La bibliothèque du dolmen

22 juin 2018

Bibi et le secret des doudous ---- Eric Englebert et Claude K. Dubois

BibietlesecretdesdoudousBibi, un jeune biquet, vit avec son papa et sa maman mais aussi avec Loulou, le loup qui vit sous son lit et qui est son meilleur ami. Tous les soirs, ils s’échangent leurs impressions de la journée et se souhaitent une bonne nuit, chacun rassuré par la présence de l’autre. Mais un jour, Bibi doit partir une semaine en classe verte avec l’école et Loulou ne peut bien sûr pas venir. Alors, il donne à Bibi un doudou, un mini Loulou qui lui tiendra compagnie pendant son séjour …

J’aime beaucoup les albums dessinés par Claude K. Dubois, particulièrement la série avec Lola, la petite femelle hamster, mais je ne connaissais pas sa collaboration avec Eric Englebert, qui est médecin et thérapeute. Ici, le sujet n’est pas dramatique car il s’agit de doudous et du fait de s’éloigner temporairement de sa maison et de sa famille. Donc, au niveau graphique, c’est avec plaisir que j’ai trouvé le trait un peu brouillon mais attendrissant de Claude K. Dubois et ses couleurs pastels toutes douces. L’histoire de Bibi et son ami Loulou est amusante car elle montre qu’on n’est pas obligé de suivre ce que les gens disent : un biquet peut très bien être ami avec un loup, même si cela ne paraît pas normal pour beaucoup ! Ensuite, quand l’amitié est forte, elle surmonte sans problème les séparations, même si on est triste de voir son ami absent et qu’on se sent seul. Pour pallier ce problème, il y a bien sûr les doudous qui sont là pour rassurer et consoler ! Etant moi-même grande fan de doudous et ayant la main heureuse quand je les choisis pour les bébés ou des enfants (ils deviennent souvent leurs doudous préférés), je ne pouvais être que charmée par ce récit attendrissant et rassurant.  

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21 juin 2018

Petit oiseau, gros mot ---- Jacob Grant

PetitoiseaugrosmotUn petit oiseau vole en compagnie de son papa, qui ramène le repas à la maison. Mais en chemin, le père laisse échapper un «bluurrpppp » tonitruant qui est tout de suite remarqué et retenu par le petit oiseau, tout content d’avoir appris un nouveau mot. Il s’empresse alors d’aller le tester auprès de ses connaissances et de ses ami  …

Au vu du titre, on se demande tout de suite ce que peut être un gros mot pour un petit oiseau !!! Et c’est donc la curiosité qui m’a poussée dans cette courte lecture. Les dessins tout simples mais soignés m’ont bien plu et ils font la part belle aux personnages, les décors étant parfois inexistants (par exemple, les oiseaux en vol sont sur fond blanc). Mais ce petit oiseau est vraiment mignon, plein d’enthousiasme et attachant. On le voit si content de tester son nouveau mot qu’on a un peu mal pour lui quand cela ne se passe pas comme prévu. Mais ce petit oiseau va apprendre que certains mots ont un pouvoir négatif et qu’ils peuvent blesser les autres. C’est un album qui se révèle utile quand on apprend, comme ce petit oiseau, plein de nouveaux mots et qui montre que le vocabulaire est utile mais a un certain poids dans nos échanges avec les autres, amis inclus !

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20 juin 2018

L'agenda ---- Nathalie Joffroy

LagendaSandra, mariée depuis quinze ans à François et mère d’un ado, travaille comme DRH dans une petite entreprise de province depuis plus de vingt ans. Mais cette entreprise fait faillite et Sandra se retrouve sans emploi. Elle a beaucoup de mal à accepter de se considérer comme au chômage, bien que Pole Emploi ait proposé que le personnel de la société soit considéré pendant un an comme des stagiaires en reconversion. Sandra va alors découvrir tout un monde souvent ignoré des travailleurs, fait d’attente, de candidatures spontanées restées sans réponse, de rendez-vous stériles avec des conseillers alors que le reste du monde semble continuer à tourner normalement …

Le chômage étant quelque chose que je ne connais pas personnellement (je sais, j’ai été chanceuse !), cela m’intéressait de découvrir comment cela se passait, quel était le ressenti des personnes se retrouvant dans ce cas-là ainsi que la réaction de leur entourage, les possibilités offertes (ou non), les absurdités des choses administratives. Il y a des choses dont il est facile de se douter : le chômage ne fait jamais plaisir mais il y a différentes façons de l’aborder. Ici, Sandra, qui avait une bonne place, se comporte d’une façon qui m’a assez étonnée. On dirait parfois une enfant gâtée et très naïve ! Il semblerait que sa vie soit essentiellement centrée sur son travail et non sur sa famille car elle déprime de voir son agenda désespéremment vide. De mon côté, j’en profiterais pour faire tout ce dont je n’ai habituellement pas le temps de faire ! Et puis, je n’ai jamais trouvé que mon travail était important pour mon bonheur … il m’a surtout servi à gagner de l’argent. Du coup, j’ai eu énormément de mal à m’identifier à l’héroïne et à compatir, surtout quand on voit certaines de ses réactions. Par contre, j’ai aimé voir comment ses autres collègues rebondissent et quel impact a la perte d’un emploi sur les relations familiales (la question récurrente de sa mère m’a fait bien rire … c’est typique !). J’ai trouvé que Sandra faisait souvent n’importe quoi et qu’elle ne savait pas vraiment ce qu’elle voulait. Elle m’a donc agacée plus d’une fois ! Heureusement qu’il y a eu quelques scènes surréalistes se déroulant à Pöle Emploi ou avec des conseillers … elles font rire tellement elles sont absurdes mais c’est un rire un peu jaune car on s’imagine bien qu’elles sont inpsirées de la réalité et on ne voudrait pas se trouver à la place de ces personnes obligées de les subir et on les plaint de devoir en passer par là. Ce premier roman m’a paru plutôt intéressant mais comme je n’ai pas aimé l’attitude de l’héroïne, je reste assez mitigée sur mon ressenti général. Et puis, il y a eu plusieurs coquilles et fautes de grammaire et d’orthographe qui auraient pu être évitées par une bonne relecture de la part de l’éditeur.

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19 juin 2018

Akkinen, zone toxique ---- Iwan Lépingle

AkkinenTessie suit son père Gaspar, embauché dans la société de son jeune frère Elias, qui exploite des sables bitumineux à Akkinen, une petite ville minière du Grand Nord. Ils sont logés dans une annexe sur la propriété d’Elias et Gaspar est souvent occupé à conduire les camions dans le cadre de son travail. Tessie est donc seule durant la journée, attendant la fin des vacances scolaires pour découvrir sa nouvelle école. La jeune fille parcourt la ville en vélo, faisant la connaissance de la propriétaire de l’épicerie et prenant de nombreuses photos de la faune et de la flore locale. C’est à cette occasion qu’elle rencontre Aslak, un jeune homme un peu étrange et artiste créant d’énormes sculptures à partir des déchets trouvés dans la nature. Celui-ci lui présente alors son ami Pekko, un vieil écologiste qui n’arrête pas de clamer que la société exploitant les mines pollue l’eau et ment sur les relévés d’analyse …

La couverture, avec cette statue étrange, pourrait laisser penser qu’on a affaire ici à une histoire mâtinée de fantastique mais ce n’est pas le cas. Il y a juste un peu de mystère et une sensation de décalage dus à l’atmosphère de la ville (il faut se présenter à la police à son arrivée … on se croirait un peu dans une société futuriste et hyper contrôlée !) et au caractère étrange d’Aslak, qui est très proche de la nature (et qui crée ces sculptures) mais l’histoire reste bien ancrée dans le réel. Tessie et son père arrivent donc dans cette petite ville minière du Grand Nord (aucun pays n’est cité mais on peut imaginer le Canade par exemple), plutôt isolée, où tout le monde se connaît et où les seuls emplois sont principalement liés à l’exploitation des sables bitumineux. Cette exploitation provoque de la pollution et des rejets mais peu de gens semblent s’en soucier, trop contents de travailler. Mais il ne faut pas non plus oublier qu’Elias, le frère de Gaspar, qui dirige la mine, a des façons de faire très extrêmes et effrayantes. Le décor est donc planté pendant presque la moitié de l’album et ensuite, on rentre dans la partie s’apparentant à un polar, avec Pekko qui s’oppose à la grande entreprise locale et qui disparaît mystérieusement. De nombreuses choses cachées vont alors ressortir : les tensions entre habitants, les rancunes, les alliances faites entre certains, les manipulations. Tessie est au cœur de l’histoire car c’est elle qui fait le lien entre les écologistes et l’exploitation minière : elle est amie avec les premiers et liée par le sang à la seconde. Elle doit donc faire un choix et c’est une adolescente attachante et réfléchie, qui se soucie des autres.  Côté graphisme, ce qui retient tout d’abord l’œil, ce sont les couleurs choisies : du blanc, du noir et du rouge-orangé, comme sur la couverture. Cela plante une ambiance particulière car on se sent vraiment dans une région froide et isolée.  L’ensemble a aussi un petit côté épuré car les décors sont simples, minimalistes (la ville est petite, les maisons souvent décorées de façon moderne avec peu de choses). Les personnages sont à la fois réalistes et avec un aspect un peu naïf qui n’occulte pas les expressions. J’ai donc trouvé le graphisme original et particulièrement bien adapté à l’histoire. L’auteur ne tombe pas forcément dans la facilité pour sa conclusion, même si je l’ai trouvée un peu précipitée : il y a des choses satisfaisantes, d’autres plus tristes et le sujet abordé, ancré dans l’actualité, fait réfléchir et pousse les lecteurs à vouloir s’impliquer plus dans l’utilisation de la nature faite par les industries (on ne peut s’empêcher de penser à l’exploitation des gaz de schiste dans le grand nord canadien par exemple, qui est plus connue du grand public). J’aurais sûrement préféré que l’auteur développe plus longtemps la seconde partie, avec la dénonciation des pollueurs mais cela reste une lecture intéressante et visuellement réussie.

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18 juin 2018

Evangelia ---- David Toscana

EvangeliaVenant de très loin pour honorer l’arrivée du roi des Juifs, Melchior, Gaspard et Balthazar se sont de nombreuses fois perdus en suivant l’étoile sensée les amener à bon port. Après des mois d’errance et un stock d’offrandes bien entamés lors du trajet, ils arrivent enfin à Bethléem de Judée. Demandant de plus amples explications à Hérode pour trouver le bébé tant attendu, ils découvrent alors que Marie a accouché d’une petite fille appelée Emmanuelle. Remballant leurs offrandes, les rois mages retournent chez eux alors que Gabriel, l’archange annonciateur de la Bonne Nouvelle à Marie, doit rendre des comptes à Dieu au sujet du sexe du bébé. Renvoyé sur Terre avec la consigne de provoquer une nouvelle grossesse virginale de Marie, Gabriel apprend que c’est trop tard et qu’elle est déjà enceinte de son époux Joseph …

Je ne connaissais pas du tout cet auteur mexicain mais quand on a parlé de ce roman à un de mes clubs lecture, je l’ai tout de suite réservé à la médiathèque. La reprise des faits marquants de l’Ancien et du Nouveau Testament avec un léger décalage, Jésus étant devenue une femme nommée Emmanuelle, avait tout pour me plaire. Sans compter qu’en ce moment, on parle beaucoup de la condition et du statut des femmes dans le monde donc c’est finalement plutôt d’actualité ! On commence donc avec l’arrivée sur Terre d’Emmanuelle, qui aurait du être un garçon nommé Jésus et on va suivre son parcours, qui va se révéler plus ou moins similaire à celui du Messie mais avec toujours un décalage car les femmes n’étaient pas très respectées à cette époque et il sera difficile pour Emmanuelle de s’imposer et d’être crue par la population, surtout qu’elle a un frère, Jacob, qui compte bien prendre sa place et qui se met lui aussi à prêcher et à avoir des disciples ! On revoit aussi les grands évènements de l’Ancien Testament, tels que la Création du Monde, le Déluge, Moïse et la fuite d’Egypte, Abraham et Isaac, David et j’en passe et on découvre la réaction de Dieu devant les agissements humains … il n’est pas très tolérant ni gentil et l’auteur n’est pas tendre avec lui (mais il respecte bien le ressenti que j’avais eu en lisant l’Ancien Testament … Dieu y apparaît comme colérique, vengeur et pas commode du tout). J’ai aimé voir comment l’auteur décrivait la condition humaine à cette époque et la relation des hommes à la religion. Qui plus est, on voit aussi comment Dieu essaie de rectifier le problème d’avoir non pas un fils mais une fille (il va envoyer le Jésus non né à Bethléem dans les peuplades d’Amérique du Sud pour compenser et surtout pour se débarrasser de ce fils qui joue les Tanguy au paradis mais ça ne va pas se passer comme prévu et certaines scènes sont savoureuses). C’est parfois irrévérencieux, particulièrement dans la représentation de Dieu brossée par l’auteur, beaucoup de choses sont dénoncées quant à l’utilisation que les humains font de la religion mais il y a aussi beaucoup d’humanité et d’amour dans les liens qui se tissent entre les différents personnages. Bien sûr, si on ne connaît pas bien la Bible, on risque de moins savourer le travail effectué par l’auteur, qui récupère et détourne certains passages, mais comme il se base sur les plus connus, il n’est pas non plus nécessaire d’être un spécialiste … au pire, on peut toujours se rendre sur Internet pour revoir les évènements qui sont concernés. Il y a aussi des moments amusants, voire un peu burlesques, même si les humains ne sont pas souvent à la fête. On pourrait aussi penser que l’auteur a écrit un livre anti-religion et anti-Dieu, ce qui semble être un peu le cas dans la première moitié du roman mais au final, je ne l’ai pas ressenti ainsi. J’ai passé un très bon moment de lecture car, à travers une écriture fluide et agréable, l’auteur nous fait réfléchir sur de nombreux sujets de façon originale et décalée.

L'avis de Yv.

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17 juin 2018

Haytham, une jeunesse syrienne ---- Nicolas Hénin et Kyungeun Park

HaythamunejeunessesyrienneHaytham a quatre ans quand Hafe El-Assad, le président syrien meurt en 2000. Vivant à Deraa, une petite ville  au sud de Damas, l’enfant ne comprend pas ce qui se passe : ses plaisirs consistent à manger des clémentines, à grimper dans les citronniers de son jardin et à jouer avec ses copains. Mais il sait que l’homme était important car il y a des photos de lui partout et qu’il y a trois jours et trois nuits de prière dans la ville, fidèle au régime en place. L’année suivante, son père revient au pays après avoir enseigné les maths au Qatar. La famille est enfin réunie et le jeune Haytham voit son père et ses amis militer pour l’ouverture de la société syrienne. Quand Haytham a dix ans, il peut enfin participer à quelques manifestations mais celles-ci tournent vite à l’affrontement contre les forces du régime, qui devient de plus en plus répressif …

C’est très difficile de comprendre ce qui se passe vraiment dans cette région du monde et lire des BD sur le sujet me paraît souvent plus intéressant et plus abordable que de regarder des reportages. Cette fois, il s’agit de découvrir l’enfance et l’adolescence d’un jeune Syrien dont le père est impliqué dans la révolte contre le régime en place. Le graphisme crayonné en noir et blanc est très soigné, très réaliste, très précis et détaillé et m’a beaucoup plu. Il n’ya pas grand chose de plus à en dire car le découpage et l’ensemble sont classiques mais j’ai trouvé que c’était un album très agréable à regarder (la violence semble même moins dure dans ces dessins). Mais j’ai été un peu déçue par l’histoire proprement dite. Elle raconte l’enfance et l’adolescence d’un jeune Syrien, Haytham, et les auteurs se sont inspirés du récit de ce maintenant jeune homme (l’album date de 2016 et Haytham avait donc 20 ans à l’époque de sa parution). On voit comment l’enfant perçoit la mort du président du pays en 2000, comment il sait, même jeune, qu’il y a des gens travaillant dans les services de renseignements de l’état dont il faut se méfier, comment son père (et une grande partie des hommes de sa famille) s’implique dans l’opposition au régime et comment lui-même, en grandissant, veut aussi prendre part au mouvement. On découvre comme celui-ci est réprimé, comment les manifestations sont sources de danger, les morts et les arrestations qui en résultent et pour finir la fuite du pays pour rejoindre la France qui va devenir terre d’accueil pour cette famille. Si le propos est intéressant pour voir qu’il n’est pas facile de s’opposer et que l’exil est parfois la seule solution pour rester en vie, on n’apprend pas grand chose sur la vie en Syrie, sur les motivations des personnages, sur le régime en place et les différentes factions d’opposition. En fait, l’album est divisé en deux grandes parties : une période d’enfance et de pré-adolescence du narrateur en Syrie avec la montée en puissance de la révolte et une période en France, racontant l’arrivée et l’intégration au pays. Mais dans l’ensemble, rien n’est vraiment creusé ni approfondi, on reste essentiellement dans les faits quotidiens. J’ai bien aimé cette lecture mais je m’attendais à quelque chose de plus détaillé, de plus réfléchi … il me semble que c’est un album qu’il faut conseiller aux lecteurs plus jeunes qui veulent découvrir le sujet plutôt qu’à des lecteurs qui seraient curieux de mieux connaître les racines du conflit syrien.   

L'avis de Jacques.

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16 juin 2018

La vie trépidante de Brigitte Tornade ---- Camille Kohler et AstridM

LavietrepidantedebrigittetornadeBrigitte Tornade a 35 ans, est mère de quatre enfants et va enfin reprendre son travail de responsable clientème dans une agence de tourisme après avoir été en congé parental pendant plusieurs mois. Elle est assez impatiente de retrouver ses collègues et de sortir de la maison, ne se considérant pas comme une femme au foyer. Elle se rappelle la galère quand il a fallu qu’elle s’inscrive à la maternité pour son accouchement, l’excitation des rentrées scolaires avec les listes de fournitures à acheter, les devoirs des enfants à encadrer en leur expliquant certaines leçons, le choix des activités para-scolaires, le casse-tête de la déclaration pour les impôts sur le revenu …

Je n’écoute que rarement la radio (seulement dans la voiture et quand je fais le ménage à la maison et à chaque fois, j’opte pour des radios musicales) donc je ne connaissais pas du tout Brigitte Tornade, qui est l’héroïne d’un feuilleton radiophonique sur France Culture depuis 2012. Cet album est l’adaptation des trois premières saisons. J’avais besoin d’une lecture légère avant les vacances et donc, cet album qui aborde de façon amusante la vie quotidienne d’une famille m’a sauté aux yeux à la médiathèque. Ce n’est certes pas le dessin qui m’a attirée car il ressemble à n’importe quel graphisme actuel produit par des dessinatrices issues des blogs : un trait simple et des aplats de couleurs franches. Je serais bien incapable de différencier les styles de toutes ces jeunes dessinatrices et si c’était un graphisme qui me plaisait bien il y a 5 ou 6 ans, je le trouve maintenant très commun et sans grand caractère vu qu’on le retrouve partout (est-ce du au dessin effectué par ordinateur ou à une nouvelle technique apprise dans les écoles de dessin ?). En même temps, il reste agréable à regarder et les personnages sont expressifs ! Quant à l’histoire, il s’agit de petites scènes axées sur différents sujets et s’étalant sur quelques pages (en 5 ou 6 pages). On découvre Brigitte, son compagnon et ses enfants dans leur quotidien mais j’avoue que je me suis parfois posée des questions : certaines de leurs réactions m’ont paru très immatures voire pires (comment est-ce possible de ne pas savoir remplir une feuille de déclaration d’impôts à 35 ans quand on est responsable dans une agence de tourisme ou ne pas savoir ce qu’est un cahier Seyès quand on a quatre enfants … et même sans enfants … ils sont eux-mêmes allés à l’école, non ?). Du coup, ce qui était sensé être amusant m’a fait un peiu rire jaune … est-ce cela les nouveaux parents ? Si c’est le cas, j’avoue que ça me fait peur ! Et si le trait est juste forcé pour faire de l’humour, je suis alors très dubitative ! J’ai donc terminé cette lecture en restant perplexe, même si je l’ai trouvée distrayante et facile et j’ai filé l’album à lire à mon homme, qui a eu la même réaction que moi … ouf, je croyais que je devenais vraiment très difficile dans mes appréciations !

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15 juin 2018

Brigade Verhoeven (tome 1) ---- Bertho et Corboz d'après Pierre Lemaitre

Brigadeverhoeven1Tome 1 : Rosie

Une bome explose dans les rues de Paris au niveau d’un immeuble en travaux dans le XXème arrondissement. Aucun mort n’est à déplorer et il n’y a que deux blessés légers. L’équipe du commandant Camille Verhoeven est chargée de l’affaire alors qu’elle vient juste de recevoir une nouvelle recrue en la personne du lieutenant Maleval, ravi de rejoindre cette brigade prestigieuse. Pourtant le commandant Verhoeven n’est pas un chef facile : sa petite taille pourrait laisser penser qu’il ne sait pas s’imposer alors qu’il a un charisme et une autorité innée et en plus d’être brillant dans ses enquêtes, il est aussi un excellent dessinateur, un don hérité de sa mère. Le poseur de bombes est vite arrêté mais a des revendications : il affirme avoir posé plusieurs autres engins explosifs dans différents endroits publics mais ne révèlera leur emplacement qu’à certaines conditions : il faut que sa mère, accuséd d’avoir tuée la fiancée de son fils, soit libérée de prison et qu’on lui fournisse de l’argent pour leur fuite sinon une explosion aura lieu tous les jours …

Ce qui m’a tout de suite frappée en ouvrant cet album, ce sont les couleurs variées et éclatantes et le trait moderne et dynamique. Les décors sont bien détaillés, les personnages bien différenciés et avec chacun leurs caractéristiques et l’ensemble est vif et expressif. J’ai donc été tout de suite séduite par le graphisme. En plus, vu que l’album était tiré d’un polar de Pierre Lemaitre, je me doutais bien que cela allait être intéressant, même si je n’ai pas encore lu ses romans avec Camille Verhoeven et que je ne peux donc juger de la qualité de l’adaptation proprement dite. Le récit nous plonge dans le vif du sujet : une bombe explose dans un quartier de Paris, un lieutenant est nouvellement affecté à la brigade de Camille Verhoeven et le chef de ce dernier se marie, ayant demandé à Verhoeven d’être son témoin. En plus, on découvre la relation de Camille avec une jeune femme charmante travaillant comme journaliste. Autant dire qu’on est aussi bien au courant de l’enquête que la vie privée des personnages et particulièrement des policiers. L’enquête est d’ailleurs elle-aussi axée sur la vie privée du poseur de bombes, qui semble faire écho à celle de Camille puisqu’il y est question de mères. Entre Camille et John/Jean s’engage un jeu du chat et de la souris, très psychologique, où chacun essaie de faire craquer l’autre. L’ensemble ne manque pas de suspense, est original et bien mené et a su maintenir mon intérêt de lecture en plantant des personnages hors du commun et finalement assez attachants. J’espère que les autres romans de la série seront eux aussi adaptés, avec pourquoi pas quelques histoires inédites écrites spécialement pour la bande dessinée. En tout cas, de mon côté, j’ai été conquise !

L'avis d'Antigone.

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14 juin 2018

Mon traitre ---- Pierre Alary d'après Sorj Chalandon

MontraitreAntoine est luthier à Paris. Quand il est découvre un article dans le journal en décembre 2006 au sujet d’un traitre dans les rangs de l’IRA, il fait un malaise dans la rue. Les souvenirs l’assaillent en masse. Il se rappelle la première fois où il a vu son traitre, dans un pub de Belfast, le 9 avril 1977, alors qu’Antoine était venu voir des amis, Jim et Cathy. Attiré depuis longtemps par l’Irlande, Antoine avait découvert ce pays grâce à un musicien venu faire réparer son violon chez lui et ses fréquents voyages dans le pays au début des années 1970, alors qu’il n’a pas encore 30 ans, lui avaient permis de tisser de forts liens d’amitié avec un couple, Jim et Cathy, vivant à Belfast et militant pour une République d’Irlande réunifiée. Quand il raconte sa rencontre avec Tyrone Meehan à ses amis, Antoine voit bien le respect que cet homme provoque, ayant passé du temps en prison et étant un membre très actif de l’IRA …

Je crois qu’entre les romans de Sorj Chalandon, ça ne passe pas très bien et du coup, les adaptations de ses titres en BD ne fonctionnent pas non plus avec moi. En plus, je ne suis pas une grande fan de l’Irlande et donc, je m’avais jamais été attirée par le roman de Sorj Chalandon vu son sujet. Mais cette adaptation était sélectionnée pour mon club lecture spécial BD et donc, il a fallu que je me lance. Côté dessins, je n’ai vraiment rien à reprocher. J’ai aimé le style réaliste (sans pour autant faire ressembler les personnages aux vraies personnes ayant inspiré l’histoire), le trait anguleux et vif, expressif. Le choix des couleurs, avec différentes teintes monochromes variant en fonction des chapitres, m’ont paru agréables et bien choisies (du beige pour des ambiances chaudes ou intérieures, du gris, du bleu ou du vert pour des atmosphères plus froides ou extérieures). Je suis restée un peu dubitative à propos des extraits de l’interrogatoire de Tyrone par l’IRA, qui ne m’ont pas semblé apporter grand chose à la narraton. Et bien sûr, c’est au niveau de l’histoire que j’ai eu le plus de mal. Tout d’abord, ne m’attendant à rien de précis de la part des humains, je ne crois pas que je serais traumatisée si je découvrais la trahison d’un de mes amis … du coup, pas facile d’adhérer aux réactions et aux sentiments d’Antoine, qui me paraît bien naïf pour son âge. En plus, je ne comprends pas non plus son engouement et son implication pour l’Irlande (j’ai été marquée par une des correspondantes qui était Irlandaise et dont les réactions me paraissaient très conditionnées par son éducation et sa religion … et pourtant je n’avais que 13 ou 14 ans à l’époque et depuis, je suis fâchée avec ce pays !). Alors, oui, j’ai bien suivi le raisonnement développé dans l’histoire mais je suis restée totalement en dehors de l’ensemble au niveau émotionnel, ce qui n’est pas du tout la faute de l’adaptation BD mais qui est du au récit en lui-même. Par contre, si le rythme est lent et assez analytique, je ne me suis pas du tout ennuyée lors de cette lecture, ce qui peut paraître étrange au vu de mes bémols mais qui est plutôt un bon signe sur la qualité de l’album !

Les avis de Mo, Sylire, Enna, Yv, Aproposdelivres.

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13 juin 2018

La nuit de l'ogre ---- Patrick Bauwen

LanuitdelogreChris Kovak a terminé sa garde de nuit aux urgences et rentre chez lui en voiture quand une jeune fille se précipité, sous la pluie, sur le siège passager. Elle est blessée à la main mais refuse de se faire soigner. Elle veut juste s’éloigner et se fait déposer en plein centre de Paris, abandonnant son sac dans la voiture. Kovak y découvre des affaires imbibées de sang et une tête mutilée dans un bocal de formol. En recherchant d’où provient cette tête, Kovak découvre vite que la jeune fille qui a abandonné le sac est Justine, une étudiante en médecine qu’il a comme élève dans un cours qu’il donne en remplacement d’un professeur mais qu’elle est aussi la fille de Greta, la surveillante en chef très respectée du service des urgences. Greta apprend alors à Kovak que sa fille a disparu et qu’elle est injoignable. Le jeune médecin promet à sa collègue de la retrouver et va se lancer dans une enquête qui va le plonger dans le monde des fraternités estudiandines et dans le monde de la photographie post-mortem, sur les traces d’un tueur sans âme …

Et voilà, à peine avais-je terminé Le jour du Chien, que j’ai enchainé avec la lecture de ce nouvel opus, reçu dans le cadre de Masse Critique, qui réunit le docteur Kovak et ce fameux et mystérieux Chien, que j’avais découverts dans le premier tome. Se déroulant environ une année après la fin du roman précédent, le docteur Christian Kovak va à nouveau être impliqué dans une enquête mais cette fois, elle sera moins personnelle. Il ne s’agit plus d’enquêter sur sa propre famille mais de retrouver la fille d’une de ses collègues, collègue qu’il apprécie beaucoup. Mais les évènements vont prendre une tournure glauque : l’apparition de photos post-mortem, très en vogue au 19ème siècle, va être une des pistes à suivre, de même que les fraternités des étudiants en médecine, chacune ayant ses rituels. Disparitions, morts en tous genres, action et personnages bien étranges et effrayants vont émailler le récit, qui est mené tambour battant. On y retrouve à nouveau des anecdotes sur l’histoire de Paris ou des informations scientifiques variées et l’auteur s’est bien documenté sur les sujets qu’il a abordé (étant lui même médecin, on peut supposer qu’il a déjà de l’expérience dans certains des domaines dont il parle). Je n’ai pas vraiment changé d’opinion sur Chris Kovak, que je trouve toujours un peu agaçant dans son attitude immature mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture. L’histoire se développe sur deux plans : l’enquête de Kovak et celle de la brigade du commissaire Batista (brigade déjà découverte dans Le jour du chien), ce qui permet de conserver un bon rythme. Et cette fois, ce n’est pas la canicule qui sévit sur Paris mais la pluie, donnant une ambiance glauque et froide. On refait quelques incursions dans les souterrains de la capitale mais ils sont moins présents que dans le premier opus. Ils restent cependant un lieu prisé pour y effectuer des choses pas très claires ou pour se cacher donc il me paraît normal qu’ils soient toujours utilisés dans le récit. L’histoire ne néglige pas la vie privée des personnages, qu’on découvre par petites bribes, y compris l’histoire du Chien lui-même et qui permet de mieux le comprendre. Le final ne fait pas dans la facilité mais je l’ai trouvé un peu brusqué … je pense que j’aurais aimé qu’il soit plus développé, histoire de rester encore quelques minutes de plus dans le roman ! En tout cas, j’ai encore apprécié cette lecture et je ne peux que la conseiller aux amateurs de polar (mais il faut lire Le jour du Chien avant si on veut pleinement savourer les détails !)  

L'avis de Canel et de Mr Canel.

Merci à :

BabelioBabelio et aux éditions AlbinmichelAlbin Michel.

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