LaouviventlespeursPaul Breidbart travaille comme analyste de risques pour une compagnie d'assurance et est marié à Joanna, cadre dans un laboratoire pharmaceutique. Le couple vit à New York et leur bonheur serait parfait s'il n'y avait pas une ombre au tableau : malgré tous leurs essais, ils ne sont toujours pas parents. Mais, cinq ans auparavant, la décision d'adopter s'est finalement imposée et le moment tant attendu est enfin arrivé. Paul et Joanna arrivent à Bogotá pour récupérer à l'orphelinat leur fille, un bébé d'un mois, qu'ils ont appelé Joelle et qui leur paraît la plus magnifique chose au monde. Entourés par une structure d'aide sur place, avec un chauffeur et une nourrice, ils commencent leurs premiers pas de parents mais alors qu'ils se sont absentés pour remplir des papiers officiels, leur retour à l'hôtel se révèle perturbant : Joanna est convaincue que Joelle est différente et que c'est, en fait, un autre enfant. Mais le cauchemar ne fait que commencer et le danger pour cette nouvelle famille va aller en augmentant …

J'avais déjà lu et apprécié Storyteller de cet auteur alors quand j'ai vu que la médiathèque proposait ce titre dans les nouveautés, j'ai sauté dessus. Bon, il faisait partie des nouveautés mais ce n'est pas un roman récent car il est paru en France en 2009 (et en 2005 aux USA) mais comme il vient d'être réimprimé, je pense que c'est ainsi qu'ils l'ont repéré. Comme pour son roman précédent, il s'agit d'un thriller bien rythmé, haletant, avec de l'action mais aussi du suspense et un point d'ancrage dans la réalité avec une histoire qui se déroule simultanément en Colombie et à New York et qui parle de sujets existants, comme les adoptions d'enfants dans des pays pauvres, le trafic de drogue, la guérilla qui agite la Colombie (avec les factions opposées que sont les FARC et l'AUC) et leurs façons de faire (kidnapping, assassinats et autres). Au milieu de tout ça, se trouve un couple lambda, Paul et Joanna, dont le seul désir est de devenir parents et de faire la joie d'une petite fille orpheline en lui donnant un foyer. Bien sûr, l'intérêt de l'histoire est d'avoir des gens auxquels on peut facilement s'identifier mais c'est aussi le point faible de l'ensemble : combien de temps quelqu'un de « normal » (j'entends par là quelqu'un qui ne trempe pas dans des magouilles ni dans la violence et qui n'a pas un compte en banque bien fourni) peut-il tenir face à des choses et des gens qui, eux, ont l'habitude de vivre dans un monde barbare et prêt à tout ? Mon petit doigt me dit : pas longtemps et donc forcément, ça enlève de la crédibilité au récit mais comme on connait déjà ce petit travers (pratiquement présent dans tous les thrillers ou les films d'action), on s'y habitue et on le tolère. Donc, une fois ce petit « écueil » passé, j'ai pris beaucoup de plaisir à voir cette histoire se dérouler, avec tous les rebondissements requis pour maintenir l'attention et là, je dois dire que, si certaines choses sont prévisibles, beaucoup ne le sont pas et j'ai donc été plusieurs fois surprise par les révélations (ce que j'apprécie … c'est si difficile d'être étonné maintenant !). En plus, le fait de lier l'histoire à la Colombie permet de changer un peu des récits habituels se déroulant systématiquement et entièrement sur le territoire américain (même si la moitié du roman se déroule à New York). Il y a un petit aspect psychologique lié au comportement des personnages mais ce n'est pas développé de manière explicite : c'est plutôt au lecteur d'extrapoler les raisons des actions des uns et des autres mais l'auteur a mis les protagonistes dans des situations intéressantes qui permettent la réflexion. C'est une lecture facile, rapide, qui ne se lâche pas aisément car on veut savoir ce qui va se passer. Un bon page-turner parfait pour la détente ou pour se relancer en cas de creux de lecture !