Viesvolees1998. Mario et Santiago sont deux amis d’enfance qui vivent en colocation à Buenos Aires. Mario, étudiant, est souvent fauché, alors Santiago, dont la famille est plus aisée, lui paie souvent le café lors de leurs sorties. Mais Mario a, depuis quelque temps, un problème qui le travaille : il trouve qu’il ne ressemble pas du tout à ses parents, n’a jamais de réponses quand il les questionne sur la grossesse de sa mère ou sa petit enfance et il n’y a aucune photo de cette période. Du coup, en passant régulièrement sur la Place Mai, où les grands-mères essaient de retrouver leurs petits-enfants volés et donnés à des familles pro-gouvernement lors de la dictature argentine, a finalement pris contact avec elles. Depuis peu de temps, des tests ADN rapides et fiables ont permis de réunir des familles et Mario est prêt à sauter le pas et à effectuer les examens. Pour le soutenir et parce qu’il est sous le charme de l’infirmière en charge des prélèvements, Santiago, qui n’a aucun doute sur son origine, accepte lui aussi de passer le test …

Si le sujet a été abordé de nombreuses fois dans les romans, je ne suis pas sûre qu’il ait été beaucoup repris en bande dessinée. Cette histoire peut donc paraître vue et revue pour certains mais je pense que, pour les jeunes lecteurs, elle a un intérêt certain. Le graphisme m’a beaucoup plu : il paraît simple mais est riche en détails et les personnages sont bien différenciés. J’aime leur allure un peu anguleuse, élancée et longiligne des jeunes, qui contraste avec la rondeur des adultes et des grands-mères. Quant aux couleurs, elles sont douces tout en étant lumineuses. La découpe des vignettes est variée : il y a des pleines pages, des pages avec peu de vignettes et d’autres où elles sont plus petites et plus nombreuses. Cela donne du rythme au récit. L’histoire, assez prévisible dès le départ, ne m’a pas appris grand chose car j’avais déjà lu un certain nombre de choses sur le sujet traité et la façon de l’aborder mais Santiago et Mario sont des personnages attachants et j’ai trouvé malgré tout intéressant de suivre le développement de leurs découvertes et de voir les différentes façons de réagir à des nouvelles perturbantes qui perturbent une vie entière. De même, j’ai apprécié de découvrir une partie de l’autre côté impliqué, celui des familles adoptantes, d’essayer de comprendre leurs motivations et de voir leurs positions par rapport à la dictature. Cela pose aussi la question de la famille : est-ce celle du sang, celle qui élève les enfants, celles qui qui les aiment plus que tout ? La réflexion n’est pas très poussée dans l’album mais les pistes sont là, à pousser le lecteur à se questionner. Intéressant donc, surtout pour ceux qui ne connaissent pas trop cette période sombre de l’Argentine.

Les avis de Mo, Yv, Meséchappéeslivresques.