La bibliothèque du dolmen

25 septembre 2017

Guardians of being (Gardiens de l'être) ---- Eckhart Tolle et Patrick McDonnell

GuardiansofbeingHEARTS2

 

 

 

Pour atteindre la joie et la sérénité de l’esprit, il faut savoir regarder les petites choses et écouter la nature. Notre environnement, si on sait l’observer, peut nous aider à vivre l’instant présent, à se détacher de nos problèmes. Les animaux, comme nos chiens et nos chats, sont bien placés pour nous guider dans le bonheur car ils vivent chaque chose pleinement sans s’inquiéter du lendemain …

Je n’ai pas trop l’habitude de lire ce genre de livre, que je classerai dans le développement spirituel mais là, comme les illustrations étaient d’un des mes auteurs favoris, je n’ai pas pu résister. Et puis, ça parle d’animaux alors ça ne pouvait que me plaire. Comme je n’ai pas su où le mettre, je l’ai catégorisé en BD hors série car ça se rapproche plus de ce média que d’un livre traditionnel. Il y a beaucoup de dessins et peu de texte : en général, une page de texte (et encore, juste une ou deux phrases) et une page de graphisme. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé les personnages attachants de Patrick McDonnell et son trait de crayon inimitable. Quant au texte, malgré le côté un peu spirituel et new age, je me suis reconnue dans beaucoup de situations … en fait, je mets déjà en pratique ce qu’Eckhart Tolle prône ! Il y a beaucoup de scènes adorables qui m’ont fait pousser des oh et des ah attendris et j’ai eu plusieurs fois les yeux humides. C’est un petit livre qui mérite d’être lu et relu, histoire de prendre du recul avec nos vies de fous et de réapprendre à prêter attention aux détails pour se sentir mieux et en accord avec la nature.  

*Lu en anglais*

L'avis de Florinette.

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24 septembre 2017

Welcome to the funny farm : the all-true misadventures of a woman on the edge ---- Karen Scalf Linamen

WelcometothefunnyfarmKaren vit dans une petite ville du Texas, en compagnie de son époux, de ses deux filles dont une adolescente et de leur chien. Comme toutes les familles, il y a les bons et les mauvais moments, les moments embarrassants et ceux amusants, les moments d’entraide entre amis et de partage, les réunions de familles pour Noël ou Thanksgiving, les corvées de ménage et de shopping, les anecdotes qu’on n’oublie pas comme la chemise Disney reçue comme cadeau de son mari pour la Saint Valentin, les rendez-vous avec le docteur ou les voyages en famille …

Mon résumé est plutôt banal car ce recueil réunit une flopée d’anecdotes de la vie quotidienne sur une multitude de sujets variés. Du coup, pas facile de rédiger un résumé qui aborde un maximum de thèmes et sans trop en révéler. Toujours est-il que chaque petite histoire, chaque petite anecdote sont courtes : à peine quelques pages ... moins d’une dizaine par chapitre, ce qui fait qu’il y a 37 chapitres en tout, divisés par saison. Cela permet un rythme de lecture rapide et facile. Et puis, comme l’auteure aborde des sujets de la vie quotidienne, elle s’adresse à tout un chacun et on se reconnaît forcément dans plusieurs scènes. Elle ne manque pas non plus d’humour, ce que j’ai trouvé appréciable ! Par contre, ce que j’ai découvert une fois le livre ouvert, c’est que l’auteure écrit pour un magazine religieux et que toutes ses anecdotes abordent Dieu, Jésus ou la religion à un moment ou à un autre. Et comme je ne suis pas très portée sur le sujet, ça aurait pu me gêner … parce qu’au final, même si j’ai trouvé qu’il y avait un peu un côté prêchi-prêcha, l’auteure présente un Dieu plutôt sympathique et rempli d’amour et ne cherche pas à jouer sur la culpabilité en cas de faute ou sur la dépréciation des non-croyants. Elle parle aussi de qualités humaines et donc, en résumé, les petites choses qui auraient pu être dérangeantes pour moi comme ces rappels constants à la religion se sont révélés peu problématiques et le ton humoristique et le côté universel des histoires racontées m’ont fait passer un bon moment de lecture.

*Lu en anglais* - *Non traduit à ce jour*

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23 septembre 2017

Geisha ou le jeu du shamisen première partie ---- Christian Perrissin et Christian Durrieux

Geisha1Tsuda Setsuko a sept ans quand ses parents décident de quitter leur village pour aller vivre dans la grande ville. Accompagnée de sa jeune sœur, la petite fille est fascinée par tout ce qu’elle voit : la nature, les arbres, les lumières de la ville et ses rues encombrées. Mais son père aime boire et a du mal à conserver un travail très longtemps mais le drame survient quand il est renversé par un tramway et perd une jambe. Sa mère essaie tant bien que mal de faire vivre la famille mais c’est difficile. Alors que Setsuko a dix ans, son père, contre l’avis de sa mère, l’emmène à l’okiya Tsushima, dans le quartier des plaisirs, pour qu’elle soit formée au métier de geisha ou, à défaut, pour devenir servante de celles-ci …

Cet album est le premier d’un dyptique mais comme il vient de paraître en avril, je pense qu’il faudra attendre encore un peu pour voir sortir la suite. Je n’ai généralement pas l’habitude de lire des tomes 1 sans avoir la suite qui m’attend mais là, l’album était sélectionné pour mon club lecture spécial BD. Et puis, je ne lis pas beaucoup d’albums se déroulant au Japon donc je pense conserver à peu près en mémoire l’histoire jusqu’à la parution de la suite. D’emblée, le dessin noir et blanc paraît très sobre, très délicat tout en restant détaillé dans le décor pour coller à la réalité (d’ailleurs, il me semble que certaines vignettes ont pour fond des photos retravaillées mais mon chéri n’est pas sûr de ça). Les personnages sont en quantité limité, ce qui permet de ne pas se mélanger car sinon, je pense que le maquillage des geishas aurait pu être un problème pour l’identification des protagonistes ! Du coup, le graphisme est plutôt discret et sert l’histoire sans fioritude excessive mais bon, je ne sais pas, je n’ai pas toujours été enthousiasmé par ce que je voyais. On suit le parcours de la jeune Setsuko, tout d’abord avec sa famille, puis dans un okiya où vivent et travaillent les geishas. La petite fille est devenue Kitsune et rend de petits services aux habitantes de la maison en attendant de grandir et d’être formée au métier. Quant au shamisen qui apparaît dans le sous-titre de l’album, il s’agit d’un instrument à cordes traditionnel et Kitsune va être douée pour en jouer.  L’époque décrite n’est pas précisée mais on peut supposer que l’histoire se déroule au début du XXème siècle. On voit que les traditions japonaises sont encore très présentes mais que le pays change peu à peu. J’ai trouvé intéressant de découvrir la vie de cette petite fille qui grandit dans un milieu particulier et qui a été coupée de sa famille mais je n’ai pas été très fascinée par l’ensemble car ce n’est pas la première fois que ce thème est abordé en livre ou en film et les découvertes restent limitées. En plus, je n’ai pas ressenti beaucoup d’empathie pour les personnages : il me semble que l’histoire n’est pas suffisamment fouillée pour que je m’attache à l’un d’entre eux, comme s’il y avait une certaine distance dans la narration. Mais ça viendra peut-être avec le prochain tome ! En tout cas, j’ai trouvé que ça se lisait facilement et avec plaisir.

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22 septembre 2017

44 après Ronny ---- Michaël Olbrechts

44apresronnyCe week-end est un moment important pour Georges et Stéphane, deux frères à la relation parfois tendue. Ils doivent se retrouver tout le reste de la famille chez leurs grands-parents. Dès leur arrivée le vendredi après-midi, l’atmosphère est aux piques et aux réflexions entre les deux hommes : Stéphane a fondé une famille et a un travail qui lui rapporte argent et statut alors que Georges vient de se séparer de sa petite amie et végète en travaillant dans une petite bibliothèque de village. Mais tout le monde s’est réuni pour Louis le pépé, qui a subi une attaque il y a plusieurs mois et même le fils de la voisine, Reggie, un garçon un peu lent qui était le compagnon de jeu de Stéphane et Georges, est de la partie, ainsi que Joseph, le frère de Louis, qui ne sont pas revus depuis longtemps …

Le titre est intrigant et trouve son explication dans les pages de l’album mais je ne suis pas sûre qu’il aurait suffit à attirer mon attention en librairie. Mais comme ce titre faisait partie de la sélection des albums à lire pour mon club lecture spécial BD, je l’ai eu finalement en main (de toute façon, en général, j’essaie de lire tous les titres proposés !). La couverture est amusante, avec ce grand-père calme au milieu d’une foule de personnages prêts à se taper dessus. On pense tout de suite à certains films d’histoires de famille où les rancoeurs ressortent et où l’ambiance est à la dispute. Effectivement, il y a un peu de ça dans cet album car il s’agit bien d’une histoire de famille, avec les tensions habituelles, les jalousies, les non-dits et les secrets. Tout le monde se retrouve autour du grand-père, qui est très important dans l’histoire malgré le fait qu’il soit un spectateur impuissant du fait de son attaque. Stéphane et Georges, que j’ai trouvés assez falots, sont les moteurs de la narration, de même que Reggie, que j’ai trouvé attachant, et que Joseph, qui m’est apparu comme sympathique. Les femmes sont présentes mais semblent n’être là que pour recadrer les dérapages des hommes, pour tenter de calmer tout le monde. Il y a quelques scènes savoureuses, surtout grâce au franc parler de Joseph. Le dessin aux couleurs franches peut paraître parfois un peu enfantin (franchement, je croyais au départ que c’était un album jeunesse) mais il opte pour le réalisme au niveau des décors et pour des personnages bien typés aux traits parfois un peu exagérés mais qui font merveille dans l’histoire générale. Voilà donc une histoire de famille douce-amère, avec des personnages très humains, qui se lit facilement et avec plaisir, même si elle ne révolutionnera pas le genre.

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21 septembre 2017

Russian Olive to Red King ---- Kathryn Immonen et Stuart Immonen

RussianolivetoredkingOlive et Red vivent ensemble en compagnie de leur chien Pacha. Mais Olive doit partir pour une semaine effectuer des recherches dans le nord du pays. Elle doit essentiellement passer son temps aux archives locales mais prévoit aussi une ou deux journées d’exploration sur le terrain malgré le fait que ce soit l’hiver et que la neige recouvre tout. C’est en allant rejoindre une zone où des pétropglyphes ont été découvert que le pilote du petit avion affrêté par Olive a un malaise et l’avion se crashe en pleine forêt. Red, sans nouvelles d’Olive, commence à s’inquiéter, convaincu qu’elle l’a quitté et pourtant, la jeune femme n’a été que légèrement blessée dans le crash et a amassé un certain nombre d’objets pour tenter de survivre …

C’est le titre un peu bizarre qui m’a tout d’abord attirée, puis ça m’a bien plu que ce soit des auteurs canadiens et qui plus est, un couple, ce qui n’est pas très courant. Et quand j’ai feuilleté l’album, j’ai tout de suite été séduite par le graphisme, assez anguleux mais sobre, aux couleurs soignées et variées (les représentations de ciel sont magnifiques). L’histoire raconte la difficulté de la séparation, la perte de l’être cher. Par une alternance dans la narration qui va d’un personnage à l’autre, on voit comment les deux protagonistes gèrent le drame qui bouleverse leur vie : la peur mais aussi l’entêtement à survivre pour Olive, inquiétude (qui l’empêche carrément de travailler), espoir et désespoir, puis acceptation et résignation pour Red. Les sentiments et ressentis passent souvent par le dessin, dans les expressions et les attitudes physiques des deux personnages. C’est subtil et bien rendu et les dialogues sont limités au maximum, ce qui ne rend pas moins le récit fort en émotions. Le dernier chapitre est différent et consiste essentiellement en une lettre de Red à Olive et où le blanc de la page domine l’ensemble. Il y est question de la relation de Red et de son père et les souvenirs sont parfois un peu confus et là, j’avoue que j’ai un peu décroché. Je n’ai pas vraiment compris l’utilité de ce chapitre, hormis le fait que le thème soit similaire (perte, deuil). Les auteurs, habituellement spécialisés dans la production de comics, ont su créer ici une œuvre plus intimiste, dans les non-dits et le subjectif, empreinte d’émotion et laissant la part belle à l’imagination des lecteurs mais peut-être un tout petit peu trop subtile pour moi pour l’apprécier totalement à sa juste valeur !

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20 septembre 2017

Le curriculum vitae de Dieu ---- Jean-Louis Fournier

LecurriculumvitaededieuDieu a fini la création de la Terre et des hommes et du coup, maintenant qu’il n’a plus de travail, il s’ennuie ! Après quelques essais pour s’occuper grâce à divers loisirs, Dieu finit par décider qu’il a besoin d’un travail plus sérieux. Il rédige alors son curriculum vitae et une lettre de motivation qu’il envoie à différentes entreprises terrestres. Il est immédiatement convoqué pour une semaine d’entretiens et de tests divers et variés …

Avec ce court roman sur la tentative de reconversion de Dieu et vu l’auteur du livre, on sait tout de suite qu’on va passer un moment de détente sans prise de tête. Le postulat de départ est amusant et même si le livre date de 1995, il ne prend pas une ride. On découvre un Dieu interrogé par le directeur du personnel d’une entreprise, qui lui demande parfois d’éclaircir certains points de son œuvre (en général, les points peu avantageux pour Dieu). Mais on découvre aussi des petites choses sur sa relation avec son fils, la rentabilité de sa création, ou bien les soirées passées à l’hôtel quand les entretiens sont terminés. On voit les résultats de certains tests, les réponses données. Bien sûr, le tout est traité de façon absurde mais amusante car l’auteur dresse le portrait d’un Dieu très humain, avec beaucoup de défauts typiques des Hommes. Après tout, il est bien dit qu’il nous a fait à son image ! Ce n’est peut-être pas une lecture qui pousse à la réflexion, il y a parfois des jeux de mots ou des scènes peu subtiles mais j’ai passé un bon moment et j’ai souvent souri, ce qui fait du bien, surtout que la météo était plutôt à la grisaille lors de cette lecture !

L'avis d'Emeralda.

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18 septembre 2017

Sous la blouse (série Sociorama) ---- Marion Mousse d'après Emmanuelle Zolesio

SouslablouseLe milieu médical a ses propres règle et dans le domaine de la chirurgie, cela est encore plus marqué et les hommes en ont les chefs parfois tyranniques. Quand on est une femme chirurgien, pas facile de s’imposer dans ce milieu macho. Julie commence son internat à l’hôpital Tourenne mais ne sait pas encore vraiment vers quelle spécialité s’orienter alors que Florence Marini convoite le poste très recherché de praticien hospitalier mais elle a peur que son chef choisisse un homme et a donc besoin de constamment prouver sa capacité à être une bonne chirurgienne et une bonne chef d’équipe …

J’ai un faible pour les histoires de médecine, de docteurs et autres et donc j’ai tout de suite craqué pour cet album petit format qui a adapté l’enquête sociologique menée par Emmanuelle Zolesio sur les femmes chirurgiens (d’ailleurs la collection dans laquelle est paru l’album s’appelle Sociorama et décortique différents sujets de sociologie et de société). Je n’ai pas lu l’enquête donc je ne peux juger de la pertinence de l’adaptation en BD mais qu’est-ce que j’ai eu du mal avec cette lecture ! Tout d’abord, je n’ai pas beaucoup accroché au dessin. Le noir et blanc et le côté un peu brouillon ne m’ont pas dérangée mais j’ai eu énormément de mal à différencier les personnages, trop semblables (sans compter que la tenue de chirurgien, charlotte et masque, n’aident en rien à s’y retrouver !). Ensuite, j’ai eu du mal à suivre l’histoire proprement dit : j’ai trouvé que cela partait dans tous les sens, qu’on sautait du coq à l’âne, que rien n’était réellement abouti, juste survolé. On voit bien que le milieu est macho, que les femmes sont constamment obligées de faire leurs preuves mais on voit aussi qu’il y a aussi une tendance à faire chirurgien quand un des parents l’était aussi (on retrouve ça dans toutes les spécialités de médecine d’ailleurs !). On ressent bien aussi la pression que ce métier engendre, de même que les difficultés des horaires de fous mais bon, je ne sais pas, ça ne m’a pas franchement interpellée ! Je suis ressortie de cette lecture plutôt déçue par le manque de fluidité de l’ensemble qui, il me semble, nuit au propos.  

L'avis de Canel.

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17 septembre 2017

Louise, le venin du scorpion ---- Chantal van den Heuvel et Joël Alessandra

LouiseleveninduscorpionEn octobre 1928, Louise Brooks, la flapper la plus connue de son époque, arrive à Berlin pour tourner Loulou sous la houlette du réalisateur Georg Pabst. La jeune femme a quitté Hollywood suite à un différent qui l’opposait aux studios. Il faut dire que Louise a toujours été une forte tête : danseuse classique tyrannisée par une mère peu aimante, girl dans des revues sur différentes scènes américaines dont Broadway, actrice libre et sexy qui entend mener sa vie comme elle le désire …

Cet album retrace la vie de l’actrice américaine Louise Brooks, célèbre dans les années 1920 et dont l’allure est souvent restée dans les mémoires. Le dessin est très classique mais pour ce genre d’histoire, il faut qu’il le soit et qu’il colle le plus possible à la réalité, pour mieux plonger le lecteur dans le récit. J’ai aimé les couleurs douces utilisées en aquarelle, avec beaucoup de tons marron et quelques planches en noir et blanc qui reprennent certaines scènes de film, dont le fameux Loulou. Quant à l’histoire, la chronologie n’est pas linéaire puisqu’on commence en 1928 alors que Louise s’apprête à tourner son film le plus célèbre pour ensuite remonter dans le temps, en alternant les époques, abordant pêle-mêle son enfance, son adolescence et sa vie de femme adulte mais on ne se perd jamais dans la narration. Qui plus est, certains évènements de la vie de Louise expliquent ses actions de femme adulte et ses attitudes. J’ai aimé le portrait tout en finesse qui en a été dressé : celui d’une femme moderne, décidée, libre, forte malgré ses failles et ses doutes, elle force l’admiration car la vie n’a pas été toujours facile pour elle et que l’époque ne poussait pas franchement à l’émancipation des femmes. Un bel hommage à une actrice trop méconnue et une femme courageuse, en avance sur son époque et qui s’est toujours assumée !

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16 septembre 2017

Le docteur Héraclius Gloss et autres contes ---- Guy de Maupassant

LedocteurheracliusglossetautrescontesCe recueil de dix-neuf nouvelles parues dans différents titres précédemment édités, comporte des histoires savoureuses, d’autres tristes ou mélancoliques, d’autres ironiques, d’autres flirtant avec le fantastique. La plus longue est celle qui donne le titre du recueil : dans la petite ville de Balançon, le docteur Héraclius Gloss est reconnu comme un savant passionné de recherches et toujours en quête de la vérité philosophique. Pour cela, il consulte nombre d’ouvrages de philosophie de tous pays et de toutes époques mais un jour, il tombe sur un manuscrit parlant de métempsycose. Pour le docteur, c’est la révélation : nous vivons différentes vies, nous réincarnant sous diverses formes tout au long des époques et ce, fonction de nos actions passées … Mais il y a aussi des histoires de magnétisme, des histoires de couples qui se déchirent, des histoires de fermiers ou de curés, des histoires de militaires et leurs maitresses …

Je n’aime pas rédiger les résumés des recueils de nouvelles car je ne sais jamais par quel bout le prendre : dois-je me focaliser sur une seule, parler de toutes, de certaines ? Ce n’est jamais simple de choisir ! Mais comme avec les autres recueils de Guy de Maupassant, j’ai trouvé que les histoires étaient étonnamment modernes et le style agréable à lire, lorgnant souvent du côté de l’ironie ou du burlesque (avec le Docteur Héraclius Gloss notamment). Je dois néanmoins avouer qu’il y a un ou deux récits que je n’ai pas bien compris … enfin, je n’ai pas bien compris la chute et l’intérêt de l’histoire. Sinon, dans l’ensemble, j’ai passé un excellent moment de lecture, qui m’a replongé dans une époque un peu surannée mais qui ne semble pas vraiment éloignée de notre présent tant les réactions et les attitudes humaines n’ont pas changé et on peut dire que Maupassant est un fin observateur de ses compatriotes. En plus, comme ce sont des nouvelles, chacune est vite lue, on peut en picorer une ou deux entre deux activités diverses et variées !

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15 septembre 2017

Le perroquet ---- Espé

Leperroquet

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Bastien a huit ans et est fils unique. Sa vie pourrait être tout ce qu’il y a de plus normal mais sa maman est malade. Depuis que Bastien est né, elle a passé de nombreux séjours en instituts spécialisés su Sud-Ouest de la France. Elle a été diagnostiqué bipolaire à tendance schizophrénique et les traitements ne semblent pas toujours fonctionner comme il le faudrait. Alors Bastien partage sa vie entre deux maisons : celle de ses parents et celle, voisine, de ses grands-parents maternels. Bastien est souvent témoin de scènes violentes où sa mère ne se contrôle plus et qui finissent le plus souvent par l’arrivée d’infirmiers prêts à la ramener en institut psychiatrique …

La couverture ne m’attirait pas vraiment mais quand j’ai découvert le sujet de l’album, j’ai tout de suite été beaucoup plus intéressée. Et quand je l’ai feuilleté, j’ai immédiatement été happée par le graphisme fort et violent. On y sent toute la détresse de l’auteur dans les scènes de crise de sa maman (car l’album est autobiographique), toute la douleur et la violence qu’elles amènent.  Les couleurs utilisées sont peu nombreuses et chaque anecdote est construite dans un ton particulier mais le rouge revient partout à chaque crise, aussi agressif que peut l’être la maladie. On suit donc le jeune Bastien et on découvre sa vie à travers les yeux d’un enfant, avec toutes les incompréhensions propres à cet âge. Mais l’auteur nous montre aussi son entourage, son père qui souffre de voir sa femme dans cet état, son grand-père qui refuse de reconnaître la maladie de sa fille, sa grand-mère qui essaie de lui construire une vie la plus proche possible de la normalité. On voit aussi comment Bastien essaie d’intégrer la maladie de sa mère à sa passion pour les comics et les super-héros, comme une façon d’arriver à supporter la chose, de lui trouver peut-être pour une seule fois, un bon côté. J’ai trouvé que le récit était pudique mais puissant, effrayant par moments car il est presque impossible de comprendre comment Bastien a pu surmonter cette période de sa vie et on pense qu’on ne peut qu’en sortir meurtri. On souffre aussi pour la maman de Bastien car cette terrible maladie, qu’on connaissait mal à l’époque et qui se soignait très mal, lui a volé sa vie entière, sa vie d’épouse, de mère et de femme. Mais l’espoir est pourtant présent grâce à l’amour et j’ai eu très souvent le cœur serré devant ce petit garçon si courageux !

Les avis de Mo, de Cathulu, de Noukette et de Stephie.

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