La bibliothèque du dolmen

31 octobre 2017

Bad blood ----Jonathan Maberry et Tyler Crook

BadbloodTrick est un jeune homme lambda : il suit des études à l’université, traine avec son ami d’enfance Kyle, ne sait pas trop draguer les filles mais il a aussi une leucémie et est sous traitement. Ce n’est pas la première fois que la maladie fait parler d’elle et cette fois, elle semble rebelle à la chimio. Alors que les cours sont finis et que Kyle se précipite pour récupérer sa jeune sœur, Trick se retrouve seul au stade de la faculté. C’est là qu’il est attaqué par un monstre qui le mord à la gorge mais le sang de Trick ne semble pas lui convenir : le vampire est gravement brûlé. Mais ce dernier, chef suprême d’une bande vampirique, veut se venger du jeune homme et lui promet de revenir tuer tous ceux que Trick aime …

Cette histoire de vampires avait l’air originale, ce qui m’a attirée vers l’album, même si cette histoire de sang impur avait déjà été évoquée dans des romans ou dans des séries télé (entre autres, il était question des personnes atteintes du Sida et qui se faisaient mordre par des vampires). On commence donc l’histoire avec la présentation de Trick mais le récit va très vite nous plonger dans l’action car l’attaque du vampire a lieu dès les premières pages. Et ce dernier est bien moche mais original dans sa représentation. Le reste de l’histoire va se focaliser sur l’affrontement entre Trick et le vampire et sa bande mais heureusement, Trick ne sera plus seul. Au fil de son enquête pour retrouver les vampires, Trick rencontrera une jeune femme qui, elle, est fascinée par le monde de la nuit. On apprendra au fil du récit comment est organisé le monde des vampires et il y aura de l’action et des rebondissements. Le graphisme est assez différent du genre qu’on peut trouver dans les comics : le trait est plutôt rond, les décors sont soignés et les couleurs plutôt douces et semblent être des aquarelles. C’est un style qui m’a paru un peu déroutant au départ mais qui m’a bien plu : il est très agréable à regarder et on ne peut pas se mélanger dans les personnages tant ils sont différents les uns des autres (mais bon, ils ne sont pas nombreux non plus !). Si une partie de l’histoire semble un peu prévisible, j’ai quand même trouvé que l’auteur réussissait à créer des rebondissements, à aller dans des directions inattendues et qu’il ne cédait pas forcément à la facilité. Voilà un album que j’ai apprécié, que ce soit au niveau visuel qu’au niveau narratif, avec des personnages attachants et des méchants bien horribles.

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27 octobre 2017

Carnation ---- Xavier Mussat

CarnationXavier quitte Angoulême en août 2006 après avoir passé plus de quinze ans dans cette ville. Il y était arrivé au début des années 1990 pour suivre des études artistiques et avait décidé d’y rester pour travailler dans le milieu du dessin. Mais tous ses amis étudiants étant partis vers d’autres cieux, Xavier se retrouve seul. Travaillant dans une compagnie où il se sent ouvrier du dessin, il rencontre régulièrement des filles. Il y a d’abord Alice, avec qui il forme une sorte de couple plus ou moins platonique. Son travail ne le satisfaisant pas, il démissionne pour rejoindre un collectif d’auteurs. Et là, il rencontre Sylvia dans un bar lors d’une réunion entre potes. La jeune femme semble inaccessible mais Xavier finit par la revoir régulièrement, alors qu’elle se dit toujours amoureuse d’un autre …

L’auteur étant originaire de Nîmes, comme moi, et ayant pratiquement mon âge, j’étais intéressée pour découvrir son œuvre vu qu’on est de la même génération. Qui plus est, l’auteur ne produit pas souvent d’albums alors le choix était limité : c’était son autobiographie au sujet de la relation avec son père ou bien son autobiographie au sujet de sa relation toxique avec une jeune femme. J’ai opté pour le second, dont le thème m’intéressait plus. Le dessin noir et blanc est un peu caricatural, avec de grands yeux pour les femmes par exemple, les décors peuvent être simples comme très détaillés. Les métaphores graphiques sont nombreuses, ce qui fait que le dessin est très important dans la compréhension globale de l’histoire. Du coup, le graphique paraît parfois envahissant, ce qui est aussi du à la petite taille des vignettes, qui semblent souvent bien remplies. L’histoire commence bien avant la rencontre entre Xavier et Sylvia car il faut connaître son parcours complet pour mieux appréhender et comprendre leur relation. Celle-ci est très particulière, de même que les caractères des deux personnages principaux. Franchement, je n’ai eu aucun atome crochu avec eux. Dès le départ, je n’ai pas du tout aimé Sylvia et son comportement très imature (c’est le genre de personne que je fuis comme la peste) et Xavier n’est pas vraiment mieux vu qu’il aura une relation de longue durée avec elle, comme s’il excusait ses défauts. Leur relation est spéciale mais au final, je trouvais qu’ils allaient bien ensemble ! On voit comme la relation évolue, ce que chacun recherche chez l’autre mais il faut vraiment faire un effort de compréhension. L’auteur suggère plus qu’il ne dit et s’il n’utilise pas toujours les mots pour décrire la relation, il va utiliser le dessin et des métaphores pour faire passer son propre ressenti. C’est assez original mais j’ai trouvé que c’était parfois un peu trop : certaines images parlent sûrement à l’auteur mais pour la lectrice que je suis, je ne suis pas sûre de les avoir toujours bien comprises. Par contre, j’ai aimé la franchise de l’auteur : il n’est pas tendre avec lui-même et se montre souvent de façon peu avantageuse. De même, certaines scènes sont assez crues et pourraient choquer un certain public. Une préface et une postface complètent l’album mais je n’ai pas trop compris leur utilité, hormis le fait qu’elles encensent le travail de l’auteur (particulièrement la postface) à tel point qu’on croirait presque lire un argument de vente ! Au final, c’est une lecture pas facile, assez longue car il faut passer du temps à interpréter chaque chose mais comme je n’ai pas accroché avec les protagonistes (aucun ne m’a touchée émotionnellement … enfin, si, ils m’ont tous les deux agacée prodigieusement), j’en ressors un peu déçue ! En tout cas, ça a le mérite de me rappeler que certaines personnes peuvent être très compliquées dans leurs relations avec les autres !!!!

Les avis de Mo et de Jérôme.

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25 octobre 2017

Tales from the darkside ---- Joe Hill et Gabriel Rodriguez

TalesfromthedarksideLa réalité peut parfois varier de façon étonnante et bizarre : c’est pendant ces moments étranges qu’on a un aperçu du dark side. Pour Ziggy, l’été s’annonçait parfait : le lycée enfin terminé, un poste de maitre-nageur à la piscine locale, la maison familiale pour lui tout seul et des fêtes endiablées tous les soirs. Mais un jour, une femme meurt à la piscine alors qu’il est en charge de la sécurité mais qu’il somnolait sans prêter attention. A partir de ce terrible moment, Ziggy est incapable de dormir mais dès qu’une personne le regarde, celle-ci tombe immédiatement endormie. Pour Brian, qui a régulièrement des crises d’épilepsie depuis son enfance, la perte de son travail est catastrophique. L’homme vit seul, n’a pas d’ami, et surtout, la réalité a tendance à devenir étrange et décalée quand on a affaire à lui et il a peur d’une apparition qu’il a surnommée Champion. Alors, quand un homme mystérieux lui propose une opération du cerveau avec implantation d’une puce pour résoudre tous ses problèmes, Brian accepte tout de suite. Quant à Joss, après avoir arraché la boite aux lettres de ses nouveaux voisins, la jeune fille se voit dans l’obligation d’accepter de servir de baby-sitter pour leurs deux enfants. Mais ces deux gamins vont se révéler très étranges …

J’aime beaucoup ce que fait Joe Hill et quand j’ai vu qu’il s’était remis en équipe avec Gabriel Rodriguez au dessin, après l’excellente série Locke & Key qu’ils avaient créée ensemble, j’ai tout de suite craqué pour cet album. Celui-ci est assez spécial car il est la mise en comic de plusieurs scénarios écrits par Joe Hill pour une série télévisée, Tales from the darkside, qui existait dans les années 1980 et qui devait faire un come-back dans les années 2010. L’auteur a une relation particulière avec cette série qui l’a marqué dans sa jeunesse et pour laquelle son père a écrit un épisode. Malheureusement, après le tournage de deux épisodes, le projet est tombé à l’eau alors que Joe Hill avait planifié une histoire cohérente avec un fil conducteur s’étalant sur plusieurs saisons avec des mini-récits pour chaque épisode. Dans cet album, on découvre donc trois histoires et un personnage récurrent dans chacune des trois. Bien sûr, le fantastique est le thème principal avec des altérations de la réalité sans que ce soit gore ou trop violent (mais cela peut être tragique). Le dessin est réaliste, tout en finesse, avec des personnages expressifs et des couleurs pastel. Il me semble que c’est légèrement plus brouillon que Locke & Key mais comme ça fait longtemps que j’ai lu la série, je me trompe peut-être ! J’ai aimé découvrir ces histoires étranges aux atmosphères parfois oppressantes. C’est vraiment agréable de se plonger dans du fantastique classique, sans vampire, zombie, virus ou autre monstre : ici, c’est juste la réalité qui se met à déraper et cela semble encore plus effrayant que n’importe quel monstre. Par contre, là où c’est un peu frustrant, c’est qu’on sent qu’il y a du potentiel dans le fil conducteur qui relie les récits, qu’une explication pourrait se profiler à l’horizon mais celui-ci ne sera donc jamais exploité (enfin, il l’a été mais cela restera dans les tiroirs de l’auteur). A part ce petit bémol, c’est une bonne lecture pour Halloween et ça m’a donné le goût de revoir cette série !

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24 octobre 2017

Dead Body Road ---- Justin Jordan, Matteo Scalera et Moreno Dinisio

DeadbodyroadUne banque vient d’être attaquée par un groupe armé mais le hold-up a mal tourné et plusieurs personnes sont mortes, que ce soit parmi le personnel de la banque que parmi les attaquants. Parmi les victimes, il y a Anna, qui travaillait comme agent de sécurité. Son époux, Orson Gage, ancien flic, n’a qu’une idée : venger la mort de sa femme. Pour cela, il faudra qu’il découvre qui est le responsable et il se met en chasse. Parmi les attaquants, il y a Jimmy, qui n’est pas d’accord avec la politique du groupe et qui veut s’enfuir avec Rachel, sa compagne mais le chef des voleurs n’est pas d’accord car il n’a pas encore récupéré tout le butin …

Mon résumé est un peu brouillon, tout comme l’histoire de cet album. Dès le départ, la narration saute d’un personnage à l’autre, d’une scène à l’autre sans réelle transition et c’est au lecteur de comprendre plus ou moins ce qui s’est passé. Il m’a fallu plusieurs minutes et de nombreux retours en arrière pour y arriver, pour comprendre les relations entre les uns et les autres. Et puis, une fois l’histoire mise en place, le récit devient plus classique, que ce soit dans son contenu que dans sa narration : il s’agit d’une course-poursuite associée à une fuite, avec courses de voitures et de motos, fusillades en tous genres, menaces et tortures. Le dessin est anguleux, dynamique, presque trop car lors des scènes d’action, il devient un peu trop brouillon pour qu’il soit facile de suivre les évènements. Les personnages sont assez différents physiquement pour qu’on les reconnaisse et pourtant, j’ai parfois eu du mal à les identifier (surtout dans les scènes d’action) … disons qu’il vaut mieux être bien attentif ! Les couleurs sont variées mais jamais agressives, même quand le sang coule à flots (et il y a quelques scènes bien gores !). L’histoire en elle-même est assez bateau, sans grande originalité. Il y a beaucoup d’action mais comme les personnages ne sont pas vraiment creusés, j’ai suivi les choses avec un certain détachement, sans m’impliquer dans le récit. Bien sûr, il y a celui qui veut se racheter, le vilain méchant, les hommes de main pas très fûtés, ceux qui courent après l’argent et pour compléter le tableau, il y a aussi une jeune femme qui n’a pas froid aux yeux. Tout est prévisible et si l’ensemble se lit facilement et rapidement, une fois passé le « flottement » du début, il me semble que c’est une lecture qui sera très vite oubliée et qui n’a rien apporté de plus qu’un moment de détente lambda.

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23 octobre 2017

The last contract ---- Ed Brisson et Lisandro Estherren et Niko Guardia

ThelastcontractUn vieil homme mène une vie paisible à Cumberland, dans l’Ouest du Canada. Il va parfois diner au restaurant du coin, s’occupe de son vieux chien Harv mais sa mémoire n’est plus ce qu’elle était. Il ne se rappelle plus des noms des gens qu’il croise régulièrement et oublie plein de petites choses. Mais un soir en rentrant chez lui, un homme l’attend pour le tuer … à part que, malgré sa vieillesse et ses pertes de mémoire, le vieil homme a encore de bons réflexes et sait se défendre. Il faut dire qu’il a passé une grande partie de sa vie comme tueur à gages. Mais là, il semble que ce soit sur sa tête qu’un contrat a été mis …

Me revoilà plongée dans un comic américain et cette fois, j’ai presque été étonnée de découvrir des pages qui ne sont pas en papier glacé, comme c’est souvent le cas. Par contre, j’ai bien aimé ce choix car il n’y avait pas de reflets et la lecture en a été d’autant plus facilitée (maintenant, avec l’âge, le moindre petit truc peut s’avérer problématique pour lire : police bizarre et/ou trop petite, contraste peu important au niveau du texte, papier glacé qui brille trop et qui nécessite une certaine luminosité …). En deuxième surprise, ce fut le fait que l’histoire se passe au Canada, ce qui change des traditionnels USA (bon, la couverture l’annonce bien avec la skyline de Toronto). Le graphisme est assez classique du genre : un trait anguleux, nerveux, un peu brouillon, des décors réalistes, des personnages plutôt reconnaissables facilement mais des couleurs étonnantes tirant vers le pastel, comme pour contrebalancer la noirceur du propos. Le vieil homme, sorte de héros/anti-héros n’a pas de nom comme si lui-même allait s’effacer de la mémoire des gens et malgré les défauts de sa vie passée, il m’est apparu comme quelqu’un d’attachant (sa relation avec son chien m’a particulièrement touchée … bien sûr !). Ses pertes de mémoire pourraient le rendre vulnérable mais il reste doué dans l’analyse des gens qui l’entourent et son âge ne semble pas avoir d’influence sur son efficacité physique. On va peu à peu découvrir pourquoi on cherche à le tuer et les infos arrivent peu à peu, conservant un certain suspense pendant plus des trois quarts de l’album. En plus du côté mystérieux du contrat mis sur sa tête, l’action n’est pas en reste dans l’album : il y a des bagarres, des échanges de coups de feu, les prises d’otage, des traquenards, des rebondissements et j’en oublie. Ça donne un bon rythme et du coup, on dévore les pages. La fin m’a bien plu car elle est humaine et plutôt originale. L’idée d’un ancien tueur à gages malade, qui perd la mémoire, elle n’est pas nouvelle car elle a déjà été exploitée (surtout en film) mais cela donne une dimension supplémentaire à l’histoire. Au final, j’ai passé un très très bon moment de lecture, sans temps morts et avec des personnages qui ne laissent pas indifférents. J’ai même regretté d’arriver si vite aux dernières pages !

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22 octobre 2017

Voyage au pays de la peur ---- Rodolphe et Dzialowski

VoyageaupaysdelapeurProvidence, Rhode Island, mars 1934. L’écrivain de romans et de nouvelles fantastiques et d’horreur Howard Phillip Lovecraft fait régulièrement des cauchemars. Quelques mois auparavant, un groupe d’auteurs publiant leurs œuvres dans la revue Weird Tales, dont Lovecraft fait partie, ont décidé de se réunir une ou deux fois par an au Trevenor Club pour raconter, chacun son tour, une histoire effrayante de leur invention. Mais un soir, Robert Howard amène avec lui un homme étrange et nerveux, Grogan Masson, pharmacien et botaniste de formation. Ce sera lui qui racontera l’histoire du soir : il va parler de ce qu’il a vécu lors d’une expédition vers le Pôle Sud, les nombreuses disparitions sur le bateau, la présence d’un passager clandestin et surtout l’arrivée dans les glaces du Pôle …

C’est à cause de la référence à l’auteur H.P. Lovecraft que j’ai acheté cet album vu que c’était un de mes auteurs favoris quand j’étais adolescente. J’adorais les ambiances glauques de ses romans, la présence, toujours diffuse, de monstres et de dieux oubliés, d’un monde parallèle au notre et qui parfois domine. Je voyais donc cet album comme un hommage à tous ces auteurs de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème, qui écrivaient romans et nouvelles fantastiques, gothiques voire d’horreur et qui avaient su créer un tout nouveau genre. A travers un graphisme crayonné noir, gris et blanc, aux tendances réalistes et aux décors soignés, les auteurs ont effectivement lorgné du côté du Sphynx des glaces de Jules Verne et d’Edgar Allan Poe mais aussi de tous les autres écrivains de ce style. J’ai beaucoup apprécié le dessin qui donne une bonne ambiance pour servir l’histoire, à la fois surannée et un peu étouffante, et j’ai trouvé les personnages faciles à reconnaître malgré des similitudes de physionomie (mais les auteurs ont réussi à toujours trouver un petit détail différent pour chaque : couleur de cheveux, absence de barbe, coiffure ou autre). L’histoire n’est pas très nouvelle car il me semble avoir déjà lu d’autres albums allant dans le même sens (et eux aussi inspirés de Lovecraft). Mais j’ai trouvé qu’elle était bien menée, avec juste ce qu’il faut de mystère. Quant à la révélation soit-disant effrayante, elle ne l’est pas franchement mais elle colle bien à ce qu’on pouvait trouver dans ce genre de romans à cette époque. Ce n’est pas une lecture qui peut empêcher de dormir car l’histoire est « gentillette » mais j’ai néanmoins apprécié ce petit voyage, qui à défaut d’être vraiment au pays de la peur, a au moins le mérite d’être un hommage aux écrivains de littérature fantastique et permet de passer un petit moment de détente.  

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21 octobre 2017

Carabin et Caipirinha ---- Cynthia Bonacossa

CarabinetcaipirinhaCynthia est étudiante en médecine à Rio de Janeiro. Si elle apprécie parfois son futur métier quand elle est en contact avec les patients, elle passe surtout beaucoup de temps à faire la fête, allant d’une soirée à l’autre, rencontrant des étudiants à différents stades de leurs études et se faisant de nouvelles amies. La boisson coule à flot, la drogue aussi et Cynthia n’est pas toujours insensible aux charmes des jeunes hommes qu’elle rencontre, bien qu’elle soit déjà en couple avec Bruno …

Je m’attendais à découvrir un album racontant, de façon plus ou moins romancée, la vie de l’auteure pendant ses études de médecine. Je pensais que l’histoire allait se diviser à parts égales entre les études et la vie privée de Cynthia, comme le titre le suggérait. En fait, l’album se concentre beaucoup plus sur les fêtes et les beuveries des étudiants, avec un suivi aléatoire de la relation entre Cynthia et Bruno et en toile de fond, les études de médecine, avec des moments concernant les cours ou les examens ou bien les rencontres avec des patients. J’ai trouvé intéressant de voir comment les études de médecine étaient organisées au Brésil : cela m’a paru bien plus cool qu’en France. Les cours semblent plus simples, les examens moins axés sur la concurrence entre étudiants et les relations avec les professeurs sont plus décontractées. Quant aux scènes où Cynthia a affaire à des patients, elles sont intéressantes mais trop peu nombreuses. Par contre, après cette lecture, on a notre compte de fêtes et autres soirées, qui dégénèrent presque à chaque fois et les gueules de bois de Cynthia ne la rendent pas vraiment sympathique. On voit bien qu’elle se cherche, qu’elle n’est pas sûre de vouloir faire médecine, que cela ne la passionne pas vraiment. Cela pourrait être acceptable si elle en était au début de ses études mais ce n’est pas le cas : du coup, elle m’est apparue comme quelqu’un d’immature et de peu attachant. Le dessin noir et blanc est assez brouillon, il part parfois dans tous les sens même s’il reste limité par des cases (non matérialisées par des contours mais cases quand même). Qui plus est, je n’ai pas trop compris pourquoi l’héroïne avait un nez aussi bizarre (on dirait un gant avec les doigts qui pendouillent) alors que les autres personnages ont des nez normaux. Est-ce pour mieux la reconnaître ? C’est vrai qu’il faut dire qu’il est parfois difficile d’identifier les personnages mais l’album n’est pas suffisamment passionnant pour que ce soit un vrai problème : les autres protagonistes ne sont pas franchement utiles à la compréhension de l’histoire ! Je pensais qu’il y aurait aussi de l’humour mais si c’est le cas, je ne l’ai pas détecté ! Du coup, j’ai été un peu déçue de la part déséquilibrée entre vie estudiantes/études proprement dites : le titre aurait dû voir le mot Carabin écrit en petit et Caipirinha écrit en gros et non l’inverse comme cela a été fait. Bien sûr, on est un peu dépaysé avec les références aux chansons brésiliennes mais bon, cela n’a pas suffit pour que j’apprécie vraiment cette lecture … ça m’a paru très banal !

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20 octobre 2017

La saga de Grimr ---- Jérémie Moreau

LasagadegrimrIslande, 18ème siècle. Le pays vit sous la houlette du Danemark et la vie dans cette île au climat rude et à la nature sauvage et indomptée n’est pas facile. Alors que le volcan voisin de la maison où vit Grimr et sa famille subit une éruption, la fuite semble la seule solution mais dans la vallée, des Danois attendent les survivants. Ces derniers n’ont qu’un seul intérêt commercial : ils ont les cheveux roux. Grimr arrive à s’échapper et rencontre Vigmar le voleur, qui prend l’enfant sous son aile. Ensemble, ils vont voyager jusqu’à s’installer à l’entrée d’un fjord pour travailler en tant que passeurs. Grimr grandit et devient d’une force surhumaine mais le travail que Vigmar et Grimr effectuent ne plait pas aux habitants des villages plus loin dans le fjord, qui ont vu une baisse de leurs revenus depuis l’installation des deux hommes …

Cet album, construit un peu comme une saga islandaise, raconte l’histoire de Grimr, depuis son enfance, quand il devient orphelin jusqu’à sa mort. On découvre un enfant qui semble calme mais dont le caractère est volcanique : il ne s’énerve pas forcément vite mais quand ça arrive, c’est spectaculaire. D’ailleurs, tout est spectaculaire chez lui : ses cheveux roux, son regard fixe, sa force hors-norme, son caractère entier qui cherche toujours à comprendre et à faire ce qui est juste. Vigmar, avec qui il fait équipe un certain temps, est là pour lui forger le caractère, lui répétant qu’il est un digne héros de saga et que les gens chanteront ses louanges. Mais la vie de Grimr, qui commence plutôt mal, va être une succession de drames et d’injustices. Autant dire que ce n’est pas une lecture joyeuse !!!! Il y a pourtant des moments d’éclaircie mais ils semblent trop brefs, trop rares. J’ai trouvé intéressant de découvrir quelques bribes de la vie islandaise de cette époque, comment les villages étaient organisés, comment se rendait la justice mais ces détails restent superficiels et peu nombreux. Le récit est centré sur Grimr, sur ses sentiments et ses espoirs, décrits de façon assez subtile. C’est au lecteur de comprendre le jeune homme, de se mettre à sa place. Et c’est vrai qu’il a tout pour être attachant et pour qu’on se révolte devant ce qui lui arrive. Malheureusement pour moi, je n’ai pas accroché au dessin, particulièrement à la représentation de Grimr et du coup, le lien qui aurait du se tisser entre lui et moi n’est pas apparu. Je n’arrivais pas à passer outre sa coupe en brosse, sa frange et ses sourcils qui lui donnaient un aspect de brute bas de plafond, ce qu’il n’est pourtant pas ! Je pense qu’une autre représentation graphique du personnage aurait entièrement changé ma perception. Le pire, c’est que je n’ai eu aucun problème avec les autres protagonistes ! Par contre, les graphismes se concentrant sur les décors et les paysages sont superbes, avec des couleurs très agréables et très naturelles. Voilà donc une lecture en demi-teinte car, pour une fois, le graphisme a influé sur mes impressions, ne me permettant pas de me connecter avec le héros de l’histoire et donc, malgré un récit empreint de violence et d’émotion, je n’ai pas ressenti grand chose !  

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19 octobre 2017

Article 353 du code pénal ---- Tanguy Viel

Article353ducodepenalMartial Kermeur a poussé à l’eau un promoteur immobilier lors d’une sortie de pêche dans la rade de Brest. Présenté devant le juge d’instruction, Kermeur ne nie pas son geste et raconte comment il en est arrivé là. L’histoire commence plus de six ans auparavant, alors qu’il venait d’être licencié de l’arsenal et qu’il attendait sa prime de départ. Pour lui faciliter la vie, le maire de la petite ville où il habite, sur la presqu’île en face Brest, lui propose de loger gratuitement dans la maison de gardien d’un manoir à l’abandon et promis à la vente. En échange, Kermeur s’occupe d’entretenir l’immense terrain et de faire visiter les lieux. Un jour, Antoine Lazenec, achète les lieux, décidé à les transformer en immeubles de haut standing …

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu de roman de cet auteur breton mais je n’en gardais pas forcément de très bons souvenirs. Et maintenant, je sais pourquoi !!! L’histoire de Martial Kermeur est intéressante à découvrir car elle représente un pan de la société actuelle. On voit comment sa vie bien planifiée tourne mal : son licenciement, son divorce, son fils Erwan qui se retrouve en prison, son ami le maire qui se suicide et en toile de fond, un promoteur sans scrupules et on comprend assez bien comment Kermeur se retrouve à pousser Lazenec à l’eau. Et puis, on découvre aussi quel est ce fameux article 353 du code pénal, article que je ne connaissais pas du tout (mais bon, je ne connais quasiment rien du code pénal !). Par contre, là où le bat blesse pour moi, c’est au niveau du style ! Ce n’est vraiment pas un style qui me convient, je le trouve lourd, pesant, avec des phrases longues. Le livre est court et aurait dû être lu bien plus rapidement mais le style a plombé ma lecture. Je reconnais que c’est travaillé, que certaines expressions collent bien aux personnages mais non, ce n’est pas pour moi ! Du coup, maintenant, je vais me tenir éloignée de cet auteur vu que c’était le même bémol lors de mes précédentes lectures !

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18 octobre 2017

Le liseur du 6h27 ---- Jean-Paul Didierlaurent

Leliseurdu6h27Guylain Vignolles a bientôt quarante ans et n’espère plus grand chose de la vie. Il n’a toujours pas trouvé la femme qui pourrait partager son quotidien, ses relations sont limitées à son poisson rouge Rouget de Lisle et à ses deux amis, Yvon qui s’occupe de la guérite sur leur lieu de travail et qui ne parle qu’en alexandrins, et Guiseppe, qui travaillait à la même usine mais qu’un accident a mis en retraite anticipée. Le seul plaisir de la journée de Guylain, c’est le matin quand il prend le RER à 6h27 et qu’il va lire à haute voix, pour les voyageurs du wagon, les feuilles orphelines qui ont réussi à échapper à la destruction des livres auxquelles elles étaient attachées. Car il faut dire que Guylain travaille sur une machine infernale chargée de pilonner les livres invendus ou abîmés …

En ce moment, je suis plutôt dans les petits livres vite lus et celui-ci ne déroge pas à la règle. Comme il avait été sélectionné pour le prix Inter-Entreprise CEZAM 2015, j’en avais déjà entendu parler par ceux et celles qui participaient au prix (ce que je faisais il y a quelques années mais j’ai arrêté pour diminuer ma quantité de lectures « imposées ») mais il était alors presque impossible de mettre la main dessus à la médiathèque et il fallait même attendre si on le réservait vu que c’est lui qui a remporté le prix au final ! Ce roman, qu’on peut presque voir comme un conte moderne, raconte l’histoire de Guylain, un homme qui se voit vieillir seul et qui ne supporte pas son travail. Il est celui qui met en route et nettoie la machine infernale, la Zerstor, qui broie et détruit tous les livres voués au pilon. La description de la machine est particulièrement bien réussie : on croirait être en face d’un monstre ayant une vie propre, une chose cruelle et sans pitié et pour quiconque aime les livres, ce genre de machine ne peut qu’être horrible et faire frémir d’horreur ! Quant à la vie de Guylain, elle est terne et semble sans espoir. Ses seuls rayons de soleil dans sa grisaille quotidienne apparaissent le matin dans le RER, quand il lit à haute voix les pages qui ont échappé au massacre et qui peuvent aborder n’importe quel sujet (livre de cuisine, roman, livre de bricolage ou de jardinage …). A ce moment, s’installe comme une sorte de communion entre les voyageurs et Guylain. C’est peut-être là que j’ai des doutes sur les réactions de vrais voyageurs du RER, il me semble qu’ils ne seraient pas si emballés que ça par ces lectures ! Mais bon, on va dire que le monde décrit n’est pas aussi terrible que le nôtre ! Et malgré un quotidien banal, Guylain, grâce à ces feuilles qu’il abandonne dans le wagon toujours à la même place après les avoir lues, finira par voir sa vie chamboulée par une découverte. J’ai aimé voir décrits des gens normaux, avec leurs failles et leurs attentes et cela sonne juste et réaliste. Cela pourrait être votre voisin, l’homme qu’on croise au café ou à la bibliothèque, celui qu’on ne remarque pas vraiment. Cela donne un côté très humain auquel il est très facile d’adhérer et les personnages sont attachants, bien que parfois un peu clichés (mais on leur pardonne !). J’ai trouvé que c’était vraiment un roman sympathique à lire, qui fait souvent sourire et qui laisse une bonne impression positive !

Les avis de Liliba et Clarabel.

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