CancerandthecityAu printemps 2004, Marisa, 43 ans, illustratrice pour des journaux tels que The New Yorker, vit une vie de rêve à Manhattan. Gravitant dans des milieux branchés, entourée d’amis, elle a enfin rencontré l’homme de sa vie dans la personne de Silvano, propriétaire d’un restaurant italien très couru à New York. Le mariage se profile à l’horizon et Marisa rêve déjà de fonder une famille. Mais lors d’une visite chez le médecin, celui-ci découvre une masse sur le sein gauche de Marisa. Après divers examens, la nouvelle tombe : il s’agit d’une tumeur cancéreuse. S’organise alors autour de Marisa tout un réseau de soutien, fiancé, famille, amis, docteurs et personnel de soins, qui vont l’accompagner tout au long du long traitement pour vaincre sa maladie …

Cela fait des années que cet album traine dans ma PAL et comme je lisais La guerre des tétons, sur ce même sujet, j’étais curieuse de comparer et de voir s’il y avait une évolution dans les traitements de cette maladie (car l’un se déroule en 2004 et l’autre en 2014). Qui plus est, pour Cancer and the city, l’auteure fait partie d’un milieu branché, souvent un peu superficiel, qui ressemble souvent à ce qu’on peut voir dans des séries télé telles que Sex and the city (d’où la similarité dans les titres !). Le milieu new-yorkais décrit ici est donc à cent lieues de ce qu’on peut connaître. Mais Marisa reste sympathique et attachante car elle reste assez réaliste et détachée de son milieu : elle est entourée de femmes superficielles et très antipathiques, qui tournent autour de son futur époux, mais elle n’est pas ainsi. Je pense que son milieu familial lui a permis de garder les pieds sur terre et de rester elle-même. De même, ses amies proches sont vraiment des amies car elles se précipitent toutes à son aide. C’est beau de voir toute cette solidarité ! De même, le couple que Marisa forme avec Silvano est très attachant : on le sent solide et l’amour très présent, même si Marisa est souvent dans le doute à cause de sa maladie. Les seuls côtés un peu plus légers et superficiels se concentrent dans les chaussures qu’elle met pour aller à chaque chimio et qui lui remontent le moral, le fait qu’elle soit tout le temps en retard (hum, je n’ai rien à dire de ce côté-là … je ne suis pas mieux qu’elle !) ou dans certains déplacements ou fêtes qui pourraient nous paraître un peu branchés. J’ai trouvé intéressant de voir le fonctionnement du système médical américain, tous les examens nécessaires, de suivre le déroulement du traitement, avec l’ablation de la tumeur, la chimio, les rayons, et comment Marisa arrive à subir tout ça avec courage. J’ai aimé voir son côté combattant, la façon dont elle prend sur elle pour éviter de faire subir sa maladie à son entourage. Le graphisme est simple, presque enfantin et coloré, comme pour contrebalancer le sérieux du sujet, avec quelques rares fois des insertions de photos (de couple, d’échographie, de tickets de caisse, de dessins publiés dans le New Yorker). Mais on ressent bien les hauts et les bas de l’auteure, sa douleur, ses doutes, mais aussi l’amour dont elle est entourée. Comme pour La guerre des tétons, c’est un album bien documenté, bien détaillé, qui n’oublie pas les sentiments et qui permet d’aborder cette maladie de façon plus sereine et d’être ainsi mieux à même de lutter contre ou d’aider celles qui ont besoin d’être soutenues !

Les avis de Liyah et Florinette.