Geisha1Tsuda Setsuko a sept ans quand ses parents décident de quitter leur village pour aller vivre dans la grande ville. Accompagnée de sa jeune sœur, la petite fille est fascinée par tout ce qu’elle voit : la nature, les arbres, les lumières de la ville et ses rues encombrées. Mais son père aime boire et a du mal à conserver un travail très longtemps mais le drame survient quand il est renversé par un tramway et perd une jambe. Sa mère essaie tant bien que mal de faire vivre la famille mais c’est difficile. Alors que Setsuko a dix ans, son père, contre l’avis de sa mère, l’emmène à l’okiya Tsushima, dans le quartier des plaisirs, pour qu’elle soit formée au métier de geisha ou, à défaut, pour devenir servante de celles-ci …

Cet album est le premier d’un dyptique mais comme il vient de paraître en avril, je pense qu’il faudra attendre encore un peu pour voir sortir la suite. Je n’ai généralement pas l’habitude de lire des tomes 1 sans avoir la suite qui m’attend mais là, l’album était sélectionné pour mon club lecture spécial BD. Et puis, je ne lis pas beaucoup d’albums se déroulant au Japon donc je pense conserver à peu près en mémoire l’histoire jusqu’à la parution de la suite. D’emblée, le dessin noir et blanc paraît très sobre, très délicat tout en restant détaillé dans le décor pour coller à la réalité (d’ailleurs, il me semble que certaines vignettes ont pour fond des photos retravaillées mais mon chéri n’est pas sûr de ça). Les personnages sont en quantité limité, ce qui permet de ne pas se mélanger car sinon, je pense que le maquillage des geishas aurait pu être un problème pour l’identification des protagonistes ! Du coup, le graphisme est plutôt discret et sert l’histoire sans fioritude excessive mais bon, je ne sais pas, je n’ai pas toujours été enthousiasmé par ce que je voyais. On suit le parcours de la jeune Setsuko, tout d’abord avec sa famille, puis dans un okiya où vivent et travaillent les geishas. La petite fille est devenue Kitsune et rend de petits services aux habitantes de la maison en attendant de grandir et d’être formée au métier. Quant au shamisen qui apparaît dans le sous-titre de l’album, il s’agit d’un instrument à cordes traditionnel et Kitsune va être douée pour en jouer.  L’époque décrite n’est pas précisée mais on peut supposer que l’histoire se déroule au début du XXème siècle. On voit que les traditions japonaises sont encore très présentes mais que le pays change peu à peu. J’ai trouvé intéressant de découvrir la vie de cette petite fille qui grandit dans un milieu particulier et qui a été coupée de sa famille mais je n’ai pas été très fascinée par l’ensemble car ce n’est pas la première fois que ce thème est abordé en livre ou en film et les découvertes restent limitées. En plus, je n’ai pas ressenti beaucoup d’empathie pour les personnages : il me semble que l’histoire n’est pas suffisamment fouillée pour que je m’attache à l’un d’entre eux, comme s’il y avait une certaine distance dans la narration. Mais ça viendra peut-être avec le prochain tome ! En tout cas, j’ai trouvé que ça se lisait facilement et avec plaisir.