MonsieurcoucouAllan est en couple avec Prune et s’occupe particulièrement bien de la mère de celle-ci, Thésée, qui souffre d’un cancer. Il masse les pieds de la malade, lui prépare de la tisane au cumin, est toujours là pour l’aider, parfois au grand dam des sœurs de Prune, qui le trouvent souvent trop présent, voire étouffant. Pourtant, Allan refuse de prendre les appels téléphoniques de sa propre famille, laissant à Prune le soin de leur expliquer qu’il ne peut pas répondre. Alors que Thésée se sent au plus mal, elle demande à Allan de retourner dans son pays d’origine, le Liban, pour renouer avec une de ses connaissances, un homme ayant un don de guérisseur, pour qu’il lui ramène de quoi la soulager. Allan, qui s’appelle en réalité Abel, n’a pas envie de retrouver sa famille car un lourd passé plombe les relations qu’il a avec sa mère, sa sœur et son frère. Mais il accepte et à son arrivée à l’aéroport, sa sœur est là pour le ramener dans la maison familiale malgré les tensions toujours présentes entre eux …

Je n’avais vraiment aucune idée de l’histoire en ouvrant cet album et la première page est assez perturbante car on y voit des animaux habillés comme des humains et penchés au-dessus d’une personne. On se demande tout de suite quel genre de récit cela va être (surtout que le titre évoque un oiseau) mais en fait, il va se révéler assez classique, la première page n’étant qu’un délire induit par la morphine. Mais je me demande encore pourquoi avoir choisi ce dessin plutôt rébarbatif ! On va découvrir la vie d’Allan dans une famille banale comme il en existe tant. La mère de sa femme est mourante et au départ, on se demande franchement si c’est sa mère ou sa belle-mère tellement il s’en occupe bien plus que sa femme. Òn sent un lien fort entre eux mais en même temps, cette intimité paraît un peu étrange et m’a rendue mal à l’aise. Une fois le décor français planté, l’histoire se transporte au Liban (bien que le pays ne soit jamais explicitement précisé) où on découvre alors le passé d’Allan/Abel et les relations qu’il entretient avec sa propre famille, très différentes de celles qu’il a avec sa famille française « d’adoption ». On comprend qu’il a eu besoin de tisser des liens profonds avec la famille de sa femme vu qu’il considère avoir perdu la sienne dans des circonstances dramatiques pour lesquelles il se sent partiellement coupable. Ce retour au pays va donc être pour lui l’occasion de tout remettre à plat, d’essayer de comprendre, de renouer avec sa famille et ses amis, de se replonger dans sa culture d’origine, qu’il a totalement reniée. Si la première partie est relativement banale et sert surtout de tremplin pour le reste de l’histoire, le récit qui se déroule au Liban m’a paru intéressant. On voit la société libanaise actuelle, où l’honneur reste primordial. Les relations humaines sont bien décrites mais j’ai été un peu frustrée par la fin un peu trop abrupte qui arrive trop rapidement et qui laisse plein de questions sans réponse. Le dessin réaliste et soigné m’a bien plu : les personnages sont expressifs, les décors sont détaillés et rendent bien l’ambiance de chaque pays et les couleurs sont agréables, variées mais relativement douces (quoique parfois un petit peu foncées pour les séquences de nuit). Si j’ai trouvé cette lecture assez originale, je n’ai pas été totalement convaincue à cause du manque de développement sur l’histoire familiale libanaise d’Abel (j’aurais préféré moins de pages sur sa vie en France et plus sur son retour au Liban) et sur l’absence de fin définie … j’avais presque la sensation que le final appelait un tome 2 à part qu’il semble que ce ne soit pas le cas !

L'avis d'Echappéeslivresques.