LasagadegrimrIslande, 18ème siècle. Le pays vit sous la houlette du Danemark et la vie dans cette île au climat rude et à la nature sauvage et indomptée n’est pas facile. Alors que le volcan voisin de la maison où vit Grimr et sa famille subit une éruption, la fuite semble la seule solution mais dans la vallée, des Danois attendent les survivants. Ces derniers n’ont qu’un seul intérêt commercial : ils ont les cheveux roux. Grimr arrive à s’échapper et rencontre Vigmar le voleur, qui prend l’enfant sous son aile. Ensemble, ils vont voyager jusqu’à s’installer à l’entrée d’un fjord pour travailler en tant que passeurs. Grimr grandit et devient d’une force surhumaine mais le travail que Vigmar et Grimr effectuent ne plait pas aux habitants des villages plus loin dans le fjord, qui ont vu une baisse de leurs revenus depuis l’installation des deux hommes …

Cet album, construit un peu comme une saga islandaise, raconte l’histoire de Grimr, depuis son enfance, quand il devient orphelin jusqu’à sa mort. On découvre un enfant qui semble calme mais dont le caractère est volcanique : il ne s’énerve pas forcément vite mais quand ça arrive, c’est spectaculaire. D’ailleurs, tout est spectaculaire chez lui : ses cheveux roux, son regard fixe, sa force hors-norme, son caractère entier qui cherche toujours à comprendre et à faire ce qui est juste. Vigmar, avec qui il fait équipe un certain temps, est là pour lui forger le caractère, lui répétant qu’il est un digne héros de saga et que les gens chanteront ses louanges. Mais la vie de Grimr, qui commence plutôt mal, va être une succession de drames et d’injustices. Autant dire que ce n’est pas une lecture joyeuse !!!! Il y a pourtant des moments d’éclaircie mais ils semblent trop brefs, trop rares. J’ai trouvé intéressant de découvrir quelques bribes de la vie islandaise de cette époque, comment les villages étaient organisés, comment se rendait la justice mais ces détails restent superficiels et peu nombreux. Le récit est centré sur Grimr, sur ses sentiments et ses espoirs, décrits de façon assez subtile. C’est au lecteur de comprendre le jeune homme, de se mettre à sa place. Et c’est vrai qu’il a tout pour être attachant et pour qu’on se révolte devant ce qui lui arrive. Malheureusement pour moi, je n’ai pas accroché au dessin, particulièrement à la représentation de Grimr et du coup, le lien qui aurait du se tisser entre lui et moi n’est pas apparu. Je n’arrivais pas à passer outre sa coupe en brosse, sa frange et ses sourcils qui lui donnaient un aspect de brute bas de plafond, ce qu’il n’est pourtant pas ! Je pense qu’une autre représentation graphique du personnage aurait entièrement changé ma perception. Le pire, c’est que je n’ai eu aucun problème avec les autres protagonistes ! Par contre, les graphismes se concentrant sur les décors et les paysages sont superbes, avec des couleurs très agréables et très naturelles. Voilà donc une lecture en demi-teinte car, pour une fois, le graphisme a influé sur mes impressions, ne me permettant pas de me connecter avec le héros de l’histoire et donc, malgré un récit empreint de violence et d’émotion, je n’ai pas ressenti grand chose !