DesvoixparmilesombresUn auteur accompagné d'un photographe sont chargés de la rédaction d'un livre sur la seconde guerre des Boers ayant secoué la province du Cap au début du XXème siècle. L'auteur se concentre plus particulièrement sur la région de la petite ville de Fouriesfontein car un jeune homme de bonne famille, ayant rejoint le rang des rebelles boers, a été tué lors de cette guerre et a ensuite été considéré comme un héros local. Mais alors qu'ils cherchent comme rejoindre la ville, l'auteur est projeté, invisible, dans un Fouriesfontein bloqué dans le passé et revivant sans cesse les mêmes jours d'occupation tout d'abord par les troupes boers et ensuite par les troupes anglaises …

Je pensais que j'allais assez apprécier ce roman car il traite d'une période intéressante mais que je connais peu et d'un pays que j'ai déjà visité et qui m'avait beaucoup plu. Hélas, dès le premier chapitre, voire même les premières phrases, j'ai su que ça allait bloquer ! Tout d'abord, le style ne m'a pas trop convenu : de longues phrases, de grands paragraphes, peu de chapitres, des tournures parfois alambiquées, un ton pompeux et professoral … j'avais la sensation de lire « en apnée », sans savoir exactement quand m'arrêter car l'ensemble est dense et sans pause marquante. Qui plus est, moi qui pensais apprendre plein de choses sur cette période historique, je n'ai pas appris grand chose car rien n'est expliqué ni détaillé. Il a même fallu que j'aille sur Internet pour me faire une idée plus claire de l'ensemble ! Pourtant, le premier chapitre ressemble presque à un documentaire, avec une présentation formelle de la ville et de son histoire (mais hélas, surtout celles des familles qui l'ont fondée) mais le second chapitre nous plonge dans une ambiance bizarre avec cet auteur en quête d'informations et projeté dans le passé en simple observateur. Ce que j'ai préféré, c'est de voir les personnages qu'il rencontre prendre vie et se mettre à leur tour à raconter la période de la guerre à Fouriesfontein. Chacun a son ton, sa voix, même si certains m'ont plutôt agacée par leurs répétitions (particulièrement Alice). C'est les chapitres que j'ai le plus apprécié car ils soulèvent des questions philosophiques sur la guerre, sur les hommes, sur nos comportements (je pense surtout au chapitre dédié à Mademoiselle Godby et celui dédié à Kallie) mais j'ai trouvé dommage de devoir avaler plus de 170 pages que j'ai trouvées passablement imbuvables pour pouvoir en lire une grosse centaine qui m'ont mieux convenu (sans pour autant en faire des folies !). Autant dire que je ne suis pas du tout tentée de découvrir un autre roman de cette auteure sud-africaine car je me suis vraiment trop trainé sur celui-ci.