31 mai 2007

Blankets, manteau de neige ---- Craig Thompson

BlanketsCraig vit dans une petite ville du Wisconsin. Sa famille très chrétienne et ne roule pas sur l'or. Il doit donc partager son lit avec son jeune frère Phil mais les bagarres sont fréquentes, malgré la tendresse qu'ils peuvent avoir l'un pour l'autre. Craig n'aime pas trop l'école malgré des notes plus qu'honnêtes car il n'arrive pas à bien s'intégrer. Mais un jour, lors d'une classe de neige paroissiale, l'adolescent solitaire qu'il est rencontre Raina, une belle jeune fille. Elle habite le Michigan et à l'issue de la semaine passée ensemble à se découvrir timidement, ils se retrouvent éloignés et commencent une correspondance passionnée …

Récit auto-biographique mêlant des souvenirs de son enfance et de son adolescence, l'auteur nous offre là un roman graphique de presque 600 pages remplies de poésie et d'émotion. Les dessins noir et blanc sont magnifiques, certaines planches étant très oniriques mais servant néanmoins parfaitement bien l'histoire. Les personnages sont très réussis et très vivants. Les émotions sont particulièrement bien rendues, ce qui est pourtant pas toujours facile dans les dessins. On découvre la vie de Craig et son premier amour, avec tout ce que son éducation très religieuse lui met de barrières et d'interdits. Néanmoins, on ne sent pas de volonté de "christianiser" le lecteur (même si parfois, toutes ces références à la religion et à la Bible m'ont un peu agacée mais il est difficile de critiquer vu que c'est ce qu'il a vécu donc il ne peut pas franchement faire disparaître tout ce pan de vie). De même, les thèmes de l'intolérance et de recherche de soi sont abordés de façon subtile, sans qu'aucun jugement ne soit porté. Cela pourrait faire penser au final à une histoire à l'eau de rose banale, mais les propos empreints de nostalgie, de pudeur et de sensibilité rendent le récit proche du chef d'œuvre. Pas vraiment un coup de cœur mais pas loin du tout ! Je dirais même proche … très proche !

RoaarrChallengeChallenge Roaarrr : Grand Prix de la critique ACBD 2005 - Will Eisner award, Meilleur album (matériel inédit) 2004.

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Dix-neuf secondes ---- Pierre Charras

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Gabriel a donné rendez-vous à sa compagne sur le quai de la station Nation à l'arrivée de la rame de RER de 17h43, dénommée Zeus. Leur couple bat de l'aile, englué dans la routine, et si Sandrine vient rejoindre Gabriel, c'est qu'elle sera prête à donner une seconde chance à leur amour. Elle doit prendre la 3ème voiture de la rame et Gabriel se tiendra devant ses portes, prêt à l'accueillir mais Sandrine monte dans la seconde voiture, pas vraiment sûre de vouloir continuer à vivre avec Gabriel. Dans cette voiture, d'autres voyageurs, avec leurs problèmes et leurs joies, ne savent pas que le RER va tous les emmener vers un destin inconnu. Le compte à rebours commence alors : 19 secondes, 18 secondes, 17 secondes, …

Décidément, Pierre Charras va faire partie de mes valeurs sûres de la littérature française ! C'est le 3ème roman que je lis de lui et ils ont vraiment tous un genre différent, avec un point commun : la qualité, aussi bien au niveau de l'histoire que du style. Son écriture est parfaite : ni trop lourde, ni trop ampoulée mais avec un choix des mots et des formules très réussi qui touche directement au cœur du lecteur. Ses personnages sont attachants et profondément humains. Une fois commencé ce court roman, difficile de le lâcher, même si on voit se profiler le drame à l'horizon (avec quand même une surprise au final), drame qui prend aux tripes par son réalisme. C'est pour l'instant mon préféré de cet auteur.

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30 mai 2007

Rencontre avec Bernard Foglino

LetheatredesrevesHier après-midi, à 18h, je suis allée à la conférence de l'auteur Bernard Foglino qui présentait son roman "Le théâtre des rêves" dans le cadre du prix Inter-Comités d'entreprise CEZAM 2007 (voir ma critique) . Ma médiathèque a été chanceuse cette année : elle est la seule en Bretagne à avoir reçu 3 auteurs en lice pour ce prix !

C'est le premier roman publié de cet écrivain (il en a écrit 2 autres et en termine un nouveau) et on sent qu'il n'est pas forcément très rôdé à l'exercice qui est de parler de son livre (il a déclaré lui-même avoir énormément de mal à en parler) et je le comprends tout à fait ! Mais il a été charmant et a été largement à la hauteur.

"Le théâtre des rêves" a été écrit il y a 2 ans environ et l'auteur, qui travaille dans le milieu de la finance mais dans un poste tourné néanmoins vers l'écriture (il rédige des études), a trouvé qu'il avait eu de la chance car la rédaction de son roman ne lui a pris au total qu'un an et demi. Effectivement, il n'est jamais très facile de concilier travail et écriture et Bernard Foglino nous a révélé qu'il écrivait en général le week-end, très tôt (à partir de 4 ou 5 heures du matin) car cela était plus tranquille et lui convenait bien (quel courage ! ce ne serait pas pour moi, qui suis une couche-tard ... en fait, je vais assez souvent au lit à l'heure où il se lève pour écrire !).

Pour ce roman, l'auteur s'est laissé porter par l'histoire, n'ayant pas fait de plan préalable (il avoue ne pas être très doué pour planifier ses histoires mais trouve néanmoins cette absence de plan un peu angoissante). Le fil conducteur s'est dessiné peu à peu lors de l'écriture et la conclusion s'est révélée assez soudainement à l'auteur (à son grand soulagement !) vers la moitié du livre. D'ailleurs, l'écrivain avait commencé à s'engager dans une autre voie à partir du chapitre 14 mais au bout d'une trentaine de pages, s'est aperçu que cela n'allait pas et a recommencé pour finalement aboutir à l'histoire publiée. C'est aussi le premier livre que Bernard Foglino écrit dans le souci d'une possible publication : son optique était d'intéresser un lecteur qu'on ne connait pas, de le distraire et il a trouvé parfois assez difficile d'avoir le recul nécessaire pour cela.

Conf_renceBernardFoglino1A l'origine du livre, l'auteur voulait parler du monde des collections et des collectionneurs. Un de ses amis collectionnant les petites voitures a entraîné Bernard Foglino dans les foires et les salons et l'écrivain a ainsi découvert un monde inconnu et très varié. Il a réalisé que beaucoup de personnes collectionnaient diverses choses (j'en fais partie et j'en connais beaucoup dans le même cas !) mais que peu de gens en parlaient et que peu de livres traitaient de ce sujet (excepté les livres spécialisés). Il a remarqué que les collectionneurs étaient souvent plus motivés par la recherche de l'objet plutôt que par la possession de celui-ci (vu qu'en général, l'objet convoité va être ensuite enfermé et non utilisé). Cette motivation de recherche sera finalement le thème principal du roman, construit sous la forme d'un pseudo-polar : le personnage principal sera à la recherche de ses origines, dans un monde absurde qu'il a du mal à comprendre et à apprivoiser. L'auteur a tenu à préciser que son livre n'était pas du tout auto-biographique mais qu'il était très intéressé par cette recherche des origines (d'ailleurs très à la mode quand on voit tous les généalogistes en herbe).

Les deux autres thèmes abordés en second plan dans le roman sont le football et la nostalgie des années 1970, que l'on peut voir fleurir dans les médias depuis quelques années (au niveau des musiques, de la mode ...). Le football, via les albums de vignettes de joueurs et de championnats, a d'ailleurs permis à l'auteur de faire la transition entre le monde des collections et les années 1970.

Les petites touches du roman abordant différents sujets comme la culture ou l'immigration sont venues naturellement sans que Bernard Foglino ait voulu particulièrement dénoncer certaines choses. Il ne porte pas de regard militant dans son livre et trouve d'ailleurs qu'un écrivain est plus le reflet d'une société qu'un acteur agissant dessus. Pour lui, ce n'est pas le rôle d'un auteur d'affirmer un projet dans un livre de fiction. Si celui-ci veut s'impliquer dans des actions, il ne peut le faire que par l'intermédiaire d'essais et de documents. De même, un auteur ne peut se raconter que de façon détournée. Forcément, certaines de ses expériences ou de ses impressions peuvent se retrouver dans un roman mais celui-ci ne sera pas forcément auto-biographique. L'acte d'écriture reste une libération pour l'écrivain, lui permettant de mener une histoire librement et d'utiliser un vocabulaire plus riche, plus travaillé, autre que les mots utilisés dans les conversations de tous les jours, le plus difficile étant de laisser la place à l'imagination du lecteur en lui suggérant plutôt qu'en lui décrivant tout en détail.

Les personnages principaux, Baptiste, Robert et Arnold, sont au nombre de trois, permettant ainsi d'avoir des variations suffisantes. Ils sont très importants, très construits et donnent l'impression que l'intrigue se greffe sur eux, qu'ils étaient là avant le roman. Bernard Foglino les avaient déjà pensés avant même de savoir ce qu'il allait écrire et effectivement, Baptiste est plus sujet de l'histoire qu'acteur de celle-ci. C'est elle qui le pousse en avant. Il subit plus qu'il ne fait, par lâcheté et se cache derrière l'humour et l'ironie pour se protéger du monde extérieur qu'il a du mal à comprendre. Le moteur du roman est assez sombre dans la deuxième moitié du livre mais l'humour aide à dédramatiser cependant l'écrivain n'a pas eu pour but premier de faire rire le lecteur, même si ce dernier peut trouver le roman jubilatoire tout au long de la lecture.

Le titre du livre a été choisi par l'éditeur dans une longue liste proposée par Bernard Foglino mais n'était pas le titre d'origine choisi par l'auteur. Pour ceux qui l'ignoreraient (comme moi, par exemple !), "Le théâtre des rêves" (Theatre of Dreams), hormis le fait que ce soit le nom d'un café dans le livre, est le surnom donné au stade de foot de la ville de Manchester, le Old Trafford Stadium.

Après avoir parlé de son livre, la discussion s'est portée sur les goûts de Bernard Foglino en matière de livres. Habituellement grand lecteur (il ne peut s'endormir sans avoir lu quelques pages), il lit peu lors de ses moments de rédaction pour éviter "l'effet contaminant" dans le style d'écriture. Ses auteurs favoris comptent Romain Gary et Marguerite Yourcenar. Mais son "monument littéraire" reste l'auteur américain Richard Brautigan avec les romans "Mémoires sauvés du vent" et "Un privé à Babylone". D'ailleurs, Foglino déclare que ce dernier titre l'a influencé lors de l'écriture du "Théâtre des rêves", de même que le film "Usual suspects".

Ses derniers coups de coeur littéraires sont "Comment va la douleur ?" de Pascal Garnier et "Courir dans les bois sans désemparer" de Sylvie Aymard (qui est aussi nominée pour le prix CEZAM). Côté polar, son coup de coeur va à "Nécropolis" d'Herbert Lieberman. Sa lecture du moment est "Survivant" de Chuck Palahniuk (voir ma critique) qu'il apprécie pour son originalité.

La rencontre s'est terminée par une séance de dédicaces.Conf_renceBernardFoglino2

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Amitié, la dernière retouche d'Ernst Lubitsch ---- Samson Raphaelson

Amiti_Samson Raphaelson a été le scénariste de quelques films d'Ernst Lubitsch, ainsi qu'un auteur de pièces de théâtre jouées à Broadway (dont "Le chanteur de jazz" qui devint le premier film parlant de l'histoire du cinéma). Mais la relation entre Raphaelson et Lubitsch ne se limitait pas au travail : ils avaient beaucoup d'estime l'un pour l'autre, même si la pudeur les a empêchés de fonder une relation plus amicale. Il a fallu que Lubitsch ait une grave crise cardiaque l'amenant aux portes de la mort en 1943 pour que Raphaelson se rende compte, lors de la rédaction de la notice nécrologique de Lubitsch, du respect et de l'amitié qu'il avait pour le réalisateur. Mais Lubitsch a survécu et a finalement pris connaissance du texte rédigé par son scénariste préféré …

Dans ce court texte de quelques soixante pages, écrit et publié en 1981 dans le New Yorker, un journal américain, le scénariste Samson Raphaelson raconte son amitié avec le réalisateur Ernst Lubitsch. Où est la vérité, où est l'embellissement, le lecteur ne le sait pas mais la pudeur et la retenue du l'auteur reflètent parfaitement la relation d'amitié refoulée qui existait entre le scénariste et le réalisateur. Un petit coin du voile de l'âge d'or d'Hollywood est soulevé, propulsant le lecteur nostalgique (comme moi, qui suis une très grande fan des films de cette époque) dans l'événement surprenant et inhabituel d'un être qui a l'occasion de lire sa notice nécrologique rédigée par une relation de travail qui se révèle être un ami. Un petit livre facile à lire, très juste dans son concept de l'amitié, s'adressant à tous mais sûrement encore plus apprécié par les cinéphiles.

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29 mai 2007

On n'empêche pas un petit coeur d'aimer ---- Claire Castillon

OnnempechepasunpetitcoeurSous forme de 23 nouvelles, l'auteur explore les relations homme-femme dans ce qu'elles ont de plus vil et de plus tordu. Mais avec toutes un point commun : on n'empêche pas les gens d'aimer, même si cet amour est sordide, manipulateur, jaloux, sadique et bien d'autres choses encore …

C'est mon premier livre de cet auteur donc je ne peux le comparer au reste de son œuvre. Comme toutes les nouvelles, les chutes sont souvent percutantes et inattendues, mais le recueil est un peu inégal en qualité. J'ai eu énormément de mal avec certaines histoires, dont je trouvais le style haché et peu facile à lire (à un point où je finissais carrément par en oublier le fil conducteur). Dans tous les cas, les couples présentés ne sont pas communs ! Beaucoup d'humour grinçant mais lors de la lecture, je me demandais jusqu'à quel niveau le trait n'était pas forcé dans le but de choquer le lecteur (de mon côté, rien ne me choque, je m'attends à tout !). Mes nouvelles préférées sont "La prunelle de mon œil", "Cellule familiale", "J'effraie", "Arrache-cœur", "Scène de ménage", "Thérèse décline" et "Nos enfants ingrats". Comme le livre est court, c'est vite lu, cela ne me laissera pas forcément un souvenir inoubliable mais je pense relire Claire Castillon pour découvrir le reste de ses écrits.

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L'heure et l'ombre ---- Pierre Jourde

LheureetlombreA l'occasion d'un voyage nocturne avec sa compagne du moment Denise, le narrateur, jeune médecin, se souvient de son enfance, des étés dans la petite ville balnéaire de Saint-Savin où il est fasciné par la maison voisine et ses occupantes. Il est surtout sous le charme de Sylvie, petite fille de son âge, qui va devenir son premier amour. Petit à petit, ces souvenirs vont se faire plus pressants et le narrateur finira par essayer de retrouver des années après la magie de ses premiers émois et la magie de cet amour pur …

Pas très facile de résumer ce roman car il y a plusieurs narrations dans la narration et je sais que cela m'a un peu perturbée car le changement de narrateur n'est pas toujours très facile à détecter au premier abord. De plus, plusieurs histoires se mélangent : histoires du narrateur principal, de sa compagne, de son ami … Chaque histoire est intéressante et liée plus ou moins au fil conducteur du roman mais laisse un goût d'inachevé. C'est surtout un hymne à l'enfance, au passé, à l'amour, le tout empreint d'un peu de fantastique, de merveilleux et de lyrisme. Le lecteur ne sait plus trop où est la réalité, se sent comme dans un rêve. Le style très poétique sert à merveille le roman, lui donnant une touche intemporelle et mystérieuse. Je ne doute pas du talent littéraire de l'auteur, qui est indéniable à la lecture de ce livre mais pour ma part, j'ai moyennement apprécié cette lecture. Trop d'envolées lyriques à mes yeux, trop de digressions pour que je puisse apprécier (je suis plus attirée par une histoire que par la poésie d'une narration). J'ai refermé le livre avec soulagement, j'aurais bien aimé qu'il fasse une petite centaine de pages de moins mais il ne faut surtout pas que cela arrête les autres lecteurs car ce roman est d'une grande qualité.

PS : Roman en lice pour le prix Inter-Comités d'entreprise CEZAM 2007.

L'avis plus enthousiaste de Sylire.

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24 mai 2007

La planète disneylandisée, chroniques d'un tour du monde ---- Sylvie Brunel

LaplanetedisneylandiseeSylvie Brunel et sa famille ont décidé d'effectuer un tour du monde pour découvrir la planète et accessoirement fuir leur maison plus ou moins inhabitable pour cause de travaux. Son mari et ses 3 enfants (deux filles de 9 et 15 ans et un garçon de 12 ans) lui laissent la lourde tâche d'organiser leur périple (peut-être parce qu'elle est professeur de géographie à l'université de Montpellier?). Ils vont visiter la Nouvelle-Zélande, l'Australie, les USA et le Canada, le Brésil, la Polynésie et Sylvie Brunel, tout en racontant leurs aventures, en profite pou réfléchir sur l'évolution du tourisme et la création de zones façonnées par la main humaine pour mieux accueillir les visiteurs …

Comme l'auteur avait effectué un tour du monde similaire au notre (à part que nous avons eu largement plus de temps qu'elle pour en profiter vu qu'en fait, on a fait 2 demi tours du monde), j'ai de suite été très attirée par ce document. Effectivement, cette lecture m'a donné des petites bouffées de nostalgie ! Sylvie Brunel raconte les aventures de sa petite famille, se rapprochant plus du journal de voyage que de l'essai sur le tourisme, le tout narré avec beaucoup d'humour. Par contre, j'ai trouvé quelques répétitions, quelques rabâchages geignards sur les conséquences du tourisme (mais qui ne se limitent pas au tourisme : l'auteur parle aussi des organisations humanitaires, en autres, et pas de façon très tendre pour elles). J'ai aussi été surprise par quelques évènements qui leur sont arrivés : pour avoir visité parfois les mêmes endroits qu'eux et à la même période, je n'ai pas été d'accord avec ce que l'auteur décrivait ! Par exemple, elle dit que les trajets en Nouvelle-Zélande sont interminables, ce qui est vrai, mais elle explique que c'est à cause d'une limitation de vitesse peu élevée et que la répression contre les chauffards est importante. Elle oublie juste de préciser que les routes néo-zélandaises sont très gâtées en virages et que rouler plus vite augmente considérablement les risques de sortie de route (les virages serrés ne sont pas signalés plus que les autres). De même, ils ont trouvé peu de panneaux routiers pour se diriger. Quant à nous, nous avons roulé des milliers de kilomètres en tous sens, sans GPS (oui, oui, juste une carte papier … à l'âge de l'informatique !), et nous ne nous sommes jamais perdus ! Mais à part quelques détails qui passeront sans difficulté pour le lecteur qui ne connaît pas les pays dont Sylvie Brunel parle, cela reste une lecture sympathique et amusante dans l'ensemble, avec quelques réflexions parfois très justes sur le comportement des touristes et de ceux qui en font une poule aux œufs d'or !

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23 mai 2007

Marthe jusqu'au soir ---- Pierre Charras

MarthejusquausoirMarthe est femme de ministre et mère d'un jeune homme encore étudiant. Elle a 45 ans, une vie bien rangée et bien réglée et elle tente de faciliter la vie de son époux autant qu'elle le peut. Mais un jour, alors que ce dernier est en déplacement, elle reçoit un coup de téléphone d'un de ses collaborateurs, Monsieur Lacombe, qui lui annonce qu'un problème soudain requiert une solution immédiate et que cela ne peut attendre le retour de son mari. Elle décide donc de rencontrer Monsieur Lacombe dans un café et celui-ci lui présente des photos pouvant mettre en danger l'avenir de toute la famille de Marthe. Mais cet homme n'est qu'un vil maître-chanteur et ce n'est pas de l'argent qu'il veut … c'est Marthe et son corps qu'il désire et qui va devenir l'objet de la négociation …

Ce court roman, tout en traitant d'un sujet plutôt cru qui est le chantage sexuel, reste subtil et met surtout l'accent sur la dimension psychologique de l'emprise malsaine qu'un homme peut avoir sur une femme. Bien sûr, le livre ne serait pas aussi marquant et réussi si l'auteur n'avait pas décrit un minimum ce qui se passe pour ce couple d'un soir mais les détails, tout en étant peu édulcorés, restent malgré tout plutôt … surannés ! Je ne sais comment dire ou exprimer ma pensée mais cela pourrait faire penser à un roman coquin du 17ème ou 18ème siècle. Ce qui se passe est assez cru mais il y a un certain détachement qui fait que le lecteur ne se sent pas impliqué dans l'histoire. L'auteur emploie des tournures de phrases un peu désuètes, peut-être pour mieux se rapprocher d'un certain marquis connu, très adepte de la manipulation de femmes pas vraiment consentantes et j'ai trouvé que cela servait parfaitement bien le roman. Cette femme semble elle aussi d'une autre génération mais les gens et les mentalités ont changé et le rapport à l'acte sexuel est à mon point de vue bien différent à présent ! J'ai bien aimé l'ensemble, qui se lit très vite, même si je ne me reconnais pas du tout dans Marthe, que je trouve quand même bien coincée dans son petit monde habituellement aseptisé et parfait.

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21 mai 2007

L'autre côté du pont ---- Mary Lawson

LautrecotedupontPendant les années 1930, dans l'Ontario sauvage du Bouclier Canadien, dans la petite ville de Struan, la famille Dunn s'occupe de leur ferme. Les 2 enfants, Arthur et Jake, sont pourtant très différents l'un de l'autre : Arthur est taciturne, costaud et fait merveille à la ferme, Jake est brillant et charmeur, délicat et a horreur de tout type de travail. Sa mère protège d'ailleurs trop ce dernier et Jake en profite pour jouer le tyran à la maison. Mais un jour, Jake est victime d'un grave accident ... Quelques années plus tard, dans les années 1950, Arthur est maintenant marié, père de famille et a repris la ferme familiale. Ian, fils du docteur local et adolescent indécis, est secrètement amoureux de Laura, la femme d'Arthur, et se fait embaucher pour travailler dans leur ferme, pour être plus proche de l'objet de son désir naissant. Mais un jour, Jake revient à Struan et le drame n'est pas loin …

Ce roman, à travers quelques personnages que l'on suit plus en détail, ne se contente pas de raconter une histoire familiale : il parle aussi d'une époque, des années 1930 jusqu'aux années 1950, avec la guerre et ses moments durs, de la vie d'une petite ville isolée, de ses habitants et des difficultés des fermiers pour faire vivre leurs familles. L'auteur nous raconte la vie d'Arthur, de son enfance à la fin de sa vie, elle nous parle de ses doutes, de ses difficultés pour s'imposer et de la rivalité avec son frère Jake, si sûr de lui et si manipulateur. Mais si Jake est charmeur dans le roman, le lecteur le découvre sous son vrai jour et je ne l'ai pas trouvé attachant alors qu'Arthur est touchant d'humanité et de retenue. L'autre personnage principal est Ian, un adolescent encore indécis sur son futur, découvrant le travail de la terre et vivant lui aussi son lot de drames familiaux. Le ton est souvent doux-amer, créant une atmosphère un peu nostalgique et émouvante. Le parallèle des 2 époques est effectué par une alternance dans les chapitres et cela peut être un peu perturbant si on laisse trop de temps entre deux moments de lecture (cela m'est arrivée de ne plus me souvenir de certaines choses lors d'un passage d'une époque à l'autre) mais les personnages forts restent longtemps dans la mémoire et une fois la dernière page tournée, il m'a été difficile de quitter Struan. Mais étrangement, la fin du roman m'a fortement donné une impression de déjà-vu, comme si j'avais lu précédemment ce livre et que je ne m'étais rappelée que de la fin (et dans les détails, presque des phrases entières). Je suis incapable de savoir d'où cette impression m'est venue : un autre livre, une discussion sur le même genre de sujet (pourtant, en général, je sais que si les gens me parlent d'un livre lu et pris par leur passion, veulent parler de la fin d'un roman, je les arrête toujours avant) … toujours est-il que cela m'a un peu laissée perplexe et m'a un peu gâché ma lecture en enlevant une part de la tension finale. Mais un excellent roman néanmoins !

Posté par sassenach à 12:24 - - Commentaires [10] - Rétroliens [0]

Slow news day ---- Andi Watson

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L'américaine Katharine Washington arrive dans la petite ville anglaise de Wheatstone, où elle doit effectuer un stage de journalisme en tant que reporter dans la gazette locale. Le journal étant en difficulté financière, les reporters ne sont pas légion et elle doit faire équipe avec Owen Holmes, qui n'est pas vraiment ravi par cet arrangement. En fait, parallèlement, Katharine travaille sur un scénario de série télé mettant en opposition cultures anglaise et américaine ...

J'ai beaucoup aimé cette BD, tant au niveau histoire qu'au niveau dessin. Le tout est relativement simple : c'est juste la vie quotidienne de journalistes essayant de maintenir en vie leur journal local, grâce à la vente de pages publicitaires et à des reportages du genre "mon dindon est tombé de son perchoir et on a du lui mettre une broche à sa patte cassée", le tout saupoudré de rivalités professionnelles et amoureuses et des difficultés des relations hommes-femmes. Le dessin noir et blanc, très simple et un peu anguleux, est parfait pour illustrer l'histoire. Après un début un peu haché (il me semblait que les scènes sautaient un peu du coq à l'âne), j'ai été vite conquise par les 2 personnages principaux et leur opposition, d'abord basée sur leurs différences culturelles. Les dialogues sont pimentés d'une pointe d'humour mais la tension entre Katharine et Owen est exploitée subtilement de façon à maintenir l'intérêt du lecteur : vont-ils réaliser qu'ils sont attirés l'un vers l'autre, malgré leurs relations suivies avec d'autres personnes ? J'ai dévoré l'album pour le savoir et j'ai été très touchée par l'histoire réaliste racontée par Andi Watson : souvent les choses les plus simples sont les meilleures !

Posté par sassenach à 02:21 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]


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