Liaisonsdangereuses1Au milieu du XVIIIème siècle, le jeune Sébastien, petit dernière d’une riche famille noble et sujet à des crises d’épilepsie, est surprotégé par sa mère et passe beaucoup de temps en compagnie des femmes. Pourtant, le jeune garçon se passionne pour les insectes et cherche toujours à échapper à la sollicitude des femmes de son entourage. Mais pour sa sœur ainée, il est temps de se marier et la comtesse de Senanges a négocié l’union de cette dernière avec son fils. Avec les nombreuses visites de la comtesse, Sébastien découvre un monde qui lui était encore inconnu : celui de la séduction, des masques que les gens doivent porter en public, des liaisons extraconjugales, de la sexualité mais fait aussi la connaissance de la jeune nièce de la comtesse dont il tombe amoureux …

Comme son titre l’annonce, cette série prévue en deux tomes, s’inspire du célèbre roman de Choderlos de Laclos pour bâtir une histoire autour de la jeunesse des personnages principaux du roman, expliquant ainsi comment Valmont et Merteuil sont devenus les êtres cyniques et sans pitié. Comme le récit se passe avant Les Liaisons dangereuses, d’où le complément de titre « Préliminaires » qui joue sur son interprétation à double sens, il n’y a pas vraiment de problème d’adaptation ou de fidélité à l’œuvre originale. Les auteurs sont donc libres d’imaginer ce qu’ils veulent tout en restant crédibles par rapport à l’époque et le milieu social décrit. On découvre donc une sorte de double de la marquise de Merteuil en la personne de la comtesse de Senanges, qui est aussi libertine, cruelle et jalouse que le personnage de Laclos. On voit aussi la condition des femmes à cette époque dans le monde des nobles mais aussi le destin des enfants de ces familles : mariage imposé pour les filles, héritage pour l’ainé, armée et clergé pour les autres fils. Et bien sûr, on découvre comment Sébastien, qui est un garçon plutôt gentil et charmant, va se transformer en Valmont au contact de personnes sans moralité et prêts à tout pour manipuler les gens. Il n’y a donc là rien de bien étonnant mais c’est assez agréable à lire. Le graphisme est classique mais les décors sont soignés et les personnages bien campés et bien représentés. Les couleurs sont variées mais toujours douces. Le seule bémol, qui m’a causé quelques soucis, est la taille et le type de police utilisée. La police manuelle utilisée pour les cartouches est la pire à décrypter ! L’ensemble est sensuel mais il n’y a pas de scène trop crue ou trop osée, ce qui permet à tout le monde de le lire, y compris les ados qui étudient le roman au lycée et qui pourraient ainsi le voir autrement. Voilà donc une lecture sans grande surprise mais sympathique à lire, surtout si on a aimé le livre de Laclos.

L'avis de Jacques.