Les hommes qui n'aimaient pas les femmes ---- Stieg Larsson
Mikael Blomkvist est le rédacteur de la revue économique Millenium, qu'il possède avec son amie de fac Erika. Mais à l'issue d'un article dénonçant des opérations pas très claires de l'homme d'affaire Hans-Erik Wennerström, il est accusé de diffamation et perd son procès. C'est alors que Henrik Vanger, un octogénaire anciennement figure majeure de l'industrie suédoise, le contacte pour lui proposer un travail. Il veut que Mikael revoit entièrement l'enquête infructueuse qui a eu lieu quarante ans auparavant, lors de la disparition de sa petite-nièce favorite de 16 ans sur l'île de Hedeby, alors coupée du monde. Il faut dire que le vieil homme est convaincu qu'elle a été tuée par un membre de la famille et qu'il reçoit toujours à la date de son anniversaire un cadre de fleurs séchées qui semble être là pour lui rappeler cette perte …
Qui n'a pas encore lu la série "Millenium" à part moi ? mdr ! Eh oui, comme d'habitude, je suis toujours dans les derniers à me décider à lire des livres qui ont eu énormément de succès, même s'ils font partie de ma PAL depuis des mois ! En fait, je préfère souvent laisser retomber la pression et calmer un peu l'enthousiasme pour avoir moins de risques de trop en attendre et donc au bout du compte, d'être moins déçue. Et je crois que j'ai bien fait pour cette lecture ! Ce n'est pas que je n'ai pas aimé mais bon, cela ressemble à beaucoup d'autres polars et cela ne m'a pas empêchée de dormir. J'avais d'autres lectures en cours en même temps et je n'ai pas éprouvé le besoin de laisser tomber ces lectures pour me consacrer uniquement à celle-ci, que je réservais pour le soir. Je n'ai donc pas passé de nuits blanches, à tourner fébrilement les pages pour connaître le reste de l'histoire, assez prévisible à mes yeux (mais j'ai du trop lire de romans policiers, thrillers et autres livres dans le même goût pour être réellement surprise par celui-ci). Les personnages, qui ont apparemment créé l'engouement, m'ont paru assez stéréotypés, me donnant une impression de déjà vu et je ne peux pas dire que je me suis beaucoup attachée à eux. La traduction a quelques défauts avec des tournures parfois un peu étranges mais cela ne m'a trop dérangée ni trop choquée. De toute façon, je ne lis pas ce genre de livres pour leur style littéraire ;) J'ai trouvé le début un peu long à se mettre en place et l'ensemble aurait pu être allégé une bonne centaine de pages sans nuire à l'histoire (cela aurait même pu lui donner un peu plus de punch). Au final, une lecture agréable sans être extraordinaire mais mon avis pourra peut-être être plus précis et nuancé quand j'aurais lu l'ensemble de la trilogie. J'ai d'ailleurs entamé le deuxième tome !
Les avis de Sylire, Lou, Tamara, Fashion, Gambadou, Pascal, BelleSahi, Florinette, Amanda, Cathulu, Flo, Gachucha, Nina, Camille, Gawou ... et je suis sûre que j'en oublie !
Salon du livre de Carhaix et rencontres
Comme certains visiteurs le savent déjà (vu que je suis bonne dernière pour rédiger mon billet sur cette journée ... enfin, Yvon fait un peu durer le suspense de son côté en nous faisant un compte-rendu en deux parties), nous sommes allés dimanche au festival du livre de Carhaix, journée qui était à la fois l'occasion de nous retrouver entre blogueurs, de rencontrer ou de revoir des auteurs et d'alléger quelque peu notre porte-monnaie en échange de beaux moments de lecture :)
C'est sous le ciel gris et limite petit crachin breton que nous avons quitté la maison vers les 11h pour effectuer la grosse heure de route (eh oui, il y a environ 80 km de chez nous à Carhaix mais que ne ferions-nous pas pour bavarder avec nos ami(e)s habituellement virtuels ! mdr !).

Nous avions pris un joli "pied de pilote" car nous avions un peu peur de devoir chercher le restaurant (voir le billet de l'année dernière ici (en deuxième partie de billet) où la crêperie a joué un certain temps à cache-cache avec certains d'entre nous) mais en fait, nous l'avons trouvé du premier coup, sans réellement chercher et en plus, nous avons aussi trouver à nous garer juste à côté ! En fait, sans le savoir, nous étions rentrés dans ce restaurant l'année dernière pour leur demander une information :) En plus, il se situe juste à côté de l'office de tourisme, un très beau bâtiment que nous avions déjà repéré l'année dernière :)
Nous étions donc les premiers rendus à table mais certains comme Yvon et sa tendre moitié, qui ont passé tout le week-end à Carhaix, ou Sylire, venaient du salon où ils avaient passé une partie de la matinée. De notre côté, nous n'avions pas le courage de nous lever de très bonne heure un dimanche ! mdr !
L'attente fut de courte durée et tout le monde s'est vite retrouvé autour de la table : Yvon et son épouse, Sylire, Katell, qui avaient déjà tous fait partie de la rencontre de l'année dernière, et Mammig et sa petite famille était de la partie cette année et cela a été un véritable bonheur de retrouver les connaissances et d'en faire de nouvelles :) Nous avons quand même déploré l'absence de Pascal, de Majanissa (qui étaient présents l'année dernière) et aussi de Moustafette qui espérait venir et que nous nous serions fait une joie de rencontrer mais qui a du modifier ses plans à la dernière minute.
La pizzéria était bondée mais notre groupe était bien trop occupé à parler lectures pour se rendre compte de quoi que ce soit d'autre :) Le repas s'est donc déroulé sous le signe des échanges livresques, entrecoupés de bouchées de pizzas, lasagnes, escalope de veau ou autres plats choisis par les différents participants !
On est quand même sorti de table vers les 15 heures (on a fait la fermeture !) et c'est sous la bruine qu'on a rejoint le salon (en voiture quand même, le centre Glenmor où il avait lieu n'étant pas dans le centre de Carhaix). Mais la pluie n'était pas près de nous arrêter ;)
Cette année, cela ne fut pas facile de se garer ... obligé de trouver une place sur le bord de route, le parking était plein ! Mais par contre, le salon était mieux "organisé" dans le sens où les allées étaient plus grandes et on se sentait moins écrasé dans la foule :) Mais il y avait quand même du monde ... on était presque obligé de faire la queue pour voir les présentoirs et les livres !
Nous avons sillonné le salon en groupes mais aussi parfois séparés, surtout quand on a cherché Karine Fougeray car on voulait acheter son dernier livre "Ker Violette". Hélas, on a appris qu'elle avait annulé sa venue ! Une petite déception pour Sylire, Mammig et moi :( (bon en fait, c'est surtout pour l'auteure que c'est dommage car je comptais m'acheter son livre dédicacé, voire même son précédent livre ... sans dédicace, autant que je les emprunte à la biblio où ils sont disponibles !)
Nous avons aussi retrouvé des auteurs que nous avions rencontrés l'année dernière : Yann Venner, Laurent Ségalen, Hervé Bellec entre autres (et dire que j'ai acheté certains de leurs livres au dernier salon, voire même avant, et que je ne les ai toujours pas lus ... j'avais honte !!!!). Nous en avons découvert de nouveaux : Michel Dréan, Claude Ansgari et d'autres. J'aurais aimé me faire dédicacer "Paquebot" de Hervé Hamon mais je n'ai pas réussi à voir l'auteur (sa place était tout le temps vide ... et là aussi, le livre est à la biblio alors je ne l'achèterai finalement pas ... seule la dédicace aurait pu me convaincre !). Et j'aurais aimé revoir Charles Madezo, un écrivain qui vit dans mon coin et qui a tenu un atelier d'écriture auquel j'ai participé pendant un an et demi ! Mais là aussi, sa place était vide !
Après quelques bonnes heures et une belle moisson de livres pour chacun, la fatigue a commencé à se faire sentir et la nuit s'approchant (merci le passage à l'heure d'hiver ... grrr !), nous nous sommes séparés à regret en nous promettant de nous revoir.
La météo n'a pas été tendre avec nous car la pluie s'était intensifiée et a duré tout le trajet du retour et c'est fatigués mais heureux de la journée que nous avons retrouvé notre maison et les chattes vers 18h45.
Voici ici un petit bilan de mes achats (je me suis trouvée très raisonnable ! mdr !) et si vous voulez en savoir plus, cliquez sur les couvertures :
Gwennig de Sophie Baraine, un petit roman jeunesse (j'ai craqué pour la couverture trop mignonne !)
Ploemeurtre de Michel Dréan, un policier qui se passe dans mon village ... difficile de résister :)
Plume de Claude Ansgari, un court roman sur un chat que je lirai avec des mouchoirs à portée de main vu qu'il a fait couler beaucoup de larmes !
Un Yankee au Canada de Henry David Thoreau, qui me semble plus facile d'abord que ses autres œuvres et surtout plus amusant !
Nouvelles de Bretagne cuvée 2008 avec pour thème "Le livre brisé", petit recueil distribué gratuitement à l'entrée :)
Pour les différents compte-rendus des participants, voici les liens :
Yvon 1ère partie, Sylire, Katell, Mammig et Yvon 2ème partie.
Je voulais aussi tous les remercier pour cette journée sympathique, et plus particulièrement Sylire qui s'est brillamment chargée de l'organisation :)
T'es pas la seule à être morte ---- Kristin Omarsdottir
Dans un village d'Islande, la famille du jeune Högni
Árnason, 16 ans, vaque à ses occupations malgré l'inquiétude qui règne car sa
sœur Jóhanna n'est pas rentrée de la nuit. Le père est seul à s'occuper des
enfants depuis la mort de sa femme Svanhildur et de l'aînée des enfants, Ólöf.
Jóhanna, seule fille restante, est donc celle qui s'occupe des hommes de la
famille : Árni, le père, Thórdur, l'ainé des garçons, puis Einar, Högni, le
narrateur et le petit dernier Máni, qui a 15 ans. Mais au matin, les sauveteurs
en mer ramènent le corps de Jóhanna, qui est morte noyée, ce qui se révèle un
suicide. Les garçons préparent le corps et essaient de se remémorer la défunte.
Pendant ce temps, celle-ci arrive au paradis, où elle retrouve sa mère et sa
sœur, mais aussi Léonard de Vinci et Hemingway …
Que dire de ce roman ovni ? Parce que pour être bizarre, ça l'est ! Que les personnages parlent aux morts ou que les morts boivent de nombreux verres et fument le cigare au paradis ne m'a pas particulièrement gênée, au contraire, je trouverais ça plutôt cool si cela se passait ainsi. Mais côté narration, il me semblait à chaque fois que je lisais un passage que j'avais raté un épisode quelque part dans la narration. C'est comme si je parlais de quelque chose et que quelqu'un me répondait à propos de toute autre chose, créant ainsi un décalage fort étrange et je dois le dire perturbant ! Où est-ce que je veux en venir, vous allez me dire ? Eh bien, tout simplement au fait qu'il me semble que je n'ai rien compris au livre ni à l'histoire et que j'ai "observé" pendant les 200 et quelques pages la vie d'une famille très bizarre (je pourrais même me poser la question : est-elle bien normale, cette famille ?). Certains détails m'ont plu (comme le fait de voir Dieu arriver à chaque fois que quelqu'un dit "Mon Dieu" au paradis !) mais il me semblait plutôt nager en plein cauchemar le reste du temps, oh, je ne dis pas le cauchemar horrible qui empêche de se rendormir mais le genre de rêve insidieux où tout semble décalé et pas tout à fait net et dans lequel on se sent totalement enlisé. Pour ma découverte de la littérature islandaise, je crois que j'ai fait mauvaise pioche sur ce coup-là … et pourtant je suis une fan de l'humour noir et décalé mais là, c'était trop bizarre, comme un épisode des Monty Python sous amphétamines et pas forcément dans leur meilleur jour !
L'avis nettement plus enthousiaste d'Yvon.
Cerises givrées ---- Emma Forrest
Sadie Steinberg, 24 ans, célibataire et anglaise, vit à
New York. Elle travaille chez Grrrl où elle est chargée de trouver des noms
pour le moins étranges (du genre "Feu au cul" pour un rouge à lèvres
fushia ou "Junkie" pour un crayon bleu et vert pour les yeux) pour
les produits de maquillage trash qui obtiennent un certain succès auprès des
jeunes filles. Mais Sadie a une ambition bien plus grande : elle veut écrire un
roman ! Mais entre les filles qui bossent avec elles et le charmant garçon
qu'elle vient de rencontrer à la supérette, ce n'est pas facile de trouver
l'inspiration. Surtout que Marley, en plus d'être mignon et totalement accro à
une certaine hygiène de vie, semble apparemment amoureux de Sadie mais a aussi
un problème majeur : sa fille de 8 ans, Montana, qui se révèle pas facile à
apprivoiser et qui ne voit d'un bon œil l'arrivée d'une nouvelle femme dans la
vie de son père adoré …
Le thème de l'auteur en herbe qui se cherche mâtiné de romance m'avait bien accrochée au départ mais ne m'a pas totalement convaincue. En fait, dès le départ, j'ai pris l'héroïne en grippe : elle est immature, tête à claques et capricieuse au possible et on lui mettrait plutôt 12 ans que 24 ! Sans compter le langage assez cru utilisé à fond dès le départ, ce qui ne me gêne pas outre-mesure dans la vie courante mais qui ici saute aux yeux. Heureusement, cela s'améliore un peu de ce côté-là (ou bien alors, je me suis faite ! mdr !). J'ai longuement hésité pour savoir si j'allais continuer cette lecture ou non mais je voulais voir ce qu'allait donner la confrontation Sadie-Montana, qui finalement n'est pas si bien réussie que ça : on dirait deux gamines pas plus mûres l'une que l'autre (si j'avais été en face de ces deux caractérielles, je me serais demandé qui j'allais baffer en premier !) mais Marley, qui lui est très attachant, est là pour rattraper un peu l'ensemble. Et finalement, à mon plus grand étonnement, les pages ont défilé assez rapidement et la fin a fait remonter un peu le livre dans mon estime, lui permettant de décrocher à peine la moyenne (car il y a quand même de bonnes trouvailles, malheureusement pas toujours bien exploitées).
Festival du livre de Carhaix
Ce week-end, le 25 et 26 octobre, a lieu le 19ème salon du livre en Bretagne dans la petite ville de Carhaix. Cette année, le thème choisi est "Journalistes et écrivains". Des auteurs très variés seront présents (voir la liste ici) mais je suis très intéressée pour rencontrer Karine Fougeray dont j'ai noté les titres sur les blogs que je visite et qui, je pense, vont me plaire !
Yvon et Sylire, ainsi que Katell (qui n'a pas fait de billet mais qui y sera) seront aussi à ce salon et nous devons manger ensemble le dimanche midi avant d'aller prendre d'assaut le salon.
Bien sûr, ce n'est pas de chance car le salon a lieu le même week-end que le festival BD Quai des Bulles de St Malo mais comme nous y sommes allés l'année dernière et que nous sommes plutôt à jour côté achats de BD, nous avons décidé de faire l'impasse sur ce salon ... on ira l'année prochaine :)
Le chien Blanco (tomes 1 et 2) ---- Jirô Taniguchi

Blanco, un chien blanc, vient de traverser le détroit de
Bering gelé et continue inexorablement son chemin vers l'est en compagnie d'un
groupe de loups qu'il semble mener. Mais en Alaska, des braconniers les
surprennent en plein repas et décident de les éliminer. Mais Blanco a un
instinct et un physique peu commun et un des chasseurs est tué. Le deuxième, un
chasseur japonais nommé Shiba, en réchappe mais devient obsédé par le chien et
décide de le retrouver. Mais il n'est pas seul sur les traces de ce chien
spécial : les services secrets d'un autre pays veulent l'arrêter eux aussi
avant qu'il atteigne la civilisation et Blanco devient la cible de bien des
gens …
Cela faisait longtemps que je n'avais pas parler de Taniguchi, n'est-ce pas ? ;) Bon, eh bien, autant le dire tout de suite, ces deux albums sont loin, pour moi, d'être dans ses meilleurs ! On retrouve son style graphique, avec les mêmes styles de visages (comme par exemple, le japonais qui ne ressemble pas du tout à un japonais !), mais dans l'histoire, vu le nombre de personnages, cela m'a un peu "perturbée" ! Par moments, j'étais incapable de savoir qui était qui, mais heureusement, Taniguchi a quand même fait des personnages avec des moustaches, d'autres avec des barbes, d'autres imberbes, ce qui a un peu limité les dégâts (mais entre deux personnages imberbes par exemple, pfff, pas toujours évident de les différencier !). Et puis, dans cette histoire, exit le petit côté nostalgie et lent … la violence est présente tout au long des pages (ben oui, les gens essaient quand même de tuer Blanco et il se défend !) mais j'ai trouvé que certaines scènes se répétaient assez souvent ou bien étaient trop longues, n'apportant pas grand chose à l'histoire (on n'a pas vraiment besoin de 4 pages de bagarres par exemple pour comprendre ce qui se passe). De même, la psychologie des personnages est limitée au minimum, on ne comprend pas toujours leurs motivations et leurs émotions sont peu présentes mais comme c'est une histoire centrée sur le chien et sur l'action, cela peut se comprendre. Mais même si cela reste vite lu, ce n'est pas le genre d'album que je conseillerai aux lecteurs pour découvrir cet auteur !
Remise du prix Morbihan CEZAM Inter-Comités d'entreprises 2008
Mercredi 15 octobre, à 18h, à la médiathèque de Lorient, avait lieu la remise du prix CEZAM Inter-Comités d'entreprises du Morbihan pour cette année. Cela fait déjà 3 ans que la médiathèque de la ville participe à ce prix, en compagnie des médiathèques de Vannes et de Questembert et de 16 comités d'entreprises diverses.
Emmanuelle Williamson, maire adjoint responsable de la culture, et Hervé Morice, président de l'Aceva du Morbihan et du réseau national CEZAM, étaient présents pour la cérémonie.
La médiathèque avait organisé un petit jeu pour le public permettant de gagner des chèques-lire. Il fallait trouver le quinté gagnant sur les 10 titres proposés et cette année, le choix n'était pas facile car les avis variaient énormément d'une personne à l'autre :) Au final, une seule personne a trouvé le 5 titres dans le désordre et une personne 4 titres dans l'ordre. Mais comme on a une médiathèque qui fait très bien les choses, elle a aussi récompensé les personnes qui avaient trouvé 4 titres sur 5 (et dont nous faisions partie mon homme et moi !). Mais la surprise lors de la découverte du lauréat a été totale et très agréable :)
Mais, moi aussi, je vais faire durer le suspense car il y a d'abord eu les discours de rigueur ;)
L'adjointe au maire a mis l'accent sur la volonté de la ville à s'impliquer dans la culture et de d'impliquer plus avant les lecteurs en les rendant aussi acteurs de leurs lectures grâce au partage, à la découverte et à l'échange. La ville favorise ainsi le développement des moyens pour les lectures collectives. Elle essaie aussi de défendre les auteurs moins connus, moins médiatisés.Le partenariat créé sur le thème de la lecture devrait donc être étendu sous peu à d'autres domaines culturels.
Le président de l'ACEVA a présenté le prix et le réseau CEZAM. L'ACEVA se veut le trait d'union entre le monde du travail et le monde de la culture et ce prix a été créé il y a 11 ans (sa naissance a eu lieu dans les départements de la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire). Il a permis l'ouverture d'activités dans les petites et moyennes entreprises où les comités d'entreprises sont de petites tailles et n'ont pas forcément de gros moyens. Cela a aussi permis une démocratisation de la lecture et les lecteurs participants étant très variés, le prix littéraire est vraiment un prix populaire.
Le prix national a été remis le samedi 11 octobre à Paris où un pique-nique avait été organisé préalablement pour permettre la création de liens sociaux et d'échanges informels autour de la lecture. Le palmarès a été le suivant :
Lauréat du prix national : Pierre Bordage avec "Porteurs d'âmes"
Deuxième : Catherine Fradier avec "Camino 999"
Troisième : Virginie Ollagnier avec "Toutes ces vies qu'on abandonne"
Quatrième : Marie Sizun avec "La femme de l'allemand"
Cinquième : Jean-Paul Delfino avec "Samba triste"
Sixième : Maurice Gouiran avec "Train bleu train noir"
Septième : Jean-Noël Blanc avec "La petite piscine au fond de l'aquarium"
Huitième : André Bucher avec "Déneiger le ciel"
Neuvième : Ella Balaert avec "Canaille blues"
Dixième : Pierre Silvain avec "Julien Letrouvé colporteur"
Et maintenant, voilà enfin le résultat pour le Morbihan :
Lauréat du prix Morbihan : Virginie Ollagnier avec "Toutes ces vies qu'on abandonne"
Deuxième : Marie Sizun avec "La femme de l'allemand"
Troisième : Pierre Bordage avec "Porteurs d'âmes"
Quatrième : Catherine Fradier avec "Camino 999"
Cinquième : Jean-Paul Delfino avec "Samba triste"
Sixième : Maurice Gouiran avec "Train bleu train noir"
Septième : André Bucher avec "Déneiger le ciel"
Huitième : Jean-Noël Blanc avec "La petite piscine au fond de l'aquarium"
Neuvième : Ella Balaert avec "Canaille blues"
Dixième : Pierre Silvain avec "Julien Letrouvé colporteur"
Virginie Ollagnier a été la lauréate dans trois départements du grand Ouest : le Morbihan, la Vendée et le Maine-et-Loire et je dois dire que j'avais énormément aimé son roman ainsi que la rencontre qui avait eu lieu dans l'année (voir le compte-rendu ici).

L'auteure, très heureuse, a tenu à remercier les lecteurs, les organisateurs et sa maison d'édition, qui a bien fait de croire en elle. Elle a aussi souligné le rôle important des bibliothèques qui font grandir les livres et qui soutiennent ainsi les auteurs. Elle a reçu aussi un joli livre de photos sur la Bretagne, région qu'elle aime beaucoup et on est revenu rapidement sur son livre, son parcours et sur l'histoire et ses personnages. L'auteure étant dyslexique, elle s'est sentie très jeune trahie par la mémoire du corps qui permet d'écrire correctement les mots et a donc voulu décrire un personnage coincé dans son corps, seul interface imparfait entre le monde extérieur et l'esprit et la mémoire du personnage. A cela s'est greffé le thème de l'émancipation des femmes, sujet qui touche aussi très fortement Virginie Ollagnier et qui a favorisé la narration de l'histoire.
Son second roman, "L'incertain", étant sorti cet été chez Liana Levi, une lecture des premières pages a eu lieu et je dois dire que cela est très "accrochant" ! D'ailleurs, je n'ai pu m'empêcher de l'acheter et de me le faire dédicacer :)
La sélection des romans pour le prix 2009 a été révélée et cette année, le prix s'ouvre à des auteurs étrangers, tout en continuant à favoriser les petites maisons d'édition. Pour nous appâter encore plus, on a eu droit à une lecture de chaque début et certains titres m'ont particulièrement paru intéressants ! Je pense que cela va être encore passionnant de découvrir de nouveaux auteurs :) Voilà donc la liste avec un petit résumé de l'histoire :
C'était l'an 42 de Nella Bielski : 1942, la barbarie nazie est à l'œuvre en Europe. L'Allemagne a
quasiment défait tout le continent et menace la Russie. Dans Paris
occupé. Karl Bazinger, officier de la Wehrmacht, réalise qu'il ne peut
plus ignorer ce qu'est cette guerre. Aventurier, voyageur, parfait
gentleman, Karl a jusqu'alors toujours privilégié la vie à la politique
mais désormais il s'interroge sur le régime qu'il sert. En Allemagne,
son ami de la Luftwaffe, Hans Bielenberg, a trouvé la réponse dont il
sait avec certitude qu'elle le conduira à la mort. A Kiev, la
doctoresse et guérisseuse Katia Zvesdny prend soin de ce qui reste de
sa famille, décimée à la fois par le goulag et le massacre de babi Yar.
Dans un style lumineux et sur le ton de l'élégie, Nella Bielski
entremêle, dans ce roman très russe, les destins de vies prises dans
les soubresauts de l'Histoire.
L'otage de Olaf Hergel : lorsque la journaliste Rikke Lyngdal, envoyée spéciale en Irak, est
enlevée par un groupe de terroristes qui exigent le retrait des troupes
danoises de leur pays, le monde entier est suspendu à son sort. Toutes
les chaînes de télévision retransmettent la scène au cours de laquelle
l'un des ravisseurs lui sectionne une partie du petit doigt. L'émotion
est à son comble. Aussi est-elle considérée comme une héroïne nationale
et reçoit un accueil triomphal au Danemark, après son évasion.
Pourtant, à y regarder de près, il subsiste quelques zones d'ombre dans
ses déclarations... Et si elle avait menti ? Et si elle était la
complice de ce jeune Irakien aux yeux bleus, identifié comme son
geôlier, et désormais sur le territoire danois ? Olav Hergel démonte
les rouages des milieux journalistiques et politiques, dénonçant
comment un parti nationaliste manipule la presse et tient le
gouvernement, en instillant dans le pays une véritable phobie de
l'immigration. Un portrait cinglant qui vient ébranler le beau " modèle
danois ".
Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal : " Les petits cons de la corniche. La bande. On ne sait les nommer
autrement. Leur corps est incisif, leur âge dilaté entre treize et
dix-sept, et c'est un seul et même âge, celui de la conquête : on
détourne la joue du baiser maternel, on crache dans la soupe, on
déserte la maison. " Le temps d'un été, quelques adolescents désœuvrés
défient les lois de la gravitation en plongeant le long de la corniche
Kennedy. Derrière ses jumelles, un commissaire, chargé de la
surveillance de cette zone du littoral, les observe. Entre tolérance
zéro et goût de l'interdit, les choses vont s'envenimer... Apre et
sensuelle, la magie de ce roman ne tient qu'à un fil, le fil d'une
écriture sans temps morts, cristallisant tous les vertiges.
La belle de Joza de Kveta Legatova : traquée par la Gestapo, une jeune doctoresse tchécoslovaque doit lier
son destin à Joza, un " idiot de village " qu'elle a remis sur pied.
Pour effacer toute trace, il lui faut suivre cet homme jusque dans ses
montagnes, en Moravie, et devenir sa femme. En un instant, Eliska
abandonne une vie pleine de promesses, des amis aussi brillants
qu'elle-même, un amant bien en vue, une carrière. Là-haut, elle
trouvera une baraque au sol d'argile, un village d'hommes rustres et de
femmes soumises, des usages d'un autre temps. Roublards comme des
maquignons et crédules comme des enfants, ceux de Zelary n'aiment rien
tant que se battre et écouter des fables. Joza, lui, est une force de
la nature. Lorsqu'il avait quinze ans, son père l'a plus ou moins vendu
au patron d'une scierie. Isolé, exploité sans vergogne, Joza ne se
plaignait jamais. Il a vécu ainsi, sans même espérer que la vie pût
changer. Dans un paysage qui est comme en suspens, pour quelques
instants encore, au-dessus de la catastrophe européenne, ces deux-là
vont vivre leur " miracle personnel ".
Un jour sans de Mark McNay : installé en Ecosse non loin de Glasgow, Sean O'Grady a la trentaine et travaille dans l'usine locale de conditionnement de poulet. Il y officie au département 'Frais' (' Fresh', titre original), entre la section 'Congelé' et celle des 'Portions', en d'autres termes, en enfer. Elevé par son oncle Albert qui travaille également à l'usine, Sean
se satisferait pourtant de ce quotidien médiocre où s'enchaînent virées
au pub et chez le bookmaker, rêves déçus et fins de mois difficiles
s'il n'y avait Archie,
son frère. Archie, l'aîné, a très vite pris le chemin de la
délinquance, devenant le protecteur mais aussi le bourreau, obligeant
depuis toujours Sean à le suivre dans ses mauvais coups.
Lorsqu'il se retrouve derrière les barreaux, Sean respire enfin et
décide de se libérer de son emprise. C'est sans compter l'argent
qu'Archie lui confie jusqu'à sa sortie et que Sean dépense.
Swap d'Antony Moore : un simple échange entre enfants. Pas un timbre-poste, ni un jouet, ni
un autocollant. Une BD, échangée contre un banal tuyau en plastique. Un
acte anodin au départ. Mais avec le temps, le Superman numéro un a pris
une immense valeur. Et Harvey, devenu libraire, de bandes dessinées
justement, ne rêve que de le récupérer. C'est même une obsession, le
seul but de sa vie d'adolescent attardé : retrouver ce comic
rarissime... Mais après toutes ces années d'attente, son scénario
longuement mûri va dérailler, et il se retrouvera pris dans un
imbroglio impitoyable.
Le garçon dans la lune de Kate O'Riordan : mariés depuis dix ans, Julia et Brian traversent une crise conjugale en
demi-teinte. Julia s'interroge avec causticité sur la personnalité de
l'homme qu'elle a épousé. Pourquoi lui semble-t-il si souvent
impassible devant certains évènements de la vie quotidienne ? Leur fils
Sam, sept ans, est un enfant sensible et enclin à la rêverie qui voit
dans la lune un petit garçon qui pleure. Lors d'un week-end, ils
quittent Londres pour rendre visite au père de Brian en Irlande. Un
drame affreux survient, qui se soldera par l'échec de leur union. Julia
pourtant décide d'aller vivre chez son beau-père, un homme tyrannique.
En lisant des carnets dérobés, rédigés par la mère de Brian depuis
décédée, elle ressuscite le secret qui étouffe les membres de la
famille. Dans ce roman troublant et inoubliable de sensibilité et
d'amour, construit comme un suspense, Kate O'Riordan s'impose à nouveau
dans une magistrale fresque sur l'ambiguïté des sentiments et la
fragilité de la nature humaine.
La route de Tassiga d'Antoine Piazza : en 1980, le narrateur est engagé, dans le cadre du service national,
comme instituteur par une grande entreprise de travaux publics. Il est
envoyé à Tassiga, une petite ville africaine perdue dans la brousse où
la Compagnie est chargée de construire une route de 160 kilomètres,
financée par la Banque mondiale. L’encadrement et les ouvriers
spécialisés sont des expatriés, venus pour la plupart avec leurs
familles. Ils se sont souvent croisés sur d’autres chantiers, en France
ou à l’étranger, partagent des souvenirs communs mais aussi des
rivalités professionnelles, des histoires de femme. Tassiga est une
cage étouffante, avec son air brûlant, ses blattes énormes, ses nuits
noires… Le narrateur est le seul à ne pas être « un homme des TP ». On
le loge à la maison des célibataires, avec d’autres comme lui, alors
que la Compagnie a loué pour les familles les plus belles villas du
quartier européen, organise leur ravitaillement et la scolarité des
enfants. Son statut particulier en fait un témoin acéré de cette
communauté blanche, de la transformation de Tassiga par la présence des
Français, de l’ennui des femmes, des samedis soir avinés. Dans son
précédent roman, Les Ronces, Antoine Piazza racontait son immersion
dans un village du haut Languedoc. Dans une veine similaire, il
s’inspire ici de ses vingt mois d’expatriation au Niger. Sous sa plume
remarquablement classique, des dizaines de personnages hors du commun
prennent vie, et l’on savoure une nouvelle fois la drôlerie impitoyable
de son regard.
La tête en friche de Marie-Sabine Roger : ce qu'ils mettent au dos des romans, je vais vous dire, c'est à se
demander si c'est vraiment écrit pour vous donner l'envie. En tout cas,
c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi. Que des mots à
coucher dehors - inéluctable, quête fertile, admirable concision, roman
polyphonique... - et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement
: c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour - ou d'Indiens.
Et point barre, c'est tout.
Atelier 62 de Martine Sonnet : mariant la sensibilité la plus fine aux traces documentaires les plus
brutes, Martine Sonnet croise mémoire collective et souvenirs familiaux
dans un hommage à toute une génération d'ouvriers, celle de son père,
artisan campagnard précipité dans la classe ouvrière par son embauche
chez Renault à Billancourt dans les années 1950. Aux forges, atelier
62, réputé le plus dur de la Régie, le charron-forgeron-tonnelier
normand asservit sa carrure et sa puissance à l'industrie automobile
triomphante. L'existence de cet homme et de sa famille au moment clé du
basculement d'un monde à l'autre et la restitution d'un temps fort de
l'histoire du travail, dans toute sa violence, composent les deux
veines du récit. Voix d'enfance et voix d'usine mêlées, Atelier 62
n'est pas le travail d'une historienne, mais l'œuvre d'un écrivain,
dont l'écriture empathique restaure un humble et ses semblables dans la
dignité de leur travail et de leur vie.

La remise s'est terminée par la séance de dédicaces incontournable et par un petit cocktail bien sympathique où on a pu continuer à bavarder et échanger. Merci aux organisateurs qui ont réussi à nous faire passer quelques heures bien agréables :)
Cannibale ---- Didier Daeninckx
En Nouvelle-Calédonie, dans le milieu des années 1980,
Gocéné doit se rendre dans la tribu de Tendo dans le nord-est de la Grande
Terre. Caroz l'accompagne en voiture mais ils sont arrêtés par un barrage tenu
par deux jeunes Kanak. Ceux-ci refusent de laisser passer Caroz car il est
blanc alors Gocéné décide de continuer à pied après s'être reposé au camp
improvisé des jeunes hommes. C'est l'occasion pour lui de leur raconter
pourquoi ils n'auraient pas du traiter Caroz ainsi car les deux hommes se
connaissent depuis 1931, quand Gocéné a été envoyé avec d'autres membres de sa
tribu pour être montrés en tant qu' "hommes anthropophages de
Nouvelle-Calédonie" à l'Exposition Coloniale de Paris …
N'allez pas croire que j'ai muté et que je suis devenue un être assoiffé de sang et de chair vu qu'après mon précédent billet sur le livre de Mary Dollinger "Et le bébé était cuit à point", j'enchaîne maintenant sur le livre de Didier Daeninckx "Cannibale" ! A voir les titres, cela pourrait prêter à confusion ;) En fait, je suis toujours dans les lectures pour les rencontres avec les lycéens (même si ce titre ne sera pas traité avant mars avec eux, autant prendre de l'avance !). Dans ce court roman, on découvre deux aspects de la colonisation : celui qui a poussé les autorités à exposer comme des bêtes des êtres humains dans le passé et celui, plus actuel qui nous parle (très peu, il faut le dire) des évènements qui ont secoué la Nouvelle-Calédonie dans les années 1980. Le style utilisé est très simple, émaillé de mots utilisés dans l'île (comme creek ou manou par exemple) et qui lui donne une authenticité qui peut peut-être passée un peu inaperçue pour qui ne connaît pas ce pays. La partie qui se passe dans le passé récent aurait peut-être mérité d'être un peu plus développé car on s'est que des barrages sont installés, que les Kanak veulent prouver leur indépendance mais en fait, rien n'est détaillé et pour qui ne sait pas ce qu'il s'est passé à l'époque (et je doute que beaucoup de jeunes le savent !), le livre ne leur apprendra rien, voire même pas la date des évènements ! J'ai plutôt la sensation que cette partie de l'histoire ne sert ici à rien à part à mettre Gocéné dans un contexte favorable pour qu'il raconte son histoire sur l'Exposition coloniale (alors qu'il y avait largement matière à faire !). On retrouve des morceaux de "présent" (avec Gocéné qui raconte ses souvenirs et les deux hommes qui l'écoutent et ce qui se passe autour du barrage) lors de la narration des aventures du vieil homme, mais l'utilisation du texte en italique pour ce présent permet de ne pas se perdre. L'Exposition coloniale et ce qui va se dérouler à ce moment-là est bien sûr la partie centrale du roman et est très intéressante, même si j'ai été très irritée par des problèmes de chronologie (difficile de suivre réellement une histoire et de s'y plonger complètement quand on y retrouve des erreurs qui m'ont sauté aux yeux car je me suis un peu perdue dans l'histoire à cause de ça !). De même, par moment, la description du Paris de l'époque fait penser au Paris de maintenant (circulation intense des voitures, foule dans le métro) mais permet de douter un peu car une partie de l'action se passant pendant la nuit, on peut être septique quant à toute cette activité de ruche (mais en fait, cela fait aussi partie du problème de chronologie, il me semble) ! Je n'ai pu m'empêcher de compléter ma lecture avec quelques recherches sur le web pour me faire une idée plus complète de l'époque et de ce qui s'est passé car cette lecture est finalement un peu frustrante : le livre aurait largement pu être un peu plus étoffé sans lasser le lecteur (il ne fait qu'une petite centaine de pages !).
Et le bébé était cuit à point ---- Mary Dollinger
Blanche est célibataire, sans petit ami régulier et
travaille dans une entreprise agro-alimentaire qui essaie toujours de faire
plus d'argent en diminuant la qualité des aliments. Sa mère, veuve frétillante,
enchaîne les aventures et se retrouve un beau jour avec un chat sur les bras,
reliquat d'un amant de passage. Le chat, bizarrement nommé Harmonie malgré le
fait que ce soit un mâle, ne pense qu'à courir la nuit après les minettes et
devient un poids. La mère de Blanche lui colle alors le matou dans les bras
pour l'occuper et se débarrasser en même temps du petit félin au caractère bien
trempé …
Dernière parution en date de Mary Dollinger (qui avait écrit l'excellent "Journal désespéré d'un écrivain raté"), ce court roman mélange tendresse et humour grinçant avec un style tout britannique. On y trouve des petites piques acides adressées à l'industrie de l'alimentaire, avec sa mal-bouffe et sa course au profit et de cruelles réflexions sur la solitude, l'amour et le couple. Les relations humaines ne sont jamais ce qu'elles paraissent être et Mary sait très bien nous entraîner dans la vie de Blanche pour qui on éprouve de l'attachement croissant tout au long des pages ! Et bien sûr, on y retrouve le chat, qui domine et observe tranquillement tout ce petit monde qui cherche le bonheur où il peut et forcément, je ne pouvais que succomber moi aussi au charme du matou !
Le roi de la forêt des brumes ---- Michael Morpurgo (et illustrations de François Place)
Ashley est un jeune garçon qui a perdu sa mère à sa
naissance et qui est élevé par son père dans la mission qu'il dirige dans une
province de Chine. Il est heureusement aidé par un tibétain, Oncle Sung, qui
avait été l'assistant de la mère d'Ashley et qui était arrivé à Ping Ting Chow
avec elle. Mais la menace d'un envahissement du pays par les japonais plane et
quand les militaires finissent par s'approcher de la ville en la bombardant,
Ashley est envoyé, sous la garde d'Oncle Sung, vers l'Inde d'où il pourra
rejoindre le reste de sa famille maternelle. Le jeune adolescent, déguisé en
tibétain pour passer inaperçu, et son gardien partent pour un long périple à
travers la Chine, le Tibet et le Népal mais ce qui se cache dans les montagnes
de l'Himalaya va leur réserver bien des surprises …
Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu de Michael Morpurgo ! Il faut dire que je me les réserve pour en avoir toujours un à lire de temps en temps et j'ai de la chance qu'il ait beaucoup écrit et que ma biblio ait pratiquement tous ses titres. Pour l'instant, même si j'ai quand même beaucoup aimé ce livre, c'est celui qui m'a le moins accroché, peut-être à cause du sujet et de la région où l'histoire se déroule. Pourtant, les descriptions sont magiques et on retrouve ce petit côté nostalgique, vu que cela se passe avant la seconde guerre mondiale. D'ailleurs, il n'y a aucune véritable indication de l'époque, ce que je reproche un peu (je me demande comment les jeunes perçoivent le contexte historique de cette histoire car les indices donnés ne sont pas évidents pour eux). Mais les personnages sont attachants, comme d'habitude chez Morpurgo. Il sait nous entraîner dans leurs aventures et sait nous faire découvrir un monde souvent différent et inconnu (et ici, il a aussi un petit côté "merveilleux") mais surtout un monde plein d'amour et de respect (je ne parle bien sûr pas de la partie guerre !). Les dessins à l'aquarelle de François Place illustrent magnifiquement l'histoire et favorisent le rêve et l'imagination. En tout cas, je trouve qu'ils amènent la sérénité. Même si j'ai préféré ses romans sur la première guerre mondiale, c'est quand même un excellent livre de Michael Morpurgo !
PS : l'édition que j'ai emprunté à la biblio (elle date de 1992) a une bien plus belle couverture, je trouve ! Mais bizarrement, le titre n'apparait qu'en 4ème de couverture, comme un manga ... je me demande bien pourquoi ils ont fait cela ! Pour ne pas gâcher le beau dessin ? Mystère !
L'avis enthousiaste d'Emeraude.




















