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Maviedereac2Morgan Navarro a des idées parfois bien arrêtées : pas question d’équiper son fils d’un smartphone avant qu’il ait quinze ans et ne pas lui acheter le dernier téléphone à la mode, trouver que les notes à l’école ne valent pas celles d’il y a trente ans, se rébeller contre l’éducation nationale qui propose justement des classes sans notes, faire des réflexions racistes que ce soit envers une religion ou une sexualité différentes, essayer d’adopter un comportement décent et finir par faire comme tout le monde, ne pas voir d’un bon l’arrivée des technologies omniprésentes dans notre future société …

Je ne connais pas du tout l’auteur, qui blogue sur le site du journal Le Monde, vu que je ne vais jamais sur les sites des journaux mais le titre des albums a piqué ma curiosité. J’étais intriguée de voir comment l’auteur, qui met en scène son alter ego fictif (c’est un peu lui sans l’être vraiment), allait aborder ce thème et comment il allait définir ce qu’est un réac. A travers différentes saynètes s’étalant sur une à plusieurs pages (mais jamais plus de quatre ou cinq), l’auteur traite des sujets variés et quotidiens. En plus, chaque sketch a une ambiance monochrome différente (jaune, bleu, vert, rouge …) ou opte pour la bichromie avec des mélanges parfois fort peu réussis. J’ai trouvé dans l’ensemble que les couleurs étaient assez agressives et peu agréables à regarder. Quant au dessin, il est plutôt simple et dans l’air du temps : les décors sont minimalistes, laissant la vedette aux personnages assez expressifs. Au niveau des thèmes abordés, je n’ai pas trop aimé les sketches à connotation raciste car je ne les ai pas trouvés amusants ou pertinents et cela rend le personnage peu sympathique. Par contre, d’autres scènes m’ont fait sourire car on peut s’y reconnaître (vouloir être tranquille dans le train alors que des gamins font hurler leur musique sans que les parents disent quoi que ce soit, est-ce être réac ou est-ce juste un manque de savoir-vivre de la part des parents ?). La ligne est souvent fine et peu claire entre intolérance et respect de l’autre … quand le personnage est raciste, cela le dessert mais on a parfois la sensation que les autres personnes de la BD sont aussi un peu sans-gêne et égoïstes et dans ces cas-là, c’est eux qui sont montrés sous un mauvais jour. Du coup, on ne sait plus franchement où on en est. Etre réac consistant, pour moi, à être contre le progrès et à trouver toujours que « c’était mieux avant », je n’ai pas toujours retrouvé ce raisonnement dans les attitudes du personnage. Si j’ai souri lors de la lecture du premier tome, le second m’a paru plus fade, moins abouti. Peut-être vaut-il mieux espacer ce genre de lecture … En tout cas, si j’ai apprécié quelques sketches, beaucoup m’ont laissée indifférente et cela m’a laissé l’impression d’une découverte mitigée.

L'avis de Karine sur le tome 1.