27 novembre 2009
Endurance ---- Bertho et Boidin
La conquête des pôles a été la grande aventure du début du 20ème siècle. D'abord, ce fut les américains Cook et Peary qui découvrent le pôle Nord, puis le norvégien Amundsen coiffe au poteau l'anglais Scott lors de la découverte du pôle Sud. Il ne reste plus grand chose à faire pour devenir un explorateur mais l'anglais Shackleton, qui a peur qu'on lui reproche l'échec de l'expédition de Scott, décide de traverser l'Antarctique de mer à mer. Il constitue un équipage et en 1914, l'Endurance part pour une aventure hors du commun qui durera 3 ans …
Quand je vois une œuvre, quelle qu'elle soit, à propos des pôles (ou de l'Arctique ou de l'Antarctique plus généralement), je suis déjà totalement acquise à la chose ! Cet album fut emprunté à la bibliothèque mais je pense sérieusement à me l'acheter pour compléter ma collection sur le sujet (oui, j'ai une collection d'œuvres sur ces régions froides !). L'album raconte dans le détail l'expédition malheureuse de l'Endurance et de son équipage courageux et c'est une magnifique aventure humaine qui met en lumière l'humanité de Shackleton et qui prouve que l'honneur, la responsabilité, la ténacité, le courage, la solidarité ne sont pas toujours de vains mots. Le tout est complété par un petit dossier et quelques photos car un photographe avait rejoint l'équipage. Le seul bémol que je trouve à l'album est le dessin un peu simpliste et carré (j'aurais préféré un style plus réaliste et détaillé) mais les couleurs sont magnifiques. Malgré cette légère déception, c'est quand même un coup de cœur !
26 novembre 2009
A bord de L'Etoile Matutine ---- Riff Reb's
Un vieil homme raconte l'histoire de sa vie passée à
bourlinguer les mers. En 1718, alors qu'il n'est qu'un jeune vagabond vivant de
mendicité, il commet un crime qui l'oblige à embarquer en tant que mousse sur
le bateau de George Merry, L'Etoile Matutine. Sous le pavillon noir et sous
l'autorité tyrannique du capitaine, les marins gagnent de quoi subsister grâce
aux abordages des autres navires …
Cet album reprend le roman de Pierre MacOrlan mais comme je n'ai pas lu celui-ci, je ne peux faire aucune comparaison. Mais je trouvais que c'était un bon moyen de découvrir ce que cet auteur avait fait. En plus, les dessins m'attiraient assez et cela m'a décidé, même si je ne suis pas très fan des histoires de marins et de pirates. Au final, j'ai bien apprécié cet album qui trace un portrait sans concession de la vie de la flibuste. Les aventures vécues par les marins sont loin d'être agréables mais c'est la seule vie qu'ils connaissent et on sent une certaine nostalgie chez le narrateur. L'histoire n'est pas continue, c'est plutôt une succession de chapitres couvrant divers évènements comme l'abordage d'un navire, la recherche d'un trésor ou le partage d'un butin mais cela n'a pas vraiment gêné ma lecture. Mais comme chaque chapitre ne comporte que quelques pages, les sujets ne sont pas vraiment approfondis et c'est un peu dommage (mais cela a aussi l'avantage qu'on n'a pas le temps de se lasser !). Les dessins sont très adaptés, c'est exactement ainsi que je verrais les têtes des pirates ! Le jeu des couleurs est aussi réussi, avec un ton de dégradés par chapitre, certains tirant donc vers le bleu foncé (la nuit), l'ocre (dans certaines îles), le gris (dans la tempête). Je ne pense pas que l'album me restera dans la mémoire mais j'ai apprécié le temps passé en compagnie de l'équipage de L'Etoile Matutine !
25 novembre 2009
Les liaisons dangereuses ---- Pierre Choderlos de Laclos
Dans la noble société française du 18ème
siècle, Madame de Merteuil demande à son ami et ancien amant Monsieur de
Valmont de déniaiser une jeune fille dont la main est promise à un homme sur
lequel elle estime devoir se venger. Mais le vicomte de Valmont n'est pas très
intéressé par l'affaire car il est dans ses projets de vaincre la vertu de
Madame de Tourvel, une femme pieuse et mariée qui n'a aucune chance de céder
aux charmes du séducteur …
Toujours dans le cadre des rencontres adaptations de livres en film, j'ai relu ce classique de la littérature française et je dois dire que j'ai été assez surprise ! Quand je l'avais lu alors que j'étais en seconde, j'avais adoré ce roman et ne me rappelle pas avoir eu de difficultés particulières mais cette fois, j'ai trouvé le style très lourd et de nombreuses redondances dans les lettres. Bien sûr, il n'y a plus le plaisir de la découverte et l'histoire était bien restée ancrée dans ma mémoire grâce aux adaptations ciné que j'avais vu au fil des années. Mais j'ai eu énormément de mal à cette lecture, devant parfois relire 3 ou 4 fois la même phrase avant qu'elle réussisse à pénétrer mon cerveau ! Sinon, au niveau de l'histoire proprement, j'ai à nouveau trouvé celle-ci très réussie, avec la montée en puissance de l'opposition Merteuil-Valmont. Et malgré le côté sulfureux qui s'est longtemps attaché à cette œuvre, tout est suggéré (est-ce aussi à cause de cela qu'il m'a fallu relire des phrases ?) et au final, la morale est sauve, ce qui est, à mes yeux, un peu décevant mais assez ironique. Maintenant, j'ai encore à voir quelques films tirés de ce livre car les adaptations ont été nombreuses !
22 novembre 2009
Celle que je ne suis pas (tome 1) et Celle que je voudrais être (tome 2) ---- Vanyda
Tome 1 : Celle que je ne suis pas
Valentine a 14 ans, est en troisième, vit toute seule avec sa mère et passe beaucoup de temps avec ses copines de collège. Mais malgré ces amitiés parfois un peu envahissantes, la jeune fille reste secrète et ne se confie pas. Elle se contente souvent de suivre la bande, même si ses amies décident de sécher ou bien acceptent de boire un peu d'alcool lors d'une fête. Et puis, personne ne sait qu'elle est amoureuse du beau Félix, qui est dans une classe parallèle à la sienne et qui ne semble pas l'avoir remarquée …
J'avais été enchantée de ma lecture de "L'immeuble d'en face"
de cette jeune auteure/dessinatrice de BD donc je ne pouvais pas passer à côté
de sa nouvelle série sur la vie d'une adolescente plutôt timide et effacée. Et
là encore, cela a été une excellente lecture ! Franchement, je suis pleine
d'admiration pour le travail de Vanyda, qui, non seulement fait de très beaux
dessins à l'inspiration manga, mais est aussi capable de créer des personnages
réalistes et attachants et de bâtir une histoire bien tournée. Il n'y a
pourtant rien de glamour ou d'extraordinaire dans ce qu'elle raconte mais juste
le quotidien de gens normaux, dans lesquels on peut tous se reconnaître … bon
d'accord, les hommes ne se reconnaitront pas dans l'héroïne de cette série mais
moi, je m'y suis tout de suite identifiée et les hommes, eux, pourront
peut-être retrouver, dans les copains de Valentine, l'adolescent qu'ils ont
été. Malgré tout et contrairement à "L'immeuble d'en face" qui
pouvait vraiment toucher tous les publics, cette série est peut-être plus axée
vers les femmes et les jeunes filles de part son sujet mais cela n'enlève en
rien sa qualité ! Vivement la suite (mais comme cet album est sorti cette
année, il ne faut pas trop être pressé quand même) !
Le site de Vanyda.
Les avis d'Emjy et de Clarabel.
***
Edit du billet du 20 décembre 2008
Tome 2 : Celle que je voudrais être
Valentine rentre en seconde, ce qui signifie le lycée et de nouveaux amis. Son groupe est dispersé dans différentes classes et Julie a même redoublé et est restée au collège. Les filles se retrouvent le plus souvent à la récréation ou au self à midi mais Valentine s'aperçoit que ses centres d'intérêt changent et que celles qu'elle considérait comme des amies inséparables ne sont plus autant sur la même longueur d'onde qu'elle. Et puis, il y a toujours Félix qui va au même lycée et qui reste toujours aussi attirant aux yeux de la jeune fille …
C'est avec énormément de plaisir que j'ai retrouvé Valentine et ses amies et leurs vies de lycéennes. La jeune fille semble avoir muri et pourtant, certains évènements vont prouver qu'elle est encore très peu sûre d'elle-même alors que d'autres laissent deviner la jeune femme qu'elle pourra devenir. Sa timidité est toujours présente mais s'estompe un peu et les mangas sont l'occasion de découvrir un nouveau groupe de jeunes passionnés. Au niveau graphisme, cela reste très visuellement agréable et réussi, simple mais l'essentiel y est et les émotions aussi. Le sujet continue à s'adresser plutôt aux jeunes filles et dans l'ensemble au public féminin mais c'est réellement une série de qualité, au ton juste, avec une héroïne attachante et réussie. Il ne me reste plus qu'à attendre la sortie du dernier et troisième tome mais heureusement, le tome 3 de "L'immeuble d'en face" du même auteur doit sortir en 2010 et je l'attends aussi avec impatience !
L'avis de Clarabel.
21 novembre 2009
Orgueil et préjugés ---- Jane Austen
Dans l'Angleterre du 18ème siècle, Mrs Bennet ne rêve que de voir ses cinq filles mariées et leur avenir assuré auprès de maris si possibles fortunés et à la bonne réputation. L'arrivée de Mr Bingley comme locataire du manoir voisin, accompagné de son ami Mr Darcy, tous deux ayant des revenus plus qu'honnêtes, provoque l'agitation et de nombreux espoirs dans les environs mais le jeune homme n'a d'yeux que pour Jane, l'aînée des Bennet. Mr Darcy, lui, ne pense qu'à critiquer Elizabeth Bennet mais la jeune fille, qui trouve l'homme bien orgueilleux, ne se laisse pas faire et leurs relations sont tendues …
Bon, franchement, un résumé de l'histoire n'était pas vraiment indispensable car beaucoup de monde connaît ce classique de la littérature anglaise ! !Et beaucoup vont s'étonner que ce ne soit que maintenant que je me lance enfin dans cette lecture. Il faut dire que ce livre trainait dans ma PAL depuis un moment mais c'est la réunion du club "adaptation livre/film" de ma médiathèque qui se profile à l'horizon qui m'a fait me précipiter sur ce livre (et incessamment sous peu sur les films qui en sont tirés). Et franchement, pourquoi ai-je attendu si longtemps pour le lire ? C'est incompréhensible mais ma dernière tentative avec Jane Austen et "Mansfield Park" ne m'avait pas vraiment laissé un bon souvenir vu que je l'avais abandonné ! Mais là, dès le départ, j'ai été charmée par l'histoire, le ton mordant, les personnages attachants (Elizabeth et Mr Darcy bien sûr) ou bien détestables et très énervants (Lydia et Mrs Bennet par exemple), la critique de la bonne société et ses travers. L'étude des personnages est précise, profonde, réussie et délectable. Et comme je suis une fille, je ne pouvais rester insensible à l'histoire d'amour et aux rebondissements des évènements. Oui, vraiment, ce fut une délicieuse lecture et je suis impatiente de découvrir les films qui en sont adaptés !
PS : j'avais craqué pour cette édition car je trouve la couverture totalement adaptée au roman :) Par contre, ils ont oublié un "s" à préjugés !
Les avis de Allie, Bladelor, La Liseuse, Amanda, Yueyin, Cuné, Tamara, Emjy, Aelys, Caro[line], Fashion, Karine, Lilly, Emeraude, Leiloona, Majanissa, Lou ... et j'en oublie sûrement !
17 novembre 2009
Je ne suis pas Jackson Pollock ---- John Haskell
John Haskell revisite à sa façon des évènements ou des
œuvres et oscille entre fiction, réalité et réflexion. On retrouve aussi bien
des films comme Psychose ou Le 3ème homme ou bien la vie de
personnalités comme le peintre Jackson Pollock ou le pianiste Glenn Gould, de
personnages historiques comme Jeanne d'Arc ou bien encore d'évènements tels que
la mort de l'éléphante Topsy ou l'envoi dans l'espace de la chienne Laïka …
A mi-chemin entre le recueil de nouvelles et l'essai, ce livre n'est pas forcément une lecture facile. Ce qui m'a tout d'abord attirée, ce sont les thèmes variés et surtout basés sur le cinéma. Certains passages sont intéressants mais je me suis vite perdue dans certains raisonnements philosophiques, principalement centrés sur les motivations des personnages concernés. On ne sait pas forcément où se trouve la fiction et où est la réalité, tout se mélange allègrement et à moins de connaître particulièrement bien tel ou tel sujet, on reste dans le flou (la seule chose où j'ai vraiment su m'y retrouver, c'est quand Haskell parle de Laïka). Chaque détail, chaque chose est décortiquée et analysée par l'auteur et si je n'ai sûrement pas tout compris, certains parallèles suggérés entre certains faits ou certaines attitudes sont particulièrement bien trouvés. Et malgré sa difficulté de lecture (ce n'est pas un livre à survoler), il ne m'a pas fallu longtemps pour en venir à bout, ce qui est quand même un bon signe de ma part envers ce genre de livres !
16 novembre 2009
Le jeu de l'ange ---- Carlos Ruiz Zafon
La première guerre mondiale est terminée depuis un an et à
Barcelone, le jeune David Martín écrit de petits articles pour un journal.
Pourtant, il sait qu'il peut faire mieux et d'ailleurs, sa chance survient une
veille de Noël quand on lui propose d'écrire une histoire pour la dernière page
du journal. Son ami, Pedro Vidal, n'est pas étranger à cette promotion et David
lui en est reconnaissant. Le succès est au rendez-vous, à tel point qu'un jour,
David reçoit une lettre d'un éditeur français qui serait prêt à lui donner du
travail. Une rencontre a alors lieu avec Andreas Corelli, qui lui propose un
bien étrange contrat qui risque à la fois de chambouler la vie du jeune homme
mais aussi de son entourage …
Vu que j'ai eu un coup de cœur pour L'ombre du vent, je ne pouvais pas passer à côté de ce nouveau roman de cet auteur, surtout qu'on ne peut pas dire qu'il nous inonde de ses productions ! Je l'avais vu dès sa sortie en langue anglaise cet été mais je voulais plutôt le lire en français (à défaut de le lire en espagnol) et donc, je ne l'avais pas acheté à ce moment-là. J'ai aussi soigneusement évité de lire critiques et billets dessus pour me garder le plaisir de la découverte et ne pas être influencée. Cette fois, ce ne sera pas un coup de cœur mais cela n'en est quand même pas bien loin ! On retrouve Barcelone et son atmosphère si particulière et si bien créée par l'auteur. L'action se passe avant L'ombre du vent et il existe un lien entre les deux romans, ce qui donne bien sûr envie de relire le précédent au vu de celui-ci. Je me suis jetée avec délice dans les pas du héros David Martín et j'ai suivi avec passion ses aventures mais je dois dire que j'ai commencé un peu à m'essouffler dans le dernier tiers du livre, ayant un peu la sensation de tourner en rond à cause de rebondissements similaires dans l'histoire. Le surnaturel est omniprésent mais j'ai été déçue par une fin un peu facile à mon goût (surtout compte tenu de la complexité de l'histoire) et certains aspects du livre restent peu convaincants (je pense particulièrement à la relation de David et de Cristina). Sinon, pour l'atmosphère qui se dégage des pages, pour le plaisir de retrouver certains personnages (et ainsi les voir autrement), pour une histoire complexe et riche (même si elle est parfois un peu confuse), cela vaut vraiment le coup de lire ce livre, même s'il est moins intéressant, moins abouti et moins original que L'ombre du vent.
Les avis de Kathel, Jules, Floaimelesmots, Emeraude, Karine, Elfique, Maijo, Grominou, Nina et je suis sûre que j'en oublie !
13 novembre 2009
Les rois vagabonds ---- James Vance et Dan Burr
En 1932, dans les Etats-Unis en pleine Dépression, le
jeune Fred vit à Marian, Californie, avec son frère aîné Al et son père mais
les fins de mois sont difficiles. Son père décide de partir à la recherche d'un
travail et c'est à Al que revient la tâche de s'occuper de Freddie. Mais quand
son frère est arrêté pour vol, Fred s'enfuit pour éviter d'être placé en foyer
et pour essayer de rejoindre son père. Il se retrouve sur la route et va faire
la connaissance du monde des hobos qui vont et viennent à travers le pays à la
recherche de nourriture et d'un emploi …
Voilà un album dense et très intéressant sur une période de l'Histoire des Etats-Unis qui a été plus souvent abordée dans les livres plutôt que dans la bande dessinée. A l'origine, Fred est le personnage secondaire d'une pièce de théâtre écrite par James Vance et l'auteur, s'étant attaché à lui, a voulu développer son enfance … enfin, si je peux appeler cela ainsi ! Car ce pauvre Fred, qui a tout juste une douzaine d'années, va très vite quitter le monde des enfants pour entrer dans la dure réalité des gens touchés de plein fouet par la crise. L'histoire est émaillée de faits réels (comme la manifestation aux usines Ford par exemple) et j'ai trouvé qu'on apprenait de nombreuses choses sur cette période, surtout qu'un petit dossier explicatif complète l'album. Les personnages sont souvent hauts en couleur, certains sont attachants et leurs conditions de vie apparaissent alors encore plus difficiles et injustes. Les dessins noir et blancs sont très réalistes mais encore une fois, j'ai eu parfois un peu de mal à différencier certains personnages … heureusement, cela est resté occasionnel ! Je ne peux donc que conseiller cette lecture qui rappelle que des vies peuvent vite basculer dans le dénuement et qu'on risque peut-être un jour de se retrouver à nouveau devant une crise aussi terrible que celle décrite dans cet album très intéressant.
L'avis de Gachucha.
12 novembre 2009
Kia Ora tomes 1 et 2 ---- Olivier Jouvray, Virginie Ollagnier et Efa
Au début du 20ème siècle, dans la région de Rotorua en Nouvelle-Zélande, les familles d'un petit village de Maoris ont du mal à vivre correctement. Le travail à la mine voisine est aléatoire et de longues périodes de chômage n'aident pas leur budget. Heureusement, les danses organisées régulièrement leur permet de se détendre et d'oublier le quotidien. Mais un beau jour, un anglais arrive dans le coin et leur propose un voyage en Europe pour être montrés dans des foires. Mais le Young Maori Party veille au grain et refuse de voir les leurs exposés comme de vulgaires animaux : il négocie alors un contrat pour des spectacles de danse et un certain nombre de couple accepte de partir pour 6 mois. La petite Nyree voit d'un mauvais œil le départ de ses parents et elle décide de partir avec eux sans le dire à personne …
Nyree a retrouvé ses parents sur le bateau qui emmène la troupe en Angleterre. Après ce long voyage, les Maoris arrivent enfin à Londres où ils commencent à se produire. Le succès est immédiat mais ne dure malheureusement pas car l'attrait de la nouveauté est bref. Les organisateurs décident alors d'emmener la troupe au Jardin d'acclimatation de Paris pour rentrer dans leurs frais mais il n'est alors plus question de danses. Les Maoris risquent d'être exhibés comme de vulgaires bêtes de foire …
Je vous avais déjà parlé de cette série dans mon billet sur la rencontre avec l'auteure et co-scénariste Virginie Ollagnier et il était évident que j'allais la lire ! D'abord parce que, connaissant un peu la Nouvelle-Zélande et la culture Maori et surtout les appréciant beaucoup, je voulais voir comment le sujet aller être traité. Et je dois dire que cela est une honnête série, peut-être légèrement trop didactique mais agréable à lire et à regarder. Les dessins sont clairs et les couleurs bien choisies (quoi qu'un peu pâles pour le tome 2 il me semble) et c'est tout à fait le genre que j'aime bien, mélangeant simplicité et réalisme. Quant à l'histoire qui parle de la période du début du 20ème siècle, où toute personne ne vivant pas comme les standards européens ou américains était considérée comme un sauvage et exhibée comme tel, elle est très intéressante à découvrir (et il est aussi très énervant de penser que les gens pouvaient raisonner ainsi !). Bien sûr, l'intérêt de la série est plus prononcé pour quelqu'un de jeune que pour un adulte qui connaît déjà pas mal cette époque mais la découverte de la culture maorie est à noter car relativement peu développée dans la littérature qu'on peut trouver en France. Mais ne vous attendez quand même pas à quelque chose de profond ! Cela reste un survol mais il reste néanmoins intéressant. Ce ne serait peut-être pas une série dans laquelle j'investirai moi-même mais je compte bien lire le prochain tome !
***
Edit du billet du 11 juillet 2008
Nyree et ses parents ont décidé de rester en Amérique pour essayer de gagner un peu d'argent avant de retourner au pays. Ils sont embauchés à l'Olympia Circus, sur Coney Island, où ils seront exposés comme Maoris cannibales, en compagnie d'autres monstres de foire. Le premier contact avec leurs collègues de travail est assez tendu, surtout pour Awhina qui a peur que sa fille soit effrayée par ces personnages …
Voilà donc le dernier tome de cette série assez classique. Le thème de la différence, de la façon dont elle est perçue et de ce qu'elle peut apporter est au centre de l'histoire et j'ai trouvé la façon de l'aborder très réussi, surtout quand on veut toucher des lecteurs encore jeunes. Dans ce tome, la culture Maori passe au second plan. C'est surtout la vie des employés du cirque qui est décrite et les relations qu'ils établissent entre eux. Les dessins sont vraiment très agréables, de même que les couleurs. Bref, si cette lecture n'est pas très transcendante pour des adultes, elle est vraiment très bien pour les enfants. D'ailleurs, Virginie Ollagnier, qui a contribué au scénario, visait la génération de sa fille comme public (donc les moins de 10 ans) et je dois dire que, dans ce cas, c'est assez réussi et sympathique.
11 novembre 2009
Les soeurs Corbi ---- Corbasson
MD et MC Corbi sont deux sœurs jumelles célibataires et
totalement parisiennes, qui ont atteint la soixantaine et qui vivent ensemble.
Elles sont très économes et trouvent toujours plein de petits trucs pour
économiser mais par contre, elles ne limitent pas le temps passé à aider leur
prochain dans différentes associations caritatives. Mais elles vont
s'improviser détectives le jour où leur voisine meurt brusquement …
Tout de suite charmée par le dessin crayonné très rétro et par les couleurs douces de l'album, je ne m'étais pas vraiment souciée de l'histoire qu'il allait aborder. Mais là, grosse déception : le scénario est creux, sans surprise, et si les dessins sont pourtant très réussis, je n'ai jamais réussi à penser que ces deux sœurs avaient la soixantaine ! On dirait plutôt des mannequins d'une trentaine d'années … et encore !!! L'idée de départ, d'avoir des héroïnes mûres, était pourtant excellente mais elle a été mal exploitée. Quant aux rebondissements de l'histoire, ils n'ont pas de quoi tenir en haleine et tous les personnages même les méchants sont bien gentillets et fades. Néanmoins, j'ai aimé le petit côté suranné de l'ensemble et la qualité graphique mais cela n'efface pas le manque de consistance et la banalité d'une histoire qui a eu du mal à maintenir mon attention.











