RussianolivetoredkingOlive et Red vivent ensemble en compagnie de leur chien Pacha. Mais Olive doit partir pour une semaine effectuer des recherches dans le nord du pays. Elle doit essentiellement passer son temps aux archives locales mais prévoit aussi une ou deux journées d’exploration sur le terrain malgré le fait que ce soit l’hiver et que la neige recouvre tout. C’est en allant rejoindre une zone où des pétropglyphes ont été découvert que le pilote du petit avion affrêté par Olive a un malaise et l’avion se crashe en pleine forêt. Red, sans nouvelles d’Olive, commence à s’inquiéter, convaincu qu’elle l’a quitté et pourtant, la jeune femme n’a été que légèrement blessée dans le crash et a amassé un certain nombre d’objets pour tenter de survivre …

C’est le titre un peu bizarre qui m’a tout d’abord attirée, puis ça m’a bien plu que ce soit des auteurs canadiens et qui plus est, un couple, ce qui n’est pas très courant. Et quand j’ai feuilleté l’album, j’ai tout de suite été séduite par le graphisme, assez anguleux mais sobre, aux couleurs soignées et variées (les représentations de ciel sont magnifiques). L’histoire raconte la difficulté de la séparation, la perte de l’être cher. Par une alternance dans la narration qui va d’un personnage à l’autre, on voit comment les deux protagonistes gèrent le drame qui bouleverse leur vie : la peur mais aussi l’entêtement à survivre pour Olive, inquiétude (qui l’empêche carrément de travailler), espoir et désespoir, puis acceptation et résignation pour Red. Les sentiments et ressentis passent souvent par le dessin, dans les expressions et les attitudes physiques des deux personnages. C’est subtil et bien rendu et les dialogues sont limités au maximum, ce qui ne rend pas moins le récit fort en émotions. Le dernier chapitre est différent et consiste essentiellement en une lettre de Red à Olive et où le blanc de la page domine l’ensemble. Il y est question de la relation de Red et de son père et les souvenirs sont parfois un peu confus et là, j’avoue que j’ai un peu décroché. Je n’ai pas vraiment compris l’utilité de ce chapitre, hormis le fait que le thème soit similaire (perte, deuil). Les auteurs, habituellement spécialisés dans la production de comics, ont su créer ici une œuvre plus intimiste, dans les non-dits et le subjectif, empreinte d’émotion et laissant la part belle à l’imagination des lecteurs mais peut-être un tout petit peu trop subtile pour moi pour l’apprécier totalement à sa juste valeur !