TitannoirElfie, au grand désespoir de sa mère, a refusé de suivre de longues études à l’issue du bac. La jeune fille préfère travailler, devenir autonome et quand son meilleur ami lui apprend que le grand parc aquatique local recherche quelqu’un pour tenir la caisse à l’entrée, elle saute sur l’occasion, même si sa mère est très opposée à ce genre de parc. Mais très vite, Elfie se retrouve à s’occuper des manchots car il manque du personnel parmi les soigneurs. Elle prend alors conscience des conditions de vie des animaux et s’attache vite à certains manchots. Et quand le directeur lui propose de devenir dresseuse d’orques, Elfie,  qui est sportive et bonne nageuse, accepte. Elle doit effectuer les shows publics avec Titan, une énorme orque toute noire, mais elle va découvrir que celle-ci a été arrachée à sa famille près de l’Islande et qu’elle a un passé dangereux par rapport aux humains qu’elle ne supporte pas …

S’inspirant de l’histoire vraie de l’orque tueuse Tilikum, l’auteure tisse un récit où deux voix s’entrecroisent. Il y a Elfie, qui raconte sa vie et l’évolution de son travail, comment elle commence à prendre en compte les sentiments des animaux, comment se déroulent ses relations avec Titan. En parallèle, sur des pages noires, on découvre le récit qui se focalise sur la vie de Titan, sur les sentiments de l’orque, sur sa vie d’avant sa capture et sa vie au parc. Forcément, les deux histoires se téléscopent, s’opposent, mettent en relief les horreurs qui amènent ces orques dans les parcs et la vie qu’elles vont y mener. Je suis une fan des animaux et je les aime tous et j’aurais donc du totalement adhérer au message du roman. Mais je ne sais pas ce qui m’a gênée dans le récit. Tout d’abord, c’est vrai que les conditions de vie des animaux en captivité ne sont pas souvent adaptées (et je parle de tous les animaux pas seulement des cétacés) et pour moi, tous les animaux peuvent être malheureux (pas besoin qu’il soient intelligents). Alors peut-être qu’il m’a semblé que l’auteure mettait trop en avant les sentiments de l’orque en montrant combien cette espèce est intelligente, comme si sa prise en compte de sa douleur était ainsi plus « méritante » que celles d’autres animaux (alors qu’elle est passée très rapidement sur les manchots). Vous allez me dire que l’histoire parle d’une orque donc ça paraît logique mais cela n’aurait en rien gêné de parler un peu plus des autres animaux présents au parc. Il est sûr que c’est terrible d’arracher ces animaux à leur milieu naturel et de forcer la reproduction de façon peu naturelle (par insémination). Mais je ne vois pas l’auteure critiquer les éleveurs de chiens ou de chats qui font un business en vendant de nombreux chiots (elle aurait pu y faire allusion en passant pour faire un parallèle par exemple). Tout m’a paru trop poussé à l’extrême, même si je comprends que c’est pour dénoncer mais pour me convaincre, j’ai besoin d’avoir les deux côtés des choses pour y réfléchir et peser les pours et les contres … bon, vous pouvez effectivement penser qu’il n’y a rien de bon du côté des parcs mais cela a pu faire connaître ces animaux du plus grand nombre, en apprendre plus sur eux et peut-être lancer des programmes de protection de leur habitat naturel. Et puis, il ne faut pas non plus oublier que, même dans le milieu naturel, on est très capable de tuer ces beaux cétacés en polluant les océans, en faisant de la surpêche, en modifiant le climat ! J’avoue que, même si je ne suis pas fan des zoos et autres, je suis allée à Seaworld où j’ai probablement vu Tilikum et la dresseuse qu’il a tué en 2010 (ils animaient les spectacles à l’époque de ma visite) et je ne n’ai pas vraiment reconnu la description du public assistant aux spectacles du parc faite par l’auteure dans le roman et cela a aussi créé un décalage. Au final, moi qui pensait pleurer copieusement lors de cette lecture, je n’ai pas versé une larme. A vouloir trop appuyer sur les choses à dénoncer sans laisser une chance à l’autre bord, cela me donne un peu la sensation d’être manipulée et c’est une chose que je n’aime pas trop et cela m’a donc laissée sur une impression mitigée.

L'avis de Laure.