NewyorkesquissesnocturnesSeptembre 1980. Franca vit seule avec son jeune fils à Buenos Aires où elle tient une patisserie. Son frère Raul, avec qui elle a grandit de façon fusionnelle particulièrement depuis le décès accidentel de leurs parents, est parti depuis plusieurs années tenter sa chance en tant qu’artiste peintre à New York. Mais à Buenos Aires, le climat social et politique est de plus en plus tendu. Quelques mois plus tard, le monde s’apprête à fêter la fin de l’année 1979 et le début de 1980. A New York, la galeriste réputée Winona George donne une fête chez elle. Parmi les invités se trouve James Bennett, un critique d’art souffrant de synesthésie, ainsi que divers artistes plus ou moins reconnus. Pour ceux qui ne se sont pas encore fait un nom et qui vivent dans des squats de Soho, qui mènent une vie de bohême, c’est l’espoir de se faire repérer …

La couverture colorée et lumineuse donne un peu le ton du roman : on sait qu’on va parler d’art, de couleurs, de ressentis, d’impressions … mais il sera aussi question de galères, d’espoirs pas toujours réalisés, de recherche de soi. Après un prologue nous présentant Franca et son histoire avec son frère Raul, qui peut paraître perturbant car on n’a du mal à le rattacher de prime abord avec le reste de l’histoire, on découvre un New York très différent de celui auquel on est maintenant habitué. La ville est sale mais terriblement vivante, dangereuse mais elle regorge aussi de créativité, particulièrement dans le sud de Manhattan où de nombreux artistes sans le sou vivent ensemble dans des squats improvisés. Parmi eux, il y aura bien sûr Raul, le frère de Franca. Mais autour de lui gravitent de nombreux personnages souvent hauts en couleurs : Lucy, la jeune femme provinciale et encore naïve arrivée depuis peu dans la grande ville, Arlène la colocataire typiquement new-yorkaise et artiste en galère, James le critique d’art qui voit le monde entier en couleurs et en sensations, Winona, la galériste qui peut faire et défaire des carrières … et j’en oublie ! Tout ce monde va se croiser, se recroiser, interagir, avec toujours l’art et l’envie de créer en toile de fond. La ville semble vivante et être elle aussi un personnage à part entière, de même que la peinture et toute autre forme de créativité artistique. J’ai trouvé l’ambiance particulièrement réussie et les réflexions sur l’art, son aspect commercial, le besoin de créer des artistes, le besoin de reconnaissance et de partage, les relations de couple ou familiales, les amitiés, tout ça est vraiment bien décrit de façon subtile et profondément humaine. Les personnages sont des êtres qui se cherchent et pour qui cette année 1980 va être importante, bouleversant leurs vies de diverses manières. Ils m’ont tous paru très attachants et il a été difficile de les quitter arrivée à la dernière page. Voilà un livre que j’ai trouvé envoûtant et prenant et qui permet de se poser de nombreuses questions !

Les avis de Kathel, Cathulu, Antigone, Sylire, Enna.