La bibliothèque du dolmen

24 avril 2018

Winter ---- Rick Bass

WinterEn 1987, alors qu’il va avoir bientôt trente ans, Rick Bass et sa compagne Elizabeth sont à la recherche d’un refuge idéal pour les artistes qu’ils sont. Rick, bien que géologue de formation, est écrivain et Elizabeth peint et leurs critères de choix vont vite être limités par manque d’argent. Mais ils sont sûrs d’une chose : ils veulent être proches de la nature et n’ont pas peur de l’isolement. Après de nombreuses recherches, ils tombent amoureux du Montana et plus particulièrement de la région de la Yaak River, au nord de l’état, non loin de la frontière canadienne. Ils trouvent alors une maison à entretenir pour l’hiver, son propriétaire ne venant qu’occasionnellement aux beaux jours ou pour chasser. Va alors commencer l’installation et la longue préparation de l’hiver à venir, avec quantité de bois à couper, de réserves à faire, d’organisation à planifier mais à l’intégration dans la communauté locale se passe bien et Rick attend l’arrivée de la neige avec impatience …

Ce livre, sous la forme d’un journal de bord, raconte l’installation de Rick et sa compagne dans une région reculée du Montana alors qu’ils sont des gens qui n’ont vécu jusqu’à présent que dans le Sud des Etats-Unis. On commence brièvement par leur recherche d’un havre de paix et de nature où ils pourraient travailler tranquillement. Une fois celui-ci découvert, on rentrera dans le vif du sujet : l’arrivée de l’hiver (bien qu’on ne soit qu’en septembre lors de leur installation). Il faut dire que cette saison est rude dans cet endroit isolé et il faut être prêt à toutes les éventualités. Il faut avoir coupé suffisamment de bois pour tenir plusieurs mois, il faut avoir des véhicules en état de marche, une radio en cas d’urgence, les réserves pour tout (nourriture, fuel pour les générateurs car il n’y a pas l’électricité et autres petites choses indispensables). J’ai trouvé très intéressant de voir cette communauté restreinte de personnes, qui sont toujours prêts à s’entraider mais qui apprécient la solitude, qui ont tous leurs petits trucs et son prêts à les partager. Rick a aussi beaucoup d’humour lors des descriptions, que ce soit des gens, des opérations de réparation de son véhicule ou des séances de débittage de bois. Il décrit aussi merveilleusement bien cette nature omniprésente et si vivante et la neige devient un personnage à part entière, avec son côté parfois un peu effrayant mais si majestueux et hypnotisant. En plus, c’est aussi amusant de se rappeler comment on vivait à la fin des années 1980 : pas de téléphone portable, pas d’ordinateurs (ou très peu) et du coup, plein de temps libre pour faire autre chose et d’observer les choses qui nous entourent. Cet isolement, relativement limité (car les habitants du coin se retrouvent pour des soirées de façon régulière malgré la neige) permet aussi à Rick de se recentrer sur ses attentes, sur le sens qu’il veut donner à sa vie et sur la tournure que prend le monde (pollution et autres joyeusetés dont on se passerait bien). On sent bien l’attachement de l’auteur à cette région et j’ai trouvé qu’il nous communiquait bien cet amour. Une lecture bien sympathique et une façon de voir les choses dont je me sens proche !

Les avis de Papillon et Hélène.

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23 avril 2018

Belle-île en père ---- Weber et Nicoby

BelleileenpereVanessa Blue est une actrice dans une série à succès. Mais la jeune femme, qui a été très vite propulsée sur le devant de la scène, a besoin de prendre du recul. Qui plus est, son petit ami du moment, un écrivain bobo parisien, lui a demandé de jouer dans une de ses pièces de théâtre et Vanessa a la sensation que ce genre de rôle pourrait lui apporter plus de crédibilité dans le milieu artistique. La jeune femme décide donc de passer quelques semaines à Belle-Ile, où elle a vécu étant enfant et où son père, qu’elle a très peu connu avait ses attaches. Mais Belle-Ile a aussi été le refuge d’une autre actrice célèbre des dizaines d’années plus tôt : Sarah Bernhardt, qui était fascinée par la beauté et l’aspect sauvage de l’île bretonne …

Avec mon résumé et comme son titre l’indique, on sait tout de suite qu’il sera question de la recherche d’un père peu connu. Vanessa n’a que les souvenirs racontés par sa mère et quelques flashs de son enfance et ce n’est donc pas par hasard qu’elle choisit cette île pour faire le point et se ressourcer. Le contraste entre le milieu parisien superficiel, à travers le plateau et l’équipe de tournage et son petit ami bobo intellectuel, et le milieu simple mais vraide l’île est bien rendu. Il n’y a plus de pollution, plus de trafic mais l’air de la mer et les landes sauvages mais on voit quand même que les comportements ont tendance à se ressembler : fans sur le bateau qui réclament des photos, comité d’accueil officiel sur l’île pour favoriser une place à l’élection municipale … si les gens sont plus naturels, on voit quand même qu’ils ne sont pas à l’abri des réactions générales de la capitale. La narration alterne entre l’histoire de Vanessa et celle de Sarah Bernhardt, très haute en couleur et très fantasque mais aussi très attachante. C’est intéressant de déouvrir la présence de cette célèbre comédienne sur l’île mais j’ai eu du mal à voir la liaison entre les deux récits (hormis la réflexion possible sur la célébrité). Cela paraît très artificiel, un peu comme une brochure de l’office du tourisme qui voudrait mettre en avant certains évènements de l’île. D’ailleurs, il y a un petit dossier, avec de chouettes photos, qui reprend tout ce qu’il y a à voir ainsi qu’une partie de la vie et de l’Histoire de Belle-Ile. J’ai reconnu tout de suite le graphisme de Nicoby, avec ses personnages très simples et ses décors minimalistes (mais néanmoins bien présents pour donner l’ambiance). De même, les couleurs franches m’ont rappelé ses autres albums. C’est une lecture rapide mais hormis l’intérêt de découvrir Belle-Ile pour ceux qui ne la connaissent pas (ou de la retrouver pour les autres !), j’ai trouvé l’intérêt de l’histoire un peu léger (on sait qu’il y a un secret qu’on découvrira à la fin mais il n’est pas très surprenant) et les personnages m’ont paru peu fouillés. Une lecture pour l’été mais qui sera vite oubliée !

Les avis de jerome et Yv.

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22 avril 2018

The housekeeper and the professor (La formule préférée du professeur) ---- Yoko Ogawa

ThehousekeeperandtheprofessorUne aide-ménagère est placée par sa société chez un célibataire de soixante ans, mathématicien de génie souffrant d’un grave problème de mémoire. Depuis un accident de voiture survenu il y a plus de quinze ans, l’homme souffre de perte de mémoire : celle-ci est limitée aux dernières quatre-vingt minutes, le reste de ses capacités étant normales et sa mémoire antérieure à l’accident intacte. Une peu inquiète par l’accueil du professeur, qui la découvre pour la première fois tous les matins, la femme finit par apprécier peu à peu la passion de l’homme pour les mathématiques et les nombres, qui sont systématiquement au centre de ses discours. Et au fil de leurs discussions, le professeur apprend que cette femme venue l’aider dans l’organisation de sa vie quotidienne, est la mère célibataire d’un enfant de dix ans. Il lui demande alors de ne pas le laisser seul alors qu’elle travaille et l’autorise à venir les rejoindre à la sortie de l’école. Va alors se tisser une amitié entre le petit garçon surnommé Root et le professeur …

C’est le premier livre de cette auteure japonaise que je lis alors qu’elle a pourtant écrit de nombreux titres parus en France. Mais étrangement, je l’ai lu en anglais car c’était la langue de mon exemplaire maison (oui, je sais … c’est un peu bizarre !). Ce titre faisait partie de la sélection du club lecture de mon village mais j’avais déjà noté ce livre depuis un moment vu qu’il faisait déjà partie de ma PAL. Ce roman fait la part belle aux mathématiques et aux relations humaines. J’ai eu un petit peu du mal au niveau maths au départ car cela faisait longtemps que je n’avais pas abordé cette matière en anglais mais c’est vite revenu. Je me suis amusée à faire les problèmes posés par le professeur et j’ai savouré toutes ces choses étranges qu’on retrouve parfois en math tels les nombres amis. J’ai aussi apprécié la relation qui se tisse peu à peu entre le professeur, son aide-ménagère et le fils de celle-ci : elle est très humaine, très respectueuse mais aussi très profonde et elle interpelle le lecteur. Par contre, j’ai été un peu dubitative quant aux capacités de l’aide-ménagère à comprendre et à résoudre les problèmes proposés par le professeur ! Certes, il explique bien mais je ne suis pas sûre qu’ils soient si faciles que ça à appréhender si on ne connaît pas un minimum les maths (ayant fait un bac scientifique et des études technologiques et aimant les maths, j’ai du mal à avoir le recul suffisant pour juger de la difficulté réelle des problèmes). Par contre, j’ai commencé à trouver que l’histoire se gâtait vers le milieu du roman quand le base-ball a commencé à prendre une place importante dans la narration. Même si je connais les règles de base de ce jeu, il ne me passionne vraiment pas du tout et j’ai trouvé très long toutes ces descriptions de matchs, cette énumérations de joueurs et leurs statistiques. Ça cassait mon rythme de lecture et je commençais à m’ennuyer, ne retrouvant de l’intérêt qu’aux moments où l’auteure revenait à la relation amicale entre le professeur et son aide-ménagère. J’ai donc apprécié dans l’ensemble cette lecture mais avec quelques bémols qui m’ont un peu gâché la fin.

*Lu en anglais*

Les avis de ICB, Brize, Papillon, Yv, Leiloona, Chatperlipopette, Aifelle, Keisha, Lasardine et j'en oublie sûrement !

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21 avril 2018

Dans les glaces ---- Simon Schwartz

DanslesglacesEn 1879, à Baltimore, le jeune Matthew Henson n’a que douze ans quand il veut d’enrôler sur le Katie Hines, un bateau de commerce naviguant sur toutes les mers du globe. Le capitaine l’accepte et le prend sous son aile, lui apprenant à lire et à écrire et le formant comme charpentier de marine. Mais Henson a un handicap sévère pour cette époque : il est noir et bien que l’esclavage ait été aboli plusieurs années auparavant, le racisme est toujours très présent. Mais la débrouillardise du jeune homme finira par payer. Embauché comme domestique en 1887 lors de la mission du commandant Robert Peary chargé de planifier un éventuel canal reliant l’Atlantique au Pacifique à travers le Nicaragua, il va vite s’imposer comme responsable d’une équipe d’arpenteurs. Et quand Robert Peary reprend son exploration des régions polaires au nord du Groenland dans l’espoir d’atteindre le pôle Nord, Henson est forcément de la partie et va devenir pour les Inuits un être de légende …

Cela fait un bon moment que cet album patiente chez moi et de temps en temps, je décide d’attaquer mes stocks au lieu d’aller emprunter des nouveautés ou autres à la médiathèque. Et comme je venais de lire La lune est blanche avec une expédition actuelle en Antarctique, cela m’a donné l’envie de me plonger dans un récit historique concernant cette fois l’Arctique. En plus, qui se rappelle de Matthew Henson ? Pas grand monde vu que l’époque ne favorisait pas de mettre en avant les exploits de personnes de couleur. Il a quand même fallu attendre 2000 pour qu’il soit officiellement reconnu par la National Geographic Society et obtienne, à titre posthume, la médaille Hubbard. C’est donc de façon un peu romancée et libre que l’auteur allemand Simon Schwartz retrace la vie incroyable de cet homme. Il se permet quelques libertés d’adaptation mais comme il y a une chronologie réelle de tous les évènements, on voit tout de suite où les légères modifications sont apportées. Le dessin est un peu stylisé, souvent tout en rondeur et simplicité. Les personnages sont bien différenciés et on les reconnaît bien par rapport aux photos jointes en fin d’album. Les décors sont assez épurés : il y a des détails quand il faut mais ils peuvent aussi être limités si besoin. J’ai aimé l’alternance des époques, entre la jeunesse d’Henson et sa vieillesse car on voit que le comportement des gens à son égard n’a pas tellement évolué. Cela pose ainsi le problème du racisme et la reconnaissance de tous les être humains, peu importe leur couleur de peau. J’ai très souvent été révoltée par l’attitude des gens qui entourent Henson car ils se comportent de façon égoïste et méchante. Même ceux qui paraissent sympathiques ont toujours une occasion pour mal se comporter ! Je me suis d’ailleurs souvent exclamée : « il n’y en a pas un pour rattraper l’autre ! ». Mais l’époque se voulait très concurrentielle au niveau des découvertes et particulièrement celles de pôles. Avec ces expéditions, on aborde aussi des évènements plus connus, comme la venue d’une groupe d’Inuits à New York (déjà narré dans l’album Groenland Manhattan). J’ai trouvé l’ensemble très agréable visuellement, avec ses tons gris bleutés, et très intéressant à lire et surtout, il faut absolument découvrir cet album pour honorer la mémoire et l’exploit de Matthew Henson !

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20 avril 2018

Zátopek ---- Jan Novák et Jaromir 99

ZatopekEmil Zátopek est né en septembre 1922 dans une petite ville de Tchécoslovaquie dans une famille ouvrière dont le père est menuisier. Il a six frères et une sœur et tous les garçons de la famille font du sport mais Emil est le plus rapide à la course, au grand dam de ses parents qui ont peur de le voir tomber malade s’il court trop. Rentré en apprentissage dans l’usine Bata, il suit des cours du soir pour devenir chimiste. Cela fait plusieurs années qu’il réussit à éviter la grande course de Zlin, à laquelle les ouvriers de l’usine doivent participer mais en 1941, son chef l’oblige à courir. Emil termine deuxième derrière le docteur Hazula, un des meilleurs coureurs de fond du pays. Ce dernier décide d’entrainer Emil, qui se prend au jeu et apprécie de gagner les courses …

Ce n’est pas un album vers lequel je serais allée spontanément car je ne suis pas franchement fan de sport (et pourtant, je me rappelle avoir fait un exposé en CM2 sur le duel Zátopek-Mimoun !!!!). Mais ce titre faisant partie de la sélection à lire pour mon club de lecture spécial BD, je me suis donc lancée. Tout d’abord, je connaissais le dessinateur pour avoir déjà acheté sa trilogie Alois Nebel (que je n’ai toujours pas lue !!!!) parce que j’avais été attirée par le style graphique. Donc, de ce côté-là, je savais que cela allait me plaire. J’aime ce trait précis et très stylisé, un peu anguleux, avec un petit côté rétro et un peu froid qui va bien avec l’époque et le lieu . Quant au choix des couleurs, orange, bleu, noir et blanc, que l’on retrouve sur la couverture, cela m’a bien plu aussi. C’est contrasté mais là encore, ça colle parfaitement au sujet. Le seul reproche que j’ai, c’est qu’il m’était parfois difficile de différencier certains personnages (ça faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé) mais dans l’ensemble, ce problème est resté très limité et occasionnel. Maintenant, à propos de l’histoire proprement dite, c’est celle d’Emil Zátopek, avec un passage ultra-rapide sur son enfance. Le récit ne commence vraiment qu’à son entrée à l’usine Bata et ses premières courses. C’est étonnant de voir qu’il a fallu qu’on lui impose de courir alors qu’il était si bon dans ce sport. J’ai aimé voir l’évolution de sa carrière et de sa vie privée, sa rencontre avec sa femme, les entrainements, les records qu’il pulvérise régulièrement, la vie en Tchécoslovaquie avant la seconde guerre mondiale et ensuite sous le régime soviétique. J’ai finalement été assez étonnée de voir que j’appréciais cette lecture et j’ai presque été déçue de voir que les auteurs avaient décidé d’arrêter la narration aux jeux olympiques de 1952 en Finlande. J’aurais bien aimé le suivre jusqu’à sa mort en 2000 car il me semble qu’il y avait encore des choses intéressantes à dire à son propos, compte tenu des évènements qui se sont déroulés de son vivant dans son pays (je pense notamment au printemps de Prague). Comme quoi, lire des albums vers lesquels on ne serait pas allé s’avère être parfois une bonne surprise !

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19 avril 2018

La lune est blanche ---- Emmanuel et François Lepage

LaluneestblancheEn septembre 2011, alors que son album sur les terres australes françaises est paru, le dessinateur Emmanuel Lepage est contacté par le nouveau directeur de l’Institut Polaire. Il lui demande de faire un album sur la petite partie du continent antarctique où les Française sont présents : la Terre-Adélie et l’Institut prendrait à sa charge le voyage. Emmanuel demande alors que son frère François, photographe, puisse l’accompagner dans l’aventure, permettant ainsi d’obtenir un album plus complet mêlant dessins et photos. S’ensuit alors plusieurs conférences d’explications sur la vie en Antarctique et sur le déroulement des missions scientifiques et le départ est prévu pour mi-décembre 2012. Mais les conditions météos ne sont pas favorables et l’attente commence à peser, surtout que les deux frères sont aussi prévus comme chauffeurs sur le Raid, le convoi de ravitaillement reliant la base Dumont d’Urville à Concordia, base franco-italienne perdue au milieu du continent de glace …

Etant fascinée par tout ce qui concerne les pôles, cet album était obligé de faire partie de ma collection de titres sur ce sujet. Et puis, je savais que je n’allais pas être déçue par le graphisme d’Emmanuel Lepage que je trouve toujours superbe, même si j’ai parfois quelques réticences sur la façon dont il raconte les histoires. Cette fois encore, dès les premières pages, avec ces aquarelles minutieuses qui s’étalent de façon grandiose sur les pages, on est emporté dans les glaces, sur une mer agitée et sauvage. J’ai aimé que la partie du récit racontant la préparation du voyage soit en sépia. On sait tout de suite à quelle époque on est en jetant un coup sur la page, on sait s’il y aura de grands ou de petits flashbacks. Toute la partie voyage et Antarctique se devait d’êtte en couleur pour bien rendre l’atmosphère : le gris de la mer qui se transforme peu à peu dans des palettes de bleus, le blanc éblouissant de la glace qui, elle aussi, peut avoir des teintes variées allant du bleu au jaune en fonction de la météo et de l’éclairage. On découvre la solidarité, la bonne entente parmi les équipes scientifiques et parmi les techniciens et les marins. On voit une traversée houleuse et propice au mal de mer. Et surtout, on arrive en Antarctique et on découvre peu à peu son immensité, sa froideur, sa difficulté mais sa beauté sans pareille. Les photos et les dessins magnifient tout cela, en nous donnant l’impression d’y être nous aussi. Ça, c’est tout ce que j’ai aimé. Du côté de mes bémols, j’ai trouvé l’auteur très enfant gâté : il est contrarié dès que les choses ne vont pas comme il le souhaite (le retard au départ, le choix à faire pour être chauffeur sur le Raid) et, si j’ai trouvé que c’était tout à son honneur de ne pas se montrer systématiquement à son avantage, il m’a néanmoins agacée. Ensuite, je n’ai pas toujours trouvé que l’organisation des rotations était bien menée : suite au retard pris à cause de la météo, certains scientifiques ne sont restés qu’un jour en Antarctique, de peur de ne pas pouvoir les récupérer plus tard. A croire qu’il est impossible de s’organiser pour réserver des places dans des vols de rotation prévus par les autres pays ! Du coup, ça dessert un peu l’Institut Polaire, qui, lui non plus, n’est pas franchement à son avantage ici. A part ces petits détails un peu irritants, ce fut une belle lecture qui donne envie de découvrir ce continent et surtout de le protéger à tout prix de nos dérives !

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18 avril 2018

Relectures

Comme j'ai dorénavant l'occasion de relire quelques livres dans le cadre de mes différents clubs de lecture (et surtout pour le club lecture de mon village) ou parfois pour le simple plaisir de me replonger dans des livres bien aimés, j'ai décidé de faire un petit billet qui résumera ces relectures de l'année. Je le mettrai à jour à chaque relecture ... je ne pense pas qu'elles dépassent une dizaine de titres au maximum !

Lechatdemathilde

Le chat de Mathilde d'Emily Gravett : je craque à chaque fois devant cet album qui montre un adorable chat qui me rappelle les miens !

 

 

 

 

Legrandtourbillondelavie

Le grand tourbillon de la vie de Voutch : je ris toujours autant devant les absurdités qu'on peut trouver dans notre société actuelle.

 

 

 

 

 

Chroniquesdejerusalem

Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle : c'est une lecture qui nous montre une région riche en Histoire et en variété humaine et qui n'est jamais compliquée. En plus, il y a des touches d'humour et j'ai autant apprécié que la première fois.

 

 

 

 

 

Crevesaucisse

Crève saucisse de Pascal Rabaté et Simon Hureau : je me rappelais d'une partie de l'histoire (et particulièrement de ce qui m'avait gênée dans la crédibilité) mais j'avais un peu oublié la fin ! Toujours est-il que j'ai pris du plaisir à relire cet album !

 

 

 

 

 

Unoceandamour

Un océan d'amour de Lupano et Panaccione : pour cette relecture, je dois dire que je me rappelais de beaucoup de chosesn même si cela faisait trois ans depuis ma première lecture ! Il faut dire que j'avais énormément aimé ... donc ça reste bien en mémoire. Je suis toujours aussi fan (et particulièrement de la mouette) !

 

 

 

 

Stationeleven

Station eleven d'Emily St John Mandel : j'avoue que j'étais impatiente de faire cette relecture dans le cadre du club lecture de mon village et je n'ai pas été déçue. J'ai trouvé ce roman aussi excellent que lors ma découverte, voire même peut-être encore mieux car j'ai pu savourer tous les petits détails et les personnages, n'étant pas soumise à la pression de savoir ce qui allait arriver. Je crois que je ne me lasserai jamais de ce livre !

 

 

 

 

Chansondouce

Chanson douce de Leïla Slimani : je me rappelais assez bien ce roman mais cette fois, relu lui aussi dans le cadre du club lecture de mon village, j'ai prêté une double attention aux comportements des parents et de la nounou. Je reste finalement sur mes premières impressions : les parents m'ont profondément agacée et la nounou peut être effrayante mais son histoire et sa psychologie expliquent en partie ses actes. En tout cas, je l'ai toujours trouvé tout aussi bon !

 

 

 

 

Lapetitefilledemonsieurlinh

La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel : j'ai, là aussi, relu ce titre dans le cadre du club lecture de mon village. Pourtant, à l'origine, je n'avais pas prévu de le relire, ayant été moyennement convaincue lors ma première lecture. Mais comme je sais qu'il plait à beaucoup, j'ai essayé de voir les choses d'un oeil neuf. Mais malgré toute ma bonne volonté, je suis à nouveau restée assez indifférente au destin de Monsieur Linh ... je reconnais qu'il y a de jolis passages et le sujet a tout pour émouvoir mais je ne sais vraiment pas pourquoi cela ne fonctionne pas avec moi, qui suis pourtant en général bon public.

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17 avril 2018

Lady killer (tomes 1 et 2) ---- Joëlle Jones et Jamie S. Rich (tome 1) et Michelle Madsen (tome 2)

Ladykiller1Tome 1 : A couteaux tirés

Début des années 1960, du côté de Seattle, Josie Schuller est la parfaite épouse et la parfaite mère américaine. Toujours habillée de façon chic, elle semble passer ses journées à s'occuper de sa maison, de ses deux filles, de son mari, de sa belle-mère tout en alliant du bénévolat pour de bonnes oeuvres. Mais la réalité est toute autre : quand elle n'est pas chez elle, Josie travaille comme tueuse à gages et accepte les contrats variés que lui transmet Peck, un homme travaillant pour une société peu commune …

Premier tome d'une récente série de nombreuses fois nominée aux USA, j'ai été tout de suite intéressée par le thème et l'époque. Le contraste entre la vie soit disant parfaite de Josie et ses vraies activités est très intéressant, surtout au début des années 1960 où la femme américaine se devait d'être une parfaite femme de maison. Et Josie est loin d'être tendre quand elle travaille : l'efficacité avant tout ! Par contre, elle sait aussi s'occuper de sa famille et du coup, les deux aspects de sa vie sont parfois difficiles à concilier. Cela donne des scènes d'action, parfois sanglantes, mais l'ensemble fait la part belle à l'humour noir et développe un certain suspense, surtout vers la fin. Chaque chapitre est « inauguré » par un superbe dessin parodiant les publicités de l'époque, avec une accroche souvent bien vue (comme le petit supplément en fin d'album). J'ai tout de suite bien aimé Josie, c'est une femme forte mais qui ne veut pas pour autant laisser sa féminité au vestiaire, ni son humanité. Le graphisme m'a aussi bien plu, avec son côté rétro et ses couleurs acidulées. Il nous met bien dans l'ambiance de l'époque et le contraste monde parfait-scènes violentes est presque digne d'un film de Tarantino tellement cela paraît parfois décalé mais réussi. Cela donne une lecture fluide et aisée, sans prise de tête car s'il n'y a rien de bien étonnant, j'ai néanmoins trouvé l'ensemble très sympathique. J'attends impatiemment le tome 2 car certaines choses restent mystérieuses (on peut se douter de la direction où l'histoire pourrait aller) mais il faudra attendre car il est en cours de parution aux Etats-Unis !

***

Edit du billet du 20 novembre 2016

Ladykiller2Tome 2 : Les vices de Miami

Après l’échauffourée ayant eu à Seattle, Josie Schuller et sa famille ont déménagé pour Cocoa Beach, en Floride. Son mari a trouvé un travail dans l’aéronautique mais son patron est parfois un peu lourd et envahissant. Quant à Josie, elle est toujours la parfaite épouse et la parfaite mère américaine. Alternant réunions Tupperware, shopping, dévoirs de leurs deux filles mais ses relations restent tendues avec sa belle-mère qui a découvert l’activité annexe de sa bru : elle élimine sur demande des personnes gênantes, enfin bref, elle est tueuse à gages mais s’est installée à son compte depuis son arrivée en Floride. A part que lors d’un travail, surgit une personne de son passé : Irving Reinhardt, qui lui propose de travailler pour elle en tant que nettoyeur …

 

J’ai été hyper contente quand j’ai vu ce tome  paraître. J’avais particulièrement aimé le premier opus, tant au niveau graphisme qu’au niveau histoire. Le contraste entre cette superbe femme, sa vie bien comme il faut et ses activités secrètes peu ragoutantes est vraiment bien rendu. En plus, j’adore le côté rétro du dessin et la douceur des couleurs (le sang étant représenté en noir, cela n’est finalement pas si éprouvant que ça à regarder !). Et puis, c’est toujours sympa de découvrir une héroïne forte, qui s’assume et qui sort de l’ordinaire. L’histoire reprend quelque temps après la fin du premier tome et fini les nuages de Seattle … vive le soleil de Floride ! Mais cela n’empêche pas Josie d’être active mais cette fois, elle travaille pour des particuliers : un héritage qui tarde trop, un femme qui réclame trop pour un divorce, un patron trop dur et hop, elle est là pour régler le problème de façon efficace. Cela ne manque pas d’humour noir et d’action. Et on va découvrir un peu plus de choses sur certains points laissés en suspens dans le premier opus. En plus, la fin de ce nouveau tome laisse présager une suite savoureuse … bien sûr, je sais qu’il faudra attendre un bon moment avant de la voir paraître mais c’est une série qui me plait énormément et je serai forcément au rendez-vous !

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04 avril 2018

La nuit des béguines ---- Aline Kiner

LanuitdesbeguinesParis, janvier 1310. Ysabel est l’intendante du béguinage royal, fournit la communauté de femmes en remèdes et soigne les malades. Mais son âge commence à se faire sentir. Alors qu’elle sort acheter du lait pour se réchauffer, elle découvre une frêle silhouette à la porte du béguinage : il s’agit d’une jeune fille rousse, mutique et glacée. A force de patience, Ysabel va apprendre qu’elle s’appelle Maheut et qu’elle a fui un mariage imposé. Mais l’arrivée d’une rousse soulève des inquiétudes et va bouleverser la vie tranquille du béguinage, en ces temps troublés par les procès faits aux Templiers et à toute personne semblant sortir des préceptes traditionnaux de l’église …

Lu dans le cadre du club lecture de mon village, j’aurais, de toute façon, été poussée vers ce roman car ma période historique favorite est le Moyen-Age et je suis toujours curieuse quand un roman aborde un sujet que je connais peu. Ici, on découvre qui étaient les béguines, ces femmes libres vivant en communauté laïque mais qui aidaient aussi les autres et qui étaient souvent croyantes (mais pas suffisamment praticantes pour être tentées par le couvent). C’est vrai que la condition des femmes à cette époqu n’était pas forcément enviable mais il y avait néanmoins des lois étonnament modernes, qui imposaient par exemple le consentement mutuel pour un mariage (pas toujours respectée !) et ces fameux béguinages qui permettaient aux femmes veuves de mener leur vie à leur guise, sans rendre de compte à quiconque. Ce roman permet donc d’apprendre plein de choses à ce sujet et il est très bien documenté. Il s’ancre aussi brillament dans l’Histoire en plantant le décor au moment des procès des Templiers et d’une béguine un peu trop hardie pour l’Eglise. Et en parlant de décor, on est aussi dans un Paris non édulcoré, avec ses quartiers animés, souvent sales et puants, mais sa campagne toute proche. Les personnages sont tous attachants, même ceux qui ont parfois un comportement peu charitable car on peut les comprendre (jalousie, manque d’éducation qui les rend influençables aux affirmations des autres, ignorance). Les femmes sont bien sûr mises à l’honneur mais les hommes sont aussi présents, sous la forme des représentants du roi, de moines ou de marchands … et bien sûr, en tant que maris, même décédés depuis longtemps. J’ai trouvé ce roman très intéressant, aussi bien dans le contexte historique que dans le sujet abordé. Qui plus est, il y a un certain suspense quant au devenir de divers personnages et l’écriture est fluide tout en étant recherchée et précise, avec des mots de l’époque pour décrire certaines choses (les métiers ou les repas par exemple). Avec le sujet de la condition des femmes très présent actuellement sous différentes formes (égalité, harcelement et autres), c’est vraiment un roman à découvrir et je ne peux que le conseiller !

L'avis de Miss Alfie.

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03 avril 2018

Banquise Blues ---- Jory John et Lane Smith

BanquisebluesEtre un pingouin sur la banquise, ce n’est pas facile. Il fait froid, tout le monde se ressemble, il faut lutter et survivre quand on va pêcher et c’est donc un peu normal de râler contre une vie qui peut sembler rude et peu agréable. Mais l’est-elle vraiment, on peut se poser la question …

J’adore les pingouins et les manchots donc je ne pouvais pas passer à côté de cet album jeunesse. Et puis, les dessins sont superbes, simples mais expressifs (tout passe dans le regard) et les décors sont épurés comme le lieu où se passe l’histoire. On découvre la vie d’un pingouin sur sa banquise (on le reconnaît bien sur la couverture … c’est celui qui se démarque des autres !). Bon, je dis pingouin, mais ça pourrait être un manchot car il a affaire à un lépoard des mers, qui vit dans l’hémisphère sud mais en même temps, il rencontre un morse, qui ne vit que l’hémisphère nord ! Donc on va dire que c’est une nouvelle race à mi-chemin entre le pingouin et le manchot. Mais la chose importante et amusante avec ce pingouin, c’est qu’il est très râleur ! Rien ne va ! Il se plaint de la météo, de son allure, de ses congénères, des prédateurs omniprésents (là on peut comprendre !). Mais bien sûr, il va être amené à réfléchir sur sa vie et son environnement. La fin est toute mignonne car ce pingouin est attachant malgré sa mauvaise humeur et illustre bien le proverbe « chassez le naturel, il revient au galop ».

Les avis de Liyah, Clarabel, Laure.

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