Construire un feu ---- Chabouté d'après la nouvelle de Jack London
Dans le milieu des années 1800, dans le Klondike au nord
du Canada, des gisements d'or ont été découverts. Attirés par les possibilités
de richesse, de nombreux hommes rejoignent tant bien que mal cette région
sauvage et isolée mais la vie en hiver est difficile et particulièrement
dangereuse à cause du froid intense qui y règne. Un chercheur d'or, accompagné
de son chien, doit rejoindre un groupe d'hommes déjà installés à plusieurs
kilomètres de là et il part seul à travers la neige et la forêt …
Je n'ai pas lu la nouvelle de Jack London donc je ne peux pas comparer la BD à l'œuvre originale mais en tout cas, l'album m'a beaucoup plu. Les dessins sont superbes et rendent brillamment l'ambiance glaciale avec une utilisation de blancs, de gris et de noir très réussie (il y a très peu de couleurs vives hormis le feu). La seule chose que j'ai moins aimé a été le dessin de l'homme proprement dit que j'ai trouvé peu détaillé, un peu fouillis, mais cela n'est quand même pas une catastrophe ! Les dialogues sont inexistants, le peu de texte consiste à raconter au lecteur des pensées du chercheur, ses assurances et ses doutes, sa confiance et sa peur. Et je dois avouer que cela a particulièrement bien fonctionné avec moi : plus de texte n'est pas nécessaire … tout est dit dans les quelques phrases et dans les dessins et l'imagination du lecteur fait le reste ! C'est percutant !
Les petits ruisseaux ---- Rabaté
Emile et Edmond, septuagénaires vivant seuls dans un petit village, passent leur temps à la pêche. Mais Edmond a un passe-temps secret qu'il révèle à Emile : il peint … et ses tableaux sont des nus de femmes ! Il lui avoue aussi que le célibat forcé que son divorce a provoqué il y a des années lui pèse et qu'il rencontre des femmes en passant par des agences matrimoniales. Emile est perplexe, ne s'étant pas complètement consolé de la mort de sa propre femme mais le jour où Edmond meurt subitement, il prend conscience de son isolement et décide de faire quelque chose car il se rend compte qu'il ne peut plus vivre ainsi …
C'est la première fois que je lisais un album de Rabaté car j'étais moyennement attirée par son dessin un peu trop brouillon à mon goût (j'autorise le côté brouillon car il s'agit d'humour mais j'ai plus de mal s'il s'agit d'une histoire "sérieuse"). Mais j'ai été ravie de ma lecture, comme quoi, une histoire rondement menée et des personnages attachants peuvent faire oublier les dessins. Cet album, qui parle, en résumé, de la sexualité des personnes d'âge mur, est une réussite, mélangeant humour et émotion. J'ai ri plusieurs fois, j'ai écrasé une larme d'autres fois et j'ai été attendrie à certains moments. On ne peut que découvrir avec plaisir la transformation qu'Emile va subir, on l'encourage, on le soutient, on tremble pour lui parfois … c'est signe que l'auteur a fait passer toute une gamme de sentiments à travers des dialogues justes et sans excès et un dessin dont j'ai fini par oublier entièrement ce que me dérangeait dedans !
Challenge Roaarrr : Grand Prix de la critique ACBD 2007.
Camino 999 ---- Catherine Fradier
Carla Montalban vient d'une vieille, grande et riche famille espagnole émigrée en France depuis de nombreuses années et est commandant dans la Brigade criminelle de la ville de Lyon. Elle est appréciée et respectée de ses collègues et enquête régulièrement sur des affaires plus ou moins sordides. Mais une série de meurtres dans le milieu des affaires, qui semblent pourtant sans rapport entre eux, va la plonger au cœur d'une organisation internationale et religieuse qui semble avoir des liens avec sa famille …
Voilà encore un livre lu dans le cadre du prix inter-comités d'entreprises CEZAM 2008 … cela avance plutôt rapidement, cette année ! Cette fois, le style de livre est totalement différent des autres titres proposés car l'auteure signe là un thriller mélangeant faits réels, enquête policière et action. J'ai vite lu le roman car son rythme permet une lecture rapide : des chapitres assez courts, qui se terminent souvent de telle façon qu'on en lit un autre pour en savoir plus … de ce côté-là, Catherine Fradier a tenu mon intérêt éveillé tout au long des pages. Les faits réels dont s'inspire vaguement cette histoire ne sont pas récents, ils datent des années 1970-1980 et je n'en ai aucun souvenir car j'étais bien trop jeune pour m'y intéresser à l'époque. D'ailleurs, son roman ne m'a pas donné l'envie de pousser la recherche plus avant et aurait très bien pu être une fiction complète si elle avait créé une base s'inspirant librement de ces faits réels en les modifiant un peu. Je pense que un certain nombre de lecteurs n'auraient pas fait le rapprochement dans ce cas-là. Par contre, le style d'écriture m'a un peu agacée. L'ensemble aurait eu besoin d'une sérieuse relecture et d'un bon travail d'édition et de correction. On trouve quelques fautes et coquilles mais c'est surtout l'emploi de phrases clichés et grandiloquentes qui m'a porté sur les nerfs. J'aurais pu comprendre si cela avait été un premier roman mais ce n'est pas le cas. Je n'ai pas d'exemple à vous donner car je n'ai jamais de papier et de crayon à portée de main quand je lis mais je reconnais qu'un style plus sobre et plus direct aurait mieux fait honneur au roman. Une lecture pas désagréable au final (je suis une accro des thrillers en tous genres alors je ne suis pas complètement partiale !) mais une impression mitigée malgré tout. Dommage car il aurait pu obtenir une très bonne note de ma part !
Colis swap polars Noir c'est noir !
J'ai reçu, il y a quelques jours, le colis dans le cadre du swap polar, café et chocolat "Noir c'est noir", organisé par Fashion et Stéphanie. Comme on était nombreux et nombreuses, un blog a été créé exprès pour le swap et vous pourrez sûrement y retrouver tous les colis reçus.
J'ai mis un peu de temps à transférer les photos sur l'ordinateur d'où le délai de publication de mon billet. En plus, je ne voulais pas être la première à poster la réception de mon colis ... histoire de ne pas trop mettre la pression sur celles qui ne l'ont pas encore envoyé ! mdr ! J'avais quand même prévenu ma swappée de la bonne réception de son superbe paquet. Mais maintenant, je ne suis plus seule alors voilà :
Ma gentille swappée était Carine qui n'a pas de blog mais qui fréquente assidument les nôtres et qui laisse des commentaires pour nous faire aussi partager ses impressions de lecture !
Toute à mon envie de découvrir mon colis, je n'ai même pas pensé à faire une photo du colis non ouvert :) Impatiente, moi ?? ... nooon ;)
Carine m'a vraiment gâtée et j'ai été ravie de ses choix ! Je suis désolée de la qualité des photos, la luminosité n'était pas terrible ce jour-là (et du coup, le colis est venu mettre un peu de soleil dans mes yeux en compensation !)
Il y avait 3 livres qui me faisaient particulièrement envie :
La femme en vert d'Arnaldur Indridason
Meurtriers sans visage de Henning Mankell
Meurtres à la carte de Kathy Reichs
D'ailleurs, au sujet du dernier titre, je peux affirmer haut et fort que Carine a des dons de voyance particulièrement bien développés car elle a réussi à m'envoyer un des deux Reichs qui me manquaient (sur les 8 titres de la série). Belle performance !
Il y avait aussi un superbe mug avec une petite fée qui a froid (normal, elle est pieds nus dans la neige) et forcément, je me suis sentie obligée de la réchauffer en utilisant immédiatement la tasse pour une boisson chaude. Il y avait aussi de beaux marque-pages avec des fées (c'est celles qui aident les enquêteurs à trouver les coupables, non ?). Et il faut dire que le mug et les marque-pages provenaient de Neverland, la librairie de Lamousmé, ce qui leur donne un petit plus !
Un gros paquet de café et des chocolats d'une marque connue (dont je tairai le nom mais que j'adore) complétaient le colis. Je n'ai pas encore goûté le café (on a fini la cafetière commencée ce matin alors ce sera pour demain !) mais les chocolats sont déjà de l'histoire ancienne :) Mon homme est venu glisser son nez dans MA boite alors j'ai un peu partagé (mais pas trop, non mais, c'est quand même MON colis swap !). Oui, je sais ... je suis trop gourmande mais je ne peux résister à un chocolat noir qui sussure mon nom :) En plus, Carine a été parfaite jusqu'au bout en choisissant exactement le genre de chocolats que j'adore !
Merci mille fois Carine :) Et merci aussi aux brillantes organisatrices ;)
Wisconsin ---- Mary Relindes Ellis
Dans les années 1960, la famille Lucas vit dans une ferme
du nord du Wisconsin. Le père John boit plus qu'il ne travaille, il ne rentre
chez lui que pour battre sa femme Claire et terroriser ses 2 fils, Jimmy, 17
ans et Bill, 8 ans. Heureusement, leurs voisins, Ernie et Rosemary Morriseau,
adorent les deux garçons et les reçoivent souvent chez eux, malgré la haine que
leur voue John Lucas. Il faut dire qu'Ernie est d'origine indienne et a fait la
seconde guerre mondiale où il s'est brillamment illustré et les Morriseau sont
là à chaque fois que les enfants ont besoin de conseils, d'aide ou d'amour.
Jimmy, bon chasseur très attaché à sa terre mais adorant aussi la musique, ne
voit alors qu'une échappatoire à la vie qu'il mène : s'engager dans les Marines
pour partir faire la guerre au Vietnam. Bill se retrouve alors seul avec sa
mère en face d'un père toujours aussi violent …
Voilà un livre qui a frôlé le coup de cœur ! Les personnages sont très attachants et l'histoire, à plusieurs niveaux, m'a fait parfois penser au livre de Joseph Boyden "Le chemin des âmes". Oui mais justement comparé au Boyden, le roman de Mary Relindes Ellis ne peut pas atteindre la note parfaite mais il s'en approche quand même pas mal. L'écriture est vivante, sans rien de vraiment extraordinaire à part le fait magnifique de faire vivre les personnages et de conquérir l'attention et le cœur de la lectrice que je suis. L'histoire est loin d'être rose, c'est même plutôt triste et dur pendant tout le roman mais les sentiments, les hésitations, les douleurs de ces familles sont merveilleusement bien rendus. La narration à plusieurs voix, qui varient sans ordre particulier, nécessite quand même une lecture plutôt rapide et régulière de l'ensemble sous peine de se perdre parfois mais le nombre de personnages est suffisamment limité pour arriver à suivre sans problème (en tout cas, je n'en ai pas eu !). Un roman méconnu très envoûtant, le premier d'une auteure à surveiller !
Buddy Bradley tome 1 : En route pour Seattle ---- Peter Bagge
Harold "Buddy" Bradley, la petite vingtaine et
originaire du New Jersey, se retrouve à partager un appartement à Seattle :il y
a d'abord son pote de lycée, Léonard "Stinky" Brown, qui trempe
toujours dans des coups foireux et George Cecil Hamilton, un colocataire sans
histoire mais totalement parano et asocial. Buddy travaille dans une
bouquinerie, passe son temps à faire la fête et à boire de la bière et n'a pas
vraiment de copine régulière jusqu'au jour où il rencontre Valérie.
Malheureusement, cette dernière partage un appartement avec Lisa, une fille mal
dans sa peau et à moitié nymphomane avec qui Buddy est sorti quelque temps …
Je dois dire que j'ai passé un très bon moment à lire cet album regroupant plusieurs histoires de la vie de Buddy et de ses copains. Rien de bien intellectuel dans cette lecture (les blagues sont souvent au dessous de la ceinture) mais une vision néanmoins amusante et sarcastique de la vie de jeunes adultes un peu paumés dans le Seattle du début des années 1990 où le mouvement grunge sévissait. Malgré tous ses défauts (alcoolique, trouillard, indécis, immature, flemmard, voleur, et j'en passe), Buddy est néanmoins plutôt attachant et gentil. D'ailleurs, il se laisse souvent entraîner dans des situations pas possibles pour ne pas attrister ses amis. Les disputes font rage dans leur petit groupe chaotique, bercé à lla musique rock et se nourrissant de bière, de pizzas et de burgers. Le dessin, brouillon et n'avantageant pas du tout les personnages, met en avant le ridicule des situations et des comportements de tout ce petit monde, à mon plus grand plaisir. J'ai plusieurs fois éclaté de rire même si je n'ai jamais adhéré à ce phénomène de mode qu'était le grunge mais il est peut-être quand même nécessaire de se rappeler certaines choses de cette époque pour mieux apprécier l'ironie de l'album.
Bière grenadine ---- Hélène Vignal
Yvan, 19 ans, vient de mourir d'un accident de moto. Il
manque énormément à Claire, qui n'arrive pas à assumer cette perte. Elle qui a
grandi avec lui le considère comme son frère, même si cela fait 6 ans qu'ils ne
se sont pas vraiment adressé la parole. Cette séparation, Claire en a souffert,
car ce sont leurs parents respectifs qui l'ont provoqué, une brouille sérieuse
ayant eu lieu entre eux et entraînant l'éloignement des deux enfants …
Ce roman, s'adressant toujours à des jeunes lecteurs de 12 ou 13 ans, ne m'a pas complètement convaincue. L'écriture n'est pas toujours facile à suivre, avec quelques retours en arrière et les nombreuses pensées d'une jeune fille perdue et malheureuse. Les sentiments décrits n'ont pas réellement réussi à m'attendrir et la fin ne m'a pas plu du tout, semblant complètement en décalé avec le reste du roman (je ne peux en dire plus sans révéler l'histoire mais bon, cela m'a semblé un peu "léger" !). Claire reste énormément attachée à Yvan malgré la séparation, ce qui semble un peu étrange. De même, les souvenirs de cette dernière semblent vraiment très détaillés et remonter à très loin dans le temps, alors qu'elle n'avait que 2 ou 3 ans. Cette partie du livre m'a vraiment dérangée, me paraissant peu naturelle. J'ai trouvé l'ensemble plutôt long (malgré un petit nombre de pages, peu attachant et un peu artificiel. Du coup, je devais aller voir l'auteure en conférence à ma médiathèque mais je n'y suis finalement pas allée !
Passer au rouge ---- Hélène Vignal
Boris vient d'entrer en sixième. Ce n'est pas facile de
s'intégrer dans une nouvelle école avec de nouveaux amis, surtout quand il
arrive en classe avec des chaussures rouge pétard dont tout le monde se moque.
Alors, pour ne pas être en reste, il s'intègre à une bande. Mais ses amis, sous
couvert de rigolade, de plaisanterie ou de vengeance, sont parfois blessants
avec les autres élèves ou traitent mal les professeurs et Boris n'en est pas
vraiment fier, particulièrement quand ses frasques parviennent à la
connaissance de son père …
Deuxième roman de cette auteure que je lis, celui-ci s'adresse à un public légèrement plus âgé (vers les 12 ou 13 ans). Le sujet traite de la difficulté de s'intégrer dans une nouvelle école, surtout quand on se retrouve à nouveau parmi les plus jeunes de l'établissement. Hélène Vignal démontre de façon réussie qu'il faut toujours bien choisir ses amis et les gens avec qui on est sous peine de se sentir très gêné et très coupable. On peut éventuellement reprocher un traitement légèrement superficiel de l'ensemble, ne proposant pas une façon de se comporter pour les jeunes lecteurs dans le même cas mais ma réaction est à coup sûr une réaction d'adulte qui aurait voulu voir le sujet plus approfondi. En tout cas, un petit livre qui peut avoir le mérite de faire réfléchir les jeunes lecteurs. Mon préféré pour l'instant !
Les rois du monde ---- Hélène Vignal
Romuald part en vacances à la mer avec toute sa famille :
il y a sa mère, sa grande sœur Jessica, son petit frère Samy et sa petite sœur
Charline, qui n'est encore qu'un bébé. C'est la première fois qu'ils partent
tous en vacances ensemble. Ils quittent Lille en train et la grande équipée du
voyage via Paris va les entraîner en Vendée …
Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu de romans jeunesse alors le passage de l'auteure à ma médiathèque m'a lancée dans la lecture d'une série de ses titres. J'ai commencé par celui-ci, s'adressant à des jeunes de 9 ou 10 ans environ, l'âge du héros narrateur de l'histoire (cela n'est pas dit mais je pense que je ne dois pas me tromper beaucoup). L'écriture est relativement fluide à lire mais ne plonge pas dans le trop facile, même si c'est Romuald qui raconte. D'ailleurs, on sent un enfant très mûr pour son age. Les illustrations noir et blanc, crayonnées, sont vraiment très réussies et complètent à merveille le livre. Quant à l'histoire par elle-même, je l'ai trouvée simple mais pas gnangnan, cela sonne assez juste, même si la mère est parfois un peu excessive et semble parfois beaucoup moins sensée que ses enfants ! Une lecture honnête sans être extraordinaire.
Julien Letrouvé colporteur ---- Pierre Silvain
Dans la région de la Marne, Julien Letrouvé, enfant
abandonné, jeune homme timide et renfermé, est colporteur. Il vend des livres
bien que lui-même ne sache pas lire. Son enfance a été bercée par les histoires
qu'une paysanne lisait à une assemblée de fileuses et depuis, il a énormément
de respect et d'amour pour ces petits livres de la Bibliothèque Bleue. Un beau
matin de septembre 1792, il part pour sa tournée malgré les rumeurs de guerre
imminente et son voyage l'amène à rencontrer un soldat prussien déserteur …
Je continue mon petit bonhomme de chemin dans la sélection du prix inter-comités d'entreprises CEZAM 2008 avec ce court roman qui ne m'a pas du tout plu. Mais alors pas du tout … il fera à coup sûr partie de mon bottom 5 de cette nouvelle année ! L'histoire ne m'a pas accrochée du tout (qui plus est, il faut dire que je ne suis pas une grande fan de cette période historique), les personnages non plus car ils m'ont semblé en deux dimensions et quant à l'écriture, les phrases étaient tellement alambiquées et longues qu'arrivée à la fin de celles-ci, je ne savais même plus de quoi elles parlaient au début. L'ensemble m'a vaguement fait penser à une quête identitaire associée à une fable sur les livres dans la société mais j'avoue n'avoir pas compris grand chose et ne pas m'en soucier outre mesure. J'ai bien eu de la misère pour arriver à la fin et cela ne me donne pas envie de lire autre chose de cet auteur que je découvrais.
L'avis aussi peu enthousiaste (voire même pire vu qu'elle a abandonné) de Sylire.














