DerniersjoursKyle Freeman est un jeune réalisateur anglais underground spécialisé dans les documentaires en marge : les groupes européens de black metal, les pratiques de sorcellerie à l’université, la disparition de randonneurs près du cercle polaire. Il a réussi à obtenir des succès d’estime mais l’argent ne rentre pas facilement et il est souvent contraint d’accepter des petits boulots. Alors, quand Max Solomon, dirigeant fortuné de Révélation Productions l’engage pour tourner un documentaire sur une secte en activité dans les années 1970 et dont le gourou, Sœur Katherine, a été retrouvée morte en compagnie de plusieurs de ses disciples dans un désert de l’Ouest américain, Kyle est heureux de pouvoir enfin payer ses factures tout en faisant ce qu’il aime le plus : enquêter sur des phénomènes peu courants et qui ont provoqué de nombreuses rumeurs. Avec l’aide de Dan, son ami et collègue, Kyle étudie l’énorme dossier bien documenté fourni par Max et commence par interviewer une ancienne disciple dans la maison londonienne où la secte s’est formée. L’atmosphère est étrange et lourde et le soir venu, Kyle et Dan sont témoins de manifestations inexplicables dans la demeure …

C’est le deuxième roman de cet auteur anglais que je lis (le premier était Apartment 16, que j’avais lu en anglais mais qui est maintenant traduit). A chaque fois, le thème du roman me tente énormément (maison hantée pour le premier, secte et gourou manipulateur dans celui-ci) et si le début du livre est intéressant, l’ensemble tourne vite court en trainant en longueur sans être effrayant. On suit Kyle dans sa rencontre avec les anciens disciples de la secte et effectivement, il se passe quelques petites choses mais franchement, rien qui m’empêcherait de dormir (cette lecture avait même l’effet inverse : je m’endormais dessus) ! Je comprends que l’angoisse peut provenir de choses qu’on ne fait qu’entrepercevoir, de petits bruits, de comportements passés bizarres mais les quelques évènements censés donner froid dans le dos sont noyés au milieu d’une narration générale sur la vie de Kyle et les détails du quotidien. Là aussi, je peux comprendre que l’auteur ait eu envie de provoquer de l’empathie pour Kyle de la part des lecteurs mais trop, c’est trop et ça finit par devenir lassant et répétitif. On voyage pas mal dans le roman : Londres, la campagne normande, le désert américain de l’Arizona mais aussi Seattle ou bien Anvers en Belgique. Là dessus, rien à redire : l’histoire n’est pas statique. Et pourtant, quel que soit l’endroit, j’y ai retrouvé le même ennui de lecture. Certes Kyle est sympathique au départ mais il a fini par me taper sur les nerfs, à se poser les mauvaises questions et à être trop centré sur lui-même. Il y a quelques rebondissements et révélations mais ceux-ci ne sont vraiment pas suffisants pour relancer l’histoire. L’horreur, dans ce livre, ce serait plutôt de voir qu’il me restait encore tant de pages à lire alors que j’avais la sensation que cela faisait des jours et des jours que j’étais plongée dans ce roman ! C’est dommage car, comme je suis intéressée par le résumé, je trouve cette lecture d’autant plus frustrante qu’elle ne tient pas ses promesses. Toutefois, il me semble que j’ai préféré ce titre-là au précédent, même si cette préférence reste toute relative et avec beaucoup de bémols.