WatershipdownDans la campagne anglaise, Fyveer et son frère Hazel, deux lapins, vivent dans une garenne tranquille sous le commandement du Maitre Padi-Shâ. Si Hazel est un lapin décidé et aventureux, Fyveer est plus petit et a des visions du futur. Il est particulièrement traumatisé par un de ses rêves récents, qui lui a montré la destruction de la garenne. Hazel décide alors d’en parler au Maitre pour lui demander d’évacuer tous les lapins mais aucune décision n’est prise. Hazel, Fyveer et quelques autres lapins décident alors de fuir seuls, à la recherche d’une nouvelle garenne où s’installer mais le saut dans l’inconnu est effrayant et les ennemis nombreux à roder …

Ce grand classique de la littérature anglaise de jeunesse trainait depuis longtemps dans ma PAL et c’est grâce au choix de mon chéri que je l’ai sorti de là. Il a choisi de lire ce roman et comme on essaie de faire des lectures communes, je m’y suis donc aussi attaquée (à part qu’il faut que je lise aussi les livres prévus pour les différents clubs lecture et là, ça se bouscule au portillon !). J’ai fait connaissance avec Hazel, Fyveer, Bigwig et tous ces courageux lapins en partance pour une nouvelle garenne et je me suis très vite attachée à eux. Appréhender le monde à hauteur de lapin, avec tous les dangers que cela comporte, permet de se plonger dans une histoire originale. Une rivière devient un obstacle presque infranchissable, une forêt peut avoir l’air vraiment effrayante, les autres animaux rencontrés ont toutes les chances de faire partie des prédateurs et la vie des hommes paraît bien étrange. Et c’est sans compter le foklore du monde des lapins, avec son organisation, sa Hourda, sorte d’armée de protection et de régulation, ses rites, ses légendes et on peut voir leur langue, leur mode de vie, la façon de se déplacer et de se repérer, la création de terriers, le contact avec d’autres animaux, d’autres garennes. J’ai trouvé très intéressant le fait que l’auteur n’est pas « humanisé » ses personnages … ils sont des lapins et vivent comme ils le doivent et leur société est très différente de la notre, même s’il existe des points communs : la rivalité pour les femelles, des comportements héroïques en cas de crise, la quête du pouvoir ou la responsabilité que celui-ci entraine, l’attachement à une communauté, le développement d’une certaine forme de religion. Franchement, tout ça est vraiment dépaysant mais cela sert aussi à mettre en parallèle notre façon de vivre, notre relation avec la nature. Ces petits lapins, qui pourraient nous sembler insignifiants, se révèlent être très courageux et on tremble pour eux. Hazel est le personnage principal de l’histoire mais les autres lapins sont tous mis à l’honneur à tour de rôle et ils sont loin d’être des personnages secondaires. La nature aussi n’est pas en reste : il y a de magnifiques descriptions de paysages, de moments de tranquillité où il fait bon « farfaler » (manger pour les lapins). Ce roman, qui a été publié initialement en France en 1976 sous le titre « Les garennes de Watership Down », a été réédité en 2016, en espérant que de nombreux nouveaux lecteurs découvriront Hazel et ses amis. Vive les lapins !!!!

Les avis de Jérôme et Tamara.