LapartdesflammesHEARTS2

Paris, avril 1897. La comtesse Violaine de Raezal se rend chez la marquise de Fontenilles pour obtenir une place sur un des stands de la vente de charité qui aura lieu début mai. Cette vente du Bazar de la Charité, situé rue Jean-Goujon, est la plus mondaine des actions et le Tout-Paris s'y presse et quiconque veut être reconnu par les gens importants doit en être mais elle se fait éconduire par la marquise qui a peu d'estime pour elle. Violaine de Raezal, veuve depuis peu, en froid avec ses beaux-enfants, sait que sa réputation est loin d'être parfaite et maintenant que son mari n'est plus là, elle est obligée de maintenir seule son rang. Constante d'Estingel, elle, est une jeune fille qui vient de découvrir l'amour après avoir passé son adolescence en pension chez les Soeurs Dominicaines. Mais elle a peur de s'engager et d'épouser Laszlo, un jeune homme de bonne famille. Les deux femmes ont été conviées par la duchesse d'Alençon, la soeur de l'impératrice d'Autriche Elisabeth de Bavière, à participer à la vente si courue du Bazar de la Charité. Mais un incendie va éclater juste après l'inauguration officielle de la vente …

Je ne fais pas vraiment honneur au livre avec mon résumé un peu bancal. Je l'avais noté depuis un moment car le sujet m'intéressait (j'avais lu plusieurs romans qui faisaient allusion à cet incendie du Bazar de la Charité) et j'avais envie de découvrir cette période qui n'est pas si éloignée que ça dans le temps. La première chose qui m'a étonnée, c'est de voir que le milieu noble et aristocratique était encore très présent alors que le XXème siècle n'est vraiment pas loin. Et puis, je venais de terminer il y a peu le livre de Kate Summerscale qui se déroule deux ans auparavant mais cette fois dans les milieux ouvriers anglais et je n'arrivais vraiment pas à associer ces deux atmosphères si différentes à une seule et même époque … il me semblait que l'histoire de La part des flammes avait lieu bien avant celle de Kate Summerscale ! Dès le départ, Gaëlle Nohant nous présente ses personnages principaux : la comtesse Violaine de Raezel, la jeune Constance d'Estingel, le beau Laszlo de Nérac et surtout, celle qui va être en toile de fond, la duchesse d'Alençon, Sophie-Charlotte de Bavière, le seul personnage réel du roman. Je connaissais un peu son histoire, donc je n'ai pas appris grand chose de nouveau sur le sujet mais l'auteure va bâtir une histoire très intéressante sur la condition féminine de l'époque. J'ai trouvé que ses personnages étaient vraiment très bien bâtis, très humains et qu'ils couvraient différentes strates de la société (car il y a aussi quelques personnages secondaires non négligeables comme Joseph, le cocher de la duchesse par exemple). On voit comment la tragédie a été exploitée par les journaux, comment les gens ont réagi, comment les survivants (enfin, je devrais dire survivantes car ce sont en très majorité des femmes qui ont été les victimes de l'incendie) ont difficilement repris leur vie. La description de la tragédie est particulièrement poignante car on s'imagine bien l'horreur que cela a du être et ce qu'ont vécu ces pauvres femmes coincées là. Mais l'intérêt du roman réside dans ces magnifiques portraits de femmes fortes malgré les épreuves, les hommes n'étant pas oubliés non plus (Laszlo et Joseph sont bien mis à l'honneur). Pour montrer l'hypocrisie de la société aristocratique, il y a aussi bien sûr quelques personnages qu'on déteste allègrement, même si certains arrivent à se racheter de façon étonnante ! L'atmosphère est vraiment bien rendue, portée par une langue fluide et néanmoins recherchée, avec des accents de l'époque. Ce roman féministe et historique m'a vraiment emballé et je l'ai lu rapidement car j'avais toujours très envie de retrouver les personnages après chaque pause imposée par la vie quotidienne.

L'avis de Tamara.