ProiesfacilesGalice, mars 2014. Juan Taboada Rivas, 37 ans, est retrouvé mort chez lui. Travaillant comme commercial dans une banque locale, l'homme vivait seul et n'a pas laissé de lettre de suicide. Mais l'autopsie révèle un empoisonnement. L'inspectrice Tabares et son adjoint Sotillo sont chargés de l'enquête mais un nouveau mort est signalé dès le lendemain. Cette fois, il s'agit de la directrice d'une agence bancaire qui s'est effondrée dans un bar où elle prenait une pause café. Les deux policiers se demandent s'il y a un lien entre les deux morts mais le doute disparaît quand apparaît un troisième cadavre en liaison avec le milieu bancaire …

J'avais repéré ce titre mais j'avais hésité en voyant le dessin quand j'ai feuilleté l'album. Et maintenant que je l'ai lu, je me demande ce qui avait bien pu me freiner à ce niveau-là ! Le crayonné gris et blanc est plutôt agréable, les personnages sont expressifs et bien représentés, avec leur personnalité propre, et les décors sont soignés et réalistes, bien qu'ils soient assez minimalistes. Et puis, le choix du gris et blanc donne une atmosphère particulière et un peu morose, ce qui correspond vraiment bien à l'humeur de la société espagnole, en pleine crise, avec des gens ruinés par des mauvais placements, des chômeurs nombreux et des gens à la dérive et sans espoir alors que d'autres s'enrichissent impunément. L'histoire est bien rythmée mais, à raison d'un mort, voire même plus, par jour, ça ne chôme pas parmi les meurtriers ! Le duo d'inspecteurs fonctionne plutôt bien, avec juste ce qu'il faut de familiarité, d'ironie et de hiérarchie pour qu'ils ne soient pas trop pâlots. Et puis, il y a aussi un tout petit côté féministe, pour avoir une femme en tant que chef du duo. L'enquête m'a paru réaliste jusque dans les détails, avec les recherches de témoins, les interrogatoires, les réunions régulières pour faire le point. Il faut dire que l'auteur s'est renseigné auprès d'un commissaire pour coller au plus près de ce qui se fait réellement. Et puis, il y a la révélation finale, que je connaissais déjà pour avoir lu un article qui en disait trop sur l'histoire mais heureusement, cette connaissance des faits n'a en rien entaché mon plaisir de lecture. Car l'originalité de ce polar s'ancre aussi bien dans qui est le coupable que dans les faits réels qui sous-tendent l'histoire. Et puis, pour une fois, j'ai été d'accord avec ce qui a motivé les meurtres !

L'avis de Mo et Jérôme.