NoussommessportacusUne équipe de vendeurs du grand magasin d’articles de sport de la chaine nationale Sportacus a organisé un week-end de cohésion. Celui-ci consiste à effectuer une randonnée dans les montagnes situées à 500 kms de leur lieu de vie. Rodolph, le chef d’équipe, est aux commandes, épaulé par son adjoint Barney. Parmi les autres participants, on compte Annabelle, Bénédicte, Maurice, Lucien et Gustave, qui travaillent dans différents rayons et qui sont plus ou moins enthousiastes à propos de ce week-end. Mais, alors qu’ils sont sur le chemin du retour, le groupe s’aperçoit qu’il est perdu en pleine forêt. Cherchant un point culminant pour observer les alentours, ils sont alors témoins d’une chose atroce : une explosion a lieu à l’horizon et il s’en élève un champignon atomique. Sans moyen de communications, la panique commence à monter et quand le groupe rencontre un ours sauvage, c’est encore pire  …

L’idée de départ du week-end cohésion qui tourne mal me plaisait beaucoup et elle faisait en plus écho avec le roman policier de Jane Harper que j’ai lu récemment. Bon, bien sûr, dans le cas de la BD, le sujet n’est pas traité de la même façon. Par contre, j’avais un peu peur du graphisme, qui évoque plus un album pour enfants qu’une BD adulte. Les couleurs pastel et douces, le trait simple et un peu naïf, l’utilisation d’animaux pour représenter les personnages (Rodolph est un chien, Barney un panda …) me faisaient hésiter jusqu’à présent, m’attirant assee peu dans l’ensemble. Et puis, l’auteur a participé au salon de la BD d’Uzès et du coup , j’ai acheté l’album pour le faire dédicacer (l’auteur est très sympa en plus … on a passé un bon moment !). Comme je savais à quoi m’attendre côté dessins, je m’y suis en fait plutôt vite habituée et en plus, comme les personnages sont des animaux différents, c’est vraiment facile de les reconnaître et de les différentier (en plus, cela permet aussi de jouer plus tard sur certaines similitudes avec d’autres personnages sans y perdre le lecteur). Et puis, j’ai trouvé que le choix des espèces était bien pensé et collait à la personnalité de chacun. Quant au trait simple, il a le mérite d’être apaisant pour les yeux (de même que les couleurs), ce qui est un avantage car il contraste bien avec la « noirceur » de l’histoire. Tout commence donc bien pour notre groupe : le week-end de cohésion randonnée touche à sa fin et paf, voilà que ça se gâte gros temps. Ils sont perdus, donc première montée de stress, et ensuite, ils sont témoins d’une explosion atomique, qui provoque encore plus de stress vu qu’ils ne savent pas ce qui s’est passé. Il faut donc qu’ils s’organisent pour survie et rentrer chez eux. Là, c’est donc le début de la descente aux enfers : l’instinct animal reprend le dessus, les réactions sont basiques et poussent à chercher à éliminer tout danger potentiel. Autant dire qu’il va se passer beaucoup de choses, certaines surprennantes, d’autres moins, mais toujours bien vues vu qu’elles montrent les réactions humaines sous la peur et la pression. Il y a peut-être parfois un petit air de The Walking Dead mais cela reste bien français et sans zombie. L’histoire oscille entre présent, passé et rêves et cela peut être un peu perturbant au début mais on s’y habitue vite et c’est bien repéré (vignettes aux bords ondulés au lieu des bords droits). La fin peut paraître un peu brusque mais je trouve qu’elle correspond bien à l’ensemble, assez ouverte en laissant une possibilité de suite mais pas frustrante non plus. Un album qui pourrait passer inaperçu mais dont j’ai bien apprécié la lecture !