EcumesComme tout couple amoureux, elles veulent avoir un enfant à élever ensemble. Mais les années passent, les tentatives échouent et l’espoir s’amenuise. Jusqu’au jour où la bonne nouvelle arrive : un bébé est bien là, il s’accroche et c’est alors le bonheur pour les deux femmes. Mais la grossesse se complique et elles perdent l’enfant. La douleur et le chagrin sont alors omniprésents et il leur faudra s’entourer l’une l’autre de leur amour pour surmonter leur peine et faire leur deuil …

J’avais découvert le travail (graphique et même plus vu qu’elle avait aussi signé le scénario) de Carole Maurel avec « Luisa, ici et là », que j’avais bien aimé. J’avais donc prévu de lire un autre de ses albums (je pensais en fait que je lirais L’apocalype selon Magda) et c’est finalement Ecumes que j’ai eu entre les mains. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé le trait dynamique et reconnaissable de Maurel et dans le même temps, j’ai découvert Ingrid Chabbert au scénario, elle qui était, jusqu’à présent, plutôt cantonnée dans les livres jeunesse pour les plus jeunes et dont je ne connais aucun titre (mais je suis très loin d’être une spécialiste dans ce domaine). L’histoire de ce couple de femmes qui veulent devenir parents mais qui vont subir un drame est abordée de façon pudique, subtile et sans pathos. Le dessin épuré et un peu anguleux, à travers l’utilisation des couleurs ou du noir et blanc pour les moments les plus sombres, sert à porter et à communiquer les émotions des protagonistes. Les scènes de mer sont particulièrement fortes dans leur description de l’angoisse et la douleur. Les deux femmes n’ont pas de nom mais il s’agit d’une histoire autobiographique pour Ingrid Chabbert. Son scénario, en laissant certaines choses de côté, comme leur parcours de FIV, ou les relations familiales en dehors du couple, a permis, à mes yeux, de faire de son récit une histoire universelle pouvant toucher toutes sortes de personnes. Les auteures montrent bien que l’amour est un soutien indispensable pour surmonter toutes les peines et qu’il est possible de se reconstruire après un drame, de continuer à vivre normalement. Malgré le thème grave et triste, j’ai trouvé qu’on ressortait de cette lecture avec une impression positive et on ne peut qu’être admiratif devant la force de ces deux femmes.

L'avis de Mo.