Leperroquet

HEARTS2

 

 

Bastien a huit ans et est fils unique. Sa vie pourrait être tout ce qu’il y a de plus normal mais sa maman est malade. Depuis que Bastien est né, elle a passé de nombreux séjours en instituts spécialisés su Sud-Ouest de la France. Elle a été diagnostiqué bipolaire à tendance schizophrénique et les traitements ne semblent pas toujours fonctionner comme il le faudrait. Alors Bastien partage sa vie entre deux maisons : celle de ses parents et celle, voisine, de ses grands-parents maternels. Bastien est souvent témoin de scènes violentes où sa mère ne se contrôle plus et qui finissent le plus souvent par l’arrivée d’infirmiers prêts à la ramener en institut psychiatrique …

La couverture ne m’attirait pas vraiment mais quand j’ai découvert le sujet de l’album, j’ai tout de suite été beaucoup plus intéressée. Et quand je l’ai feuilleté, j’ai immédiatement été happée par le graphisme fort et violent. On y sent toute la détresse de l’auteur dans les scènes de crise de sa maman (car l’album est autobiographique), toute la douleur et la violence qu’elles amènent.  Les couleurs utilisées sont peu nombreuses et chaque anecdote est construite dans un ton particulier mais le rouge revient partout à chaque crise, aussi agressif que peut l’être la maladie. On suit donc le jeune Bastien et on découvre sa vie à travers les yeux d’un enfant, avec toutes les incompréhensions propres à cet âge. Mais l’auteur nous montre aussi son entourage, son père qui souffre de voir sa femme dans cet état, son grand-père qui refuse de reconnaître la maladie de sa fille, sa grand-mère qui essaie de lui construire une vie la plus proche possible de la normalité. On voit aussi comment Bastien essaie d’intégrer la maladie de sa mère à sa passion pour les comics et les super-héros, comme une façon d’arriver à supporter la chose, de lui trouver peut-être pour une seule fois, un bon côté. J’ai trouvé que le récit était pudique mais puissant, effrayant par moments car il est presque impossible de comprendre comment Bastien a pu surmonter cette période de sa vie et on pense qu’on ne peut qu’en sortir meurtri. On souffre aussi pour la maman de Bastien car cette terrible maladie, qu’on connaissait mal à l’époque et qui se soignait très mal, lui a volé sa vie entière, sa vie d’épouse, de mère et de femme. Mais l’espoir est pourtant présent grâce à l’amour et j’ai eu très souvent le cœur serré devant ce petit garçon si courageux !

Les avis de Mo, de Cathulu, de Noukette et de Stephie.