EvaL'auteur Simon Liberati a eu plusieurs fois l'occasion de rencontrer Eva Ionesco dans sa jeunesse. Avec seulement cinq ans de différence d'âge, ils ont plus ou moins fréquenté les mêmes milieux parisiens des années 1970-1980, avec son lot de dépravation, d'alcool, de drogues et de fêtes. Percevant Eva comme une sorte de déesse impressionnante malgré son jeune âge, toujours entourée de monde, Simon n'avait jamais osé l'aborder réellement. Mais au début des années 2010, il a enfin l'occasion, par l'intermédiaire d'amis, de faire sa connaissance. Ils ne se quitteront plus et Simon, sous le charme d'une femme qui a gardé une pureté enfantine malgré son lourd passé de modèle nu à l'entrée de l'adolescence, posant pour sa mère dans le cadre de photos soit disant artistiques, va s'évertuer à comprendre Eva et à en dresser le portrait, ainsi que celui de toute une époque …

Eh bien, ce fut une lecture difficile ! J'avais déjà lu un livre de cet auteur sur Jane Mansfield et j'avais plutôt apprécié mais là, ce ne fut pas facile. Tout d'abord, l'écriture ne coule pas de façon fluide : les phrases sont lourdes, parfois empesées de jolis mots savants (je me méfie toujours de cette utilisation car j'ai toujours peur qu'elle cache un vide sidéral derrière elle). On saute du coq à l'âne, on navigue allègrement entre les époques sans logique apparente, seules les réflexions de l'auteur en fonction de ce qui se déroule dans sa vie et sa relation avec Eva guide l'histoire. A un moment dans le livre, page 164, l'auteur a la sensation que sa narration est emmêlée mais il ne fait référence qu'à son paragraphe précédent alors que pour moi, cette réflexion peut bien s'appliquer à tout son roman ! Et puis, les descriptions de Paris, avec les noms de rue, de personnes rencontrées, pourraient être intéressants mais je les ai trouvés pénibles car je ne connais pas Paris et encore moins le milieu qu'il décrit. Pourtant, on peut dire que je suis pratiquement de la même génération que lui et qu'Eva, alors j'aurais pourtant pu y retrouver des accents de ma jeunesse. Mais non, en fait, je n'avais jamais entendu parler d'Eva avant que le procès qui l'a opposée à sa mère ait fait la une des magazines il y a quelques années. Bien sûr, dans les personnes qu'il cite, j'ai reconnu quelques noms mais c'est tout … et puis, ce n'est pas franchement un milieu dont j'ai envie d'en apprendre plus ! Il y a quelques passages intéressants et Eva m'a impressionnée à toutes les époques par sa maturité et son caractère, même si celui-ci n'est pas facile (mais il faut voir ce qu'était son enfance). Par contre, l'auteur, tel qu'il se représente m'a plutôt agacée : il me semble souvent l'entendre geindre sur son sort ! Bon, autant dire que ce n'est pas une lecture qui m'a passionnée, loin de là, mais cela tient surtout à sa construction et au style plus qu'au sujet. Heureusement qu'il n'y avait pas trop de pages et qu'il fallait que je lise dans le cadre d'un de mes clubs lecture sinon je ne suis pas vraiment sûre que je serais allée jusqu'au bout !