InfernoDanta, l'héroïne de l'histoire, va faire un voyage bien particulier. Alors qu'elle joue à la balle dans une forêt obscure en compagnie des autres soeurs de son couvent, elle tombe à l'eau dans une rivière en crue. Elle appelle à l'aide mais seules trois créatures animales féroces lui répondent et lui barrent le chemin du retour. En nageant pour s'en éloigner, elle heurte une barque dont un des passagers tombe à l'eau, mettant ainsi fin à une querelle qui sévissait dans la barque. Danta, repêchée par le passage restant à bord, découvre que celui-ci est chargé de faire passer les morts vers leur destination finale. Se plaignant de ce travail ingrat et regrettant sa vie précédente sur Terre, le passeur révèle ainsi à Danta qu'il était Virgilia, la poétesse favorite de Danta. Se considérant comme soeurs dans l'art, Virgilia propose à Danta de l'accompagner dans un voyage à travers les Enfers, pour que Danta, une fois de retour sur Terre, puisse le raconter aux populations …

C'est le style graphique original et le titre qui m'ont attirée vers cet album car je ne connaissait pas du tout cet auteur néerlandais, qui a pourtant déjà publié plusieurs titres dont un au style très similaire à celui-ci (et que je vais m'empresser de chercher !). Grâce à des dessins à l'aspect moyenâgeux, en noir et blanc et riches en détails de toutes sortes, l'auteur revisite ici une partie de La divine comédie de Dante, c'est-à-dire la visite des Enfers par Dante devenu une bonne soeur appelée Danta. Ce qui est surprenant, c'est que presque tous les personnages sont tous devenus féminins, les hommes étant dès le départ catalogués comme des barbares mal éduqués et cantonnés au premier cercle de l'Enfer. L'album est constitué de une à plusieurs vignettes par page, avec le commentaire en bas de page et de très rares bulles lorgnant vers le latin (pour correspondre au personnage et à l'époque) mais totalement compréhensibles (il n'y a en général qu'un seul mot). On découvre donc les différents cercles de l'Enfer et bon, ce n'est pas joyeux, bien sûr ! C'est même assez horrible … mais cela semble fidèle à l'oeuvre de Dante (mes souvenirs commencent sérieusement à dater !). Et après, on va se plaindre que notre littérature comporte trop de violence mais rien de tel qu'une telle lecture pour se dire que finalement, ce n'est pas si nouveau que ça (même s'il reste un aspect moral un peu désuet). J'ai trouvé que c'était vraiment une lecture originale et qui permet de remettre en lumière un classique souvent cité mais pas forcément beaucoup lu de nos jours.