ThecabinattheendoftheworldWen, bientôt huit ans, est occupée par une belle après-midi d’été à ramasser des sauterelles dans le but de les étudier. Elle a eu l’autorisation de sortir dans le champ jouxtant la maison de vacances louée au bord d’un lac du New-Hampshire et isolée de la civilisation. En effet, le premier voisin est à plusieurs miles et seule la nature se manifeste par son activité estivale. Andrew et Eric, ses deux papas qui l’ont adoptée peu après sa naissance en Chine, sont restés dans le chalet, à l’abri de la chaleur. Quand un jeune homme très grand apparaît au bord du terrain, prêt à entamer une conversation avec Wen, la petite fille ne sait plus ce qu’elle doit faire : elle ne doit pas parler aux étrangers mais elle n’ose pas rentrer non plus et le garçon lui propose de l’aider à capturer les insectes. Mais il lui annonce aussi qu’il n’est pas là par hasard. Lui et ses compagnons, armés d’armes faites maison, sont en mission et il a une proposition à faire aux papas de Wen : il faut qu’ils choisissent de sacrifier un membre de leur famille sinon la fin du monde aura lieu de façon horrible et elle a même déjà commencée …

Je suis dans une phase « livres fantastiques et histoires d’horreur » et après ma déception avec le roman d’Adam Nevill, j’avais vu que ce titre de Paul Tremblay avait reçu de bons avis. Comme je ne connais pas cet auteur, je me suis dit que ce serait bien de le découvrir. Le début est assez lent : Wen est plongée dans sa « récolte » de sauterelles, l’été ralentit tout et la petite fille, à travers ses réflexions personnelles, présente sa vie et sa famille. Et puis, voilà qu’un étranger arrive ! Il semble gentil et poli mais on se doute qu’il y a anguille sous roche. Tout à coup, la tension monte, la cabane est prise d’assaut par ce groupe étrange, aux tenues assorties et aux armes bricolées mais à l’apparence efficace. Avec la mise en place de la proposition complètement folle faite à Andrew et Eric, je me suis demandée dans quelle direction allait se diriger l’histoire : est-ce un groupe de fous ? disent-ils la vérité, avec donc un côté un peu fantastique à l’ensemble ? Forcément, en tant que lecteur, on se met du côté d’Andrew et Eric, qui ne veulent qu’une seule chose : mener leur vie tranquillement et en paix et on comprend qu’ils ne peuvent pas prendre la décision de sacrifier quelqu’un qui leur est proche. Pendant un bon moment, avec les informations lentement distillées, j’ai hésité mais malgré l’atmosphère lourde et angoissante, je n’avais pas tissé de liens avec les personnages (au mieux avec Wen, et encore, pas tant que ça). Après un rebondissement important et un second événement majeur et traumatisant (de mon côté, j’y suis restée assez indifférente), il m’a semblé que le roman commençait à s’enliser, avec une répétition du même genre de phénomènes. La narration alterne entre les différents protagonistes : Wen, Andrew, Eric, Leonard (le jeune homme qui semble diriger le groupe d’assaillants) et les autres membres ayant reçu des visions d’apocalypse. Cela aurait pu avoir un côté intéressant d’avoir le point de vue de tout le monde mais il m’a manqué une certaine profondeur de réflexion. Bien sûr, on peut se dire que dans une situation pareille, on n’a pas vraiment le temps de philosopher ! C’est pour ça que j’ai continué à m’accrocher, espérant voir arriver une étincelle qui allait relancer mon intérêt. Malheureusement, ce petit coup de pouce n’est jamais arrivé et le pire, c’est que la fin ne m’a pas du tout convenu … ça finit en queue de poisson, sans qu’on en sache plus qu’au début … à croire que l’auteur ne savait plus comment se dépatouiller de cette histoire et qu’il s’est arrêté brusquement, comme si lui aussi, s’était lassé du contexte et des personnages. Décidément, je n’ai pas eu de chance avec ce titre-là non plus ! Comme quoi, faire un bon roman effrayant, ce n’est pas franchement si facile que ça !

*Lu en anglais*

Non traduit à ce jour