La louve blanche ---- Theresa Révay
Xénia a 15 ans et vit à Petrograd dans une famille
heureuse et aisée quand éclate la révolution de 1917. Son père est tué et sa
mère enceinte est trop faible pour s'occuper de Xénia et de sa jeune sœur
Macha. C'est donc l'adolescente qui va organiser leur fuite vers Paris. Pendant
des années de galère, Xénia rencontre par hasard Max, un jeune photographe
allemand qui tombe sous le charme de la jeune femme qui ne donne pas suite.
Quelque temps plus tard, Xénia est devenue un mannequin de mode réputé et elle
retrouve le jeune homme. Leur relation devient alors passionnée mais la jeune
femme cherche toujours à se protéger malgré l'insouciance des Années Folles …
J'avais un peu peur de me lancer dans ce roman à cause de son sujet (russes exilés et milieu de la mode entre autres) mais il s'est avéré que ce livre se lit très facilement et assez rapidement malgré son nombre de pages plutôt conséquent. J'ai surtout aimé la façon de l'auteure de traiter et d'aborder l'Histoire au milieu d'une fiction : elle y parle de la révolution russe de 1917, des Années Folles en France et en Allemagne mais aussi de la montée du nazisme et de la seconde guerre mondiale. Par contre, je n'ai vraiment pas réussi à m'attacher aux personnages : Xénia est vraiment trop froide même si je peux comprendre pourquoi, Max est trop passif même s'il s'améliore avec le temps et les nombreux personnages secondaires sont parfois un peu stéréotypés. De plus, la fin assez rapide compte tenu du reste du roman, laisse un peu le lecteur sur sa faim. J'aurais probablement aimé une quarantaine de pages de plus ! Mais malgré ces bémols, étrangement, je me suis retrouvée envoûtée par le livre et j'ai apprécié ma lecture qui m'a permis de découvrir différents milieux et différentes époques.
Nouveaux Indiens ---- Jocelyn Bonnerave
A., anthropologue français, part pour quelques semaines
étudier la classe de musique du professeur Frank Firth, dans une université américaine
près de San Francisco. Il veut apprendre comment se passe la communication à
l'intérieur d'un groupe musical mais à son arrivée, il découvre qu'une jeune
fille de l'école est décédée depuis peu, soit disant d'anorexie. Sur fond de
campagne électorale opposant Kerry et Bush, le Français curieux est intrigué
par cette mort et décide de mener son enquête …
Décidément, je ne suis vraiment pas en phase avec les auteurs français
en général ! Et ce roman ne fait pas exception à la règle. L'histoire aurait pu
être intéressante mais elle se perd dans des tas de digressions sur la
politique, la musique, l'art et autres sujets, qui sont quand même vaguement
reliés au thème principal mais qui finissent par l'étouffer. Et comme je lis
pour me détendre, ce livre n'est pas ce qu'il y a de mieux pour cela. Le
personnage principal a du mal à basculer d'une langue à l'autre et est sujet à
des migraines, ce qui entraine une logorrhée de mots sans suite qui m'a
particulièrement agacée car j'ai toujours la sensation que c'est du meublage
(mais bon, les 170 pages de ce livre m'ont largement suffit au final car il
était temps qu'il se termine !). Et puis, les réflexions sur la musique, qui
représentent une part non négligeable du roman, ne m'ont pas vraiment touchée
car je les ai trouvées peu claires et qu'en plus, je ne suis pas du tout
musicienne (et pas intéressée non plus !). En résumé, je vais dorénavant éviter
cet auteur !
Les avis de Cathulu, Saxaoul, Papillon et Doriane.
La vengeance d'une femme ---- Jules Barbey d'Aurevilly et Lilao
Sous le règne de Louis-Philippe, un dandy blasé suit une
jeune femme qui lui rappelle une duchesse espagnole inaccessible qu'il avait
rencontré quelques années auparavant. Quand elle l'aborde, il réalise qu'elle
travaille comme prostituée et après l'avoir accompagnée dans sa chambre,
celle-ci lui révèle qu'elle est effectivement la duchesse d'Arcos de
Sierra-Leone et qu'elle se venge ainsi de son mari …
Pour une fois, voilà une bande dessinée qui se base sur un classique français : elle s'appuie sur une nouvelle de Jules Barbey d'Aurevilly parue en 1874 dans le recueil "Les diaboliques". D'ailleurs, l'intégralité de la nouvelle est publiée en fin d'album et c'est par là que j'ai commencé ma lecture. Il est effectivement plus intéressant de lire le texte original et de voir comment il a été adapté … très brillamment, je dois le lire ! Mais alors, par contre, j'aurais vraiment apprécié que la maison d'édition rajoute 2 ou 3 pages de plus et l'imprime en caractères plus grands car je me suis explosé les yeux à le lire ! Le texte de la partie roman graphique (car c'est plus cela qu'une bande dessinée finalement) reprend des phrases complètes de la nouvelle pour compléter les dessins. Et côté graphique, cet album est magnifique : le crayonné noir et blanc permet de conserver le côté un peu suranné de l'histoire et sublime une vengeance qui pourrait paraître de nos jours un peu banale (d'ailleurs, il me semble que c'est surtout la femme qui se punit plus qu'elle ne punit vraiment son époux !). Un album qui mérite de ne pas passer inaperçu malgré sa couverture un peu trop "accrocheuse" à mon goût !
Les arrachés tome 1 : Ni Dieu, ni freins ---- Xavier Lemmens et Hugo Piette
Erik et Boris sont deux adolescents qui passent leur temps
à faire des bêtises : ils font du bruit avec leurs mobylettes, ne pensent qu'à
faire exploser des choses (dont des chats !), à draguer la fille de leur
nouveau voisin de caravane et bien sûr, ils arrivent aussi à se faire des
ennemis, surtout un certain Chien de guerre …
Le moins qu'on puisse dire de cet album, c'est qu'il n'y a pas besoin de réfléchir pour le lire, vu que ces deux sales mômes ne réfléchissent pas non plus ! Le dessin brouillon colle parfaitement au style de l'histoire mais hormis quelques moments où j'ai souri (surtout l'épisode Highway to Hell), j'ai trouvé l'ensemble pas vraiment intéressant ni amusant. C'est un peu lourd, pas très varié, cela peut peut-être plaire aux plus jeunes mais pour moi, ces deux personnages sont vraiment trop décérébrés pour que je sois motivée pour lire le tome 2 quand il sortira !
L'exil des anges ---- Gilles Legardinier
Cathy et Marc Destrel sont deux scientifiques qui ont fait
une découverte majeure sur la transmission de la mémoire et la persistance de
la conscience. Poursuivis par des puissances avides, ils ne survivent pas à la
traque mais ont néanmoins préparé leur mort. Vingt ans plus tard, Valeria,
Peter et Stefan rêvent tous les trois d'une même chapelle écossaise alors
qu'ils ne se connaissent pas et ne sont jamais allés dans cette région. Mais
ils apprennent, chacun de son côté, que cet édifice existe vraiment et c'est en
le recherchant qu'ils se rencontrent et qu'ils découvrent, grâce à des
souvenirs qui ne semblent pas les leurs, une mallette contenant les documents
des Destrel. Mais des gens pas toujours bien intentionnés ont continué à
espérer mettre la main sur cette découverte révolutionnaire …
J'avais participé à un club lecture sur les romans policiers dans une petite ville voisine et ce titre m'avait fait de l'œil quand les participants en avaient parlé. Le thème mêlant thriller, poursuites et fantastique basé sur la science est exactement ce que j'aime bien et le concept de pouvoir transmettre sa conscience et sa mémoire après la mort était original et promettait des développements savoureux. Effectivement, je suis rentrée immédiatement dans l'histoire, même si j'ai eu un moment de flottement quand on change d'époque car rien ne le signale (et que je n'avais pas lu la 4ème de couverture, je m'étais contentée de ce que j'avais entendu lors du club il y a 2 ou 3 mois). Le rythme est typique du thriller et permet d'avancer très vite dans cette lecture. Je m'attendais peut-être à plus de retournements de situation mais cela reste assez classique, sans rien de vraiment surprenant hormis le thème de départ. J'ai quand même bien apprécié mais j'ai été un peu déçue par la fin ouverte qui m'a laissée sur ma faim et qui me semble moins maitrisée que le reste du roman et un peu trop facile. Sinon, voilà un auteur français qui mérite d'être surveillé sur ses prochaines publications !
Quand vous lirez ce livre ... ---- Sally Nicholls
Sam a 11 ans et est atteint d'une leucémie. A cause de sa
maladie, Mademoiselle Willis vient lui faire cours à la maison et Félix, un
autre jeune malade de 13 ans qu'il a rencontré lors d'un de ses séjours à
l'hôpital, est présent lui aussi. Lors d'une leçon, Sam se met à écrire une
liste sur ce qu'il aimerait faire et sur sa maladie et sa vie quotidienne …
Vu le sujet, vous vous doutez bien que c'est le genre de livre qui tire des larmes à la lectrice sensible que je suis ! Le fait que le narrateur soit le malade amplifie le lien entre lui et les lecteurs, on a vraiment la sensation que ce roman est écrit par un garçon de 11 ans. Il n'y a rien qui semble trop poussé pour quelqu'un de son âge ou rien de trop naïf non plus. Tout n'est pas noir dans ce livre car Sam est heureux malgré sa maladie : il est entouré d'une famille qui l'aime, de Félix qui le comprend d'autant mieux qu'il est malade lui aussi. Mais bien sûr, la leucémie est omniprésente et vient jeter un voile par-dessus tout cela. Sam a parfois du mal à être un enfant comme les autres, même s'il essaie et il se pose beaucoup de questions sur son avenir, sur la mort, sur les raisons de sa maladie. L'ensemble est émaillé de listes sur différents thèmes et de dessins. Un roman sensible et émouvant qui s'adresse à tous les âges !
Campus, tome 1 : Bienvenue à Easton ---- Kate Brian
Reed Brennan a 15 ans et intègre enfin l'académie Easton,
lycée réputé pour la qualité de ses cours et le prestige de ses élèves. Elle
fuit ainsi une vie familiale chaotique et un petite ville banale où elle n'a
pas vraiment d'amies. Mais son arrivée à Easton lui fait découvrir un monde
luxueux auquel elle n'est pas habituée et elle a du mal à s'intégrer. Mais un
soir, elle aperçoit un groupe de filles à travers les fenêtres du bâtiment
voisin. Ce dortoir, appelé Billings, n'est accessible que sur invitation des
occupantes et Reed n'a qu'une envie : rejoindre ce groupe de filles superbes et
sûres d'elles qui cachent pourtant des blessures et des défauts …
Premier tome d'une série pour ados, j'ai surtout été attirée par le fait
que l'action se passe dans une école et qui plus est, une école pour l'élite.
Comme c'est un roman jeunesse, il se lit vite et facilement mais je l'ai trouvé
assez creux. Peut-être est-ce juste du au fait que c'est le premier d'une
longue série (le tome 11 est prévu de sortir en anglais en 2010) et qu'il faut
que tout se mette en place mais j'ai trouvé l'ensemble assez inconsistant et
prévisible. En plus, je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher à l'héroïne, qui
m'a souvent énervée par sa superficialité alors qu'elle devrait être plus mûre
que ça au vu que sa vie familiale. Mais elle est pourtant typiquement
adolescente dans le fait de vouloir absolument faire partie d'un groupe (et si
possible, un groupe puissant et influent). Mais je pense néanmoins lire la
suite pour voir si l'histoire et les personnages vont s'étoffer et s'améliorer
avec le temps … et puis, je veux aussi connaître les motivations des filles
Billings car le mystère est toujours présent à leur sujet !
L'avis de Clarabel.
L'été d'après ---- Francine Prose
C'est le début des beaux jours à Mirror Lake dans l'état
de New York. Margaret et Nico, deux sœurs adolescentes, profitent de ce
magnifique dimanche de mai pour aller faire un tour en barque sur le lac. Mais
un drame survient : Margaret, l'aînée, se noie alors que sa sœur somnole dans
le bateau. La famille, très unie, se trouve brisée par cette tragédie : la mère
se réfugie dans les médicaments, le père dans la rédaction de son livre et
Nico, se sentant isolée, se lie d'amitié avec Aaron, le petit ami de Margaret,
qui est lui aussi effondré par sa disparition …
Roman sur le deuil et sur les sentiments qui en découlent, j'ai bien apprécié le début du livre. On y découvre les deux filles, et même si Margaret va disparaître, elle va quand même représenter une part importante de l'histoire car l'ensemble tourne autour d'elle et de son décès. Les réactions qui surviennent juste après le drame sont bien décrites et quiconque a connu un deuil peut y reconnaître des échos de sa propre expérience. Mais j'ai eu une baisse d'intérêt vers le milieu du roman, qui me semblait s'essouffler et tourner en rond dans l'histoire entre Nico et Aaron. L'atmosphère devient plus glauque qu'émotionnelle mais Nico n'a que 13 ans et ne sait pas encore trop qui elle est et comment réagir dans certains cas donc cela peut se comprendre. C'est néanmoins une jeune fille attachante et sensée, que j'ai trouvé très intéressante. Cela donne une histoire bien menée, peut-être un peu longue par moments, mais l'ensemble m'a permis de découvrir et de noter cette auteure qui a déjà produit de nombreux livres.
L'avis de Lily.
Amour et désir ---- Collectif
Beaucoup de personnes se posent la question cruciale :
est-ce de l'amour ou du désir ? Et qu'est-ce donc que ces deux sentiments ?
L'amour peut faire souffrir, rendre heureux, il peut être le plus pur comme le
plus déroutant. Le désir, lui, peut se décliner sous diverses formes et il est
parfois difficile de savoir quand il se transforme soudain en amour …
Réunissant 37 histoires plus ou moins courtes (allant de 2-3 pages à une dizaine), ce collectif explore l'amour et le désir dans nos vies. On peut y retrouver des personnes obsessionnelles des chaussures, des gays, des artistes, des parents, des couples qui se font et se défont, des obsédés du sexe, des disputes, des tromperies, des retrouvailles, des hésitations … bref tout ce qui compose une vie quotidienne. Certains récits ne m'ont pas du tout plu, soit au niveau dessin souvent trop brouillon, soit au niveau histoire proprement dite souvent trop creuse (comme Fragile de Lucie Albon, Hélène de Jean-Christophe Pol, peut-être la pire du recueil, Méli-mélo de Vincent Henry et Sylvain-Moizie par exemple). Mais d'autres histoires m'ont enchantée aussi bien au niveau graphique avec des dessins soignés et précis qu'au niveau contenu, très émouvant, très juste, très caustique ou très amusant (Sans te le dire de Karo, Unis dans l'amour de Caritte, Tissu de vérités de Vincent Dutreuil, Gasoline de Mathéo LeRouge, ma préférée, Amour vampire de Nancy Peña pour n'en citer que quelques-unes). L'ensemble reste quand même assez inégal et je ne le conseillerai qu'en emprunt en bibliothèque mais il a l'avantage de faire découvrir de nouveaux auteurs de BD (et de noter ainsi ceux que je chercherai à découvrir plus avant et ceux que j'éviterai soigneusement !).
Comme tout le monde ---- Rudy Spiessert, Denis Lapière et Pierre-Paul Renders
Jalil vient de gagner au jeu "Comme tout le
monde" en répondant à chaque fois comme la majorité des personnes sondées
sur les mêmes questions. Il semblerait donc qu'il soit le Français moyen type
et cela donne l'idée à une société de marketing d'effectuer sur lui une série
de blind tests. A son insu, ils installent des caméras partout où il va et
envoient Claire, une de leurs employées qui rêve d'être actrice, pour se lier
avec lui et devenir sa petite amie, de façon à mieux lui proposer les produits
testés …
Album repéré sur les tablettes de ma bibliothèque, j'ignorais que son histoire avait été parallèlement adaptée en film, ce que j'ai découvert en fin d'album grâce aux quelques pages consacrées à la genèse de ce roman graphique. En fait, à l'origine, il y avait le scénario du film mais les auteurs ont voulu développer plus avant certains personnages et certains aspects de l'histoire et ont donc eu l'idée de créer une BD qui couvrirait tous ces côtés non montrés dans le film. Qui plus est, le dessinateur en charge n'a pas visionné le film avant d'imaginer la tête des différents personnages, ce qui fait que certains ne ressemblent pas du tout aux acteurs choisis. D'ailleurs, c'est le dessin qui m'a d'abord attirée, avec ses traits un peu anguleux et ses couleurs douces, et c'est avec bonheur que j'ai découvert que l'histoire était à la hauteur du graphisme : intéressante et bien développée. Les réflexions sur la société de consommation, la politique, la manipulation des masses sont réfléchies et même si le trait est poussé à l'extrême, cela donne un peu froid dans le dos car on sent qu'on n'est pas franchement loin d'un tel monde. Cela ressemble aussi à une comédie car le ton est souvent léger malgré tout et je suis maintenant très curieuse de voir le film pour comparer !











