AmouraustralA la suite d’une série de drames personnels, Jan décide de partir pour l’Australie et en juillet 2012, il est prêt à entamer une longue randonnée solitaire à travers le désert du Northern Territory, à l’est d’Alice Springs en espérant se recentrer sur lui-même en dépassant ses limites et ainsi trouver la paix et l’équilibre qui lui manquent. L’outback peut être un endroit effrayant et les 450 kms qui doivent constituer son périple pourront lui donner le temps de réfléchir. La première partie de son trajet a lieu le long de la Larapinta Trail, qui suit la rivière du même nom mais il va vite s’avérer que l’endroit n’est pas si désert que ça, de nombreux randonneurs internationaux fréquentant cette piste relativement bien aménagée en points d’eau et en campements. C’est à Ghost Gum Flat, alors qu’il a positionné sa tente un peu à l’écart qu’il découvre que quelqu’un a fait pareil et a dormi non loin de lui. Et c’est sur le chemin menant à Ellery Creek, l’étape suivante, qu’il va rencontrer sa voisine de tente, une jeune française du nom de Morgane, avec qui il va finalement faire un bout de route, aussi bien physiquement qu’émotionnellement …

Cet auteur dessinateur allemand raconte ici son histoire et son voyage en Australie, où il a effectué un trek à travers l’outback qui lui a fait rencontrer une jeune femme qui ne l’a pas laissé indifférent. Ce qui m’a attirée vers l’album, ce n’est pas l’histoire d’amour qu’il raconte mais plutôt le côté expérience et retour à la ntaure alors que celle-ci n’est pas forcément très accueillante. En plus, je n’ai pas fait ce genre de randonnée mais on a voyagé dans l’outback australien vu qu’on a traversé l’Australie du nord au sud en voiture, avec plusieurs détours en plein désert et en territoire aborigène. J’avais donc une bonne idée du genre de décor et de difficulté auxquels allait se frotter l’auteur. Ce qui est étrange, c’est qu’on est en plein milieu de nulle part et qu’on peut voir que les choses sont plutôt bien organisées et qu’il y a du monde (ce qui n’était pas notre cas … à part des dingos, des kangourous, des émeus et des lézards, dès qu’on est sorti de la route habituelle, on a vu strictement personne pendant des kilomètres et des kilomètres … et quand on parle de l’Australie, ça signifie au minimum 400 ou 500 kms). J’ai bien aimé l’épîsode des mouches car on l’a aussi vécu et que c’est terrible et typique du bush australien (on a vite compris pourquoi les gens nous faisaient des grands mouvements de bras et de main devant leur visage dès qu’on leur disait qu’on allait dans l’outback !). Si on voit un peu comment se passe la randonnée de l’auteur, son organisation, on va vite se focaliser sur sa rencontre avec Morgane, la Française, et l’évolution de leur relation. On découvre aussi ce qui a amené Jan à faire cette randonnée et les sentiments sont décrits avec justesse et pudeur. On voit comment l’auteur est étonné du développement inattendu de ce voyage mais que les choses les plus surprenantes peuvent finalement arriver à point nommé. Côté graphisme, le choix du noir et blanc m’a un peu déçue car les paysages sont forcément moins mis en valeur (ils sont beaux en nuances de gris mais seraient encore mieux en couleur) mais il correspond néanmoins à l’histoire. J’ai aimé la représentation des personnages : ils paraissent simples, voire parfois même naïfs, mais ils se révèlent expressifs. J’ai donc bien adhéré aux choix graphiques dans l’ensemble. Et finalement, moi qui étais plus intéressée par l’aspect « technique » de la randonnée, j’ai finalement été enchantée par cette histoire d’amour un peu hors normes mais qui est terriblement humaine et belle malgré tout ce qui peut se passer au final.