on ne l’a pas mais il me semble que cela enlève un peu de saveur à la lecture. J’ai été tout aussi passionnée par ce tome 2 et j’attends avec impatience le tome 3 … je n’ai rien trouvé au sujet d’une possible parution mais j’espère que cela ne saurait tarder (peut-être dans les 2 ou 3 ans qui arrivent !!!! de toute façon, quand on a parcouru autant de milliers d’années au travers des pages de ces tomes, 2 à 3 ans, ça paraît plutôt relativement court !)

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14 juillet 2019

Moins qu'hier (plus que demain) ---- Fabcaro

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Les relations de couples ne sont jamais simples : lors de la première rencontre, on essaie d’impressionner l’autre en lui faisant croire qu’on aime des choses qui nous ennuient en fait profondément, on essaie de conserver (ou pas) un peu de romantisme dans le quotidien qui fait la part belle au matériel et au pratique en lieu et place de l’amour, on se cache des choses, on partage nos ressentis avec nos amis, on croit qu’on connaît bien l’autre mais on découvre que ce n’est pas forcément le cas …

Cela faisait un petit moment que cet album m’attendait dans ma PAL mais comme il ne reste plus beaucoup de titres de cet auteur à lire, je les déguste lentement et à intervalles un peu distants (en fait, j’attends d’acheter sa dernière parution pour m’attaquer à celle que j’avais acheté précédemment … du coup, il m’en reste normalement toujours une en attente de lecture). Et comme aujourd’hui, la canicule annoncée sur la France ne s’installe pas en Bretagne (on se croirait en octobre : 20-22° et un ciel gris et de la pluie par moments), j’ai eu besoin d’une lecture légère et amusante (je vous précise que si mon billet ne paraît que maintenant, j’ai néanmoins lu cet album le 24 juin) ! J’ai retrouvé le trait typique de l’auteur, avec des visages minimalistes et des décors quasi-absents vu que le récit se concentre sur les personnages (le décor n’est là que pour illustrer un contexte). Les couleurs sont limitées : du noir et blanc complété par un ton autre et différent à chaque page : du vert olive, du kaki, du rose, du gris, du jaune, de l’orange, entre autres. Chaque page se concentre sur un couple et une heure de la journée, celle-ci commençant à 6h58 et se terminant à 23h01. Parfois, on retrouve certains couples au fil des pages alors que certains ne font qu’une seule apparition. L’humour est décalé, absurde, prenant les choses au premier degré, souvent cru et potache mais cela me fait toujours beaucoup rire car je ne me choque pas facilement et que c’est un humour auquel j’ai été habituée jeune et qui me convient bien. Mais je reconnais que cela peut ne pas plaire à tout le monde car ce n’est pas toujours très subtil mais ne pas avoir à réfléchir fait du bien aussi. Pour moi, c’est une lecture détente par excellence et elle me permet de faire travailler mes zygomatiques (et mes abdos aussi car j’ai parfois tellement ri que j’en ai eu mal au ventre !)

Les avis de Noukette, Theaustistreading, Hérisson, Sandrine, AlexandraK, Laure.

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13 juillet 2019

L'homme qui n'aimait pas les armes à feu (tomes 1 à 4) ---- Lupano et Salomone

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Tome 1 : Chili con carnage
Tome 2 : Sur la piste de Madison
Tome 3 : Le mystère de la femme araignée

Désert de l'Arizona, 1899. L'avocat d'origine anglaise Byron Peck, qui hante habituellement les tribunaux de Los Angeles, semble être sur la piste de quelque chose ou quelqu'un, voire même des deux. Il est accompagné de Knut Hoggaard, un danois de forte carrure qui a des difficultés d'élocution mais les deux hommes, pourtant très différents, semblent avoir le même but. Pendant ce temps, le train qui traverse le désert est attaqué par des hors-la-loi mexicains et ceux-ci ne restent pas insensibles au charme d'une des voyageuses, Margot de Garine. Celle-ci réussit à convaincre Manolo Cruz, le chef de bande, de faire équipe avec elle et de l'emmener dans son repaire car la belle est aussi à la recherche de quelque chose …

J'avais été impressionnée par la file d'attente pour les dédicaces concernant cette série lors du festival BD de Nîmes cette année alors je l'avais notée dans un petit coin de mon cerveau. J'hésitais juste à me lancer dans cette lecture car le quatrième et dernier tome n'est pas encore paru et en général, je préfère lire les séries quand elles sont terminées. Mais quand j'ai vu les trois tomes à la médiathèque, j'ai craqué (et je me suis dit aussi que cela risquait de ne plus arriver dans un futur proche). Je trouve le titre très intriguant et les couvertures superbes et amusantes avec ce ton décalé, comme l'est Byron Peck. Le personnage est très anglais, avec son côté un peu précieux et flegmatique et son compagnon danois est tout l'inverse, un peu grosse brute et frustre avec ses borborygmes. Quant à Margot, normal qu'elle charme tous les hommes vu son allure mais je suis d'accord avec les exclamations de Knut à son sujet (si vous voulez en savoir plus, il faut lire la série!). J'étais contente de me plonger dans une ambiance western, que j'apprécie à nouveau depuis quelques années, et avec ces trois tomes, je me suis bien régalée. L'histoire est originale car elle aborde un sujet finalement bien défini par le titre de la série et l'ensemble ne manque ni d'humour ni d'action, sans compter des personnages très réussis et un graphisme superbe. Les paysages sont de toute beauté, riches en détails, et les personnages sont bien différenciés et la petite touche de caricature est bienvenue. Les couleurs aussi sont bien choisies et cela donne des albums très agréables à regarder. Je ne lis pas souvent des albums de format traditionnel (de 48 pages) mais là, je trouve qu'ils sont vraiment bien menés et apportent un excellent moment de détente, sans oublier que le thème qu'ils abordent laisse quand même à réfléchir. Il me tarde de voir le dernier tome paraître !

Les avis de Midola et Violette.

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Edit du billet du 14 janvier 2015

 

Relecture des tomes 1 à 3 :

Comme j’ai enfin réussi à mettre la main sur le quatrième et dernier tome de cette excellent série, j’ai eu enfin (et besoin) de relire les trois premiers opus pour me remettre dans l’ambiance et rafraichir ma mémoire assez brumeuse sur les détails de l’histoire. Effectivement, si je me rappelais très bien des personnages hauts en couleur, j’avais oublié pas mal de choses concernant leurs aventures, leurs motivations et leurs buts. En plus, comme l’ensemble est très réussi, j’ai pris énormément de plaisir à cette relecture et je ne me suis pas ennuyée une seconde !

 

Lhommequinaimaitpaslesarmes4Tome 4 : La loi du plus fort

 

Après de nombreuses péripéties et rebondissements, Margot est en route pour Washington, avec à ses trousses son mari Byron et son ex-amant Knut, qui sont bien décidés à mettre la main sur les fameuses lettres pouvant soit rapporter gros soit changer à tout jamais la société américaine. Mais dans cette course folle, des Navajos se sont aussi invités, se battant pour leurs droits à la terre avec des réserves diminuant comme peau de chagrin. En ligne de mire : la capitale américaine, ses politiciens, ses hommes d’affaire et peut-être de nouvelles alliances en vue pour notre groupe impropable qui ne cesse de s’opposer les uns aux autres …

 

Je n’aime pas trop faire des billets sur différents tomes d’une même série car je trouve qu’on en révèle alors trop ! J’ai donc fait ici un résumé du dernier opus assez court en essayant d’en révéler le moins possible. Après ma relecture des trois premiers tomes qui fut tout aussi plaisante que ma découverte de ceux-ci, j’ai donc enchainé avec ce quatrième et ultime volume. Le graphisme est toujours aussi agréable et sympathique. Comme cette fois, le récit se déroule plutôt en ville, exit les paysages grandioses mais les décors restent superbement bien détaillés et agréables à regarder tout en nous plongeant dans une époque révolue. Les personnages sont toujours aussi réussis, expressifs et amusants dans leurs mimiques et leurs attitudes légèrement caricaturées. Quant aux couleurs, elles sont lumineuses et très adaptées : elles plantent une ambiance aussi bien rétro que réaliste. L’ensemble est donc une réussite visuelle et totalement à mon goût ! Le récit conserve son ton décalé et émaillé d’humour, même si certaines situations se révèlent plus dramatiques mais avec néanmoins une touche d’ironie amère et bien ancrée dans la réalité. Et bien sûr, il y a toujours de l’action et des retournements de situation (peut-être quand même moins spectaculaires que dans les tomes précédents : on est en ville et en plus, l’histoire court à sa fin). Le sujet est effectivement toujours d’actualité (le titre nous en donne un aperçu) et risque de le rester encore longtemps et du coup, c’est une lecture qui sera toujours aussi intéressante à lire au fil des années. Avec ce genre de série, cela me donne envie de tenter plus souvent des lectures d’albums que je considère comme des formats « classiques » (48 pages) car on peut s’apercevoir avec cet Homme qui n’aimait pas les armes à feu que le genre se renouvelle de façon brillante et réussie !

 

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04 juillet 2019

Merdre : Jarry, le père d'Ubu ---- Daniel Casanave et Rodolphe

Merdre

Le 8 septembre 1873, Alfred Henry Jarry nait à Laval d’une mère bourgeoise, fille de notable, et d’un père négociant. Il a une sœur ainée, Charlotte, et semble être un enfant obéissant et bon élève mais ses parents se séparent après la faillite de son père et Alfred, Charlotte et leur mère s’installent à Saint-Brieuc dans la famille maternelle où Alfred découvre l’immense bibliothèque de son grand-père et s’attaque à en dévorer les livres. Toujours excellent élève, il rejoint le lycée à Rennes où il se moque vite de ses professeurs et monte des pièces de théâtre jouées par des marionnettes. Son professeur de physique lui inspirera le personnage d’Ubu, qu’il peaufinera tout au long des années. En 1891, Alfred et sa famille rejoignent Paris où le jeune homme est inscrit au lycée Henri IV pour devenir enseignant mais lui n’a qu’une idée : écrire et commence à fréquenter le salon tenu par Rachilde, femme de lettres scandaleuse et épouse de l’homme à la tête de la maison d’édition du Mercure de France …

J’aime beaucoup des albums de Daniel Casanave qui racontent la vie de personnages plus ou moins célèbres, comme Chamisso, ou des auteurs bien connus, comme Shelley ou Verlaine ou Flaubert. Je suis déjà fan de son style graphique, avec ses dessins en noir et blanc aux traits pointus, aux personnages expressifs et aux décors parfois un peu biscornus mais qui représentent merveilleusement bien une époque précise. Donc, quand je me plonge dans un de ses albums, que je connaisse plus ou moins le personnage étudié, je sais que je vais apprendre plein de choses et passer un bon moment. Ici, il a travaillé avec Rodolphe sur le scénario (parfois, il travaille seul mais honnêtement, à chaque fois, cela me paraît réussi et bien documenté). C’est vrai que je ne connaissais strictement rien à Alfred Jarry, à part le fait qu’il avait écrit la pièce de théâtre Ubu roi et qu’il avait une façon absurde et bizarre de présenter les choses (en créant de nouveaux mots par exemple) et je n’avais jamais rien lu de lui. Du coup, j’ignorais tout de sa vie et des relations qu’il a tissées avec Guillaume Apollinaire ou le Douanier Rousseau, entre autres, ou même qu’il avait rencontré Oscar Wilde. Avec la lecture de cet album, j’ai donc amélioré de beaucoup mes connaissances sur le sujet et sur l’époque et j’ai particulièrement aimé cet auteur fantasque mais attachant, bizarre mais brillant et sa vie fut magnifique dans sa vitalité, parfois amusante dans ses situations mais aussi tragique. J’ai aussi découvert des extraits de ses œuvres mais j’avoue que je ne suis pas sûre d’avoir vraiment envie de les lire ! Par contre, j’aurais beaucoup aimé rencontrer cet homme hors normes à qui cet album rend un bien bel hommage !

Posté par sassenach à 04:13 - - Commentaires [1] - Permalien [#]