FutureVoilà plus de trois cent ans que la science a trouvé le moyen de vaincre la mort et d'arrêter le vieillissement. Même si certains pays, comme la Russie, ou continents, comme l'Afrique, n'ont pas autorisé la commercialisation de ce nouveau vaccin, d'autres ont vu leur population augmenter de façon catastrophique. L'Europe et l'Amérique du Nord ne sont plus que de gigantesques villes uniques, où d'énormes tours de plusieurs kilomètres de diamètre et de hauteur s'élèvent pour héberger une kyrielle de gens éternellement jeunes. Pour limiter l'expansion de la population, la politique du Choix a été mise en place : quiconque décide d'avoir un enfant doit le déclarer et un des parents reçoit alors l'Injection, qui amène un vieillissement accéléré sur dix ans entrainant inévitablement la mort. Mais certains passent dans la clandestinité, ne déclarant pas leur enfant. Pour traquer les contrevenants, la Phalange est un groupe d'hommes sans pitié, qui, quand ils trouvent les familles illégales, soumet un des parents à l'Injection et leur enlève leur enfant pour le placer dans des orphelinats où une vie rude les attend et où ils seront soumis à un endoctrinement. Jan fait partie d'un maillon de la Phalange et a toujours fait son travail consciencieusement mais il continue d'avoir des cauchemars concernant son enfance. Il vit dans un cube de deux mètre sur deux et n'a aucun espoir concernant l'avenir. Mais un jour, un homme haut placé le contacte pour lui demander d'effectuer un travail particulier : à la tête du maillon de son choix, Jan est chargé d'éliminer un des leaders du Parti de la Vie, qui milite pour l'abolition du Choix. Mais lors de la mission, rien ne va se passer comme prévu …

La littérature russe étant à l’honneur dans mon club lecture, j’ai voulu découvrir un roman actuel ainsi qu’un jeune auteur. Il est né en 1979 et il a obtenu un certain succès avec sa trilogie Métro, qui raconte un monde post-apocalyptique où les survivants sont réfugiés dans le métro de Moscou, que j’avais déjà essayé de lire il y a plusieurs mois sans grand succès (j’avais abandonné assez vite car je me perdais dans les noms des personnages et les différentes stations du métro moscovite). J'ai donc opté pour son dernier roman paru en français et dont l'intrigue m'attirait plus que celle de Métro. Dès le départ, on est plongé dans un monde futuriste peu agréable : il y a peu de place disponible par personne, sauf si on est haut placé ou riche et la jeunesse éternelle apparaît bien fade. Les gens ne semblent plus avoir de but et la nature a carrément disparu du tableau. Le personnage principal, Jan, est difficile à cerner : son travail ne le rend pas sympathique, même si on comprend son utilité, mais ses cauchemars le rendent humain et vulnérable. Qui plus est, même s'il suit (en général) les ordres, cela ne l'empêche pas de se poser des questions, ce qui est un bon point pour le rendre plus agréable à mes yeux. De toute façon, il va vite se retrouver embarquer dans une histoire qui le dépasse et va faire la connaissance de différentes personnes, qui vont le mener bien plus loin qu'il ne le pensait. J'ai trouvé que l'histoire posait de nombreuses questions intéressantes et souvent d'actualité : l'accroissement de la population par rapport à la dimension et les ressources de notre Terre, la manipulation des foules, les gouvernements opaques et à la limite de la dictature, la place de la famille dans nos vies, le fait de devenir parent, le rôle de la mort et de la vieillesse dans la relation qu'on a avec la vie, la place de la religion dans un monde sans mort ni maladie. L'auteur a su mélanger questions existentielles, action et rebondissements de façon réussie et a su créer une atmosphère pesante et glauque pour nous montrer un de nos futurs possibles. Malgré ses 700 pages passées, c'est un livre qui tient en haleine et que j’ai trouvé passionnant !