LafactureLe narrateur, bientôt la quarantaine, est un modeste employé à mi-temps dans un vidéo-club et vit seul dans un petit appartement modestement meublé. Ses parents sont morts depuis plusieurs années, il ne voit que très peu sa soeur et son seul ami est Roger, un autre célibataire trentenaire. Une telle vie pourrait sembler terne et sans intérêt mais le narrateur sait se satisfaire de petits plaisirs du quotidien. Quand il reçoit une facture de presque 6 millions de couronnes, il pense alors à un canular, à une erreur ou bien à une arnaque. Mais quand il reçoit un rappel pour payer, il commence à s'inquiéter. Il appelle alors le numéro fourni avec la facture et découvre qu'il s'agit d'un nouvel impôt mis en place par tous les gouvernements : le bonheur est dorénavant taxé et il semble être parmi les plus riches dans ce domaine-là. Son interlocutrice, Maud, va lui expliquer comment est calculé l'impôt et comment il serait peut-être possible de le renégocier …

Comme les courts romans sont à l'honneur dans mon club lecture, ce titre était listé pour janvier et les bons échos m'ont poussée vers lui. L'idée de départ est originale : taxer les gens sur leur bonheur ne peut que faire réfléchir et le sujet est aussi traité de façon décalée et lorgnant vers l'absurde. Le narrateur, dont on ne connait pas le nom, comme si l'auteur voulait que le lecteur s'identifie à cet homme, est tout ce qu'il y a de banal et il ne semble pas qu'il ait une vie passionnante ou particulièrement heureuse. Mais il sait observer autour de lui, il remarque de petits riens qui le mettent de bonne humeur, il voit toujours le bon et le positif, même dans les choses qui ne semblent pas en avoir. Du coup, on se questionne sur notre propre attitude vis à vis de la vie quotidienne (de mon côté, je suis heureuse à regarder les petits oiseaux dans mon jardin ou mes minettes dormir !). On sourit souvent devant certains rebondissements, même s'ils sont assez prévisibles, on découvre la vie du héros, on voit comment il tisse des liens avec son interlocutrice au téléphone. J'ai bien aimé les subtilités humoristiques mais malgré le peu de nombre de pages, j'ai trouvé que l'histoire trainait un tout petit peu en longueur, avec quelques redites ou des sensations de tourner en rond. Cela se lit néanmoins facilement et on se demande combien on devrait soi-même payer si un tel impôt existait ! En tout cas, ça nous rappelle qui faut trouver le bonheur dans les petites choses et qu'un quotidien qui peut paraître fade recèle des trésors de petites joies.

L'avis de Dasola.