Jeudombres1

Jeudombres2Tome 1 : Gazi !
Tome 2 : Ni ange ni maudit

Dans la banlieue lyonnaise, les trafics vont bon train dans le cités. Cengiz Koçak, fils d'immigrés turcs et dont le frère ainé est en prison en Turquie, vient de réussir sa licence de droit. Mais alors qu'il rentre, en compagnie de son ami Bilail, de la fête célébrant sa réussite aux examens, il manque de heurter Amine en voiture. L'homme est poursuivi par les flics, il a du jeter son stock de drogue lors de sa fuite et est blessé. Cengiz accepte de le transporter jusque chez la tante d'Amine pour le mettre à l'abri. Mais le jour même, les jeunes des cités sont prêts en en découdre avec la police car ils ont entendu dire qu'Amine avait été tué lors d'un contrôle. Cengiz, qui sait pertinemment que ce n'est pas le cas, va devenir le négociateur inter-cités et inter-clans pour empêcher l'affrontement. Son talent pour convaincre les jeunes ne passe pas inaperçu de la maire de la ville, qui est en pleine campagne électorale …

Sélectionné pour mon club lecture BD, ce diptyque aborde le sujet des banlieues et des tensions qui peuvent y naitre mais aussi les relations familiales et les différents trafics qui peuvent avoir lieu un peu partout (y compris hors de France). J'avoue que j'ai eu énormément de mal avec cette lecture, particulièrement avec le premier tome, qui mélange argot des cités, mots étrangers (turc et arabe) et patois lyonnais et qui ne propose aucune explication. Par exemple, pélo en lyonnais, ça signifie mec mais il a fallu que j'attende le tome 2 et des « sous-titres » explicatifs pour le savoir (je pense donc que je n'ai pas été la seule à trouver que ce manque de « traduction » était pénible à la lecture du tome 1 puisque cela a été rajouté au tome 2). Dès le départ, on découvre pas mal de personnages et malheureusement, j'ai trouvé qu'il était souvent difficile de les différencier visuellement. J'ai même eu parfois du mal à reconnaître Cengiz, qui porte des lunettes mais pas tout le temps. Du coup, ça a perturbé un peu ma lecture (vu que j'étais obligée de revenir sur les cases précédentes ! Les filles ne sont pas nombreuses, il y a les mères, les soeurs, les amies mais dans l'ensemble, elles sont bien toutes reconnaissables. Le reste du graphisme, les décors sont plutôt sympathiques et modernes, avec des aquarelles aux tons assez sombres, comme l'histoire en elle-même. Celle-ci montre les efforts de Cengiz pour améliorer les banlieues, pour tenter de mettre tout le monde d'accord, en s'appuyant sur ses talents d'orateur, sur la réputation de son frère et sur l'appui (partiellement sur les finances) de la municipalité. On voit bien qu'il a de bonnes idées mais on voit aussi que ce n'est pas toujours facile de les mettre en oeuvre. Car Cengiz est aussi partagé entre ses bonnes actions et le soutien à sa famille et particulièrement à son frère Sayar, emprisonné en Turquie. J'ai aimé le fait que cela se passe dans la banlieue lyonnaise et non parisienne car ça montre bien que les problèmes sont les mêmes partout. Il y a aussi de l'action, en plus des réflexions sur la société actuelle, surtout dans le tome 2 mais les scènes et les détails me sont apparus comme un peu brouillés, fouillis (peut-être trop nombreux). Par contre, j'ai trouvé que la narration était par moments difficile à suivre (là aussi, peut-être que c'était juste dû au fait que j'avais du mal à reconnaître les personnages). La conclusion est assez ironique et mordante mais je suis restée assez mitigée à son propos, trouvant qu'elle n'était pas suffisamment marquée comme fin … on s'attend presque à un tome 3. C'est donc une lecture qui a de bonnes bases de départ et un sujet intéressant mais qui ne m'a pourtant pas passionnée !