LejardindhiverSam vit tout seul dans un appartement et travaille comme barman dans un club de jazz. Il sort régulièrement avec Lili, une danseuse, dont il est amoureux sans avoir osé lui avouer ses sentiments. Mais il semble triste et végète dans une vie sans éclat. Un jour, alors qu’il se prépare un café chez lui, des gouttes tombent du plafond dans sa boisson. Il va donc voir la personne habitant dans le logement au dessus de chez lui et y découvre un vieux monsieur qui le prend pour son fils revenu après une longue absence. Lili demande à Sam pourquoi il n’a pas joué le jeu, faisant ainsi le bonheure de ce vieil homme mais Sam lui rétorque qu’il ne va se faire passer pour un fils alors qu’il ne voit pas lui-même ses propres parents …

Même si cela n’est précisé nulle part sur l’album que j’ai lu, paru en avril 2018, c’est une réédition d’un album paru en 2009 chez le même éditeur !!!!!! Franchement, cela ne fait pas très sérieux d’essayer de faire passer ce titre pour une nouveauté et je n’aime pas trop qu’on me prenne pour une idiote ! Alors, peut-être qu’il y a eu quelques petits changements entre cette version et la précédente, ce que j’ignore, mais ce n’est pas une raison pour ne pas le signaler. Bon, voilà pour mon coup de gueule contre la maison d’édition et revenons à l’album proprement dit. Ce n’est pas le premier que je lis de Renaud Dillies et je n’ai donc pas été surprise d’y retrouver une référence, même un peu éloignée, à la musique (et accessoirement à la danse pour le personnage féminin). J’aurais même été presque déçue si elle n’avait pas été là ! On suit Sam dans son terne quotidien, dont la morosité ambiante est accentuée par la météo souvent grise ou pluvieuse et par les décors d’une ville sans âme et sans humanité. Une simple fuite va lui permettre de rencontrer pour la première fois son voisin du dessus et il s’avère être un vieil homme qui perd un peu la tête et le prend pour son fils revenu à la maison. Sam, ne voyant plus ses propres parents, se sent gêné et ne sait pas comment se comporter envers lui : la fuite et l’évitement lui semblent préférable mais Lili est là pour le faire sortir de sa zone de confort et lui faire prendre des décisions improbables, ce qui lui permettra alors de découvrir des choses étonnantes et de chambouler sa vie. Le graphisme est un peu étrange mais contribue énormément à planter les différentes ambiances grâce au choix des couleurs : des pastels bleutés et gris, froids pour le triste quotidien et des teintes chaudes, orangées, vertes, rouges, pour les choses ou les lieux positifs. Les décors aussi peuvent être spectaculaires : la ville paraît étouffante et d’autres lieux dont je ne dirai rien sont très réussis dans leur effet sur le lecteur. Par contre, je suis un peu dubitative quant à la représentation des personnages : ils ne sont pas très beaux, un peu déformés (de grosses têtes, des dents bizarres, des nez rouges …) et j’ai eu plutôt du mal à m’attacher à eux. Pourtant, malgré tout, une certaine poésie un peu décalée ressort de l’ensemble et le dessin y contribue beaucoup malgré mes réticences. C’est donc un joli conte que j’ai découvert là, qui fait la part belle aux sentiments, à l’humanité et à la capacité de pardonner et d’aimer qu’on a tous en nous.

Les avis de Choco, Jérôme, Yaneck et Jean-François.