RolandestmortRoland est mort, il est tombé chez lui, tout seul, un jour comme un autre, le nez dans la gamelle de son caniche et n’est découvert que quelques jourd plus tard par les pompiers. C’est la voisine du dessous qui prévient son voisin de palier. Ce dernier connaissait peu Roland, n’échangeait que des « bonjour, bonsoir » dans l’escalier quand il le croisait par hasard, savait qu’il appréciait Mireille Mathieu à cause des bribes de chanson qu’il entendait régulièrement à travers la cloison. Mais voilà : ce voisin, qui vit seul et est au chômage, voit les pompiers lui confier le chien de Roland alors qu’il n’en veut pas. Et l’intrusion de Roland dans sa vie ne va pas s’arrêter là …

La couverture du livre de poche se remarque facilement et c’est elle qui m’a poussée vers ce livre alors que le titre se révélait assez peu attirant. Mais dès le départ, le ton est donné : la plume est mordante, ironique et ce voisin ne cherche pas à ménager qui que ce soit, y compris lui-même. Il y a d’ailleurs des moments pleins d’humour malgré le sujet qui pourrait ne pas prêter à sourire. Mais à côté de ces moments plus légers, il y a des passages plus émouvants, qui parlent de solitude, de notre monde moderne où tout le monde vit en contact proche avec les autres sans les aborder, sans apprendre à les connaître et chacun semble être dans un monde clos et très limité. L’auteur parle des relations de couple, des relations de travail, de la famille (et celle du voisin est haute en couleur !), du chômage, et tout simplement de l’interaction entre humains. Le narrateur, ce voisin bougon qui ne veut pas de Roland mort dans sa vie vu qu’il n’en voulait déjà pas quand Roland était vivant, se révèle attachant et très humain. En plus de l’humour assez grinçant que j’ai beaucoup apprécié, j’ai aussi aimé le style, avec une construction particulière : l’auteur commence chaque chapitre avec « Roland est mort et … » et on peut aussi retrouver certaines phrases qui reviennent régulièrement (sur le jugement des autres, ou sur les cheveux du narrateur qu’il applatit régulièrement, sur la description brève des films pornos qu’il regarde pour occuper ses journées). Ces répétitions pourraient paraître lassantes mais elles montrent la difficulté du narrateur à se sentir bien dans sa vie et ses difficultés à interagir avec les autres. Le titre pouvait laisser penser que ce serait une lecture peu joyeuse mais elle s’est révélée sympathique, originale, humaine et au final plutôt positive ! Je suis maintenant curieuse de découvrir les autres titres de cet auteur !

Les avis de Cathulu, Clarabel, Clara, Antigone.