ClienteleLe monde du travail est un monde rude où il faut connaître ses droits et savoir se défendre. Entre licenciements abusifs, mécontentements intangibles de certains employés, mal-être au travail, l’avocate spécialisée en droit du travail est là pour écouter, conseiller, aider ses clients mais tous les dossiers ne sont pas forcément défendables. Et puis, la journée terminée, l’avocate devient elle-même une cliente : quand elle visite une galerie d’art, fait du shopping, dine au restaurant, va prendre un verre dans un bar ou passe la soirée dans une boite de nuit …

Difficile de résumer ce court livre car il est essentiellement composé d’un patchwork de journées d’une avocate spécialisée en droit du travail. Chaque chapitre raconte un cas ou présente un client potentiel ayant maille à partir avec son employeur, ou bien un employeur ayant des problèmes avec un de ses employés. On peut aussi y retrouver des extraits de conversations téléphoniques, quand des clients potentiels recherchent des conseils ou un avocat pour les représenter. Et chaque chapitre se termine généralement par un épisode de la vie privée de l’avocate : une sortie au restaurant avec son compagnon, ses problèmes avec son fils, un moment de shopping ou de détente. Cela se lit plutôt facilement, les chapitres sont courts, il y a des petites touches d’humour, beaucoup d’humanité et les cas présentés sont vraiment intéressants, allant des plus étranges aux plus improbables, en passant par des cas plus classiques dans lesquels on pourrait aisément reconnaître des gens qui nous sont plus ou moins proches, vu que c’est le genre de problème qui peut toucher tout le monde. Mais j’ai regretté de n’avoir que des « morceaux » de ces cas présentés : on découvre le client, son problème mais on ne sait que très rarement comment son affaire se termine. Effectivement, comme l’auteure s’est inspiré des affaires qu’elle a elle-même traitées, certaines ne sont peut-être toujours pas clôturées, vu les délais souvent très longs qu’il faut pour les traiter. Mais je dois reconnaître que c’est parfois frustrant de ne pas savoir car on peut s’attacher rapidement à certains clients ou bien en détester d’autres et dans les deux cas, on a envie de savoir ce qu’il advient d’eux. Par contre, si j’ai fini par m’y habituer, je n’ai pas beaucoup aimé l’utilisation du « nous » quand elle parle d’elle et de son modeste cabinet. Il paraît évident qu’elle est la seule avocate du cabinet à traiter ces affaires, les autres employés étant plutôt des administratifs tels que des secrétaires. Je pense qu’elle a voulu inclure toute la profession dans ce « nous » mais cela a néanmoins un petit côté royal dérangeant. Là où j’ai eu plus de mal, c’est avec les fins de chapitre où l’avocate tient le premier rôle, où c’est sa vie qu’on découvre mais je n’y ai pas trouvé grand intérêt. C’est de la fiction mais si j’ai apprécié la narratrice en tant qu’avocate, je l’ai peu aimée dans sa vie privée que j’ai trouve vraiment très superficielle, très parisienne avec ce côté bobo branché (qui veut fréquenter les « bons » restaurants ou les « bons » lieux, ceux où il faut être vus et tout à fait le genre d’endroits que je déteste). En plus, j’ai trouvé un côté répétitif dans ses activités extérieures ou dans ses relations avec son fils, décrites sous la forme d’une lettre adressée à un psy et écrite et récrite maintes fois. Mon impression générale reste donc mitigée : un sujet original, intéressant et traité de façon agréable et pas du tout barbante mais quelques longueurs et une espèce de frustration pour n’avoir souvent que des bribes de cas.

Les avis de Cathulu et Cuné.