MontraitreAntoine est luthier à Paris. Quand il est découvre un article dans le journal en décembre 2006 au sujet d’un traitre dans les rangs de l’IRA, il fait un malaise dans la rue. Les souvenirs l’assaillent en masse. Il se rappelle la première fois où il a vu son traitre, dans un pub de Belfast, le 9 avril 1977, alors qu’Antoine était venu voir des amis, Jim et Cathy. Attiré depuis longtemps par l’Irlande, Antoine avait découvert ce pays grâce à un musicien venu faire réparer son violon chez lui et ses fréquents voyages dans le pays au début des années 1970, alors qu’il n’a pas encore 30 ans, lui avaient permis de tisser de forts liens d’amitié avec un couple, Jim et Cathy, vivant à Belfast et militant pour une République d’Irlande réunifiée. Quand il raconte sa rencontre avec Tyrone Meehan à ses amis, Antoine voit bien le respect que cet homme provoque, ayant passé du temps en prison et étant un membre très actif de l’IRA …

Je crois qu’entre les romans de Sorj Chalandon, ça ne passe pas très bien et du coup, les adaptations de ses titres en BD ne fonctionnent pas non plus avec moi. En plus, je ne suis pas une grande fan de l’Irlande et donc, je m’avais jamais été attirée par le roman de Sorj Chalandon vu son sujet. Mais cette adaptation était sélectionnée pour mon club lecture spécial BD et donc, il a fallu que je me lance. Côté dessins, je n’ai vraiment rien à reprocher. J’ai aimé le style réaliste (sans pour autant faire ressembler les personnages aux vraies personnes ayant inspiré l’histoire), le trait anguleux et vif, expressif. Le choix des couleurs, avec différentes teintes monochromes variant en fonction des chapitres, m’ont paru agréables et bien choisies (du beige pour des ambiances chaudes ou intérieures, du gris, du bleu ou du vert pour des atmosphères plus froides ou extérieures). Je suis restée un peu dubitative à propos des extraits de l’interrogatoire de Tyrone par l’IRA, qui ne m’ont pas semblé apporter grand chose à la narraton. Et bien sûr, c’est au niveau de l’histoire que j’ai eu le plus de mal. Tout d’abord, ne m’attendant à rien de précis de la part des humains, je ne crois pas que je serais traumatisée si je découvrais la trahison d’un de mes amis … du coup, pas facile d’adhérer aux réactions et aux sentiments d’Antoine, qui me paraît bien naïf pour son âge. En plus, je ne comprends pas non plus son engouement et son implication pour l’Irlande (j’ai été marquée par une des correspondantes qui était Irlandaise et dont les réactions me paraissaient très conditionnées par son éducation et sa religion … et pourtant je n’avais que 13 ou 14 ans à l’époque et depuis, je suis fâchée avec ce pays !). Alors, oui, j’ai bien suivi le raisonnement développé dans l’histoire mais je suis restée totalement en dehors de l’ensemble au niveau émotionnel, ce qui n’est pas du tout la faute de l’adaptation BD mais qui est du au récit en lui-même. Par contre, si le rythme est lent et assez analytique, je ne me suis pas du tout ennuyée lors de cette lecture, ce qui peut paraître étrange au vu de mes bémols mais qui est plutôt un bon signe sur la qualité de l’album !

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