28 février 2009

Le pont des soupirs ---- Richard Russo

LepontdessoupirsHEARTS2



Louis C. Lynch, dit Lucy ou bien Lou, vit dans la petite ville de Thomaston, dans l'état de New York. Maintenant d'âge mûr, il n'a jamais quitté sa ville natale, est marié à Sarah depuis de longues années et ils ont un fils, devenu grand et marié à son tour. La famille s'occupe des quelques petites épiceries qu'ils possèdent à Thomaston et la vie semble parfaite pour eux. Mais Sarah a enfin réussi à convaincre Lou de partir à Venise pour revoir leur ami d'enfance, Robert Noonan, devenu un peintre célèbre et le couple se prépare à ce voyage. D'ailleurs, à cette occasion, Lou a décidé d'écrire l'histoire de sa vie, qui est intimement liée à celle de Thomaston et on va découvrir la vie dans les différents quartiers de la petite ville qui oscille constamment au bord de la faillite et du dépeuplement …

Je suis une inconditionnelle de Richard Russo et je me suis avidement jetée sur ce pavé de plus de 700 pages, que j'ai pris énormément de plaisir à déguster car cet auteur ne fait pas des livres que l'on peut dévorer en quelques heures. Il y a tellement de choses et de petits détails qui brossent un tableau vivant et réaliste des petites villes oubliées américaines, des gens qui y habitent, qu'il serait vraiment dommage de lire trop vite et d'en laisser passer. On découvre des personnages attachants, d'autres sont énervants, mais ils sont tous très humain, avec leurs qualités et leurs défauts, les erreurs qu'ils commettent ou les bonnes actions qu'ils font. Le père du narrateur m'a particulièrement plu et l'attachement qui existe entre le père et le fils est vraiment très réussi et émouvant. La narration alterne entre passé et présent mais ne m'a pas posé de problèmes particuliers car on sait toujours où on se trouve. Je peux comprendre que certains trouveront l'ensemble un peu long mais je n'en fais pas partie tellement j'aime ce souci du détail et je ne suis jamais pressée de refermer les livres de cet auteur. Son talent de conteur me transporte à tous les coups dans des vies imaginaires, dans des lieux qui n'existent pas et qui ont tous pourtant des touches de vérité et de sincérité qui font que je les quitte à regret, comme on le fait avec de vieux amis.

Les avis de Karine et Cuné.

Posté par sassenach à 16:10 - - Commentaires [22] - Rétroliens [0]


19 février 2009

Finnigan et moi ---- Sonya Hartnett

FinniganetmoiDans la petite bourgade australienne isolée de Mulyan, un jeune homme de 20 ans, Anwell est mourant sur son lit. Son mal le ronge et il n'a plus la force de bouger mais il peut encore se rappeler sa vie. Il se rappelle son frère Vernon, le chien Surrender, la rencontre avec Finnigan quand ils avaient 9 ans et qu'Anwell n'avait toujours pas d'amis. Finnigan est libre, sans contrainte, il vit comme il a envie, n'en fait qu'à sa tête et se balade dans le coin s'en être inquiété. D'ailleurs, Finnigan lui propose un pacte étrange : Anwell ne fera que le bien, sera obéissant et agira comme un ange alors que Finnigan fera toutes les bêtises, organisera les vengeances et sera là à chaque fois qu'Anwell aura besoin de lui.…

Ce roman, tirant vaguement sur le fantastique et le mystérieux, nous entraine dans l'amitié très étrange entre Anwell, un garçon banal mais brimé par ses parents, et Finnigan, un jeune sauvageon qui semble ne pas avoir de famille du tout. La vie d'une petite ville perdue dans la nature australienne est aussi très bien décrite, avec tout ce que cela comporte : les gens qui se connaissent tous, les histoires familiales qui se transmettent de génération en génération, des tensions toujours présentes, avec des jalousies exacerbées et l'absence d'espoir de quitter un jour cet endroit pour un coin meilleur. En tout cas, l'atmosphère étouffante est bien rendue et la construction du roman se rapproche presque de celle d'un thriller car on nage en plein mystère et je me suis demandée souvent comment cela allait tourner. Les chapitres sont alternés : un coup c'est Anwell qui parle, un coup c'est Finnigan et on a parfois les deux versions d'un même évènement mais les chapitres d'Anwell (surnommé Gabriel) sont beaucoup plus longs et détaillés que ceux de Finnigan. Plusieurs explications de cette "amitié" particulière me sont venues à l'esprit lors de cette lecture mais j'avoue que la fin m'a laissée assez perplexe sur certains points qui ne m'ont pas paru très clairs ou bien carrément laissés de côté. Cela reste quand même une lecture assez perturbante qui m'a fait me poser des questions et réfléchir longuement à ce que je venais de lire et sur la perception qu'on peut avoir des personnages d'un livre.

L'avis de Clarabel.

Posté par sassenach à 07:51 - - Commentaires [20] - Rétroliens [0]
17 février 2009

Quelques jours ensemble ---- Montgermont et Alcante

QuelquesjoursensembleXavier est un homme très occupé par son travail et très égoïste. Il ne pense qu'à lui, ne prend pas en compte les demandes de ses associés et continue parfois à draguer alors qu'il vit depuis quelques mois avec Evelyne. Un jour, il reçoit un coup de fil d'une de ses ex-petites amies, Natacha, qui demande à le voir. Il découvre alors qu'elle est gravement malade mais il apprend surtout qu''il a un fils, Julien, qui a maintenant un peu plus de 13 ans et qui souffre d'une maladie génétique incurable, la progéria …

Au vu de mon petit résumé, vous allez me dire que cette histoire et ses personnages n'ont pas forcément grand chose d'original et vous n'aurez pas vraiment tort car les personnages ont des côtés caricaturaux et qu'on sait exactement où on va et ce qui va se passer mais cela n'enlève en rien les qualités à cet album. Il est visuellement réussi, avec des couleurs pastel qui collent parfaitement bien à l'histoire émouvante et j'ai trouvé que le mélodrame était subtilement évité grâce à au personnage de Julien, qui est très attachant mais qui n'entre jamais dans le pathos grâce des moments qui permettent d'alléger l'histoire et qui le représente comme un jeune garçon et pas seulement une personne malade qui n'a aucun espoir. Là où j'ai été plus tiède, c'est dans le personnage de Xavier, le "nouveau" père, particulièrement antipathique au départ et que j'ai trouvé à peine mieux à la fin, malgré une amélioration de sa part. J'ai du mal à penser qu'un être aussi froid et égocentrique puisse changer en seulement quelques jours (ça, c'est mon côté cynique qui ressort !). Mais cela ne m'a pas empêchée d'essuyer ma petite larme à la fin !

Posté par sassenach à 07:56 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
16 février 2009

Girls tomes 1 à 4 ---- Jonathan et Joshua Luna

Girls1Girls2Girls3Girls4





Tome 1 : Conception

Tome 2 : Emergence

Tome 3 : Survie

Tome 4 : Extinction
HEARTS2

Dans la paisible bourgade de Pennystown, la vie suit son cours normalement et tout le monde se connaît et vit généralement en bonne entente. Cela surprend donc quand un soir, Ethan, le jeune propriétaire de l'épicerie arrivé depuis un an, craque et s'emporte au bar contre les habitants du coin quand a lieu un boum retentissant qui casse nombre de vitres aux alentours. Mais ce n'est que le début car une panne généralisée au niveau électricité et téléphone plonge le village dans la perplexité. Quand Ethan rentre en voiture chez lui, il tombe sur une jeune femme nue errant sur la route et blessée à un bras. Elle semble complètement perdue et ne parle pas. Ethan la ramène chez lui et ne peut s'empêcher d'être séduit mais le lendemain, la jeune femme s'est réfugiée dans la salle de bain où d'énormes œufs commencent à éclore et d'où émergent des clones violents de la mystérieuse inconnue. Il semble surtout que ces tueuses en veulent aux femmes du village et laissent les hommes relativement tranquilles …

Les couvertures de femmes dénudées ne m'attiraient pas plus que cela car j'imaginais une toute autre histoire que celle que j'ai découverte. Mais je trouvais néanmoins les dessins sympas et assez réussis alors je me suis décidée à emprunter cette série et quelle bonne idée ce fut ! Côté graphisme, il est sobre mais réaliste, avec des effets très "cinéma" car les auteurs ont joué avec des perspectives de caméra (comme le premier plan est flou car on se focalise sur un personnage plus lointain) ou sur les flous de mouvements (quand une personne court par exemple) et les couleurs m'ont beaucoup plus, même si j'ai pu parfois reprocher de faire un peu trop dans le foncé (disons qu'il vaut mieux lire ces albums dans des bonnes conditions de lumière si on ne veut rien perdre du dessin !). Les personnages manquent peut-être un peu d'expression mais l'ensemble est agréable à l'œil et on ne se perd pas pour reconnaître qui est qui. Quant au sujet, un village coupé du monde, en proie à la peur et sous la menace de mystérieuses femmes tueuses, est finalement assez banal quand on y pense mais la façon de traiter les relations hommes-femmes et le stress que des personnes peuvent subir confrontées à l'inconnu, à la violence et à la mort est vraiment excellent. Bien sûr, certaines scènes, de part le sujet, sont violentes et graphiquement gore mais au vu de l'histoire, ne semblent pas sans raison (de même que les femmes nues … elles ne vont vraisemblablement sortir toutes habillées des œufs ! mdr !). J'ai été tenue en haleine durant les 4 tomes (même si le premier sert surtout à mettre en place les évènements) et j'ai voulu savoir ce qui se passait, tout en m'énervant contre certains habitants ou habitantes. Les caractères profonds ressortent, l'instinct devient le moteur des actions, la tension ne fait que croitre au fil des pages et le cauchemar devient de plus en plus étouffant. La psychologie très réussie des personnages, additionnée à une histoire prenante, en font une excellente série fantastique à lire de toute urgence pour les âmes pas trop sensibles quand même.

Posté par sassenach à 15:51 - - Commentaires [10] - Rétroliens [0]
15 février 2009

Nage libre ---- Sébastien Chrisostome

NagelibreJosi, Marsha et Monsieur Nale sont des saumons. Ils décident de remonter la rivière à la recherche de jeunes et belles saumonettes pas farouches et accueillantes mais la vie est loin d'être un long fleuve tranquille : pourquoi forcément se contenter de ce qu'on trouve alors que l'océan est tout proche et que des aventures attendent nos trois poissons ? …

Un album avec un thème aussi original ne pouvait qu'attirer mon œil ! Surtout que la gueule de ces trois saumons en couverture est plutôt sympa, comme le reste des dessins, un peu naïfs et simples mais très expressifs. Le début annonce de suite que ce n'est pas un album pour les enfants car les saumons ne pensent qu'à trouver des femelles, à féconder si possible, et le disent très franchement.Les dialogues ont du punch et ne manquent pas d'humour tout au long des pages. On suit nos trois compères dans des aventures dignes des explorateurs du genre d'Indiana Jones mais j'ai trouvé que l'album commençait à s'essouffler vers le milieu et que le road-movie commençait à tourner un peu trop aux questions existentielles. Cela est resté intéressant malgré tout, mais à moindre mesure et c'est légèrement désappointée que j'ai refermé cet album. Il n'empêche que c'est un coup à ne plus manger de saumon, ça !

Posté par sassenach à 07:59 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
12 février 2009

L'amour comme par hasard ---- Eva Rice

LamourcommeparhasardC'est l'année 1954, nous sommes en Angleterre et Pénélope Wallace rencontre par hasard Charlotte Ferris avec qui elle devient vite amie car les deux jeunes filles ont les mêmes goûts : elles adorent le chanteur pop Johnnie Ray. De plus, la famille de Charlotte semble connaître celle de Pénélope, même si sa mère, Talitha Wallace, veuve depuis la guerre, ne sort guère. Il faut dire que la maison familiale de Pénélope, Milton Magna, est une vieille bâtisse connue et faisant partie du patrimoine anglais, à défaut d'être entretenue par manque de moyens financiers. Les deux jeunes femmes se retrouvent souvent chez l'une ou chez l'autre ou bien dans des soirées mondaines, en compagnie d'Harry, le cousin légèrement plus âgé de Charlotte, qui rêve de devenir magicien et qui est follement amoureux de Marina, une actrice américaine et d'Inigo, le frère de Pénélope, qui ne jure que par le rock'n'roll, surtout depuis que son beau-frère lui a ramené des disques d'Elvis Presley qui débute tout juste de l'autre côté de l'Atlantique …

On pourrait s'attendre à un livre léger et typiquement féminin sur la vie des adolescentes dans les années 50, avec en toile de fond le rock et les sorties mondaines, mais ce roman très subtil est bien plus que cela ! J'y ai découvert des jeunes femmes qui voient se profiler l'âge adulte mais qui veulent quand même garder une part de leur insouciance, l'éveil d'une génération qui voit s'ouvrir à elle les possibilités infinies que l'avenir propose et pour qui la guerre n'est plus qu'un souvenir parfois douloureux mais aussi parfois flou de l'enfance. Bien sûr, les détails sont importants pour immerger les lecteurs dans le monde de Pénélope et de Charlotte : l'auteure nous décrit les tenues, la maison (qui tient un rôle important dans l'histoire), le style de vie de l'époque, les milieux des aristocrates et ceux du spectacle mais ces informations n'étouffent en rien l'histoire. Elles ne sont là que pour donner vie de façon très réussie à des personnages attachants, énervants, flamboyants, excentriques … bref, il y en a pour tous les goûts et j'ai eu envie de savoir ce qui allait se passer pour chacun d'eux, même ceux que je trouvais plutôt irritants, comme la mère de Pénélope par exemple. Même si certaines choses restent relativement prévisibles dans le cours de l'histoire, cette lecture, avec son petit côté nostalgique, m'a fait découvrir une auteure prometteuse qui sait créer une atmosphère et qui entraine ses lecteurs dans les méandres des sentiments de ses personnages de façon très réussie !

Les avis de Clarabel et de Loulou.

LamourcommeparhasardpocheLa sortie en Poche de ce titre est prévue pour le 18 février ... avec une jolie couverture là aussi !

Posté par sassenach à 18:49 - - Commentaires [13] - Rétroliens [0]

Underground ---- Craig Spector

UndergroundDans les années 1980, sept adolescents amis se retrouvent pour fêter la fin du lycée. Pendant ces dernières années scolaires, ces garçons et filles rebelles ont tissé des liens forts entre eux, créant un groupe qu'ils ont appelé "Underground" et c'est dans la plantation familiale de l'un d'entre eux qu'ils se retrouvent pour une dernière soirée de fête avant de chacun suivre son chemin dans leur vie d'adulte. Mais à Custis Manor, l'atmosphère est étrange et lugubre et des évènements inattendus et terrifiants font provoquer la mort de l'un d'eux et la disparation d'une autre. Vingt ans plus tard, Josh Custis les recontacte car la force maléfique qui vit derrière les miroirs de la grande maison coloniale est toujours aussi puissante et semble toujours aussi avide de puissance …

Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu de romans fantastiques (qui était mon genre favori quand j'étais jeune) que j'ai été attirée, à la bibliothèque, par la quatrième de couverture de celui-ci. La référence à "Ça" de Stephen King n'avait pas réellement besoin d'être citée car tous les amateurs du genre ne pouvaient s'empêcher de faire le rapprochement ! Mais, à part le fait d'une bande de copains confrontés au mal très jeunes et devant retourner lutter contre lui plus tard, l'histoire n'a que peu de points communs et la deuxième référence citée en couverture, le film "Angel heart", est là plus proche de ce qui se déroule dans le livre. Même si l'histoire se passe en Virginie, l'atmosphère est similaire à celle du Sud des USA, avec ces relents d'esclavagisme et de vaudou. C'est vraiment le côté que j'ai le plus apprécié dans ce roman car on ne lit plus trop de choses sur ce sujet il me semble et j'ai trouvé l'ensemble assez bien tourné et émaillé de quelques bonnes idées, à défaut d'être réellement effrayant ou complètement original. Pour les amateurs du genre, cela m'a parfois fait penser à des histoires de Graham Masterton, aussi bien dans le style que dans la conception. En tout cas, même si j'ai lu mieux dans le genre, il est certain que j'essaierai de lire d'autres choses de cet auteur qui a déjà écrit onze romans (mais que je viens juste de découvrir) car il pourrait s'affirmer comme une valeur sûre dans cette catégorie (mais il me faut en lire plus pour savoir !) même si ce roman manque peut-être un peu de peps à mon goût.

Posté par sassenach à 08:04 - - Commentaires [11] - Rétroliens [0]
04 février 2009

Meurtres pour mémoire ---- Didier Daeninckx

MeurtrespourmemoireOctobre 1961, à Paris, Roger Thiraud, professeur d'histoire et futur papa, rentre chez lui alors que commence une manifestation pacifiste d'Algériens. La police et les CRS ripostent violemment, tabassant à tout-va et dans la panique ambiante, Thiraud est froidement descendu par un homme mystérieux qui semble appartenir aux forces de l'ordre. Vingt ans plus tard, Bernard, son fils, fiancé à la charmante Claudine, part en vacances au Maroc mais ils s'arrêtent à Toulouse pour qu'il effectue quelques recherches qu'il refuse par jeu de révéler à la jeune femme. Mais à la sortie de la Préfecture où il a passé la journée, Bernard est abattu dans la rue …

Voilà la dernière lecture prévue pour ce trimestre pour les rencontres avec les lycéens (le thème était d'aborder plusieurs œuvres d'un même auteur … comme vous l'aurez deviné : Didier Daeninckx). Là encore, j'avais repoussé un maximum cette lecture, peu tentée par cette histoire et là aussi, au final, cela n'a pas été si horrible que cela ! Bon, comme pour les précédentes lectures de cet auteur, on retrouve un côté politique basé sur un fait réel, le tout mâtiné d'enquête policière. Ce roman a peut-être un peu moins vieilli que d'autres mais j'ai encore trouvé que le soufflé redescendait très vite avec l'explication finale (du genre "tout ça pour ça ?"). Les descriptions sont toujours assez présentes et un peu artificielles ou peu utiles au déroulement de l'histoire (que l'enquêteur se fasse un café en poudre ou un café tout court, je dois dire que cela ne m'intéresse pas plus que ça ! mdr !) mais heureusement, l'ensemble se lit assez vite (et n'est pas très épais non plus). Mon plus gros reproche ne va pas être facile à dire ici car il révèle une partie de l'histoire alors je ne peux pas trop en parler mais disons que j'ai été déçue par les liaisons inexistantes entre différentes histoires du livre et que j'aurais sûrement préféré que l'auteur développe plutôt le sujet qu'il a laissé de côté.

Posté par sassenach à 19:55 - - Commentaires [20] - Rétroliens [0]
02 février 2009

Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage ---- Maya Angelou

JesaispourquoichanteloiseauA Stamps, Arkansas, la petite Maya, qui n'a pas encore acquis ce diminutif et qui s'appelle donc Marguerite, vit en compagnie de Bailey, son frère d'un an plus âgé, chez leur grand-mère Annie Henderson dite Momma. La vie dans le sud des Etats-Unis dans les années 1930 n'est pas facile à cause de la ségrégation mais la petite fille ne sort que très rarement du quartier où elle habite et aide au seul magasin noir du coin, tenu par sa grand-mère …

Cette autobiographie, classique de la littérature noire-américaine datant de 1969, est enfin rééditée en grand format (en espérant que ce livre sera plus remarqué cette fois-ci que la première fois). Cette réédition a lieu dans le cadre de la sortie du nouveau livre de cette auteure ("Tant que je serais noire", que je compte bien lire aussi) qui est en quelque sorte la suite de son autobiographie et qui, il me semble, sera plus représentatif de la lutte contre la ségrégation et le racisme. Dans "Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage", on découvre son enfance et son adolescence, tout d'abord dans une petite ville du Sud, mais aussi quelques mois passés à Saint-Louis, pour ensuite la voir vivre à San Francisco et à Los Angeles, où les conditions de vie sont totalement différentes de ce qu'elle a pu connaître jusqu'à présent. Ce témoignage est assez fascinant, même si je l'ai trouvé plutôt hâché dans la narration : j'ai eu souvent du mal à savoir à quelle époque je me trouvais et quel âge avait Maya car les indications de temps ne sont pas souvent fournies (mais heureusement, il n'y a pas d'aller-retour entre différentes époques !). Cela m'a plus fait penser à une succession d'anecdotes mises bout à bout dans un ordre chronologique et si certains passages sont vraiment réussis, d'autres sont moins intéressants. De même, Maya est peu confrontée à la ségrégation dans son enfance car elle ne sort pratiquement jamais du quartier noir et a donc une vie relativement protégée car sa grand-mère est très respectée dans leur communauté. Certains évènements n'en restent pas moins violents et terribles mais l'aspect un peu trop disparâtre de l'ensemble ne m'a pas réellement permis de rentrer dans l'histoire et de m'attacher vraiment à Maya (d'ailleurs, le compte-rendu qu'elle donne de ces évènements me semble tout aussi détaché que mes sensations de lecture). Un document intéressant à lire mais qui n'a pas eu l'impact que je pensais qu'il aurait sur moi.

L'avis très enthousiaste d'Armande.

Massecritique

Posté par sassenach à 11:23 - - Commentaires [12] - Rétroliens [0]


  1