LazonedinteretAoût 1942, dans le camp de concentration Kat Zet I, situé en Pologne, la vie s'organise malgré l'horreur. Pour l'officier nazi Angelus Thomsen, neveu du secrétaire personnel d'Hitler et célibataire coureur de jupons, il s'agit de séduire Hannah Doll, la femme du commandant du camp, mère de jumelles et canon typique de la femme aryenne. Son mari, Paul Doll, loin d'être passionné par sa vie familiale, est plus de plus inquiet à propos de l'organisation des arrivées de convois et des éliminations sans cesse croissantes de la population juive car il semblerait que le camp peine à tenir la cadence. Quant à Smulz, il est le chef du Sonderkommando, prisonnier juif en charge de l'élimination des nouveaux arrivés et homme miné par le chagrin et la culpabilité …

Présenté lors d'un club lecture par une bibliothécaire, j'avais tout de suite été tentée de voir comment un auteur pouvait aborder le thème des camps de concentration de façon totalement différente et surtout de façon totalement inattendue. Le fait de se positionner du côté des « exploitants » de ces camps n'est pas forcément nouveau mais là, on les voit vivre leur vie quotidienne, avec leurs problèmes, leurs désirs, leurs buts, avec, en fond, l'horreur de ce qui se passe dans le camp mais qui ne semble pas vraiment toucher les protagonistes, excepté Smulz, qui est, lui, directement concerné par cette horreur. La bibliothécaire qui avait présente le livre avait précisé qu'il avait fait parler de lui à sa publication car il avait été refusé par plusieurs éditeurs et qu'il avait été dit que l'auteur mélangeait le burlesque à l'horreur. Bon, j'avoue que de mon côté, je n'en avais pas du tout entendu parler mais il faut dire que je ne suis pas l'actualité littéraire. J'ai donc abordé ce roman sans idée particulière. La narration s'effectue par grands chapitres divisés eux-mêmes en 3 parties correspondant chacun aux trois narrateurs : Thomsen, Paul Doll et Smulz. On découvre donc leur vie quotidienne à travers leurs compte-rendus, certains évènements revenant d'un récit à l'autre. Le temps de narration imparti à chacun n'est pas forcément équitable, Smulz ayant les sous-chapitres les plus courts alors que je trouvais qu'il y avait sûrement beaucoup à découvrir à travers ses yeux. Si les cent premières pages ont été lues assez vite, je me suis vite ennuyée car les soucis et les comportements des protagonistes ne me passionnaient pas. Qui plus est, l'auteur utilise beaucoup de mots ou d'expressions allemandes sans toujours les traduire et comme j'ai pris espagnol en seconde langue et pas allemand, j'ai souvent eu la sensation que je passais parfois à côté de certaines choses. La vie quotidienne des narrateurs fait parfois oublier où on se trouve et cela pourrait être n'importe où à n'importe quelle époque : par exemple, quand Thomsen essaie de séduire Hannah et puis, Thomsen semble peu impliqué dans la guerre malgré son rang d'officier (je n'ai pas vraiment réussi à comprendre ce qu'il faisait là). Seul le retour au travail de Doll, qui est sa préoccupation principale, nous ramène dans le contexte. Malheureusement, Doll est souvent sous l'emprise de l'alcool et donc, sa narration est parfois un peu chaotique. Voir des gens vivre leur vie normalement en marge des massacres perpétrés aurait du amplifier l'horreur de ces derniers mais au final, ils semblent presque noyés dans la masse, comme oubliés (ce qui était probablement le cas pour les gens qui travaillaient du côté allemand à cette époque, cela ne devait pas être particulièrement perturbant sinon ils n'auraient pas continué ainsi). Je n'ai trouvé aucun burlesque dans ce roman mais je n'y ai rien trouvé de choquant non plus. On voit comment les choses changent en fonction de l'évolution de la guerre, comment les idées et les convictions peuvent doucement basculer d'un côté à l'autre mais aucun des protagonistes ne m'a paru intéressant pour que je sois touchée. J'avoue que j'avais presque du mal à me rappeler l'histoire générale et le début du livre quand je suis enfin arrivée à la fin du roman, c'est dire comme cela ne m'a pas passionné du tout !