La bibliothèque du dolmen

05 septembre 2018

La petite souriante ---- Zidrou et Springer

LapetitesourianteJosep, marié depuis 13 ans avec Dora, qui a une fille adolescente d’un premier mariage, tient une ferme d’autruches perdue au milieu de nulle part. Mais cette nuit, Josep a décidé de se débarrasser de Dora et la roue de coups de maillet avant de jeter son corps dans un puits abandonné. Mais quand il rentre enfin chez lui pour faire disparaître le reste des preuves, Dora est là qui l’attend, prête à confectionner un gâteau pour l’anniversaire de sa fille qui aura lieu le week-end …

Avec une couverture pareille, on sait tout de suite que ce ne sera pas une gentille histoire qu’on va lire là ! Les autruches n’ont déjà pas l’air très sympathiques et cerise sur le gâteau, si je puis dire, il y en a une qui tient un œil dans son bec … charmant ! Effectivement, dès les premières pages, on est plongé dans l’ambiance promise par la couverture : sous regard froid d’un groupe de volatiles, un homme, Josep, est très occupé à taper à coups de maillet sur une femme. Les couleurs sont dans le violet gris et le noir, car c’est la nuit mais le sang rouge ressort bien et semble être la seule vraie couleur. On découvre vite que la victime est son épouse et qu’il n’est pas le seul impliqué dans sa mort. Cela apparaît donc comme une histoire assez classique. Mais à son retour à la maison, sa femme Dora est là, bien vivante !!!! Le récit bascule donc vers le fantastique … à moins que Josep soit devenu fou et qu’on soit dans sa tête … le suspense de ce côté-là va durer tout le temps de l’album voire même plus longtemps car la fin peut éventuellement être interprétée de différentes façons. L’histoire est donc très simple : Dora a été tuée mais est pourtant bien vivante et donc, il va falloir recommencer … mais pour quel résultat ? Cela a parfois l’air d’un dérivé du film « Un jour sans fin », même si ici, il n’est pas question de revivre plusieurs fois le même jour mais on y retrouve un peu le même aspect absurde, la même galère pour Josep qui ne voit aucun espoir se profiler à l’horizon. C’est un genre d’humour noir et cynique que j’apprécie avec un retournement de situation au final qui est ironique. Côté dessins, je les ai trouvés corrects mais sans être complètement séduite : certaines vignettes sont très réussies, d’autres moins car les personnages sont trop caricaturés, avec une amplification de leurs défauts physiques. Les couleurs sont souvent dans les mêmes tons sur plusieurs pages (ce qui représente en fait en général une scène complète) : du gris pour les scènes de nuit, du jaune ou de l’orange pour les scènes de jour donc je n’ai pas trouvé ça très varié ni très agréable mais ça a au moins le mérite de toujours ancrer le lecteur dans le moment décrit. C’est un album qui se lit vite, avec des qualités (le fait que la morte revienne en fait partie) mais qui m’a laissé un goût d’inachevé : il me semble que le récit aurait pu être plus longuement développé, les personnages plus creusés … là, tout est rapide et un peu trop survolé à mon goût, bien que j’ai aimé l’idée de départ et la façon de l’aborder.

Les avis de Mo et Noukette.

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03 septembre 2018

Nous sommes Sportacus ! ---- Victor Marco

NoussommessportacusUne équipe de vendeurs du grand magasin d’articles de sport de la chaine nationale Sportacus a organisé un week-end de cohésion. Celui-ci consiste à effectuer une randonnée dans les montagnes situées à 500 kms de leur lieu de vie. Rodolph, le chef d’équipe, est aux commandes, épaulé par son adjoint Barney. Parmi les autres participants, on compte Annabelle, Bénédicte, Maurice, Lucien et Gustave, qui travaillent dans différents rayons et qui sont plus ou moins enthousiastes à propos de ce week-end. Mais, alors qu’ils sont sur le chemin du retour, le groupe s’aperçoit qu’il est perdu en pleine forêt. Cherchant un point culminant pour observer les alentours, ils sont alors témoins d’une chose atroce : une explosion a lieu à l’horizon et il s’en élève un champignon atomique. Sans moyen de communications, la panique commence à monter et quand le groupe rencontre un ours sauvage, c’est encore pire  …

L’idée de départ du week-end cohésion qui tourne mal me plaisait beaucoup et elle faisait en plus écho avec le roman policier de Jane Harper que j’ai lu récemment. Bon, bien sûr, dans le cas de la BD, le sujet n’est pas traité de la même façon. Par contre, j’avais un peu peur du graphisme, qui évoque plus un album pour enfants qu’une BD adulte. Les couleurs pastel et douces, le trait simple et un peu naïf, l’utilisation d’animaux pour représenter les personnages (Rodolph est un chien, Barney un panda …) me faisaient hésiter jusqu’à présent, m’attirant assee peu dans l’ensemble. Et puis, l’auteur a participé au salon de la BD d’Uzès et du coup , j’ai acheté l’album pour le faire dédicacer (l’auteur est très sympa en plus … on a passé un bon moment !). Comme je savais à quoi m’attendre côté dessins, je m’y suis en fait plutôt vite habituée et en plus, comme les personnages sont des animaux différents, c’est vraiment facile de les reconnaître et de les différentier (en plus, cela permet aussi de jouer plus tard sur certaines similitudes avec d’autres personnages sans y perdre le lecteur). Et puis, j’ai trouvé que le choix des espèces était bien pensé et collait à la personnalité de chacun. Quant au trait simple, il a le mérite d’être apaisant pour les yeux (de même que les couleurs), ce qui est un avantage car il contraste bien avec la « noirceur » de l’histoire. Tout commence donc bien pour notre groupe : le week-end de cohésion randonnée touche à sa fin et paf, voilà que ça se gâte gros temps. Ils sont perdus, donc première montée de stress, et ensuite, ils sont témoins d’une explosion atomique, qui provoque encore plus de stress vu qu’ils ne savent pas ce qui s’est passé. Il faut donc qu’ils s’organisent pour survie et rentrer chez eux. Là, c’est donc le début de la descente aux enfers : l’instinct animal reprend le dessus, les réactions sont basiques et poussent à chercher à éliminer tout danger potentiel. Autant dire qu’il va se passer beaucoup de choses, certaines surprennantes, d’autres moins, mais toujours bien vues vu qu’elles montrent les réactions humaines sous la peur et la pression. Il y a peut-être parfois un petit air de The Walking Dead mais cela reste bien français et sans zombie. L’histoire oscille entre présent, passé et rêves et cela peut être un peu perturbant au début mais on s’y habitue vite et c’est bien repéré (vignettes aux bords ondulés au lieu des bords droits). La fin peut paraître un peu brusque mais je trouve qu’elle correspond bien à l’ensemble, assez ouverte en laissant une possibilité de suite mais pas frustrante non plus. Un album qui pourrait passer inaperçu mais dont j’ai bien apprécié la lecture !

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01 septembre 2018

Hex ---- Thomas Olde Heuvelt

HexLa petite ville de Black Spring, dans la vallée de l’Hudson, ressemble à toutes les petites villes américaines de la côte Est : tranquille, avec un nombre d’habitants suffisamment restreint pour que la plupart se connaissent plus ou moins, des commerces et la nature tout autour, avec, non loin de là, l’académie militaire de West Point. Mais Black Spring cache aussi un secret : une sorcière vieille de 350 ans hante la ville, apparaissant ici ou là, se tenant immobile pour quelques minutes ou quelques heures. Sa silhouette filiforme, ses lèvres et ses yeux cousus pour qu’elle ne puisse pas lancer de sorts, peuvent paraître effrayant à quiconque mais pour les habitants de la ville, elle fait partie intégrante de leur vie. La malédiction qui pèsent sur eux, les empêchant de quitter Black Spring pour plus d’une journée, est ancrée dans leur quotidien et tout est organisé pour surveiller la sorcière et faciliter la conservation du secret. Mais un jour, un petit groupe d’adolescents décide que cela doit changer et veulent étudier la sorcière de plus près de façon à la révéler au reste du monde mais ils ignorent combien cela peut être dangereux de réveiller une force dormante …

Sur le coup, j’avais passé mon chemin à propose de ce titre car je l’avais confondu avec la sérié télé du même nom mais qui n’a rien à voir avec le roman ! C’est quand j’ai vu la couverture que j’ai pensé que je faisais fausse route … et puis, j’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteur au salon du livre de Montpellier et donc ainsi d’acheter son livre et de le faire dédicacer. Cela a aussi bien tombé car j’avais besoin de m’échapper de mon quotidien et une bonne histoire d’horreur était pour moi l’idéal. J’ai été un peu déroutée par le début car on est de suite plongé dans la vie des habitants de Black Spring et on fait rapidement la connaissance de plusieurs personnages. J’avoue que j’ai eu un peu de mal à tous les retenir mais comme on les retrouve régulièrement au fil des pages, je m’y suis habituée. Certains, qu’on suit plus en détail, comme le jeune Tyler et sa famille, sont attachants, d’autres sont très agaçants voire détestables. Quant à la sorcière, elle est effrayante mais quand on connaît son histoire, elle apparaît aussi comme une victime et il est facile d’avoir pitié d’elle. Du coup, on se demande jusqu’où son pouvoir peut aller et comment on réagira si elle se déchaine ! J’ai trouvé original et amusant de voir comme la ville s’est organisée pour cacher cette sorcière aux yeux du reste du monde, de voir comment elle est suivie et surveillée. Le début est plutôt lent, c’est la mise en place mais le rythme va s’accélérer arrivé vers la moitié du livre et les évènements vont s’enchainer crescendo. Comme je ne suis pas quelqu’un qui a facilement peur, je ne peux pas juger du degré d’angoisse que cette lecture peut amener mais j’ai trouvé que l’ambiance générale était réussie : on sent comme un nuage noir planer au dessus de la ville, étouffant et plombant. La fin m’a beaucoup plu car elle s’insère bien dans la continuité de l’histoire. A noter que la version originale du livre se déroulait dans une petite communauté aux Pays-Bas, avec un final totalement différent et, pour des besoins d’adaptation lors de la vente des droits aux USA, l’auteur a « réécrit » son histoire en la déplaçant dans une ville américaine et il en a profité pour changer la fin (j’ignore comment la première mouture se terminait mais je valide complètement celle-ci et l’adaptation vers un monde américain ne m’a pas gênée non plus). Ah, et puis, il y a aussi plusieurs clins d’œil à d’autres œuvres ou des évènements historiques mais je ne cite rien … ça pourrait gâcher le plaisir de les retrouver ! Mais ce que je n’ai pas encore dit, c’est, qu’en plus du récit horrifique, l’histoire permet de réfléchir sur le comportement des êtres humains, sur leur attitude envers ceux qui sont différents, sur la tolérance, sur l’entraide, la vie en communauté. Cela prouve encore une fois que des genres qu’on pourrait trouver « limités » sont loin de l’être ! Donc, même si cela ne m’a pas empêché de dormir, j’ai trouvé que c’était un roman mêlant fantastique et horreur de façon réussie et originale.

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30 août 2018

Président Trump : Dieu sauve l'Amérique ---- Pablo Ríos

PresidenttrumpDonald Trump vient d’être élu président. Mais c’est un poste qui demande des connaissances et lui, assis à son bureau de la Maison Blanche, se demande ce qu’il doit faire. Entre les problèmes de diplomatie vite réglés par quelques phrases assassines et quelques questions sur le plein emploi, sur son prochaine repas (mexicain !) et sur qui est Angela, les journées semblent passer vite …

Depuis son élection, le président Trump a fait beaucoup parler de lui sur tout les médias et la BD ne fait pas exception. Cet album écrit et dessiné par un auteur espagnol m’avait paru intéressant, ne serait-ce que pour savoir comment Trump était perçu dans un autre pays européen. Et puis, il faut reconnaître que l’homme a le chic pour sortir des bêtises énormes donc il y avait matière. Hélas, dès les premières pages, le ton est donné : le dessin noir et blanc est simple et on voit essentiellement la même vignette répétée des dizaines de fois : Trump assis à son bureau, avec quelques variantes simples (au téléphone ou tenant une feuille). De temps en temps, on sort de ce plan figé pour découvrir « autre chose » (comme la Maison Blanche « plantée » au sommet de la Trump Tower par exemple). Quant aux thèmes abordés, il y en a un par page et franchement, aucun ne m’a fait ni rire ni même sourire. Je pensais que j’allais sûrement revoir des choses déjà abordées ailleurs mais là, c’est vraiment dans le basique (en quatre vignettes par sketche, difficile de développer). L’ensemble m’a semblé pathétique … aussi bien le sujet que la façon de le traiter. Autant dire que j’ai eu tout de suite la sensation que l’auteur avait voulu surfer sur la vague Trump sans trop se fouler … de ce côté-là, c’est réussi mais ça vaut à peine le quart d’heure passé à cette lecture !

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28 août 2018

Hägar Dünor (tomes 1 à 3) ---- Dik Browne

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Tome 1 : 1973-1974

Hägar Dünor est un Viking rustre et sans pitié qui part régulièrement piller les pays voisins en compagnie de son équipage dont fait partie son ami et bras droit Eddie. Mais à la maison, c'est sa femme Hildegarde qui fait la loi. Ils sont parents d'une jeune fille, Ingrid, qui, si elle se comporte souvent en Walkyrie, a la fâcheuse tendance à fréquenter des poètes un peu mous et d'Homlet, un fils encore jeune et grand rêveur peu enclin à se comporter en Viking pur et dur …

J'adorais ces comic strips dans ma jeunesse et ils me faisaient beaucoup rire. Quand j'ai vu qu'une série d'albums les reprenaient en intégrale, ce qui n'avait jamais eu lieu si je ne me trompe pas, j'ai tout de suite acheté le tome 1. C'est donc avec beaucoup de plaisir et un brin d'inquiétude que je me suis plongée dans cette lecture. Et si j'étais finalement déçue ? J'avais sept ou huit ans quand j'avais découvert Hägar alors mon impression en tant que lectrice adulte risquait peut-être d'être différente. Et en fait, non, pas du tout, je crois même que j'apprécie encore plus ces gags qui n'ont pas pris une ride. J'ai même été étonnée de les trouver aussi modernes, chose qui m'était totalement passé à côté à l'époque mais bon, je n'avais pas le recul suffisant. Hildegarde est vraiment une femme de notre temps : elle ne s'en laisse pas conter, fait sa loi et Hägar lui est totalement soumis. Mais hormis les gags tournant autour de la famille et du mariage, il y a parfois des thèmes actuels (comme le réchauffement climatique ou la pollution, voire même la société de consommation). Certains gags jouent sur l'absurde, d'autres sur le décalage et la similitude de notre société actuelle par rapport aux Vikings. Les dessins sont tout simples, noir et blanc, avec peu de décors et des personnages assez stylisés mais reconnaissables au premier coup d'oeil. J'ai passé un excellent moment de lecture, riant très souvent et il me tarde déjà de voir le tome 2 paraître. Mais l'avantage, avec ce genre d'album, c'est que je peux les relire régulièrement sans m'en lasser une seconde !

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Edit du billet du 28 novembre 2016

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Tome 2 : 1974-1975

Hägar Dünor le Viking bourru est de retour, entouré de sa femme Hildegarde, de son fils Homlet, de sa fille Ingrid et de son fidèle adjoint Eddie le Veinard qui, contrairement à son nom, est un vrai poissard. Ses activités sont toujours de piller pays voisins et châteaux, de manger et de boire à l’excès, de se faire tancer par sa femme qui dirige toujours la maison d’une main de fer alors que sa fille cherche toujours un mari et son fils est toujours passionné par les livres …

C’est avec énormément de plaisir que je me suis replongée dans les strips d’Hägar Dünor et compagnie. Ce tome 2 aborde les strips des années suivant le tome 1 mais quand on les lit, il est étonnant de voir qu’ils ont été écrits dans les années 1970 … rien n’a vieilli ! Le fait que l’action se déroule du temps des Vikings rend l’ensemble intemporel car historique (même s’il n’y a rien de véridique ou de vraiment historique dans ces histoires … sauf peut-être la référence au roi Alfred, qui, je suppose, était le roi du Wessex à cette époque et qui a eu réellement affaire aux invasions viking). Mais les réflexions faites par les personnages sont très modernes et toujours d’actualité. L’humour est peut-être subtil ou bien plutôt basique mais je trouve qu’il fait systématiquement mouche avec moi et j’ai éclaté de rire plusieurs fois. Et puis, j’aime bien ce dessin simple mais expressif et qui est totalement dans le ton des histoires. En plus, c’est vite lu car on a tendance à dévorer les strips les uns après les autres sans voir le temps passer. En fait, c’est trop court, comme lecture mais il y aura un tome 3 que j’attends déjà avec impatience !

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Edit des billets du 28 novembre 2016 et 10 octobre 2017

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Tome 3 : 1976-1977

Voici Hägar Dünor le Viking à nouveau de retour ! Toujours accompagné de sa femme au fort caractère Hildegarde, de son intellectuel de fils Homlet, de sa fille toujours célibataire Ingrid et de son adjoint malchanceux Eddie le Veinard. Il n’est jamais facile de savoir quoi ramener des pillages pour faire plaisir à son épouse, les repas sont toujours pantagruéliques, l’acool coule toujours à flots et il essaie d’expliquer la vie à son fils tout en se désespèrant de trouver un mari pour sa fille. Quant à son rôle à la maison, il consiste surtout à ne pas de trouver sur le chemin d’Hildegarde qui sait mener tout son monde à la baguette …

Et voilà, c’est le dernier tome regroupant tous les strips d’Hägar Dünor classés par ordre chronologique. Cela faisait donc un moment que je conservais ce tome sous le coude pour me garder cette lecture pour l’été. Et cette année, mon été a eu besoin de légèreté dans mes lectures vu qu’on a été bien occupé ailleurs (doù mon absence prolongée du blog !). Encore une fois, j’ai été surprise par la modernité du ton et des sujets abordés … les années ont passé depuis leur publication mais ces strips n’ont pas vieilli d’un cheveu. Le dessin noir et blanc fait toujours mouche : il est expressif tout en restant simple, une chose qui n’est pas forcément facile. Quant aux scènes, je les trouve toutes très réussies, amusantes et universelles : elles abordent les sujets du quotidien et tout un chacun peut s’y reconnaître : le mariage et les relations mari et femme, le travail et les inquiétudes des parents, les problèmes au travail et avec ses collègues, à part que tout est toujours un peu décalé par le fait que l’histoire se passe au temps des Vikings (et donc par exemple, le travail d’Hägar consiste à aller piller ses voisins).  Je me rappelle avoir aimer ces strips dans ma jeunesse mais j’en apprécie encore plus leur justesse et leur subtilité maintenant. Voilà une série de trois albums que je me ferai un plaisir de relire de temps en temps … je ne crois pas que je puisse m’en lasser un jour.

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26 août 2018

Ma vie de réac (tomes 1 et 2) ---- Morgan Navarro

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Maviedereac2Morgan Navarro a des idées parfois bien arrêtées : pas question d’équiper son fils d’un smartphone avant qu’il ait quinze ans et ne pas lui acheter le dernier téléphone à la mode, trouver que les notes à l’école ne valent pas celles d’il y a trente ans, se rébeller contre l’éducation nationale qui propose justement des classes sans notes, faire des réflexions racistes que ce soit envers une religion ou une sexualité différentes, essayer d’adopter un comportement décent et finir par faire comme tout le monde, ne pas voir d’un bon l’arrivée des technologies omniprésentes dans notre future société …

Je ne connais pas du tout l’auteur, qui blogue sur le site du journal Le Monde, vu que je ne vais jamais sur les sites des journaux mais le titre des albums a piqué ma curiosité. J’étais intriguée de voir comment l’auteur, qui met en scène son alter ego fictif (c’est un peu lui sans l’être vraiment), allait aborder ce thème et comment il allait définir ce qu’est un réac. A travers différentes saynètes s’étalant sur une à plusieurs pages (mais jamais plus de quatre ou cinq), l’auteur traite des sujets variés et quotidiens. En plus, chaque sketch a une ambiance monochrome différente (jaune, bleu, vert, rouge …) ou opte pour la bichromie avec des mélanges parfois fort peu réussis. J’ai trouvé dans l’ensemble que les couleurs étaient assez agressives et peu agréables à regarder. Quant au dessin, il est plutôt simple et dans l’air du temps : les décors sont minimalistes, laissant la vedette aux personnages assez expressifs. Au niveau des thèmes abordés, je n’ai pas trop aimé les sketches à connotation raciste car je ne les ai pas trouvés amusants ou pertinents et cela rend le personnage peu sympathique. Par contre, d’autres scènes m’ont fait sourire car on peut s’y reconnaître (vouloir être tranquille dans le train alors que des gamins font hurler leur musique sans que les parents disent quoi que ce soit, est-ce être réac ou est-ce juste un manque de savoir-vivre de la part des parents ?). La ligne est souvent fine et peu claire entre intolérance et respect de l’autre … quand le personnage est raciste, cela le dessert mais on a parfois la sensation que les autres personnes de la BD sont aussi un peu sans-gêne et égoïstes et dans ces cas-là, c’est eux qui sont montrés sous un mauvais jour. Du coup, on ne sait plus franchement où on en est. Etre réac consistant, pour moi, à être contre le progrès et à trouver toujours que « c’était mieux avant », je n’ai pas toujours retrouvé ce raisonnement dans les attitudes du personnage. Si j’ai souri lors de la lecture du premier tome, le second m’a paru plus fade, moins abouti. Peut-être vaut-il mieux espacer ce genre de lecture … En tout cas, si j’ai apprécié quelques sketches, beaucoup m’ont laissée indifférente et cela m’a laissé l’impression d’une découverte mitigée.

L'avis de Karine sur le tome 1.

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24 août 2018

The death of Mrs Westaway ---- Ruth Ware

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Hal vit seule dans le petit appartement familial de Brighton depuis que sa mère est décédée trois ans plutôt dans un accident de la route. Elle a repris le travail de sa mère, consistant à lire les cartes du tarot sur la jetée de la ville où elle a un stand mais le manque d’argent se fait souvent sentir. Frêle et paraissant plus jeune que ses 21 ans, la jeune femme reçoit un matin d’hiver une lettre d’un notaire de Cornouailles qui lui annonce que sa grand-mère vient de décéder et qu’elle est citée dans le testament, héritant ainsi d’une belle somme. Hal est presque sûre qu’il y a erreur sur la personne bien que le nom de sa mère soit effectivement cité dans la lettre mais soumise à la pression d’un usurier, elle décide de se rendre à Trepassen House, vieille maison en voie de délabrement, où elle va rencontrer ceux qui sont censés être sa famille. Elle espère les tromper et récupérer ainsi quelques milliers de livres pour rembourser sa dette et payer les factures. Mais Hal ne s’attend pas à l’accueil glacial de la vieille gouvernante du lieu, Mrs Warren, qui contraste avec l’accueil chalereux de ses trois « oncles » …

J’avais déjà entendu parler de cette auteure mais n’avais encore rien lu d’elle. Ce titre, qui rend hommage par son style et ses clins d’œil à la littérature gothique et surtout au roman de Daphné du Maurier, Rebecca, est son dernier paru en anglais et celui qui m’attirait le plus (bien que j’ai aussi son précédent daans ma PAL). Et puis, les bons échos de mes amies lectrices ont fini de me convaincre à me lancer dans ce roman. Hal, de son nom complet Harriett, est le personnage principal et ce sont ses pensées et ce qu’elle voit qu’on découvre. Elle m’est tout de suite apparue comme attachante : elle s’est retrouvée propulsée dans le monde des adultes plus vite que prévu et a du renoncer aux études pour travailler. Sans aucune famille, elle ne peut compter que sur elle-même. Et, malgré quelques errements passés, elle est devenue une jeune femme raisonnable, avec du bon sens et les pieds sur terre mais terriblement triste et solitaire. Son métier, qu’on pourrait apparenter aux liseuses de bonne aventure, lui a appris à interpréter finement les comportements et les réactions humaines mais elle ne cherche pas à exploiter la détresse des gens qui viennent la voir … elle espère juste les aider à mieux voir et comprendre leur situation. Décidément, c’est une jeune femme qu’on aimerait avoir comme amie malgré ses petits défauts ! Alors quand elle décide d’accepter un héritage qu’elle pense être pour une autre, on ne lui en veut pas vraiment car elle est aux abois. Si le début du roman paraît assez banal, l’atmosphère va changer quand l’action va prendre place dans le vieux manoir de Trepassen House. On se croirait un peu revenu au Manderley de Rebecca : grande et vieille maison, gouvernante peu sympatique, voire même effrayante, secrets omniprésents, et une propriétaire du lieu décédée et pourtant toujours terriblement présente. Quand Hal fait la connaissance de sa « famille », on est en fait étonné de leur bon accueil et cela change toute la donne. Hal va alors avoir des remords à mentir à ces gens et l’histoire va avoir des développements inattendus. Le rythme est assez lent, sans moments d’action spectaculaire mais l’ambiance est réussie, le suspense présent et les personnages bien campés et intéressants. Bien sûr, qui dit roman policier dit morts suspectes, les secrets qui hantent le lieu seront révélés au grand jour et certains seront étonnants (comme j’ai été très occupée ces dernières semaines, je me suis laissée porter par ma lecture sans vraiment chercher à deviner), même si j’avoue que je suis restée un peu dubitative quant à certaines explications et motivations (un développement plus poussé n’aurait pas été superflu). Bon, ce petit détail est vraiment minuscule et négligeable en rapport avec mon plaisir de lecture global. Voilà une auteure que je vais suivre avec attention !

*Lu en anglais* - Non traduit à ce jour mais j'espère que ça ne devrait plus tarder !

L'avis de Niki.

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22 août 2018

Rendez-vous avec le crime (Les détectives du Yorkshire 1) ---- Julia Chapman

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La petite ville de Bruncliffe, nichée au cœur de la région des Vallons du Yorkshire, vient d’enterrer un des leurs : Richard Hargreaves, divorcé depuis peu, s’est suicidé en se jetant sous un train. Mais c’est aussi le moment que choisit Samson O’Brien pour effectuer son retour après plusieurs années passées dans la police à Londres. Mais les habitants ne sont pas ravis de sa présence, surtout Delilah Metcalfe qui se voit dans l’obligation de lui louer le rez-de-chaussée de son lieu de travail pour éviter la faillite. La jeune femme connait pourtant bien Samson, qui était le meilleur ami de son frère mort au combat en Afghanistan. Le pire survient quand elle découvre que Samson ouvre une agence de détective privé avec le même acronyme, ARV, que sa propre affaire d’agence de rencontres. Et contre toute attente, Samson est immédiatement embauché par la famille Hargreaves qui ne croit pas au suicide de Richard, qui semblait aller de l’avant en s’étant inscrit à l’agence de rencontres de Delilah. Mais il n’est que le premier mort d’une série qui poussera Samson à faire équipe avec Delilah …

Difficile de résumer ce roman policier très anglais, à la trame plutôt classique et aux personnages hauts en couleur. Premier d’une série que j’espère longue, on fait la connaissance de la petite ville de Bruncliffe et de ses habitants qui se connaissent tous (on pourrait qualifier Bruncliffe de village tellement les liens des habitants sont touffus). Et parmi tous ces gens, il y a bien sûr Samson et Delilah, nos deux détectives et nos deux héros, deux clins d’œil aux personnages bibliques et qui m’ont tout de suite séduite … ils sont sympathiques et ont un fort caractère. Si certains développements sont prévisibles (comme le rapprochement entre Samson et Delilah par exemple), l’enquête en elle-même n’est pas si facile à démêler (mais cela reste relatif vu le nombre de personnages suspects possibles). L’écriture m’a paru très cinématographique mais l’histoire s’y prête bien aussi : on croirait voir les personnages évoluer sous nos yeux de lecteur et plusieurs fois, j’ai soupiré en souhaitant voir ces romans adaptés en série télé car je suis sûre qu’elle serait très réussie. Le côté cosy anglais est omniprésent, on se sent bien à Bruncliffe malgré ce qui arrive et on a envie de bavarder avec les habitants qui pourraient pourtant faire parfois un peu peur par leur côté bourru. L’humour se glisse un peu partout : l’accueil de Samson par un superbe direct du droit de Delilah, les habitants qui s’amassent au pub pour observer la scène, les vieux de la maison de retraite qui sont au courant de tout. L’ensemble est enlevé et plein de gaité malgré les crimes et l’action n’est pas en reste avec quelques moments de tension non négligeables. Le fil conducteur entre les romans de la série sera probablement d’en apprendre plus sur le passé de policier de Samson et de voir comment sa relation avec Delilah va évoluer. Je me suis donc régalée et j’ai déjà le tome suivant qui m’attend mais comme ensuite il me faudra attendre, rien ne presse pour le lire … même s’il me tente terriblement !!!!!

Les avis de Niki et Alex.

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20 août 2018

La vie des très bêtes (tome 1) ---- Marion Montaigne

LaviedestresbetesLes animaux peuplent la Terre au même titre que les humains. Ils sont partout, sont tous différents mais ont les mêmes besoins : manger, dormir, se reproduire et vivre leur vie. Le chimpanzé nous a servi souvent de sujet de test et que se passe-t-il si on l’envoie sur la Lune avec une banane ? Le crabe violoniste est parfois embêté avec sa grosse pince, le aye-aye a un étrange doigt très long, la vie du pigeon des villes n’est pas simple et que se passe-t-il quand le vétérinaire met une collerette au chien de la famille après une petite intervention …

Dans un format plus orienté vers les enfants, Marion Montaigne nous présente différents types d’animaux, connus ou non, de la façon dont elle sait si bien le faire : avec humour et en soulignant leurs petites particularités souvent étranges. Son dessin est tout de suite reconnaissable et si j’avais un peu de mal avec au tout début, maintenant, je le trouve parfait dans son style vu les thèmes abordés. Il faut qu’il ait un côté cartoon un peu absurde et caricatural pour bien faire ressortir l’humour. Et l’aspect coloré est sympa et donne du peps. Le format, à mi-chemin entre un livre de poche et une bande dessinée, est bien pour les enfants et comme il y a une double page par animal, c’est un format bien adapté (même pour les adultes !). Forcément, l’auteure a le chic pour dénicher toutes les bizarreries possibles et même quand il n’y en a pas, elle sait exploiter au mieux une situation qui paraît lambda et qu’elle transforme en franche scène humoristique. Comme cela s’adresse à un jeune public, c’est moins trash que sa série Tu mourras moins bête, mais c’est tout aussi sympa et amusant à lire et en plus, on apprend toujours plein de choses. J’ai vu en lisant celui-ci qu’il y avait un tome 2 … autant dire qu’il me le faut absolument !!!!!

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18 août 2018

Là où rien ne meurt ---- Franck Calderon et Hervé de Moras

LaouriennemeurtL’été semble déjà loin en ce mois d’octobre à Nîmes et les orages, accompagnés de fortes pluies, s’abattent sur la ville. Paul Bénévent, un auteur qui n’écrit plus depuis la mort de sa femme trois ans auparavant, se réfugie dans le café de son amie Ophélie. Alors qu’une coupure de courant s’éternise, une jeune femme étrange, Louise, entre dans le bar et adresse quelques mots marquants à Paul. Mais ce dernier ne pense qu’à son épouse décédée et envisage de la rejoindre en se suicidant. Alors qu’il est sur le point de passer à l’acte, un coup de fil de son voisin le ramène dans le monde des vivants : un cadavre a été découvert devant la porte de la maison de Paul et celui-ci doit aller immédiatement voir la police …

Etant de Nîmes, ce roman m’a tout de suite interpellée car ce n’est pas souvent que j’ai eu l’occasion de découvrir ma ville d’origine dans un livre (jamais, je crois !). Donc, je me suis lancée dans cette lecture pleine de bonne volonté et de curiosité. Hélàs, la ville est peu présente et en plus, le peu qui est décrit ne me la rappelait pas vraiment (pourtant l’un des auteurs habite Nîmes). Disons qu’on aurait pu être dans n’importe quelle ville ! Bien sûr, le roman ne se déroule pas exclusivement dans cette ville et les auteurs nous font voyager, ce qui ne me déplait pas mais j’ai été déçue au niveau de la description de la ville. S’inspirant de deux faits réels (le cercueil dun père d’un des auteurs qui a été emporté par les crues dues à un épisode cévennol et un astronome japonais qui a pensé repérer une comète disparue depuis plus de cent cinquante ans), les auteurs ont bâti une histoire policière mélangée à une histoire d’amour. J’aime bien les deux mais là, le mélange n’a pas vraiment pris pour moi. Paul, le personnage principal, m’a paru fade et peu sympathiue (voire même parfois agaçant) et tout m’a paru artificiel. Avec l’arrivée d’un cadavre devant sa porte, Paul va se replonger dans son enfance et son adolescence, avec un père inventeur sans le sou et une mère à la maison, un ami avec qui faire les quatre cents coups, puis la rencontre avec sa femme, un msytérieux tableau venu du passé, une jeune femme étrange et troublante, des histoires de comètes, d’alchimie et j’en passe. Ah, c’est sûr, il y a de quoi faire mais bon, au final, je me suis ennuyée. L’enquête aurait pu être sympa mais je l’ai trouvée parasitée par l’histoire d’amour qui m’a parue un peu nunuche (enfin, je ne sais pas comment dire … elle m’aurait sûrement plu quand j’avais quinze ans !!!). La petite tendance à lorgner vers le surnaturel sans en faire trop aurait aussi pu me plaire mais je ne m’explique pas pourquoi ça n’a pas fonctionné. L’écriture est pourtant fluide et il n’y a rien à reprocher de ce côté-là. Alors, à part un personnage auquel je n’ai pas réussi à m’attacher, je crois juste que ce livre est peut-être arrivé au mauvais moment pour moi … tout simplement !

Posté par sassenach à 07:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]