Hotelparticulier

Dans un immeuble ancien d'une ville, une jeune femme habitant un des appartement se prépare à prendre un bain. Le chat d'un de ses voisins la surveille de loin. Mais plusieurs jours plus tard, la jeune femme est découverte morte dans sa baignoire. C'est un suicide mais la vie quotidienne continue dans l'immeuble. La concierge nettoie les parties communes, un couple se sépare et l'homme, qui peint essentiellement des portraits, reste habiter là en attendant les huissiers. Une famille s'installe mais la petite fille disparaît à travers une porte mystérieuse. Un autre couple mène une vie un peu étrange car l'épouse a une relation suivie avec un de ses voisins, avec l'accord de son mari … Et pendant que tout ce petit monde vaque à ses occupations, le fantôme de la jeune femme morte les observe, tout en dialoguant avec le chat qui l'épiait de son vivant …

Le grand format de l'album rend hommage à la qualité des dessins de Guillaume Sorel. Tout en nuances de gris tendant sur le sépia, le graphisme tout en finesse met en lumière la vie des habitants de cet immeuble, observés sans le savoir par le fantôme d'une jeune femme un peu dénuée et très jolie. Les chats aussi sont mis à l'honneur dans l'histoire puisqu'ils peuvent voir les morts et qu'ils peuvent même leur parler (je comprends donc mieux l'attitude de mes matous qui regardent parfois fixement un espace qui me semble vide mais risque peut-être ne de pas l'être tant que ça !). Les habitants de l'immeuble ont tous des vies un peu étranges mais si certaines sont bien ancrées dans la réalité (comme la séparation d'un couple-, d'autres ont indéniablement un côté fantastique (comme la petite fille qui disparaît). Il est donc préférable d'aborder cette lecture en la prenant comme un conte, ce que j'ai fait. Certains développements m'ont beaucoup plu, d'autres moins car les habitants de l'immeuble sont plus ou moins attachants. Il y en a qui m'ont plus touchée que d'autres. J'ai eu parfois un peu de mal à voir où l'histoire voulait en venir mais quand on arrive à la fin, on comprend mieux. Comme la jeune morte hantant les lieux, on effectue un voyage, regardant la vie se dérouler de façon plus ou moins paisible et facile, pour finalement arriver à sa destination finale … mais chut, je ne vous en dis pas plus ! En tout cas, c'est un album poétique, parfois mélancolique, et visuellement superbe.

Les avis de Mo et Jérôme.