LannoncePaul a 46 ans et est paysan à Fridières, un petit village du Cantal. Il s'occupe de ses vaches et vit avec sa soeur et leurs deux oncles octogénaires, tous célibataires. Mais Paul ne veut pas finir tout seul alors il passe une annonce pour trouver une femme susceptible de partager sa vie. Annette vit à Bailleul dans le Nord et a 37 ans et un fils de 11 ans, Eric, qu'elle a eu avec Didier, un bon à rien qui passe du temps soit à boire soit en prison, dont elle est séparée. Elle répond à l'annonce de Paul et s'installe avec Eric à la ferme de Fridières, peinant parfois à se faire accepter par la famille et à s'adapter à la vie rurale …

On croirait un pitch pour une certaine émission de télé ! Mais si cette émission existait déjà depuis quelques années à l'époque de la parution du roman, l'auteure n'a pas la télé et en ignorait donc tout. En fait, si j'ai lu ce roman, c'est parce que, justement, l'auteure venait à ma médiathèque pour une rencontre avec ses lecteurs et que je n'avais encore jamais rien lu d'elle. Et bien sûr, la question de la similitude de thème entre son roman et l'émission télé a été posée. Si j'ai apprécié cette rencontre (Marie-Hélène Lafon est très diserte et très intéressante à écouter), je ne peux pas forcément en dire autant de ce roman. Elle avoue elle-même être une perfectionniste de la langue (elle est professeur de lettres classiques à Paris) et cela se sent indubitablement dans sa façon d'écrire : de longues phrases, une ponctuation très limitée, des mots peu courants mais aussi des expressions typiques de la région rurale du Cantal dont elle est originaire et qui permet d'ancrer l'histoire dans ce terroir qu'elle décrit. Elle raconte le monde paysan, ses difficultés, ses habitudes, un monde en cours de disparition progressive mais un monde qu'elle-même a bien connu. On sent donc le vrai dans son récit et d'ailleurs, même si je n'ai jamais vécu dans une ferme, j'ai reconnu certains passages que je pourrais adapter à la ferme en face chez moi ! De même, certains passages pourraient ressembler à des passages de notre propre vie car ce qu'elle décrit est au final assez universel. Il y a donc des moments savoureux mais ceux-ci ne compensent pas une sensation d'étouffement à la lecture tellement le texte est dense et peu aéré. Ce n'est donc pas un problème de contenu pour moi mais plutôt un problème de narration : j'aime quand celle-ci se fait oublier par rapport à l'histoire, que les phrases coulent toutes seules mais avec cette auteure, la forme prime sur le fond et ce n'est pas une chose qui me convient bien. Le roman est court et il m'a fallu pourtant longtemps pour le lire, ce qui n'est jamais bon signe dans ce cas-là. Mais pour les lecteurs amoureux des mots, je pense que l'oeuvre de cette auteure a beaucoup d'atouts pour plaire, surtout si on aime la campagne et le monde paysan ! Pour moi, je crois que je me limiterai à cette lecture !

L'avis d'Antigone.