JesuisunautrePeppo et Sylvio sont deux frères proches, qui passent toutes leurs vacances d’été sur une petite île méditerranéenne. Leurs parents ne sont pas très présents et laissent Maggy, la gouvernante, s’occuper des deux adolescents. Ceux-ci paressent sur la plage tout en regardant les jolies touristes, vont pêcher régulièrement et connaissent tous les habitants réguliers de l’île. Un jour, en passant devant la maison Borg qui était jusqu’à présent inoccupée, ils découvrent un camion de déménagement et une jeune femme superbe qui semble s’installer là pour plusieurs mois. Peppo, sous le charme, se renseigne sur le port et apprend que c’est une artiste, qu’elle peint et qu’elle vit seule dans la villa. Nouant le contact, il est fasciné par le talent de celle-ci, apprend qu’elle s’appelle Edwige et qu’elle est en plein divorce. Peppo passe alors de plus en plus de temps avec elle, au grand dam de Sylvio qui se retrouve alors tout seul et qui est très jaloux de la relation amoureuse que son frère entretient avec la jeune femme …

J’avoue que j’avais plusieurs fois vu cet album sans m’y arrêter, étant peu attirée par la couverture et n’ayant aucune idée de l’histoire. Et c’est quand j’ai découvert le sujet de celle-ci que je suis alors revenue dessus avec beaucoup plus d’intérêt. Ce qui marque dès le début, ce sont les couleurs solaires, lumineuses (même le gris ne paraît pas froid) et l’aspect anguleux du trait. Les nez sont pointus (j’adore les nez pointus … ne me demandez pas pourquoi … je n’en sais rien !), les yeux en amande et les personnages longilignes. Les décors sont simples, assez épurés, surtout sur l’île où les paysages sont secs. Et quand l’histoire se déplacera dans un pays du Nord, où Peppo est mis en pension, on découvrira des tons froids, gris et beiges, qui transforment totalement l’ambiance, en même temps que le trait s’arrondit pour certains personnages. En plus, certains tons employés ont leur importance dans la compréhension du récit mais je n’en dis pas plus ! Donc, au niveau graphisme, j’ai été totalement convaincue. Le récit aussi m’a bien plu. Cela commence par la relation particulière entre deux frères très proches puisque jumeaux (même si ce n’est jamais dit … mais comme il ne semble pas y avoir de différence d’âge entre eux, on peut le déduire), qui oscille entre amour et jalousie et l’histoire va vite prendre un tour dramatique qui vire vers le polar. Mais c’est surtout la psychologie des personnages qui est mise à l’honneur car les auteurs abordent le thème des relations fraternelles et de la schizophrénie. Le récit est narré en se focalisant sur Peppo et est divisé en trois grands chapitres qui vont aborder les trois grands développements de l’histoire : les évènements sur l’ile, l’année en pension dans le Nordland et le retour sur l’île où l’explication finale aura lieu, même si certaines choses, dont une flirtant avec le fantastique, sont un peu laissées dans l’ombre. Il est facile de se douter de quelques développements mais d’autres sont plus étonnants. Aucun de ces minuscules bémols n’ont en rien gâché mon plaisir et j’ai trouvé cette lecture prenante et originale.

Les avis de Mo et Stephie.