14 mai 2008
Le tag à Thom
Thom, connaissant parfaitement le goût immodéré des blogueuses (et des blogueurs car eux aussi sont bavards ! mdr !) pour discuter sur différents sujets, a créé ce tag, histoire de nous donner de l'occupation, au cas où on s'ennuierait :) Karine m'a donc désignée comme la prochaine à s'y coller et avec les longs week-ends, j'ai pris du retard dans mon blog mais je vais remédier à tout ça !
Règlement officiellement officialisé
Le
premier blogueur pose une question et la refile à une personne. Qui y
répond, et pose une autre question. Et la refile à quelqu'un d'autre
qui répond aux deux premières et en fait une troisième...et ainsi de
suite !
Question 1 (gracieuseté de Cuné) : On
a tous un sosie quelque part. Quelqu'un qui nous ressemble un peu, tout
au moins. Ou alors quelqu'un qui a fait penser quelqu'un d'autre à nous
lorsqu'il l'a vu(e). Parfois, ça peut entraîner de lourds
ressentiments. Si on me dit que je ressemble à Nicolas Sarkozy, par
exemple, je pleure. Alors, à qui t'a-t-on déjà dit que tu ressemblais ?
(Même de loin, ou de profil, ou philosophiquement parlant, ou pour
déconner, rhoo !)
Jeune, on m'a plusieurs fois dit que je ressemblais à Bette Davis (à cause de mes yeux souvent fatigués !). Maintenant, ce n'est plus trop le cas ... pas que mes yeux ne soient plus fatigués (loin de là !) mais j'ai changé (malheureusement ! mdr !) et puis de toute façon, les gens ne se rappellent plus forcément de la tête de Bette Davis (à moins d'être cinéphile, vu qu'il n'y a plus de Ciné-Club !). Bon, il y avait comparaison plus malheureuse pour moi :)
Récemment, en Nouvelle-Calédonie, les gens trouvaient que je ressemblais à Marianne James. Mais le climat humide de l'île m'aidait beaucoup à avoir la même coiffure qu'elle ! De toute façon, si je laisse mes cheveux faire, ils s'entortillent furieusement, même ici en Bretagne ;)
Mais, contrairement à ces deux dames, je ne joue pas de rôles au cinéma ni ne chante (à moins d'appeler la pluie, ce qui n'est pas vraiment nécessaire en Bretagne ! mdr !)
Question 2 (généreusement offerte par So) : Tu dois tuer la personne avec qui tu vis, comment t'y prends-tu pour ne pas te faire choper ?
Bon, je ne veux pas du tout tuer la personne avec qui je vis !!!! J'y tiens beaucoup à mon homme :) Mais s'il fallait me débarrasser de quelqu'un, je lui demanderai (avec force battements de cils et regards désespérés) d'aller me récupérer une de mes minettes en haut d'un arbre particulièrement grand en espérant qu'il tombera ! Attention, vous allez croire, au vu de la photo, que j'ai déjà essayé !!! Mais non, Vénus était parfaitement capable de descendre du manguier toute seule (en me sautant sur le dos quand même !!!!)
Question 3 (merci Alinéa) : Si tu devais être privé(e) d'un des 5 sens, lequel choisirais-tu? Pourquoi?
Facile ! L'odorat ! Vivant en face d'une ferme, cela ne me manquerait pas du tout ! Mais forcément, si on perd l'odorat, on permet aussi une partie du goût, c'est déjà moins sympa mais c'est sûrement celui qui me manquerait le moins.
Question 4 (cadeau hautement kulturel de Fashion) : Quel titre dont tu as (un peu, beaucoup, passionnément) honte se cache dans ta bibliothèque ?
Pas facile celle-là ! Vu que je n'ai pas vraiment honte des livres que j'ai à la maison ! S'il fallait en choisir un, je dirais un livre sur Boy George (le chanteur de Culture Club pour les plus jeunes qui s'égareraient sur mon blog !) que j'avais acheté adolescente car j'étais fan de ce groupe (et que j'ai toujours ... ne suis-je pas conservatrice ? mdr !)
Question 5 (création d'Amanda) :
Tu viens de mourir. Saint Pierre était bourré quand tu es arrivé(e)
devant les portes du Paradis et t'a indiqué la mauvaise porte. Te voilà
devant Bouddha qui t'informe que tu dois te réincarner. Tu peux choisir
ce que tu veux, sauf te réincarner en toi, faut évoluer ma vieille (mon
vieux). Alors ? En quoi choisis tu de te réincarner ?
Ouf, celle-là est plus facile pour moi : je voudrais me réincarner en chat (ou chatte, peu importe le sexe) ... si possible dans une bonne maison où on s'occupera de moi ;) Manger, dormir au soleil ou sur les genoux de mes patrons, se faire caresser, sortir un peu et chasser (sans trop forcer, juste pour le fun) ... c'est le pied ! Au pire, un chat arrive toujours à être autonome si cela devient nécessaire !
Question 6 (directement de chez Cathulu) : Quelle question ne voudrais-tu surtout pas qu'on te pose?
Je cale un peu sur celle-là ! Ce doit être mes neurones qui se fatiguent ;) Je n'ai pas de questions précises en tête ... je pense que cela dépend du moment et de la personne qui me la pose. Si c'est quelqu'un à qui je ne veux pas révéler trop, la moindre question personnelle m'agacera, du genre "de quoi qu'il se mêle, celui-là !" (d'ailleurs, cela m'est arrivé il n'y a pas longtemps, un gars qui sonne pour savoir où trouver les gens de la ferme et qui commence à me poser des tas de questions personnelles du genre : "Vous vous plaisez ici?", "Vous êtes mariée?", "Vous avez des enfants?" et autres interrogations dans le même acabit !). Mais sinon, je ne vois pas ... vu que je ne me sens pas obligée de répondre aux questions qu'on me pose :)
Question 7 (pour laquelle nous ne remercierons jamais assez Anne) : Essayez-vous, régulièrement, de vous débarrasser d'habitudes profondément ancrées?
Il y a longtemps que je n'essaie plus de me débarrasser de mes mauvaises habitudes ! De toute façon, elles reviennent au galop alors j'ai abandonné. Mais mon chéri sait me faire des remarques quand cela l'agace (par exemple, quand je me mordille les lèvres devant la télé !). La seule que j'ai essayé de diminuer (pas de faire disparaitre, c'est impossible !), c'est l'achat de livres ;)
Question 8 (subtilement créée par Karine) : Nous avons tous nos petites manies langagières. Des mots que nous
disons très souvent, des expressions un peu bizarres, des
prononciations originales... Quelles sont les vôtres?
Je suis convaincue que j'en ai des tas (et elles doivent varier régulièrement !) mais forcément, je ne m'en aperçois pas toujours ! Pour la Bretagne, j'ai sûrement des expressions bizarres qui proviennent du sud de la France et j'ai un accent du sud aussi qui fait que je ne prononce pas certains mots comme les Bretons (comme le mot "pain" que je prononce comme "pin" mais je suis incapable de le prononcer autrement) ... mais quand on redescend dans le sud voir ma famille, c'est mon chéri (qui est Breton) qui se retrouve à parler bizarrement et moi qui me fonds dans la population ;). Ah si, il me semble que je dis souvent "Gast" ou "God" quand je m'exclame !
Et ma question : Dérivée de la question d'Amanda (la 5), comme St Pierre a une dette envers toi, il te propose de tester une époque, passée ou future, avant de te réincarner dans l'humain, l'animal ou la chose de ton choix (ben oui, quoi, St Pierre a aussi la possibilité de te faire voyager dans le temps ... de toute façon, pour l'instant, tu es encore mort !). Quelle période voudrais-tu découvrir ?
Bon, maintenant il faut que je choisisse une victime et le tag va retraverser l'Atlantique vers le Québec avec Charlie Bobine ! Allez hop, au boulot (comme si tu n'étais pas déjà surchargée de travail ... mais cela te donnera de quoi réfléchir en marchant ! mdr !)
A Suspicious River ---- Laura Kasischke
Leila a 24 ans et travaille en tant que réceptionniste
dans un petit hotel, le Swan Motel, dans la petite ville de Suspicious River
dans le Michigan. Ayant perdu sa mère très jeune, celle-ci ayant été poignardée
par son amant et beau-frère, et son père, mort subitement d'une crise cardiaque
à la fin de son adolescence, elle est mariée depuis quelques années à Rick et
sa vie maritale est loin d'être heureuse et parfaite. Elle arrondit d'ailleurs
ses fins de mois en suivant les clients de passage dans leur chambre à l'hôtel
mais Rick ignore tout de cette activité. Mais un jour, Gary, genre cow-boy
texan sexy et dangereux de passage dans la petite ville, la frappe lors d'un
"extra" mais il vient ensuite s'excuser auprès d'elle, lui affirmant
qu'il la trouve fascinante et magnifique …
Je continue ma découverte des romans de Laura Kasischke et celui-ci est le quatrième que je lis, après une pause assez longue. Je dois dire qu'il n'est pas mon préféré mais qu'il n'est quand même pas mal du tout. Néanmoins, j'aurais bien aimé qu'il fasse une bonne centaine de pages de moins car j'ai trouvé que l'histoire s'étirait parfois en longueur. Je n'ai eu aucune surprise dans la découverte du destin de Leila, qui m'a semblé évident très rapidement mais j'ai beaucoup aimé la description de son enfance, du destin de ses parents et comme tous ces évènements ont pu influer de façon plus ou moins marquée sur son inconscient et sur sa façon d'être. L'alternance de passages au passé décrivant l'enfance et l'adolescence de Leila et de passages au présent pour raconter les évènements actuels est particulièrement bien choisie et permet au lecteur de ne pas se perdre dans la narration. Par contre, la jeune femme est souvent agaçante et j'ai vraiment eu du mal à avoir pitié d'elle (à tel point que j'aurais voulu une autre fin !). Mais Laura Kasischke est vraiment une auteure à découvrir de toute urgence, même si j'ai préféré d'autres titres d'elle !
L'avis enthousiaste d'Yvon (mais qui en révèle plus que moi sur l'histoire !)
PS : A noter qu'il existe une adaptation ciné du roman. Le film de 2000 a pour titre "Suspicious River" et j'aimerais bien le voir mais je suppose que cela va être difficile de le trouver !
13 mai 2008
L'homme de la toundra ---- Jiro Taniguchi
Recueil de six histoires, on peut y retrouver Jack London
à la recherche d'or dans le Klondike juste avant l'hiver et qui va rencontrer
un indien pas comme les autres lors d'une chasse, ou bien deux hommes chargés
de ramener à la civilisation la dépouille d'un chercheur d'or riche et qui se
retrouvent alors traqués par des loups affamés, ou encore un chasseur d'ours
Matagi dont le fils a été tué par un énorme ours errant et qui ne pense qu'à le
venger …
Me voilà de retour avec encore un billet sur un album de ce mangaka ! Et oui, je compte bien lire tout ce qu'il a fait alors ce n'est pas fini de voir des billets fleurir de temps en temps sur cet auteur-dessinateur d'exception. Cet album n'est pas différent des autres car on y retrouve toujours les mêmes dessins noir et blanc réalistes et tout en finesse et en détails, qui permettent une visualisation particulièrement réussie des histoires. Cette fois, ce n'est pas une histoire unique mais un recueil de six "nouvelles" qui pourrait avoir pour thème le froid et l'hiver, ce qui est effectivement le cas pour la majorité à part une histoire qui se passe l'été et qui parle de coquillages et une autre qui raconte la vie d'un jeune dessinateur logé dans un immeuble louant des chambres à un groupe hétéroclite de résidents. Ces deux histoires, qui se passent au Japon et qui ne sont pas très tournées vers la nature contrairement aux autres, ne semblent d'ailleurs pas vraiment à leur place dans le recueil tout en restant néanmoins très agréables à lire. J'ai vraiment beaucoup aimé les nouvelles se passant dans le grand nord canadien et celle sur les baleines, qui parlent de la nature et des relations entre elle et l'homme, des légendes et des croyances qui ont tendance à disparaître malgré leur beauté et leur poésie. Cette poésie, habituelle à l'auteur, est d'ailleurs présente tout au long du recueil et fait de cette lecture une nouvelle réussite !
12 mai 2008
Actor's studio ---- Blondel et Camilo
Colin Harper est un acteur un peu particulier : il a été embauché par le puissant Darryl Benders pour tourner des films très violents n'utilisant pas d'effets spéciaux, des snuff movies comme on les appelle. Les scénarios qui lui sont proposés impliquent tous des meurtres divers et variés. Un de ses films l'amène à tuer les parents de Léa sous les yeux de la petite fille. Celle-ci, adolescente, est encore traumatisée par ce qui s'est passé et Colin a commencé à développer un besoin de reconnaissance de la part de la profession et a besoin de changer de style de films pour cela. De son côté, l'inspecteur Peterson, qui avait été chargé de l'affaire à l'époque, est rongé par le remords. Mais un homme mystérieux semble rôder autour de ces personnes, leur faisant livrer des roses, à l'origine symboles des meurtres des films de Colin …
Le sujet me paraissait original en BD, ayant pourtant été largement traité au cinéma et ce qui m'a attiré vers cette série qui débute juste. Mais le dessin en noir et blanc assez brouillon (la couverture n'en est pas représentative d'ailleurs !) m'a moyennement plu : les personnages se ressemblent bien trop pour ne pas avoir de problèmes d'identification et l'histoire, qui a tendance à partir un peu dans tous les sens, n'aide pas à s'y retrouver facilement. Certaines choses sont aussi peu crédibles comme le fait que Léa vive en colocation avec une amie de son âge depuis plusieurs années alors qu'elle n'a même pas 18 ans. L'ensemble paraît banal et convenu, utilisant toutes les ficelles du genre et ne m'a pas convaincue. Je lirai peut-être la suite quand elle paraîtra mais rien n'est moins sûr !
11 mai 2008
Kill the Granny, les bijoux du chat ---- Francesca Mengozzi et Giovanni Marcora
Evelyne, mamie retraitée et joyeuse, adore son chat mais
celui-ci a un problème : elle vient de le faire castrer et pour lui, c'est un
crime sans pareil ! Il ne rêve que de venger cet outrage en tuant sa maîtresse
et pour cela, il ira même jusqu'à faire un pacte avec le Diable : il aura droit
aux 9 vies légendaires des chats pour tuer la responsable de son état de
demi-chat et pourra ainsi récupérer ses "bijoux". S'il échoue, son
âme ira brûler en enfer …
Une BD avec une histoire de chat ne pouvait m'échapper, même si l'animal n'est pas à son avantage et que l'ensemble de l'histoire est plutôt cruel pour lui ! Et puis la couverture m'a de suite attiré l'œil, avec son dessin tout simple et ses couleurs assez douces ! L'album est d'ailleurs dans le même style, avec un dessin très agréable en contraste avec la violence omniprésente. Ce chat a vraiment de la suite dans les idées mais il est vraiment malchanceux et les situations dérapent très vite en faisant sourire la lectrice que je suis. Oh, ce n'est pas un chef d'œuvre mais cela se lit bien, la chute est ironique et l'humour noir est très présent, ce qui me plait bien. Une découverte italienne assez sympathique malgré le thème et ressemble presque à un dessin animé.
10 mai 2008
Maria avec et sans rien ---- Joan Didion
Dans les années 1960, Maria a 31 ans et n'est pas
heureuse. Après une carrière de mannequin et d'actrice de seconde zone, ses
relations avec les hommes ne sont pas meilleures. Elle vient de divorcer de son
mari Carter et sa petite fille de 4 ans, Kate, est internée pour des problèmes
de comportement. La vie semble bien
creuse à Maria qui passe beaucoup de temps à rouler en voiture dans Los
Angeles ou dans le désert qui a bercé son enfance, elle rencontre des personnes
qui se veulent ses amis mais qu'elle voit comme des connaissances qu'elle
cherche souvent à éviter …
Après avoir lu "L'année de la pensée magique", je voulais découvrir l'œuvre de fiction de Joan Didion et ce livre, écrit en 1970, vient justement d'être réédité. L'histoire décrit l'état d'esprit d'une certaine société qui n'a plus de but ni de motivation, qui erre à la recherche du bonheur mais qui se retrouve en plein cauchemar. Et effectivement, à la lecture de ce roman, on a la sensation de se trouver dans un mauvais rêve dont on n'arrive pas à sortir. Les courtes scènes, les passages parfois sans continuité, les pensées et les actions des personnages contribuent à une ambiance lourde et étouffante, comme le désert omniprésent dans le livre. On reste vaguement fasciné par cette atmosphère glauque tout en espérant voir arriver la fin du livre, créant ainsi un sentiment de malaise et de voyeurisme. Une impression de lecture plutôt mitigée et assez noire (mais c'est le thème qui veut ça) malgré la qualité littéraire indéniable de ce roman.
08 mai 2008
4 têtes à claques ---- Alejo Garcia et Feliciano Garcia
Tome 1 : Du poil sous les aisselles
Tome 2 : A poil et à vapeur
En Argentine, Gaucho, Marcos, Anibal et Terli sont un groupe de 4 copains pas toujours très futés. Leurs occupations principales consistent à regarder des films pornos, à draguer occasionnellement des filles, à vérifier si les Françaises ont du poil sous les aisselles et à convaincre le grand-père d'Anibal qu'ils ne sont pas homosexuels …
Ces deux albums ne volent pas toujours bien haut mais j'ai passé un excellent moment avec de nombreux fous rires ! Le dessin noir et blanc un peu anguleux m'a bien plu et les titres m'ont attirée dès le départ (franchement, j'avais envie de savoir où cela allait mener !), avec, en prime, le fait que c'était une série argentine, ce que l'on ne voit pas tous les jours dans le milieu de la BD. Je n'ai pas été déçue : cela se lit vite et facilement et on s'aperçoit que la jeunesse d'Argentine n'est pas différente de celle d'autres pays ! L'humour est très potache et souvent en dessous de la ceinture mais mon parcours professionnel m'avait habituée à ce style et à partir du moment où on sait que l'on ne va pas lire quelque chose de très intellectuel, cela est vraiment amusant (j'ai adoré l'épisode du bus avec Marcos qui fait semblant de dormir pour ne pas céder sa place à une vieille dame). Un coup de cœur qui vole peut-être un peu bas mais qui m'a fait rire aux larmes plusieurs fois et cela fait du bien !
07 mai 2008
Une canaille et demie ---- Iain Levison
A Tiburn, petite ville universitaire du New Hampshire, Elias White est un jeune professeur d'histoire de la faculté. Célibataire, sans aucune famille, il mène une vie parfois trop tranquille à son goût et rêve d'écrire un article qui l'amènera au firmament de sa spécialité et surtout qui lui permettrait d'obtenir une chaire dans une université prestigieuse. Mais son quotidien va être bouleversé quand Dixon, un braqueur de banque récidiviste, blessé et en fuite avec un joli paquet de billets décide de se cacher chez le jeune professeur ambitieux …
Après la lecture peu agréable du récit de l'auteur dans le monde du travail américain (voir "Les tribulations d'un précaire"), je me suis attaquée au deuxième roman de Levison et je dois dire que cela n'a rien à voir ! Avec ce livre qui raconte avec humour, ironie et cynisme la vie d'un voyou en cavale rentrant en collision avec la vie d'un professeur d'université, le tout sous fond de petite ville américaine bien comme il faut, j'ai passé un excellent moment de lecture, même si je n'ai pas eu beaucoup d'atomes crochus avec Elias qui est vraiment un jeune loup aux dents longues qui ne sait pas ce qu'il veut. Par contre, Dixon est plutôt attachant dans son genre et tout cela est évidemment voulu par l'auteur, montrant ainsi que rien n'est tout blanc ou tout noir. Chaque personnage a ses défauts mais tous sont cyniques et sont prêts à presque tout pour réaliser leurs rêves, y compris les jeunes femmes que l'on voit apparaître au fur et à mesure de l'histoire. J'aurais peut-être préféré une autre fin bien plus cynique et ironique mais elle n'est pas mal non plus ! Une vision désabusée du monde universitaire américain mais remplie d'humour noir qui permet de passer un moment de détente sans prise de tête.
06 mai 2008
Rencontre avec Ella Balaert
Mardi 6 mai à 16h30, il y avait une nouvelle rencontre d'auteur dans le cadre du prix Inter-Comités d'Entreprises CEZAM 2008. Cette rencontre avait lieu, cette fois, à la bibliothèque de l'université Bretagne Sud de la ville et m'a donné l'occasion de découvrir ce lieu que je ne connaissais pas du tout. L'auteur invité était Ella Balaert pour son livre "Canaille Blues" sur lequel j'avais fait un billet pas forcément très favorable ici (mais Yvon avait aimé alors allez lire son billet ici).
Je suis arrivée avec un peu de retard, ayant du mal à trouver le lieu qui n'était pas vraiment indiqué (il a fallu que je m'arrête pour demander mon chemin et je n'avais pas regardé où c'était, pensant que ce serait très proche du bâtiment principal de l'université, ce qui n'était pas vraiment le cas ! A quand les campus universitaires où tout est regroupé ??? mdr !). Mais trêve de bavardage .... à part que j'ai raté le début de la rencontre qui avait déjà commencé quand je suis enfin arrivée ! J'ai par contre été étonnée du peu d'étudiants présents à cette rencontre (alors que cela avait quand même lieu à leur bibliothèque !)
Le thème de ce roman est l'histoire d'un groupe de marginaux qui se place en dehors de la société, refusant de se couler dans le moule prévu, et qui se retrouve manipulé par les RG. Ceux-ci utilisent divers appâts qu'ils proposent discrètement à divers membres pour renforcer le groupe de l'extérieur pour des raisons politiques tout en le fragilisant de l'intérieur.
Le groupe, qui se veut les dignes héritiers du groupe du mouvement très ancien des Cyniques de Diogène, va alors connaitre un triste dénouement, ce qui donne un ensemble plutôt pessimiste mais avec une touche finale d'espoir avec l'arrivée d'une relève qui reprendra peut-être le mouvement amorcé. Une des questions posées à l'auteure a été de savoir si elle avait eu l'intention de faire passer l'intervention extérieure des RG comme entièrement responsable de l'éclatement du groupe mais elle voulait aussi montrer que le groupe allait se déliter de lui-même et que les RG n'ont fait qu'accélérer cette fin. Le roman traite ici de la liberté par rapport aux autres, aux institutions, à la société et à soi-même et montre qu'il n'est pas facile d'obtenir cette liberté.
Ella Balaert n'a donc pas voulu faire l'apologie d'un mode de vie communautaire sortant des sentiers battus car le groupe qu'elle décrit n'est pas vivable au final bien que ses motivations soient plus qu'honorables. Elle a par contre fait une critique de la société de consommation actuelle. On peut d'ailleurs voir une critique virulente de cette société dans la scène des soldes, où les personnes soit disant dans la normalité deviennent des monstres assoiffés de bonnes affaires.
Elle a créé des personnages qui sont loin d'être antipathiques mais ceux-ci ont parfois des actions peu sympathiques et ce décalage a parfois été difficile à gérer. Aucun chef ne ressort vraiment de cette communauté qui partage surtout un espace (ils vivent tous dans un car) mais dont les membres restent assez indépendants les uns des autres. Chaque personnage n'est connu que par son surnom et Ella Balaert a fait un bel effort d'imagination en les créant. Certains de ces surnoms s'inspirent de personnages ayant existé comme pour Treize-Oignons qui est un dérivé de Quatorze-Oignons, un personnage marginal du temps de la Révolution (si vous voulez en savoir plus, c'est ici). Ce choix d'utilisation de surnoms est une tentative supplémentaire de libération de la part des membres de la communauté. Ils peuvent ainsi utiliser une symbolique tout en effaçant leur passé et leur histoire en oubliant leur vrai prénom. Le thème des noms revient d'ailleurs souvent dans l'œuvre d'Ella Balaert, qui considère que nous sommes tous faits de mots, nos noms et prénoms inclus, qui nous crée une personnalité et un destin. L'auteure a aussi un magnifique travail de recherche et d'imagination pour attribuer des métiers aux personnages, métiers anciens souvent oubliés de tous ou bien particulièrement originaux.
Chaque personnage est associé à un animal qui est son animal de compagnie (et parfois les associations sont vraiment étranges mais amusantes). Cette idée est venue à l'auteure car Diogène a été associé à une souris (en observant celle-ci vivre, il a trouvé une certaine philosophie à sa propre vie, si je puis dire) et à un chien (il a répondu à Alexandre "Je suis Diogène le chien") et elle avait donc dans l'idée de faire intervenir quelques animaux pour créer le parallèle. Son idée première était de faire intervenir les animaux en tant que conscience de leurs maîtres mais l'idée de la scène du colloque des animaux qui a lieu dans le roman entraînait la nécessité d'attribuer un animal à chaque personnage pour pouvoir lui donner la parole et le concept de "l'animal-conscience" a été abandonné. Qui plus est, la présence de ces animaux souligne aussi la proximité du groupe avec la nature, ce qui correspond à leur mode de vie.
Le parcours de chaque personnage est esquissé dans le roman, on apprend leur cheminement au fur et à mesure de la lecture et pourquoi ils ont rejoint cette communauté. Ils ont tous fait le choix de pauvreté volontaire, ce qui les différencie des SDF mais certains itinéraires restent flous et incertains car on découvre des parcours imaginés ou modifiés par les RG, gardant ainsi une part de mystère sur les origines des personnages.
A la question "Le romancier doit-il jouer un rôle de critique ?", Ella Balaert a reconnu que son roman est effectivement une critique de la politique et de la société. Ecrire permet de se distancier des sujets traités et de pouvoir ainsi critiquer, que ce soit politique ou non. Avec les notes des RG, il semblait à l'auteure que la critique politique était évidente pour le lecteur. Qui plus est, ces notes des RG ont eu le rôle de chœur antique, qui accompagne les évènements et qui commente ce qui arrive.
Le roman est divisé en trois parties aux "sujets" différents : la première partie est la mise en place et est tournée vers le social, la deuxième partie, qui se passe pendant une campagne électorale, est la partie politique du livre et la troisième partie est la conclusion, avec la fin du groupe et un retour sur le rôle des mots et du vocabulaire dans nos vies. On peut donc retrouver les différents thèmes dont Ella Balaert a voulu parler, avec une montée de la violence qui se calque sur le monde actuel et qui inquiète particulièrement l'auteure.
Comme ce roman est très foisonnant, Ella Balaert a rédigé un plan avec chapitrage et la plupart des évènements décrits étaient déjà planifiés et pensés. Elle a créé des scènes anecdotiques et visuelles pour éviter le piège des scènes didactiques qui n'auraient pas été de mise pour le livre. L'utilisation d'un langage varié pour s'adapter aux personnages a énormément amusé l'auteure qui a trouvé aussi très intéressant d'effectuer des énumérations sur un même thème (lorsque les personnages veulent nommer leur lieu de résidence). Elle a aussi trouvé que l'utilisation d'expressions toutes faites, dont la langue française est très riche, était un réel défi pour elle car elle avait tendance à les oublier et les mélanger. Cela lui a presque donné l'impression de travailler sur une langue étrangère.
Le langage est un des sujets favoris d'Ella Balaert : elle l'a d'ailleurs traité dans un roman jeunesse "La lettre déchirée", où un jeune garçon a des problèmes de lecture et où on peut voir le rapport des personnes avec les mots et notre langue maternelle.
Le titre "Canaille Blues" a été choisi par l'auteure elle-même. Elle avait opté pour "Treize-Oignons le Cynique" au départ mais cela mettait trop en avant un personnage dans un groupe qui se veut égalitaire et sans chef donc elle a abandonné cette idée. Canaille étant un mot qui lui plaisait, avec un petit côté suranné, et Blues venant souligner que la fin n'allait pas être forcément heureuse (et faisant aussi le lien avec la musique très présente dans le livre), l'association des deux mots s'est alors imposée.
En parlant de musique, elle a aussi une part importante dans la vie d'Ella Balaert. Elle a d'ailleurs écouté ou réécouté tous les morceaux qu'elle cite dans le roman, pour être sûre qu'ils correspondraient bien aux situations. En parallèle avec "Canaille Blues", elle a aussi écrit un roman jeunesse "Quand on a 17 ans", où la musique a aussi un rôle important.
Concernant les publications précédentes de l'auteure, elle a écrit plusieurs romans jeunesse et des romans adultes. Elle ne trouve aucune différence dans sa façon d'écrire ou dans le choix des thèmes pour les jeunes et pour les moins jeunes mais la seule "contrainte" qu'elle se donne dans ses romans jeunesse est une fin heureuse et positive. Ses premières publications en 1997 ont été un recueil de nouvelles et le roman jeunesse "La lettre déchirée" dont je viens de parler au paragraphe précédent. Elle a aussi publié "Mary Pirate", roman basé sur la vie de Mary Read qui a eu son destin inextricablement lié au monde des pirates.
Ses relations avec les éditeurs sont dans la moyenne : elle a eu un manuscrit refusé (qui attend dans un tiroir alors si un éditeur me lit et est tenté, il sait quoi faire ! mdr !) mais un autre de ses manuscrits a été accepté par trois éditeurs différents, ce qui est un excellent signe :) Pour "Canaille blues", les réactions ont été mitigées : plusieurs éditeurs n'ont pas tari d'éloges au sujet du roman mais ont déclaré ne pas pouvoir le publier (car cela n'était pas opportun politiquement à ce moment-là). La maison d'édition Hors Commerce, qui n'a pas peur (voire qui aime bien) de publier des livres qui ne rentrent pas forcément dans le moule ou qui dérangent, a donc décroché le contrat ! Et concernant sa sélection pour le prix CEZAM, Ella Balaert avoue ne pas savoir si c'est une bonne chose et comment cela va influer sur l'avenir de son livre. Mais elle est heureuse de l'opportunité des rencontres avec ses lecteurs organisées dans le cadre de ce prix. Elle sait par contre que cela n'influencera pas sur ces prochains romans car elle n'écrit que ce qu'elle a envie d'écrire et ne suit pas les formats ou les tendances qui se dessinent parfois dans la littérature.
Côté projets, l'auteure vient de terminer un roman adulte (qui n'a pas encore d'éditeur) et elle a aussi terminé un roman jeunesse qui devrait paraître en fin d'année (ou début 2009) chez Gulf Stream Editions.
Les dernières lectures coup de coeur de l'auteure ont été le roman "Avidité" de Elfriede Jelinek, qui est sorti il y a déjà quelque temps. Elle l'a trouvé difficile à lire à cause de sa grande variété de langage (du plus cru ou plus poétique) et très dur au niveau des nombreuses digressions mais l'ensemble l'a marqué par sa qualité. Actuellement, elle lit "Lucidité" de José Saramago.
La rencontre fut fort intéressante, même si je n'ai pas vraiment apprécié le livre. On sent que de nombreuses choses constituent "Canaille Blues", certaines évidentes, d'autres beaucoup plus subtiles mais toutes représentant brillamment le travail de recherche et d'imagination d'Ella Balaert.
04 mai 2008
Tribulations d'un précaire ---- Iain Levison
L'auteur a eu un parcours professionnel très chaotique au cours des dix dernières années : il a eu 42 emplois divers et variés, passant de déménageur à videur de poisson en Alaska en passant par chauffeur de poids lourds entre autres. Son diplôme de lettres lui semble un boulet plutôt qu'un avantage, la sécurité de l'emploi lui semble une utopie et les conditions de travail sont parfois dignes d'une corvée prescrite par Satan lui-même à ses pécheurs les plus redoutables …
Autant j'ai apprécié son premier roman "Un petit boulot", autant j'ai trouvé ce livre à mi-chemin entre le document et l'essai engagé plutôt indigeste et barbant. L'auteur nous y décrit, avec forces détails et critiques, les différents jobs qu'il a fait, dénonçant le système capitaliste américain et toutes les dérives qui en découlent dans le milieu du travail. Je ne doute pas qu'il ne manque pas de personnes dans son cas mais tous ne le sont pas (j'en ai des exemples et ce ne sont pas juste des cas dont j'ai pu entendre à droite et à gauche mais des amis et des connaissances assez proches) et la liste des plaintes m'a un peu lassée au final. Je retiens surtout qu'il rêverait d'avoir un travail varié qui lui plait et qui lui rapporte (qui ne rêverait pas de cela mais il faut être réaliste, cela n'arrivera que pour une minorité !) et il est donc toujours insatisfait des jobs qu'il trouve et qu'il finit par quitter de son plein gré ou forcé par l'employeur. Un des autres points marquants du livre est la grande naïveté des travailleurs américains (que j'avais constaté par moi-même) qui sont souvent arnaqués par les personnes qui leur proposent du travail : on dirait vraiment des grands enfants et l'auteur n'en semble pas très éloigné non plus. Pour moi, qui suis une grande cynique, cela me paraît presque risible de les voir aussi crédibles. L'autre thème majeur est le temps passé au travail et qui, pour nous Français, semble aberrant ! Mais le culte du travail est une chose typiquement anglo-saxonne et il leur paraitrait impensable de ne pas passer leur temps à bosser dur. Les vacances sont loin d'être leur priorité ! C'est sûrement un problème qui se répercute sur leur santé et leur moral mais il est difficile de faire changer les mentalités. Mais l'ensemble m'a laissé une impression de "geignardise" (l'auteur justifie le fait de se jeter sur ces jobs peu attrayants pour ne pas se retrouver à la rue à mendier mais dès qu'il a un peu d'argent, il va au bar boire un coup … je ne dis pas qu'il ne doit pas se faire plaisir de temps en temps mais si j'ai peu d'argent, je ne vais pas le claquer dans des bêtises pour ensuite me retrouver à nouveau coincée dans une situation impossible !). Dorénavant, si l'auteur écrit à nouveau ce style de livre, je crois que je me contenterais de ses romans de fiction !






