LelezardnoirA la veille de Noël, à Tokyo, la fête bat son plein dans un club privé et tous attendent avec impatience la venue du Lézard noir, une femme fatale dont le tatouage de lézard sur le bras semble prendre vie à chacun de ses mouvements. Mais la jeune femme est aussi une voleuse hors pair, spécialiste des déguisements et elle a l'intention de kidnapper la fille d'un joailler d'Osaka, de passage dans la capitale pour l'échanger contre un énorme diamant que le père possède. Mais le kidnapping semble trop facile et le Lézard noir a prévenu la famille du danger encouru par leur fille. Du coup, celle-ci est sous la protection du détective privé Kogorô Akechi, dont les talents d'observation et de déduction sont sans pareil …

Me revoilà avec un polar japonais dans le cadre de mon club lecture sur ce thème. C'est les conseils des lectrices et des bibliothécaires qui m'ont convaincue de le lire car elles ont toutes trouvé qu'il lorgnait du côté des romans policiers classiques du genre Agatha Christie ou Arthur Conan Doyle. Mais qu'en plus, il avait un petit côté burlesque, particulièrement dans l'opposition qui se tisse entre la femme fatale/voleuse et le détective privé qui doit la contrer. Ce roman, paru au Japon en 1929, est étonnant de modernité. Toutes les descriptions semblent presque d'actualité : les villes sont vivantes, animées, éclairées la nuit (par des réverbères … mais éclairées tout de même !) et les femmes paraissent souvent être indépendantes (sauf peut-être la pauvre fille qu'on veut kidnapper). On découvre d'abord le fameux Lézard noir, cette femme cambrioleuse et accro aux bijoux, qui séduit les hommes et qui est plus que libérée. Puis, on fait la connaissance d'Akechi le détective et le duel commence. Chacun d'eux rivalise d'ingéniosité et de créativité pour arriver à leurs fins : il y a des déguisements, des pièces fermées où il se passe des choses invraisemblables, des kidnappings, des manipulations, des poursuites et j'ai trouvé qu'il n'était pas facile de choisir son camp tant les deux personnages sont intéressants et intelligents. Mais il y a aussi quelques moments glauques (notamment avec un musée bien particulier). Le suspense est constant car les retournements de situation sont nombreux et les idées originales. C'est un court roman et je n'en attendais pas grand chose. Du coup, j'ai été étonnée d'avoir passer un si bon moment à le lire ! Si les autres livres de l'auteur sont dans la même veine, je ne vais pas les bouder !