44apresronnyCe week-end est un moment important pour Georges et Stéphane, deux frères à la relation parfois tendue. Ils doivent se retrouver tout le reste de la famille chez leurs grands-parents. Dès leur arrivée le vendredi après-midi, l’atmosphère est aux piques et aux réflexions entre les deux hommes : Stéphane a fondé une famille et a un travail qui lui rapporte argent et statut alors que Georges vient de se séparer de sa petite amie et végète en travaillant dans une petite bibliothèque de village. Mais tout le monde s’est réuni pour Louis le pépé, qui a subi une attaque il y a plusieurs mois et même le fils de la voisine, Reggie, un garçon un peu lent qui était le compagnon de jeu de Stéphane et Georges, est de la partie, ainsi que Joseph, le frère de Louis, qui ne sont pas revus depuis longtemps …

Le titre est intrigant et trouve son explication dans les pages de l’album mais je ne suis pas sûre qu’il aurait suffit à attirer mon attention en librairie. Mais comme ce titre faisait partie de la sélection des albums à lire pour mon club lecture spécial BD, je l’ai eu finalement en main (de toute façon, en général, j’essaie de lire tous les titres proposés !). La couverture est amusante, avec ce grand-père calme au milieu d’une foule de personnages prêts à se taper dessus. On pense tout de suite à certains films d’histoires de famille où les rancoeurs ressortent et où l’ambiance est à la dispute. Effectivement, il y a un peu de ça dans cet album car il s’agit bien d’une histoire de famille, avec les tensions habituelles, les jalousies, les non-dits et les secrets. Tout le monde se retrouve autour du grand-père, qui est très important dans l’histoire malgré le fait qu’il soit un spectateur impuissant du fait de son attaque. Stéphane et Georges, que j’ai trouvés assez falots, sont les moteurs de la narration, de même que Reggie, que j’ai trouvé attachant, et que Joseph, qui m’est apparu comme sympathique. Les femmes sont présentes mais semblent n’être là que pour recadrer les dérapages des hommes, pour tenter de calmer tout le monde. Il y a quelques scènes savoureuses, surtout grâce au franc parler de Joseph. Le dessin aux couleurs franches peut paraître parfois un peu enfantin (franchement, je croyais au départ que c’était un album jeunesse) mais il opte pour le réalisme au niveau des décors et pour des personnages bien typés aux traits parfois un peu exagérés mais qui font merveille dans l’histoire générale. Voilà donc une histoire de famille douce-amère, avec des personnages très humains, qui se lit facilement et avec plaisir, même si elle ne révolutionnera pas le genre.