LemeilleurdesmondesLe monde a évolué depuis que l’ère fordienne a vu l’avènement des naissances contrôlées du début à la fin. Dorénavant, les grossesses ne dépendent plus des femmes et les fœtus sont placés en incubateur jusqu’à leur naissance. Il est même possible de créer une quantité phénoménale de jumeaux issus d’un même œuf grâce à une nouvelle technique. Mais une fois nés, ces bébés, déjà classés en castes de différents niveaux, continuent d’être conditionnés pendant leur sommeil, permettant ainsi que chacun soit parfaitement heureux dans le métier qui lui est attribué. Lenina, une jeune femme Gamma travaillant à l’usine d’Incubation, hésite à sortir avec Bernard, un Alpha-plus qui semble ne pas être à l’aise en société. Mais ce dernier l’a invité à visiter une Réserve de Sauvages et ce genre de visite est plutôt rare …

J’avais lu ce classique de la littérature SF quand j’avais une douzaine d’années et comme j’ai vu de nombreuses références à ce titre dans une autre de mes lectures récentes, je me suis dit que c’était une bonne idée de le relire car mes souvenirs étaient très très vagues. Après une préface de l’auteur expliquant la rédaction du livre, on plonge directement dans ce « meilleur des mondes », avec ses manipulations génétiques et mentales. Tout semble effectivement fait pour que chacun soit adapté à sa vie et pour qu’il la trouve parfaite mais cette perfection a un revers de taille : il n’y a plus vraiment de relations humaines, plus de famille (mère et père sont des gros mots choquants dans ce monde) et chacun papillonne d’un partenaire à l’autre sans aucun sentiment. C’est vrai que ce sont souvent les sentiments qui rendent les gens malheureux mais là, ça les rend effrayants et plus proches des machines que de l’humain. L’auteur, après nous avoir bien (trop ?) détaillé ce nouveau monde, le confronte à un monde de sauvages où les humains continuent de vivre de façon traditionnelle très similaire à la vie de tribus indiennes. Mais même si chaque société a ses défauts et ses avantages, aucune n’apparaît comme désirable et aucun des personnages ne m’a semblé sympathique. En plus, j’ai trouvé que l’ensemble avait assez vieilli : il y a beaucoup de descriptions, ce qui ne serait pas un problème si elles ne semblaient pas un peu répétitives. Par contre, j’ai trouvé assez amusant de voir comment on pouvait imaginer le futur dans les années 1930, date de publication du livre. Certaines choses pourraient ressembler à notre monde mais on est quand même loin du compte, heureusement ! J’ai aussi été étonnée par la fin que j’ai trouvé brusque (bien que logique) … on s’attend à une suite mais non, on est bien à la page finale. J’en gardais un bon souvenir mais avec cette relecture, j’ai été un peu déçue de la simplicité de l’histoire et du manque de dimension des protagonistes, dont la psychologie n’est qu’effleurée. Mais l’idée de départ continue de faire de ce roman un grand classique !