ZatopekEmil Zátopek est né en septembre 1922 dans une petite ville de Tchécoslovaquie dans une famille ouvrière dont le père est menuisier. Il a six frères et une sœur et tous les garçons de la famille font du sport mais Emil est le plus rapide à la course, au grand dam de ses parents qui ont peur de le voir tomber malade s’il court trop. Rentré en apprentissage dans l’usine Bata, il suit des cours du soir pour devenir chimiste. Cela fait plusieurs années qu’il réussit à éviter la grande course de Zlin, à laquelle les ouvriers de l’usine doivent participer mais en 1941, son chef l’oblige à courir. Emil termine deuxième derrière le docteur Hazula, un des meilleurs coureurs de fond du pays. Ce dernier décide d’entrainer Emil, qui se prend au jeu et apprécie de gagner les courses …

Ce n’est pas un album vers lequel je serais allée spontanément car je ne suis pas franchement fan de sport (et pourtant, je me rappelle avoir fait un exposé en CM2 sur le duel Zátopek-Mimoun !!!!). Mais ce titre faisant partie de la sélection à lire pour mon club de lecture spécial BD, je me suis donc lancée. Tout d’abord, je connaissais le dessinateur pour avoir déjà acheté sa trilogie Alois Nebel (que je n’ai toujours pas lue !!!!) parce que j’avais été attirée par le style graphique. Donc, de ce côté-là, je savais que cela allait me plaire. J’aime ce trait précis et très stylisé, un peu anguleux, avec un petit côté rétro et un peu froid qui va bien avec l’époque et le lieu . Quant au choix des couleurs, orange, bleu, noir et blanc, que l’on retrouve sur la couverture, cela m’a bien plu aussi. C’est contrasté mais là encore, ça colle parfaitement au sujet. Le seul reproche que j’ai, c’est qu’il m’était parfois difficile de différencier certains personnages (ça faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé) mais dans l’ensemble, ce problème est resté très limité et occasionnel. Maintenant, à propos de l’histoire proprement dite, c’est celle d’Emil Zátopek, avec un passage ultra-rapide sur son enfance. Le récit ne commence vraiment qu’à son entrée à l’usine Bata et ses premières courses. C’est étonnant de voir qu’il a fallu qu’on lui impose de courir alors qu’il était si bon dans ce sport. J’ai aimé voir l’évolution de sa carrière et de sa vie privée, sa rencontre avec sa femme, les entrainements, les records qu’il pulvérise régulièrement, la vie en Tchécoslovaquie avant la seconde guerre mondiale et ensuite sous le régime soviétique. J’ai finalement été assez étonnée de voir que j’appréciais cette lecture et j’ai presque été déçue de voir que les auteurs avaient décidé d’arrêter la narration aux jeux olympiques de 1952 en Finlande. J’aurais bien aimé le suivre jusqu’à sa mort en 2000 car il me semble qu’il y avait encore des choses intéressantes à dire à son propos, compte tenu des évènements qui se sont déroulés de son vivant dans son pays (je pense notamment au printemps de Prague). Comme quoi, lire des albums vers lesquels on ne serait pas allé s’avère être parfois une bonne surprise !