DanslesglacesEn 1879, à Baltimore, le jeune Matthew Henson n’a que douze ans quand il veut d’enrôler sur le Katie Hines, un bateau de commerce naviguant sur toutes les mers du globe. Le capitaine l’accepte et le prend sous son aile, lui apprenant à lire et à écrire et le formant comme charpentier de marine. Mais Henson a un handicap sévère pour cette époque : il est noir et bien que l’esclavage ait été aboli plusieurs années auparavant, le racisme est toujours très présent. Mais la débrouillardise du jeune homme finira par payer. Embauché comme domestique en 1887 lors de la mission du commandant Robert Peary chargé de planifier un éventuel canal reliant l’Atlantique au Pacifique à travers le Nicaragua, il va vite s’imposer comme responsable d’une équipe d’arpenteurs. Et quand Robert Peary reprend son exploration des régions polaires au nord du Groenland dans l’espoir d’atteindre le pôle Nord, Henson est forcément de la partie et va devenir pour les Inuits un être de légende …

Cela fait un bon moment que cet album patiente chez moi et de temps en temps, je décide d’attaquer mes stocks au lieu d’aller emprunter des nouveautés ou autres à la médiathèque. Et comme je venais de lire La lune est blanche avec une expédition actuelle en Antarctique, cela m’a donné l’envie de me plonger dans un récit historique concernant cette fois l’Arctique. En plus, qui se rappelle de Matthew Henson ? Pas grand monde vu que l’époque ne favorisait pas de mettre en avant les exploits de personnes de couleur. Il a quand même fallu attendre 2000 pour qu’il soit officiellement reconnu par la National Geographic Society et obtienne, à titre posthume, la médaille Hubbard. C’est donc de façon un peu romancée et libre que l’auteur allemand Simon Schwartz retrace la vie incroyable de cet homme. Il se permet quelques libertés d’adaptation mais comme il y a une chronologie réelle de tous les évènements, on voit tout de suite où les légères modifications sont apportées. Le dessin est un peu stylisé, souvent tout en rondeur et simplicité. Les personnages sont bien différenciés et on les reconnaît bien par rapport aux photos jointes en fin d’album. Les décors sont assez épurés : il y a des détails quand il faut mais ils peuvent aussi être limités si besoin. J’ai aimé l’alternance des époques, entre la jeunesse d’Henson et sa vieillesse car on voit que le comportement des gens à son égard n’a pas tellement évolué. Cela pose ainsi le problème du racisme et la reconnaissance de tous les être humains, peu importe leur couleur de peau. J’ai très souvent été révoltée par l’attitude des gens qui entourent Henson car ils se comportent de façon égoïste et méchante. Même ceux qui paraissent sympathiques ont toujours une occasion pour mal se comporter ! Je me suis d’ailleurs souvent exclamée : « il n’y en a pas un pour rattraper l’autre ! ». Mais l’époque se voulait très concurrentielle au niveau des découvertes et particulièrement celles de pôles. Avec ces expéditions, on aborde aussi des évènements plus connus, comme la venue d’une groupe d’Inuits à New York (déjà narré dans l’album Groenland Manhattan). J’ai trouvé l’ensemble très agréable visuellement, avec ses tons gris bleutés, et très intéressant à lire et surtout, il faut absolument découvrir cet album pour honorer la mémoire et l’exploit de Matthew Henson !