CesjoursquidisparaissentLubin est un jeune homme heureux et bien dans sa peau. Il est acrobate dans une petite troupe d’amis qui, s’ils ne gagnent pas forcément beaucoup d’argent, apprécient leur métier. Il s’entend bien avec sa petite amie Gabrielle et tout semble aller pour le mieux. Mais lors d’un entrainement, il chute et sa tête heurte violemment le sol. Pourtant, l’accident est vite oublié car Lubin se sent bien … jusqu’à ce qu’il découvre qu’il a passé plus d’une journée à dormir. Et comme ce problème se répète plusieurs fois de façon cyclique et régulière, un jour à vivre et un jour à dormir, Lubin décide de se filmer et découvre que les jours où il croit dormir, il a en fait une seconde vie, avec un Lubin différent, plus ordonné, plus ambitieux et moins bohême. Mais les deux personnalités qui habitent le corps du jeune homme n’ont aucune connaissance des actions de l’autre, ni aucun souvenir en commun et le seul moyen qu’ils trouvent pour communiquer est de se laisser des messages vidéos …

J’avais noté ce titre à cause de l’histoire qui m’intéressait bien. En plus, la couverture m’attirait aussi donc, cela était bien parti. Par contre, quand j’ai ouvert l’album, j’ai été étonnée et vraiment peu emballée par le style graphique un peu naïf, trop net, trop propre et avec des aplats de couleur trop francs pour me convenir. En plus, la scène du début montre le spectacle dans lequel joue Lubin et ce n’est vraiment pas le genre de spectacle qui me plait et que j’irai voir (au contraire, j’aurais même tendance à les fuir !). Mais c’est là que Lubin a son accident et qu’il va commencer à avoir des absences une journée sur deux. Donc la scène a son utilité mais elle m’a un peu inquiétée : pas séduite par le dessin et encore moins emballée par l’ouverture, je commençais à craindre le pire ! Mais j’ai très vite été happée par l’histoire étrange de Lubin et son « double », pourtant très éloigné de lui, tant au niveau caractère qu’au niveau attentes de la vie. On voit comment la vie de Lubin se scinde en deux : les jours où il vit et les jours sans, comment cela peut influer sur sa vie privée, ses relations avec sa petite amie et avec ses amis, voire même avec sa famille, qu’il ne voit pourtant pas beaucoup. Et on se pose aussi beaucoup de questions sur l’existence de ce double : est-ce du à la chute du départ, est-ce un cas de possession, est-ce que Lubin devient fou ?  Et, petit à petit, insidieusement, la vie de Lubin va basculer, son double devenant de plus en plus présent. Comme on s’est forcément attaché à Lubin, on souffre pour lui ! On voit le temps passer, les choses évoluer, le monde devenir de plus en plus moderne et Lubin qui a de plus en plus de mal à s’adapter, qui ne pense qu’à revoir sa petite amie, ses amis et sa famille. Quand l’explication finale arrive, j’ai trouvé qu’on avait presque du mal à l’accepter et pourtant, elle est logique et elle ne devrait pas nous toucher autant mais le fait est qu’on ne veut pas que cela se termine ainsi. Entre temps, j’avais oublié tous mes bémols, mon manque d’enthousiasme pour le graphique auquel j’ai fini par m’habituer, pour ne plus penser qu’à la vie étrange et tronquée d’un Lubin attachant qui a réussi à me faire oublier le monde autour de moi pour découvrir le sien.

Les avis de Mo, Jérôme, Noukette, Lasardine, Karine.