AmericanelsewhereMona Bright, une ancienne flic qui passe désormais son temps de petits boulots en petits boulots sans se fixer nulle part, assiste, dans un bled texan, à l’enterrement de son père qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. Lors des formalités de succession, elle hérite de sa Dodge Charger de 1969, une voiture entretenue avec amour, ainsi que d’un box rempli d’affaires, mais elle apprend, à son plus grand étonnement qu’elle hérite aussi d’une maison située dans une petite ville du Nouveau-Mexique et ayant appartenu à sa mère Laura qui s’est suicidée alors que Mona n’était encore qu’une enfant. Mais le testament de sa mère qui légue cette maison va bientôt être invalidé si personne ne prend possession de la propriété. Il ne reste qu’une grosse dizaine de jours à Mona pour se décider. Mais curieuse de découvrir qui était sa mère avant de se marier, mère qu’elle n’a connu que dépressive, Mona part en direction de Wink, la ville dans laquelle Laura s’était installée pour son travail au laboratoire-observatoire national Coburn. A part que la tâche s’avère plus difficile que prévu : Wink n’apparaît sur aucune carte et il faudra qu’elle se renseigne auprès de gens peu impatients de l’aider. A son arrivée à Wink, elle découvre une ville tout droit sorti d’un magazine des années 50 : des pelouses nettes, des maisons bien entretenues, des routes propres et des habitants un peu étranges mais il faut dire qu’elle arrive en plein milieu d’un enterrement qui a l’air d’avoir rassemblé toute la ville autour du cercueil …

J’avais repéré ce livre il y a quelque temps alors qu’il n’avait pas été encore traduit en français alors j’ai été toute contente de le voir paraître enfin traduit. Ce n’est pas que je ne pouvais pas le lire en anglais mais comme c’est un livre mêlant science-fiction et fantastique, j’avais un peu peur du vocabulaire utilisé. En plus, sans connaître l’auteur, j’ai tendance à être prudente et je préfère feuilleter le livre d’abord avant de m’y lancer. Donc, je me suis plongée dans la version française et je pense qu’au final, j’aurais pu aussi le lire en anglais car je n’y ai pas trouvé de difficultés de langage. La seule partie plus « difficile » consiste peut-être à appréhenser le monde décrit au fil des pages et qui emprunte aussi bien à Lovecraft qu’à Stephen King. En fait, je ne l’ai pas mis dans mon résumé mais le roman commence par une scène étrange se déroulant à Wink et impliquant un groupe d’hommes et des choses un peu bizarres mais peu décrites et pas du tout expliquées. Du coup, c’est un peu perturbant car je me suis sentie là comme projetée en plein milieu de quelque chose que je ne comprenais pas. Je ne sais pas si c’est le meilleur choix possible car j’ai un peu hésité à laisser tomber cette lecture à ce moment-là. Mais dès que Mona, l’héroïne, est entrée en scène, le récit repasse un peu plus dans la normalité … pas forcément pour longtemps mais les choses vont ensuite arriver par petites touches. En plus, j’ai tout de suite apprécie Mona, une femme forte mais perdue et visiblement malheureuse et on comprend pourquoi au fil des pages. Sa découverte de Wink fait froid dans le dos : c’est une ville parfaite, avec des habitants qui se connaissent tous. On croirait la ville sortie d’une autre époque et comme elle est isolée au milieu des montagnes du Nouveau-Mexique, on se demande effectivement s’il n’y a pas un problème de temporalité. Mais il y a aussi le laboratoire Coburn où travaillait la mère de Mona et là, on rentre dans le domaine de la science-fiction, avec des expériences particulières qui seront au centre de l’histoire. Et puis, il y a le côté fantastique et effrayant, qui lorgne du côté de Lovecraft et de ses créatures monstrueuses venues d’ailleurs. Les choses se mettent en place petit à petit en même temps que Mona découvre peu à peu la vie et le travail de sa mère et fait la connaissance de quelques habitants de Wink décidés à l’aider à en apprendre plus. Il y aura des moments d’action (il ne faut pas oublier que Mona a été flic) et des moments effrayants jusqu’au grand final où tout s’explique et se déchaine. J’ai trouvé qu’il était difficile de lâcher ce roman une fois qu’on commence à se sentir à l’aise à
Wink (enfin, si tant est qu’on peut être à l’aise dans un tel endroit) car l’histoire a un petit côté hypnotique. On veut toujours en savoir plus et l’auteur sait retenir l’attention en délivrant les informations aux bons moments. Peut-être qu’il a quelques longueurs par moments mais j’ai trouvé qu’elles me permettaient de souffler et d’assimiler les découvertes et les révélations, car l’auteur ne manque pas d’imagination. Si de mon côté, c’est un roman qui m’a beaucoup plu et qui va me pousser à rechercher les autres œuvres de l’auteur, je ne suis pas sûre qu’il puisse convenir à tout le monde car l’histoire reste assez spéciale, même si au final, elle parle de famille, de relations et de sacrifice, sujets universels qui touchent tout le monde.

L'avis de LectriceHérétique.