MarthaetalanEn 1930, Alan a cinq ans quand il rencontre Martha à l'école. Les autres enfants ne voulaient pas que la petite fille joue avec eux et Alan est venu la consoler. C'est ainsi qu'ils deviennent amis, leurs mères respectives tissant elles aussi des liens d'amitié. Alan passe de longues heures chez Martha, à jouer ensemble, à partager parfois des repas avec sa famille. Tous deux adorent grimper aux arbres et sont doués pour le chant, ce qui leur permet de rejoindre le choeur de la Première Eglise Prébystérienne de Pasadena …

J'avais lu il y a longtemps les trois volumes basés sur les souvenirs d'Alan Ingram Cope sur la seconde guerre mondiale (La guerre d'Alan) mais j'avoue que je n'en avais pas gardé grand souvenir, hormis le fait que cela avait été une lecture très (trop ?) dense. Cette fois, il s'agit de la relation entre Alan et Martha, débutée très tôt dans l'enfance et qui s'est surtout concentrée sur les années avant leur adolescence. Mais on voit aussi que le souvenir qu'avait Alan de Martha ne s'est jamais estompé et qu'il a toujours cherché à renouer le contact, de façon parfois plus ou moins réussie. La première moitié de l'album se focalise sur leurs aventures d'enfants : leurs jeux, le choeur d'enfants de l'église et se termine par leur éloignement. La seconde moitié commence aux 18 ans d'Alan, alors qu'il va partir à la guerre et qu'il veut d'abord revoir sa chère amie d'enfance pour ensuite enchainer sur leurs retrouvailles à l'âge mûr. Le graphisme est très réaliste, très soigné et minutieux, avec un petit aspect rétro et des couleurs vives. On croirait parfois voir des cartes postales noir et blanc colorisées et les décors sont bien mis en valeur grâce aux doubles pages qui les voient s'étaler en grand. Les personnages sont tout aussi travaillés, même si je les ai trouvés un peu figés. Ce n'est pas un album classique car tout le texte sert à commenter et compléter les scènes qui tiennent sur une ou deux pages et il n'y a pas de dialogue. Cela ressemblerait plus à un documentaire commenté par une personne extérieure, même si tout le texte utilise le « je », comme si c'était Alan qui parlait. Si j'ai bien apprécié le visuel de l'album, j'ai été nettement plus dubitative sur le contenu, que j'ai trouvé assez creux. Je n'y ai pas vraiment vu une solide amitié (Alan semble plus impliqué dans cette amitié que Martha) et je n'ai pas trop compris l'intérêt de l'histoire car on n'y découvre pas pour autant la vie quotidienne des familles américaines à cette époque (par exemple, c'est la Grande Dépression aux Etats-Unis à cette période mais on ne s'en rend pas du tout compte lors de cette lecture). Sûrement que j'ai du passer à côté de quelque chose !

Les avis de Jérôme et Canel.