MikesplaceEn avril 2003, le journaliste américain Jack Baxter se rend à Tel-Aviv, en Israël, pour faire un reportage documentaire sur le procès de Marwan Barghouti, un leader palestinien. Mais le procès est suspendu provisoirement à cause de la fête de Pessah. Jack se rend compte aussi qu'il n'est pas le seul à avoir eu cette idée. Prêt à rentrer aux Etats-Unis, il va passer la soirée au bar-restaurant-lieu de concert Mike's Place, tenu par Gal, qui lui donne une nouvelle idée de reportage : il pourrait faire un film à propos de Mike's Place, de ceux qui y travaillent et qui sont de tous horizons et des gens qui fréquentent le lieu, comme une ode au vrai visage multiculturel d'Israël. Jack a vite fait d'embaucher cameraman et techniciens et s'attelle aux interviews. Mais le 30 avril, la joie et l'insouciance qui sont la marque de Mike's Place volent en éclat lors d'un attentat suicide …

Il me semblait avoir entendu parler de cet album lors d'une de mes précédentes lectures mais je suis incapable de retrouver où ! En tout cas, je l'avais noté à ce moment-là alors quand je l'ai trouvé à la médiathèque, je l'ai vite emprunté (ce n'est pas une parution récente mais c'est la première fois que j'y tombe dessus). Cette histoire vraie, mise en image dans un film de Jack Baxter (Blues by the beach) que je n'ai pas vu, l'a donc aussi été en bande dessinée. Le dessin noir, blanc et gris est très réaliste : les décors sont précis et détaillés et les personnages sont bien reconnaissables (surtout quand on a vu leur photo sur Internet !). Il reste assez classique mais je lui trouve du caractère, particulièrement dans la représentation des protagonistes. L'histoire est donc celle d'un attentat : on voit ce qui se passe du côté des terroristes, on suit aussi le journaliste Jack et ainsi, on découvre toute l'équipe de Mike's Place, leur motivation, leurs attentes et leurs espoirs. A travers eux, on découvre aussi un pan de la société israélienne, celle qui ne veut pas que la religion devienne un mur entre les personnes, qui veulent profiter de la vie. Après avoir mis en place le décor et les protagonistes, on assiste à l'attentat mais cela reste pudique (tout en étant néanmoins violent) et on voit ce qui va se passer ensuite, comment faire son deuil, rebondir, reprendre le fil de sa vie. J'ai bien aimé la neutralité du propos : il n'y a pas de jugement porté, seul un message de tolérance est avancé, un message d'encouragement à ne pas se laisser abattre par les drames. J'avoue que je n'ai aucun souvenir de cet attentat mais quand il a eu lieu, je devais probablement être dans l'avion allant vers la Nouvelle-Calédonie et je n'avais donc que peu d'accès aux informations. Du coup, cet album sensible et pudique permet de revenir sur ce drame tout en montrant qu'on peut faire face sans oublier les victimes et que c'est leur faire honneur que de continuer à vivre.