LafourmiassassineOdile Chassevent a disparu et reste introuvable. Son amie Gisèle l'attendait pour diner ensemble mais la jeune femme n'est jamais venue. Le compagnon d'Odile, Francis Lecamier, est forcément suspect pour la police et pourrait effectivement faire un très bon coupable. Mais les enquêteurs soupçonnent aussi un éleveur de porcs vivant avec sa vieille mère impotente dans une ferme isolée. Mais aucun indice ne permet de faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre. L'arrivée de l'inspecteur Rivière pourrait peut-être relancer l'enquête …

Conseillé par ma bibliothécaire car l'auteur vit en Bretagne et qu'il serait peut-être sympa de l'inviter à une rencontre auteur/lecteurs, j'ai tout de suite bien aimé le titre et je me suis donc laissée tenter. C'est vrai que ce titre est très intrigant ! On se demande de quoi ça va parler et comment cette fourmi (réelle ou sous forme de métaphore) va être insérée dans le roman. Bon, avec le « assassine », on sait déjà qu'il y aura une histoire de mort … en fait, cela va s'avérer être la disparition d'une jeune femme dont on ne trouve plus aucune trace (on comprendra à la fin pourquoi!). Par contre, dès que j'ai attaqué la première phrase, je me suis dit « hou la la … ça risque d'être dur à lire » car le style d'écriture est vraiment très particulier. Il y a parfois des longues listes de mots pour décrire une situation, ou bien certaines phrases sont très alambiquées et tournées de façon bizarre, de sorte qu'il a fallu que j'en relise certaines plusieurs fois pour bien les comprendre. Mais les chapitres sont courts, ce qui donne un rythme soutenu à l'ensemble et ça m'a poussé à continuer à lire. Les personnages sont étranges, décalés, certains sont effrayants dans leur façon de vivre, l'atmosphère est lourde, particulière ,délirante, un peu glauque, flirtant parfois avec le cauchemar (on se sent un peu comme dans un mauvais rêve sans savoir où on va et sans comprendre qui a fait quoi) et tout ça, ça m'a beaucoup plu car l'humour noir est aussi présent (surtout à la fin). Bon, peut-être que je n'aurais pas tenir la distance si le roman avait fait cinquante pages de plus, mais là, c'était pile ce qu'il fallait pour ne pas me lasser et tenir mon intérêt éveillé. En lorgnant du côté du polar, j'ai donc trouvé que c'était un roman au style d'écriture original et particulier, qui permet de plonger dans l'esprit de personnages impliqués de près ou de loin dans la disparition d'une personne et qui tient en haleine jusqu'au bout avec une fin savoureuse.